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Invincible : les 43 matches sans défaite de Novak Djokovic (2011)
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Invincible : les 43 matches sans défaite de Novak Djokovic (2011)

En 2011, Novak Djokovic porte sa virtuosité au pinacle, atteignant un niveau stratosphérique. Lauréat de ses sept premiers tournois de la saison, le Serbe ne redécouvre le goût amer de la défaite qu`à Roland-Garros, contre Roger Federer. Ironie du destin, le Bâlois était le dernier homme à l’avoir battu, en demi-finale du Masters fin 2010.

Guillermo Vilas était resté 46 matches sans défaite en 1977, Roger Federer 41 matches sans défaite entre Cincinnati 2006 (battu par Andy Murray) et Indian Wells 2007 (battu par Guillermo Cañas), tandis que John McEnroe avait commencé sa saison 1984 par un 42-0 avant de s’incliner en finale du French Open contre Ivan Lendl, défaite dont il avait mis des semaines à se remettre.

La saison 2011 de Novak Djokovic, sublime tant que le Serbe a surclassé ses rivaux principaux Nadal et Federer, va permettre de dépoussiérer ces vieux records dont les journalistes sont tant friands à l’heure du vendre leurs gazettes aux fans de tennis.

C’est à Belgrade, dimanche 5 décembre 2010, qu’intervient le déclic mental de la Coupe Davis. Novak Djokovic lamine Gael Monfils en trois sets 6-2, 6-2, 6-4, le surlendemain d’une autre victoire implacable face à Gilles Simon. A lui seul, le Serbe a offert le saladier d’argent à toute une nation unie comme un seul homme, même si le troisième point décisif est offert par Victor Troicki bourreau de Michael Llodra.

Epouvantail de la finale, Djokovic a marché sur l’eau, jouant comme un numéro 2 mondial. Pourtant, quelques jours plus tôt, la finale du Masters, à Londres, s’est jouée sans lui, entre les deux premiers du classement ATP, Roger Federer et Rafael Nadal.

Le Suisse et l’Espagnol continuent de monopoliser les victoires majeures, et le virtuose Federer a sèchement battu Djokovic en demi-finale, 6-1, 6-4, quelques semaines après avoir déjà battu le Serbe en finale du tournoi indoor de Bâle.

La victoire de Nole à l’Open d’Australie 2008, comme celle de Juan Martin Del Potro à l’US Open 2009 ne semble donc qu’une parenthèse, qu’un anecdote dans l’almanach de succès des deux Pantagruels du tennis, véritable hydre à deux têtes à l’appétit colossal de victoires.

Jamais rassasiés, Federer et Nadal bouclent une sixième saison consécutive depuis 2005 en tête du classement mondial.

Personne ne semble capable de pouvoir déboulonner les deux idoles de leur piédestal, pas même Novak Djokovic, numéro 3 mondial depuis 2007.

Pourtant, le jeune espoir qui a appris le tennis à Münich dans l’académie de Nikki Pilic (finaliste 1973 de Roland-Garros contre Nastase) s’est juré de devenir numéro 1 mondial un jour.

Fin 2010, devant l’hégémonie Nadal – Federer, plus asphyxiante que jamais, le rêve de Nole semble bien utopique.

Tout juste considère-t-on chez certains journalistes que le Serbe serait bien heureux de gagner un deuxième titre du Grand Chelem, tel cet espoir déçu que fut le Russe Marat Safin, auteur d’un exploit monumental en s’offrant l’Open d’Australie 2005 après avoir battu Roger Federer dans une demi-finale d’anthologie.

Vainqueur à Miami et Montréal en 2007, lauréat à l’Open d’Australie, Indian Wells, Rome et au Masters en 2008, victorieux à Paris Bercy en 2009, sans titre ni en Grand Chelem ni en Masters Series en 2010, Novak Djokovic a donc traversé 2009 et 2010 comme une ombre.

Trop de défaites indignes de son statut de n°1 mondial potentiel ont entamé sa crédibilité à pouvoir un jour ceindre la couronne de roi et s’asseoir sur le trône… Roland-Garros est le meilleur prisme de cette incapacité du Serbe à franchir l’ultime palier, ce qui sépare les excellents joueurs des très grands champions. Battu au troisième tour en 2009 par l’Allemand Philip Kohlschreiber, Djokovic cède en 2010 en quarts de finale face à l’Autrichien Jürgen Melzer.

Mais l’aéropage des observateurs de la petite balle jaune et journalistes suiveurs de tennis se trompent lourdement… Novak Djokovic est sur le point de devenir un monstre écorché vif que l’orgueil va rendre tout simplement intouchable, avec l’aide du déclic de la Coupe Davis et d’un régime sans gluten selon l’entourage du champion serbe.

