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Des stars du circuit protégées par les instances du tennis mondial ?
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Des stars du circuit protégées par les instances du tennis mondial ?

Alors que l'Agence Mondiale antidopage (AMA) a depuis le 1er janvier 2016 inscrit le Meldonium sur la liste des produits interdits, les têtes commencent à tomber dans le sport de haut niveau. En l'espace de 3 mois, l'athlète suédoise Ebeba Aregawi (championne du monde du 1500m), la patineuse russe Ekaterina Bobrova, le marathonien éthiopien Endeshaw Negesse, la biathlète ukrainienne Olga Abramova, le cycliste russe de la Katusha Edouard Vorganov ainsi que six lutteurs géorgiens sont tombés pour dopage. Mais le cas le plus médiatique reste celui de la russe Maria Sharapova, superstar du tennis mondial. Du dopage dans le tennis ? Nous aurait-on menti ? Enquête, sur fond de petits secrets entre amis...

L‘affaire a fait grand bruit. Le Centre de recherche préventive sur le dopage de Cologne aurait trouvé du meldonium dans 2.2% des 8320 échantillons urinaires aléatoirement prélevés lors de contrôles antidopage réalisés auprès de sportifs professionnels, soit…183 cas positifs ! Alors bien entendu, le dopage a toujours existé et ce n’est pas un phénomène conjoncturel. Aussi longtemps qu’il a fallu lutter, se battre, se mesurer à la nature puis aux autres, l’homme avec un grand H a recherché le moyen de faire mieux, de faire plus que ce que la nature justement lui permet d’accomplir par ses PROPRES moyens. Déjà au VIe siècle avant J.C. les athlètes grecs suivaient un régime adapté selon leur discipline : les sauteurs en longueur ou en hauteur mangeaient de la viande de chèvre, les boxeurs et lanceurs de poids de la viande de taureau et les lutteurs de la viande de porc. On en était alors déjà aux prémices du dopage sportif : à défaut d’optimisation effective des performances, il y avait déjà cette volonté de tout faire pour augmenter les capacités physiques de l’être humain. Vingt-sept siècles plus tard, le sport du XXIème siècle est touché de plein fouet par le dopage moderne, aussi bien physique que technologique – cf : les dernières affaires qui secouent le monde du cyclisme -.

Et le tennis dans tout ça ? Si on suit de près sa noble histoire, la petite balle jaune est – heureusement pour tous les amateurs de sport – une discipline que l’on peut qualifier de “propre” car pratiquée “historiquement” par des gentlemen et de facto épargnée par les grands scandales qui ont tout à tour affecté les autres disciplines. Alors que l’athlétisme (Ben Johnson, Marion Jones, Dwain Chambers, Tim Montgomery, Tison Gay, Asafa Powell, etc ) ou le cyclisme (Armstrong, Pantani, Ullrich, Riis, Ricco, Landis, Heras, Festina, etc) ont été salis, trainés dans la boue durant toute la fin du XXème siècle par avec certains des plus grands scandales de l’histoire du sport. Mention spéciale pour la “plus grande supercherie de l’histoire du sport” pour ce cher Lance Armstrong, déchu de ses 7 Tour de France, et qui a de surcroit construit son mensonge en utilisant l’espoir de millions de personnes malades du cancer. Pour en revenir au tennis, aucun grand champion n’a donc été confondu ? Ah si, on retrouve au banc des condamnés le seul tchèque Petr Korda, seul vainqueur de Grand chelem -  vainqueur de l’Open d’Australie 1998 – convaincu de dopage à ce jour et contrôlé positif à la Nandrolone sur le gazon londonien. Korda serait donc un mouton noir au sein d’un sport immaculé de blanc. On a eu chaud, l’honneur est (presque) sauf.
Le tennis serait donc un sport propre. Les seuls grands champions tombés dans la rubrique des faits divers l’ont été dans des conditions assez similaires, pour consommation de cocaïne alors qu’ils étaient déjà retombés dans les abysses des classements ATP et WTA. Les exemples de Mats Wilander et Martina Hingis , deux légendes de la petite balle jaune en sont le parfait exemple : ils n’étaient plus  au top de leur carrière lorsqu’ils ont été pris les narines dans la poudreuse. Dans le petit monde du tennis, les contrôles antidopage incluent fort heureusement les drogues dites “récréatives” comme peuvent l’être la cocaïne ou la méthamphétamine. Le milligramme de coke qui a failli coûter sa carrière à Richard Gasquet est une preuve de  plus quant à la la minutie et à l’inexorabilité de contrôles exercés sur les tennis(wo)man. C’est certainement la faute à pas de chance si des joueurs comme  Pat Cash ou John McEnroe, qui ont reconnu avoir “grassement” consommé de la cocaïne et pris des stéroïdes au cours de leurs carrières, n’ont pas été pris par la patrouille. Sans parler de ce bon vieil Andre Agassi, qui lors de ses aveux sur sa période junkie a avoué s’être shooté aucrystal meth - Breaking Bad avant l’heure – alors qu’il arpentait les cours – et les contrôles – aux quatre coins du globe, sans jamais avoir été inquiété par qui ou quoi que ce soit…