A New York, en finale de l’US Open 2010, bien que battu par Nadal, le Serbe est redevenu un champion, un vrai tennisman, croyant en son destin, celui d’un vainqueur potentiel de tournois du Grand Chelem. Lauréat début 2008 de l’Open d’Australie, Nole ronge son frein comme numéro 3 mondial derrière l’inoxydable tandem Nadal- Federer, qui truste les victoires en Grand Chelem. Fin 2010, le Suisse et l’Espagnol en cumulent 26. Outre le Serbe en 2008 à Melbourne, seuls le Russe Marat Safin (Melbourne 2005) et l’Argentin Juan Martin Del Potro (US Open 2009) ont brisé le joug inoxydable de l’aigle bicéphale du tennis en six saisons.

L’usure du pouvoir ne semblant pas vouloir frapper à la porte pour Federer et Nadal, Djokovic va forcer le destin, avec la clé qui ouvre en grand toute les portes, celles d’innombrables succès, plus que l’imagination du Serbe en aurait rêvé…

C’est une véritable caverne d’Ali Baba de trophées que Nole va constituer en 2011. L’ogre des Balkans est sur le point de frapper un grand coup et d’assommer la planète tennis.

L’impossible va devenir possible.

Open d’Australie

Sur le plexicushion australien qui a remplacé le rebound ace en 2010, Novak Djokovic espère bien commencer 2011 et mettre fin à près trois ans sans trophée majeur.

La croisade du Serbe à Melbourne débute face à l’Espagnol Marcel Granollers, vaincu en trois sets. Au deuxième tour, Nole écarte le Croate Ivan Dodig en quatre sets. Puis face à son compatriote Victor Troicki, le Serbe mène 6-2 avant l’abandon de son rival. En huitièmes, Djokovic donne une leçon de tennis à Nicolas Almagro, pourtant tête de série n°14 du tournoi australien. Laminé 6-3, 6-4, 6-0, Almagro n’a pas opposé beaucoup de résistance à un Djokovic en état de grâce. Si Tomas Berdych n’est pas décidé à jouer le rôle de fétu de paille, le Tchèque n’aura pas l’ombre d’une chance en quarts de finale : battu 6-1, 7-6, 6-1, Berdych n’a jamais vraiment existé face à Nole qui prend sa revanche de la demi-finale de Wimbledon 2010. Arrive le dernier carré, où débute vraiment le tournoi du Serbe, membre à part entière du Big Four. Face au Djoker se dresse le numéro 2 mondial, un abonné des demi-finales puisqu’il a disputé 25 demi-finales majeures sur les 27 dernières : l’extraordinaire Roger Federer, qui repousse l’inexorable déclin avec une impressionnante détermination saison après saison, sera donc l’avant-dernier obstacle sur la route du sacre.

L’avantage psychologique est du côté du Suisse puisque malgré la forme étincelante de Djokovic,Roger Federer avait battu Djokovic fin 2010 à deux reprises : en finale du tournoi indoor de Bâle, puis en demi-finale du Masters londonien.

Ensuite vainqueur de sa bête noire Nadal en finale à Londres, le virtuose Suisse a donc repris confiance en son jeu avant d’aborder 2011, lui qui avait subi de multiples déconvenues en 2010 en Grand Chelem : défaite en quarts de finale à Roland-Garros contre Robin Söderling, au même stade de la compétition à Wimbledon contre Tomas Berdych, avant de céder en demi-finale de l’US Open contre Novak Djokovic.

Pour le Bâlois, battu 7-6, 7-5, 6-4 ce jour là en demi-finale à Melbourne, il s’agit du premier revers en Grand Chelem face au Serbe depuis l’Open d’Australie 2008, où Nole avait proprement écrasé son glorieux aîné.

Mais cette fois, nullement affaibli par la mononucléose, Federer espère tuer dans l’oeuf la rebellion serbe. Il n’en sera rien. Implacable, Djokovic écrase le tenant du titre à Melbourne.

En finale, Djokovic remporte la joute la plus importante, le premier set, face à un joueur encore tétanisé mentalement, Andy Murray. Battu deux fois en finale majeure par Federer (New York 2008 et Melbourne 2010), le jeune Ecossais doit encore franchir ce palier, sous risque de voir prolonger le syndrome de la poule mouillée, pour reprendre l’expression utilisée jadis par Jimmy Connors à propos d’Ivan Lendl.

Une fois la bataille du premier set gagnée 6-4 au prix d’un break, Djokovic déroule son tennis 6-2, 6-3, c’est l’apothéose pour le Serbe qui met fin à trois ans de disette en Grand Chelem. Il gagne enfin ce deuxième titre qui va le lancer vers l’orbite de la perfection en 2011. Nul ne le sait encore, mais Novak Djokovic est parti pour tout renverser sur son passage, tel un tsunami…

Voilà Djokovic à 7 matches sans défaite en 2011, 9 au total si l’on prend en compte les deux simples de la finale de Coupe Davis. Personne ne fait encore attention à cette statistique anecdotique à l’heure de quitter Melbourne pour la saison indoor européenne (Marseille, Rotterdam) qui restera orpheline du Serbe.

Dubai

Double tenant du titre, Nole a bien l’intention de tripler à Dubai. Au premier tour, Michael Llodra est vaincu par son bourreau de Belgrade. Feliciano Lopez est la victime suivante d’un Djokovic tout simplement stratosphérique. Florian Mayer s’incline en quarts de finale contre le Serbe qui retrouve Tomas Berdych en demi-finale. Comme à Melbourne, le Tchèque est impuissant face à Djokovic même s’il remporte le premier set au tie-break. Mais mené 4-2 dans la troisième manche, Berdych abandonne et offre la finale sur un plateau d’argent à son rival. Djokovic ne gâche pas le cadeau involontaire de Berdych. En finale, le Serbe retrouve Roger Federer, avec la ferme intention de confirmer la victoire australienne, là où le Suisse cherchera à laver l’affront. FedEx se fait battre 6-3, 6-3 par son jeune rival, sans autre forme de procès. Invaincu depuis 12 matches, Novak Djokovic est l’homme à battre de cette saison 2011. Mais personne ne se doute encore que le plus beau est à venir. Personne n’a vu que le papillon s’apprête à sortir de sa chrysalide, et à voler de ses ailes vers le soleil…

Indian Wells

Indian Wells et Miami étant les deux Masters 1000 les plus relevés de la saison, le terrain est idéal pour Novak Djokovic afin de montrer ostensiblement les effets de sa métamorphose. L’épouvantail de la saison 2011 va naître à Indian Wells, dans la conjugaison d’un double phénomène : des matches expédiés face à des rivaux relégués au rang de figurants, et une série d’invincibilité qui commence à devenir le fil rouge quotidien des journalistes suiveurs de tennis. Les scores des matches de Djokovic sont en effet plus qu’évocateurs en Californie. A Indian Wells, le Serbe pulvérise ses concurrents, réduits en poussière comme de vulgaire fétus de paille : le Kazakh Andrei Golubev balayé 6-0, 6-4, le Letton Ernsts Gulbis laminé 6-0, 6-1, le Serbe Viktor Troicki écrasé 6-0, 6-1, le Français Richard Gasquet corrigé 6-2, 6-3.

Le premier joueur à ne pas servir de figurant contre le Djoker est Roger Federer, en demi-finale. La superstar helvète réalise même le prodige de prendre un set au rouleau-compresseur des Balkans… Mais Federer, comme à Melbourne et à Dubaï, finit par céder contre son redoutable adversaire, qui s’impose finalement 6-3, 3-6, 6-2. En finale, le numéro 1 mondial Rafael Nadal sera également battu par Djokovic, qui gagne à Indian Wells pour la deuxième fois de sa carrière après 2008. En trois sets, Djokovic bat Nadal 4-6, 6-3, 6-2. Avant cette finale, les confrontations directes Nadal / Djokovic tournaient largement à l’avantage de l’Espagnol, le Taureau de Manacor menant 16-7. En 2011, Djokovic va patiemment lézarder la confiance bâtie depuis plusieurs saisons face à Nadal, créant un complexe mental chez le Majorquin au prix de plusieurs victoires édifiantes, toutes acquises en finales…

Voilà le Serbe rendu à une série de 18 matches sans défaite en 2011 après ce troisième tournoi gagné consécutivement, 20 matches en comptant les deux victoires en simple en finale de la Coupe Davis.