Si les joueurs de tennis – hommes ou femmes – ont autant de coffre, jouent jusqu’à 80 matchs par saison de janvier à décembre, en parcourant des milliers de kilomètres et des dizaines de fuseaux horaires, ce ne serait donc que le noble fruit d’un travail de titan auquel ils s’astreignent quotidiennement sur les courts d’entrainement. Pour s’en convaincre, on ne parlera pas de ces cadences infernales, des corps laminés par les incessants changement de surface, par les blessures accumulées, par les tournois “obligés”, par les pressions des différents sponsors ou encore par l’obsession de cet l’hérétique classement ATP/WTA et des dollars qu’il fait miroiter. On passera aussi sous silence ce fameux sondage commandé par la revue de la fédération internationale de tennis qui montrait que 57 joueurs sur 107 interrogés avouaient en 1999 prendre régulièrement de la créatine, à l’instar de la franco-américaine Mary Pierce. On passera enfin sous silence qu’en 2016 les contrôles croisés sang/urines ne sont pas encore monnaie courante, sans parler d’un improbable suivi médical longitudinal – qui fait tant le bonheur de nos amis cyclistes – seul processus capable de déceler dans l’organisme les effets des molécules de synthèse….Pourtant, ces dernières années, avec l’avènement du fameux “Big Four” qui monopolise le sommet du tennis mondial depuis maintenant près de 10 ans (!). Certains affrontements “au couteau” entre le “Cyborg” Rafa Nadal et “l’Humanoïde” Novak Djokovic ont laissé perplexe certains observateurs… Journalistes spécialisés, commentateurs, ex-stars à la retraite, adversaires martyrisés, chacun y est allé de son incrédulité et de son admiration face à cette nouvelle rivalité bionique qui a sérieusement écorné la présomption d’innocence qui prévalait dans le tennis mondial. Pour autant, comme le veut la loi, on est innocent jusqu’à preuve du contraire, et aucun de ceux-là n’a jamais été pris par la patrouille où pour n’importe quel autre écart que ce soit.  Aujourd’hui encore en 2016, aucune affaire majeure de ce nom n’a filtré pour porter l’estocade à l’immaculée blancheur du tennis. Certaines mauvaises langues laissent entendre que la liste des “top players” rattrapés par la patrouille se trouve dans la liste des joueurs/joueuses  mystérieusement blessés, malades ou retirés du circuit puis revenus aux affaires ces dernières années : Justine Hénin, les sœurs Williams, Hingis, Davenport, Del Potro, Soderling ou encore Nadal pour le dernier en date – merci madame Bachelot pour le tuyau -.

Quid de l’actuel numéro 1 mondial serbe ? Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Novak Djokovic qui continue d’accumuler les titres et semble prendre un plaisir malin à rosser ses adversaires, les uns après les autres. Dimanche, ce fut au tour de Milos Raonic de passer à la moulinette, comme Nadal, la veille. Pis, l’homme qui monte sur le circuit, a frôlé l’humiliation (6-2, 6-0). Après la rencontre, Milos Raonic a avoué son impuissance face à un joueur trop fort pour lui. Avant lui, Nadal s’était dit très content d’avoir enfin pu rivaliser avec Djokovic (7-6, 6-2). Et pourtant le Serbe se disait fatigué et avait commencé sa semaine américaine en encaissant un étonnant 6-2 face au jeune Américain Bjorn Fratangelo. Puis le rouleur compresseur serbe est monté en puissance au fil des jours et des tours, rien de bien nouveau sous la comète, pour un joueur qui depuis des années déjà a mis toutes les chances de son côté en terme de récupération, en utilisant une machine révolutionnaire : la fameuse machine CVAC.

What is it ? Une technologie qui, semblable à une chambre froide, a pour but de placer le sportif dans des conditions de haute altitude tout en comprimant les muscles à des intervalles réguliers. Pour le PDG de CVAC Systèmes, Allen Ruszkowski “passer vingt minutes dans l’œuf trois fois pas semaine peut booster les performances sportives en améliorant la circulation du sang, en augmentant le nombre de globules rouges, en diminuant l’acide lactique et même en stimulant la biogenèse des mitochondries et la production des cellules souches“. Certains grincent des dents et expliquent que cette machine s’apparente à du dopage technologique dans la mesure où elle permet la régénération sanguine, comme le permettent les transfusions sanguines (qui, pour le coup, sont elles bien assimilées à du dopage pur et simple !). Pour Allen Ruszkowski, la technologie qu’il a mis au point est même près de deux fois plus efficace que le dopage sanguin classique (!). Cette technologie a quand même un coût certain, puisque la machine coûte pas moins de 75 000$. Elle est déjà dernier Tour de France avec l’exemple de l’australien Richie Porte. En outre, le risque d’être accusé de dopage semble en tout cas écarté pour ces athlètes car si en 2006 l’AMA a estimé ”que de tels abris à oxygène améliorent les performances sportives et enfreignent à ce titre ‘l’esprit du sport”, elle n’est pour autant pas allée jusqu’à les ajouter sur la liste des substances et des méthodes proscrites, préférant attendre que des études plus poussées soient menées. 10 ans plus tard, rien n’a bougé….