Miami

Après la première banderille plantée en Californie, le Serbe porte l’estocade au Taureau de Manacor en Floride ! Avant de retrouver Nadal en finale, le Djoker poursuit son oeuvre de destruction, laissant un champ de ruines après chaque match. Les tours séparant Djokovic de la finale sont autant de rencontres à sens unique : Denis Istomin massacré 6-0, 6-1, James Blake renvoyé à ses études 6-2, 6-0, Victor Troicki puni 6-2, 6-3, Kevin Anderson corrigé 6-4, 6-2 en quarts de finale, Mardy Fish ridiculisé 6-3, 6-1 en demi-finale : cinq matches, cinq camouflets pour les adversaires du n°2 mondial, qui ne l’est plus que pour l’ordinateur de l’ATP. Car dans l’esprit de tous, Djokovic est le n°1 du tennis, l’incontestable joueur du moment, tant il semble utopique de vouloir lutter avec lui. Mais les observateurs les plus difficiles à convaincre attendent de voir comment le Serbe va négocier son deuxième rendez-vous face à Rafael Nadal, n°1 du classement. Ils ne vont pas être déçus. Comme à Indian Wells, Nadal emporte le premier set. Comme à Indian Wells, Djokovic inverse le destin du match en gagnant les deux manches suivantes… Pour la deuxième fois de suite, Nole prend le dessus sur Rafa.

Doubler Indian Wells et Miami est un exploit qui n’est pas à la portée du premier venu, réalisé seulement par Jim Courier (1991), Michael Chang (1992), Pete Sampras (1994), Marcelo Rios (1998), Andre Agassi (2001) et Roger Federer (2005, 2006)

Au moment de quitter la Floride, Novak Djokovic surfe sur une confiance au zénith. L’homme qui ne cesse de porter au pinacle l’art du tennis reste sur une incroyable série de 24 matches sans défaite depuis le début de la saison. Le record du genre appartient à John McEnroe, qui avait aligné 42 victoires de rang en 1984 à partir du début de saison. Le Serbe talonne la série réalisée en 1986 par Ivan Lendl avec 25 matches sans défaite. Nole aura l’occasion de battre la marque de Lendl chez lui, à Belgrade…

Belgrade

Absent à Monte-Carlo, Djokovic laisse un Nadal orphelin de son nouveau Némésis gagner son premier titre de la saison 2011. Sans l’épouvantail serbe, le tournoi de la Principauté retrouve une issue confirme à la logique en vigueur depuis 2005 : l’Espagnol Rafael Nadal sort vainqueur pour la septième année de suite, triomphant en finale de son compatriote David Ferrer, l’éternel outsider. De retour à Belgrade en compétition quatre mois après le triomphe en Coupe Davis, Novak Djokovic continue sur sa lancée victorieuse : Adrian Ungur et Blaz Kavic sont facilement écartés, tandis que Janko Tipsarevic déclare forfait en demi-finale. En finale, le champion serbe se défait en trois sets de l’Espagnol Feliciano Lopez.

Avec 27 matches sans défaite, le début de saison impérial d’Ivan Lendl en 1986 est battu par un joueur qui marche véritablement sur l’eau, Novak Djokovic.

Madrid

Il est un phénomène bien connu de Charles Darwin, appelé sélection naturelle… Les plus forts survivent, les plus faibles trépassent. En tennis, un seul survit, Novak Djokovic. A Madrid, bastion espagnol de la terre battue et chasse gardée de Rafael Nadal, la victoire semble tout de même promise au Majorquin mais le Serbe va frapper très fort dans le fief de son rival… Favori suprême de ce tournoi après ses triomphes à Monte-Carlo et Barcelone, Nadal veut en profiter pour stopper l’hémorragie face à ce joueur exceptionnel qu’est Djokovic. Lancé dans l’orbite de la perfection, le Serbe ne veut pas seulement tenir la dragée haute au roi de l’ocre, il veut le battre sur sa surface de prédilection.

Sur la terre battue espagnole, Djokovic se débarrasse en premier lieu du Sud-Africain Kevin Anderson. Puis il élimine Guillermo Garcia-Lopez avant de battre David Ferrer, une des références du circuit sur terre. En demi-finale, l’outsider brésilien Thomas Bellucci offre une belle résistance en trois sets. Comment imaginer alors que Djokovic puisse battre Nadal s’il lui a fallu trois manches pour faire plier Bellucci ?

Mais le tennis ne répond à aucune logique, n’étant pas une science exacte. Et la finale de Madrid va faire vivre aux spectateurs des montagnes russes d’adrénaline. Le roi d’Espagne, Nadal, ne veut pas abdiquer si facilement à son dauphin au classement, l’homme qui compte s’emparer de la couronne, Novak Djokovic.

Dans cette finale, Djokovic va se muer en gladiateur, en combattant de l’impossible, face à un Rafael Nadal réduit au rôle de joueur dominé, à la recherche perpétuelle de la solution. Le puzzle assemble par Djokovic est parfait, telle une armure sans faille… Tel Siegfried dans la légende des Nibelungen, le Serbe semble investi du sang du dragon Fafnir, celui là même qui rend invincible, réduisant ses rivaux en charpie.

Pas de talon d’Achille visible, en tout cas pas de Nadal qui cède son titre en deux sets secs et rentrera bredouille de la Caja Majiica, colossale surprise ! Plus que la défaite de l’Espagnol, c’est la sévérité du score qui saute aux yeux : 7-5, 6-4, Djokovic n’a eu besoin ni de tie-break ni de troisième set pour imposer sa férule et faire rendre raison au roi de la terre, qui mord la poussière en Castille…

Le lift traditionnellement ravageur de Nadal ne fait malheureusement aucun effet contre le Serbe. Novak Djokovic ramène tout sur la terre battue espagnole. Madrid s’est trouvé un nouveau roi, un David serbe qui terrasse le Goliath ibérique ! A l’heure de rejoindre Rome, la Ville Eternelle, certains se demandent si l’incroyable série de Djokovic le sera aussi : 32 matches sans défaite, un véritable exploit qui en appelle d’autres… Nole va-t-il commettre le péché d’orgueil et perdre faute d’un complexe de supériorité ? Va-t-il perdre pied avec la réalité et se murer dans une tour d’ivoire ? Ou va-t-il poursuivre sur sa lancée et continuer à réduire en bouillie tous les joueurs qui se présenteront sur le court face à lui ?

Après l’authentique prouesse madrilène de Djokovic, l’invincibilité du Serbe est élevé au rang de leitmotiv médiatique. Pas un jour ne passe sans que les médias sportifs ne consacrent un article au phénomène. Toujours n°2 mondial à l’ordinateur, Djokovic serait largement plébiscité n°1 si un sondage avait lieu en ce mois de mai 2011…

Rome

Djokovic à son apogée ? Rome ne s’est pas faite en un jour, le Novak Djokovic 2011, millésime exceptionnel, non plus. Arrivé au bout d’un processus de progression notamment sur le plan mental, le Serbe repousse ses limites, trop élevées pour le commun des mortels, Nadal y compris, puisque l’Espagnol s’est déjà cassé les dents à trois reprises en 2011 sur le Djoker.

Le Foro Italico offrira un quatrième duel entre les deux monstres du tennis. Nadal trouvera-t-il la solution de l’énigme, de ce cheval de Troie qu’est le Djoker ? Que cache-t-il ? Comment expliquer ces tours de force récurrents ? Pourquoi est-il aussi fort ? Comment fait-il ?

Mais avant de retrouver Nadal en finale du tournoi italien, Djokovic va une nouvelle fois se sublimer pour renvoyer au vestiaire des adversaires étant à des années-lumières de son incroyable niveau de jeu. Comme à Miami ou à Madrid, le Serbe propose des scores à la Bjorn Borg : le Slovaque Lukas Kubot humilié 6-0, 6-3, le Suisse Stanislas Wawrinka puni sans pitié 6-4, 6-1, le Suédois Robin Söderling proprement corrigé 6-3, 6-0. Seul l’Ecossais Andy Murray résiste au bulldozer serbe, mais finit par s’incliner.

Djokovic est donc logiquement au rendez-vous de la finale contre Rafael Nadal, tenant du titre et quadruple vainqueur à Rome. Il faudra attendre 2012 pour que l’Espagnol devienne quintuple lauréat des Internationaux d’Italie. Car en 2011, le passé, le palmarès ne pèsent pas plus lourd qu’une plume face à l’ogre Djokovic, qui enfonce le clou après Madrid : 6-4, 6-4. Quitte ou double ? Double pour Nole qui prend le meilleur sur le titan de la terre battue qu’est Rafael Nadal, sonnant le glas des espoirs du Majorquin qui pensait pouvoir se rassurer avant Roland-Garros en sauvant l’honneur en Italie… Le niveau de jeu surhumain du Serbe a contrecarré les desseins romains de Nadal, qui se rendra à Paris en quête de sa sixième victoire, mais en proie au doute…

Voilà Novak Djokovic rendu à un total proprement ahurissant de 37 matches sans défaite en 2011. Sa victime Rafael Nadal passe du Capitole à la Roche Tarpéienne avec cette nouvelle défaite. De favori de Roland-Garros, Rafa devient le premier outsider. L’Espagnol a trouvé son maître pour la deuxième fois d’affilée sur sa surface favorite, là où il n’avait concédé des défaites épisodiques depuis six ans (Andreev en 2005 à Valence, Federer en 2007 à Hambourg, Ferrero en 2008 à Rome, Söderling en 2009 à Roland-Garros).