Puissant et explosif comme un sprinteur, souple comme un gymnaste et endurant comme un fondeur, le tennisman a dénoué la quadrature du cercle et entretenu les illusions à son égard. Son honneur est donc (presque) sauf. Mais jusqu’à quand ?

Geoffrey Lieutaud – (@Geoffrey2b) 

 

  1. avatar
    23 mars 2016 a 12 h 19 min
    Par Cullen

    Salut Geoffrey,

    C’est bien connu, il n’y a pas de dopage dans le Tennis car ce n’est pas un sport comme l’Athlétisme ou le Cyclisme qui font appels à l’explosivité ou l’endurance, mais davantage à la technique. A partir de là, prendre des produits n’apporte pas grand-chose, ça ne corrige pas les défauts en coup droit ou en revers. Voilà les énormités que l’on peut lire ou entendre à longueur de temps sur les forums dédiés à la petite balle jaune. Pourtant, quand on voit la vitesse des retours de service aujourd’hui (qui ont conduit à la disparition du service-volée), ou les cadences infernales qui sont exigées, on se rend bien compte que le recours au dopage peut être extrêmement bénéfique, que ce soit pour prendre de la puissance physique ou favoriser la récupération.

    Il existe aussi d’autres formes de tricherie, notamment le dopage intellectuel qui peut aider à gérer le stress, à augmenter l’attention. Les stimulants neurologiques sont souvent utilisés dans les disciplines qui nécessitent une grande concentration comme le tir à l’arc par exemple mais aussi le Tennis. Je crois même qu’un joueur d’échecs a été contrôlé positif il y a quelques temps, preuve que ça n’est pas réservé aux physiques bodybuildés ou aux petits gabarits qui grimpent les cols du Tour chaque année. Même le Football et le Rugby sont certainement très touchés par ce fléau mais les enjeux financiers sont tels qu’il ne faut surtout pas tuer la poule aux œufs d’or…

    Merci pour l’article en tout cas.

  2. avatar
    23 mars 2016 a 15 h 12 min

    Merci Geoffrey pour ce bel article bien équilibré, lucide sans être désanchanté.

    Comme le souligne Cullen, les instances sont juge et partie car le dopage améliore le spectacle (du moins en apparence). Sur le forum de Super Mario Kart (!) justement à l’instant. Il étaitquestion des records féminins d’athlétisme inatteignables des années 80: 100m, 400m, etc. La question de Bolt est arrivée sur le Tapie, et j’ai dit qu’il était peut-être protégé par les plus hautes instances “car ne nous voilons pas la face, avoir une mégastar qui pulvérise des records est fantastique pour attirer les projecteurs (et donc l’argent)”.

  3. avatar
    25 mars 2016 a 2 h 00 min
    Par Nicolas

    Quel sale petit mysogine ce Novak Djokovic, pour lui il est normal que les joueurs gagnent plus que les joueuses quel honte de dire ça.

    Je serais sa femme j’irais voir ailleurs.

    • avatar
      3 avril 2016 a 14 h 08 min
      Par killranger

      Et pourtant dans les faits c est la réalité…

    • avatar
      4 avril 2016 a 10 h 43 min

      Ah que de bien-pensance dans un commentaire, c’est beau.
      Et oui, ce que dit Djoko est très maladroit en terme de communication et ternie son image de « sportif-icône » mais reflète cependant très bien l’état des lieux actuel du sport.

      Le sport féminin est beaucoup moins médiatisé que son homologue masculin et de ce fait les marques (et donc l’argent) ne courent que très peu après les sportives. Le grand public veut du spectacle, des chiffres impressionnant, et le sport féminin propose de ce fait un spectacle moindre. Les investisseurs misent avant tout sur le caractère sexuel du sport féminin (étant donné que le spectateur est majoritairement masculin). On peut par exemple se rappeler qu’à une époque, c’était Anna Kournikova la tenniswoman la mieux payée, joueuse qui n’a pourtant jamais remporté un seul titre sur le circuit WTA…

      Dans la logique consumériste actuelle, le sportif est avant tout un produit avant d’être un Homme. Ainsi, il est tout à fait normal que les femmes soient moins bien payées que les hommes car elles représentent un investissement beaucoup moins lucratif. Regardez comment toutes les marques ont lâché Sharapova avant même qu’elle ne soit condamnée et qu’elles s’empresseront de re-signer un contrat à son retour.

      Plutôt que de blâmer Djoko, il faudrait plutôt viser les vrais responsables, capables de faire la pluie et le beau temps sur un sportif ou un sport (cf l’engouement suscité par le biathlon cette année, juste parce que l’équipe21 a diffusé les épreuves de la coupe du monde).

  4. avatar
    9 avril 2016 a 0 h 36 min
    Par Nicolas

    Darkrio tu est tout aussi myso que cet imbécile de Djokovic quelle monde de chiotte ou la femme est considéré come un objet tu devrais avoir honte de toi.

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