Cette fois, le doute n’est plus permis. Car pour battre Rafael Nadal en deux sets secs deux fois d’affilée sur terre battue, il ne peut pas s’agit pas de l’euphorie du moment mais d’une sorte de monstre intouchable, au jeu exceptionnel, atteignant au pinacle de l’art tennistique. A Rome, la Ville Eternelle, Novak Djokovic est devenu un mutant, créant ce que Roger Federer appelait jadis le monstre à son propos (2004-2007)… Bref, le soleil ne brille plus que pour un seul homme, Djokovic, qui éclipse tous les autres. Nadal est impitoyablement renvoyé dans l’ombre, Djokovic trustant la lumière…

Et le plus incroyable n’est sans doute pas dans le double succès contre Nadal, mais dans une statistique qui laisse sans voix : après sa victoire à Rome, qui constitue sa septième victoire en autant de tournois en 2011, Novak Djokovic est déjà qualifié pour le Masters, alors que le calendrier n’a arrêté sa marche qu’au 15 mai. Il faudra attendre le 8 juin pour voir Nadal qualifié à son tour, puis les 2 et 3 septembre pour les deux autres membres du Big Four, Andy Murray et Roger Federer.

Roland-Garros

Djokovic, volcan en éruption, Djokovic en feu, et la témpérature ne cesse de monter. A Paris, un seul joueur semble capable d’endosser les habits de Poseïdon, dieu de la Mer et des Eaux, et d’éteindre le feu sacré du volcan serbe… Rafael Nadal

Mais au premier tour, en panne de confiance du fait du complexe né dans la double humiliation de Madrid et Rome, l’Espagnol a déjà bien du mal à éteindre l’incendie provoqué par un pyromane répondant au nom de John Isner.

Face au colosse américain, pourtant très loin du niveau stratosphérique atteint sur terre battue par Djokovic, le quintuple champion de Roland-Garros aura besoin de cinq sets pour entrevoir la lumière et une qualification au deuxième tour.

Mais malgré les doutes de Nadal, malgré le statut indéboulonnable de Djokovic, un troisième homme refuse de croire que la joute déjà imaginée par tous en finale soit déjà joué. Cet homme n’est autre que le n°3 mondial et meilleur joueur de la décennie écoulée, le Suisse Roger Federer.

Du haut de sa tour d’ivoire, Federer déclare dans L’Equipe avant le début de Roland-Garros que Novak Djokovic a exceptionnellement brisé la hiérarchie en Australie, mais ne dispose pas de la régularité nécessaire pour s’installer au sommet trusté par Nadal et lui-même.

Je n’enlève rien à ce que Novak vient d’accomplir mais je crois qu’il lui faut encore faire davantage. Rafa a 9 Grands Chelems, moi 16, lui 2. Il lui faut en faire beaucoup plus pour créer le fameux monstre. Moi, j’avais crée un monstre extrême, j’avais des dizaines de records en cours, les demies en Grand Chelem d’affilée, les finales gagnées d’affilée… Je ne sais si Rafa ou Novak évoluent dans la même catégorie de monstre.

Federer fait allusion au joueur intouchable qu’il était entre 2004 et 2007, celui qui avait déjà gagné le premier set avant même d’entrer sur le court tant son ascendant psychologique était grand, celui qui après sa victoire au Masters 2007 était n°1 mondial depuis février 2004 (série qui se termina par 160 semaines consécutives sur le trône), celui qui restait sur 10 finales de Grand Chelem atteintes consécutivement depuis Wimbledon 2005 (pour huit victoires et deux défaites, en 2006 et 2007 à Roland-Garros contre Rafael Nadal), celui qui restait sur 13 finales majeures consécutivement depuis Wimbledon 2005 en incluant les Masters (pour dix victoires et trois défaites, les deux à Paris et celle du Masters 2005 contre David Nalbandian), celui qui restait aussi sur 14 demi-finales de Grand Chelem consécutives depuis Wimbledon 2004 (série qu’il porterait jusqu’à 23 demi-finales avant de s’incliner en quarts de finale de Roland-Garros 2010 face à Robin Söderling) …

Novak Djokovic, lui, malgré une série de 37 matches sans défaite à Melbourne, Dubai, Indian Wells, Miami, Belgrade, Madrid et Rome, est encore loin du monstre statistique qu’était Federer fin 2007, à défaut d’être déjà un monstre tennistique en ce printemps 2011 …

Deux finales de Grand Chelem consécutives (US Open 2010, Open d’Australie 2011), trois demi-finales consécutives (Wimbledon 2010, US Open 2010, Open d’Australie 2011), le bilan du Serbe n’a rien d’inédit dans l’ère Open, loin de là.

Mais il a gravi à vitesse foudroyante l’échelle menant à la gloire. Federer évoque presque Djokovic comme un intrus dans le gotha, comme un figurant, un vulgaire mortel qui aurait bu presque par hasard le nectar et l’ambroisie réservé aux dieux du tennis.

Le Bâlois se trompe lourdement… sur le moyen terme, car Djokovic va intégrer le cénacle en rentrant par la grande porte : trois Grands Chelems consécutifs (Wimbledon 2011, US Open 2011, Open d’Australie 2012) exploit que seuls Pete Sampras (de Wimbledon 1993 à Melbourne 1994) et Roger Federer par deux fois (Wimbledon 2005, US Open 2005, Open d’Australie 2006, même série un an plus tard à cheval sur 2006 et 2007) puis Rafael Nadal (Roland-Garros 2010, Wimbledon 2010, US Open 2010) avaient réussi auparavant, une série toujours en cours de 11 demi-finales consécutives en Grand Chelem (de Wimbledon 2010 à l’Open d’Australie 2013).

Mais sur le court terme, le Suisse aura raison, et par seulement par des mots. Federer y joindra les actes dans une joute d’anthologie contre le monstre venu des Balkans.

Pour rejoindre le Suisse dans le dernier carré, le Serbe n’a aucun mal à se débarrasser du Néerlandais Thiemo de Bakker au premier tour. Puis Djokovic élimine le Roumain Victor Hanescu au deuxième (ce dernier abandonné en étant mené par deux sets à zéro par le Serbe), avant de retrouver l’outsider argentin Juan Martin Del Potro au troisième tour.

De retour de blessure en cette saison 2011, la Tour de Tandil s’est imposée à Delray Beach puis Estoril, arrivant tête de série numéro 25 Porte d’Auteuil.

Prendre un set à Djokovic est déjà un petit exploit.

En huitièmes de finale, c’est le Mozart du tennis français, Richard Gasquet, qui courbe l’échine face au Serbe, auteur d’un match une fois de plus exceptionnel.

Voilà Nole rendu à 41 matches sans défaite, seul sur son nuage. Il en restera là, car Fabio Fognini, son adversaire en quarts de finale, déclare forfait. Il est utopique de penser que l’Italien eut pu barrer la route du dernier carré à Novak Djokovic, mais personne ne fera l’insulte de dire que Djokovic mérite un 42e match sans défaite, match qu’il n’a gagné que sur le fait d’arriver en demi-finale.

Après quatre jours sans compétition, Djokovic se dresse devant l’ancien roi du circuit, Roger Federer.

Ce dernier a retrouvé le tennis éblouissant de ses grandes années, et c’est donc deux titans qui expédient des balles supersoniques sur l’ocre parisien en ce vendredi 3 juin 2011.

Pour son 25e anniversaire, alors qu’il vient de se qualifier pour la sixième fois en finale de Roland-Garros après avoir éliminé Andy Murray, Rafael Nadal a le sourir : comme face à Söderling en quarts, le Majorquin retrouve son tennis pour le money time, ce qui le rend optimiste, d’autant que Federer et Djokovic lui offrent le plus beau des cadeaux, en s’entretuant par parpaings réciproquement échangés sur le court Philippe-Chatrier …

Tous les épithètes et superlatifs ont été épuisés à propos de ce match monumental, probablement le plus bel affrontement au sommet vu depuis l’inoubliable combat entre Marat Safin et Roger Federer, alors au pinacle de son art, en demi-finale de l’Open d’Australie 2005 (exception faite du mythique Nadal – Federer en finale de Wimbledon 2008).

Face à ce Federer vintage, Djokovic perd le premier set 7-6. L’affaire se complique sérieusement pour le Serbe quand le Bâlois s’offre la seconde manche 6-3.

Djokovic, à quitte ou double, redevient alors le temps d’une manche l’invincible gladiateur qu’il incarne depuis le mois de janvier.
Federer battu 6-3 se reprend au quatrième set qu’il emporte 7-6.

S’ouvrant les portes d’une finale inespérée pour lui, le virtuose de Bâle a vu l’effet underdog triompher, le favori étant battu par l’outsider.

Mais en finale, Rafael Nadal va surfer sur l’effet bandwagon. Le favori espagnol domine sa Némésis, son meilleur ennemi, le challenger Suisse Roger Federer.

Avant que Nadal ne rejoigne Borg comme sextuple vainqueur de la Coupe des Mousquetaires (record absolu des Internationaux de France), Federer lui a fait deux cadeau d’anniversaire : le premier le 3 juin en sortant sa bête noire de 2011, l’ogre serbe Novak Djokovic et le second le 5 juin en finale, laissant stupidement échapper le premier set 7-5 alors que le Suisse menait 5-2.
Mais comme en 2006, 2007 et 2008, la maestro Federer a vu sa raquette trembler, se mettant à boiser de façon exponentielle par rapport à son niveau intrinsèque, à son talent fabuleux. Comment espérer battre un Nadal redevenu lui même dans de telles conditions ?

Alors que Paris se consume d’impatience de voir une quatrième fois le duel Nadal contre Federer sur l’ocre de Roland-Garros en finale, Djokovic a lui déjà l’esprit tourné vers Wimbledon. Roger Federer ne sait pas encore que l’homme qu’il vient de battre gagnera les trois prochains titres du Grand Chelem, et alignera 27 matches sans défaite jusqu’à la finale du Roland-Garros 2012 …

Mais ce succès de grand prestige sur Djokovic sera une victoire à la Pyrrhus pour Federer qui laisse trop d’influx nerveux dans cette joute et perd pour la quatrième fois en finale sur l’ocre parisien contre sa bête noire, Rafael Nadal, qui égale Borg avec six victoires Porte d’Auteuil.

Les observateurs meurent d’envie de voir comment Djokovic va gérer son premier échec de la saison 2011. Va-t-il sombrer comme le Titanic après avoir heurté un iceberg ? Ou va-t-il continuer sur sa trajectoire dorée ?

Novak Djokovic, imperturbable, reprend sa marche triomphale à Wimbledon où il corrige Nadal en finale, avant de gagner un cinquième Masters 1000 à Montréal (cette victoire canadienne offre un record inédit au Serbe, jamais personne n’ayant gagné cinq Masters 1000 sur une année) puis l’US Open où il bat Rafael Nadal pour la sixième fois de la saison dans un match aux airs de jeu video, tant les échanges sont d’une rare célérité.

Mais le plus grand évènement de l’après Roland-Garros est la résignation de Nadal lors de la conférence de presse suivant la finale de Wimbledon, l’Espagnol tombant de Charybde en Scylla.

Paradoxalement, si Nadal n’a été l’ombre de lui même lors de ce match où il cède sa place de n°1 mondial à Djokovic (le premier n°1 distinct de Federer et Nadal depuis Andy Roddick dimanche 3 février 2004), c’est surtout en salle de presse que le lion espagnol semble abattu.

Inhabituellement nerveux sur le gazon de Wimbledon, conscient de ne pas avoir les moyens de rivaliser avec son bourreau serbe, Nadal, pourtant réputé pour son incomparable rage de vaincre, viscéralement ancrée en lui, est disposé à accepter la supériorité adverse. Un état d’esprit qui lui ressemble bien peu et reflète parfaitement l’ascendant qu’a pris Djokovic, comme la naissance d’un complexe : Je vais me battre en attendant mon heure pour le battre de nouveau. Quand un joueur est meilleur, la seule chose à faire c’est de travailler et d’attendre son heure. Se contenter d’attendre n’a jamais été dans la philosophie du clan Nadal. Pourtant, au delà ses victoires face à l’Espagnol, le Serbe aura réussi le prodige de briser le moral de Rafael Nadal, réputé inoxydable. Certains parlent d’usure du pouvoir pour le Majorquin, tel Borg en 1981, mais il n’en sera rien. En 2012, le tigre ibérique sera de nouveau sacré à Paris, mettant fin à trois défaites consécutives en finale de Grand Chelem contre le même homme, Novak Djokovic. Lauréat à Monte-Carlo et Rome déjà face au Serbe en finale, l’Espagnol avait stoppé l’hémorragie, lui qui restait sur sept défaites consécutives depuis Indian Wells 2011, dont la plus douloureuse avait été Melbourne 2012, apothéose de Djokovic en 5h53 (record de longueur) alors que Nadal menait 5-2 dans le cinquième set, finalement glané 7-5 par le Serbe.

Seules cinq défaites suivront pour Djokovic en 2011 après celle contre Federer à Roland-Garros : par forfait contre Andy Murray en finale de Cincinnati, sur blessure contre Juan Martin Del Potro en demi-finale de Coupe Davis contre l’Argentine, contre Kei Nishikori en demi-finale du tournoi indoor de Bâle, contre David Ferrer puis contre Janko Tipsarevic (remplaçant l’Ecossais Andy Murray égalemen sur les rotules à Londres) en poule au Masters.

Djokovic finit l’année 2011 avec un bilan remarquable de 70 victoires pour 6 défaites.

Les blessures et la fatigue ont gâché son bilan statistique, faisant du millésime exceptionnel 2011 un cru moins abouti que ceux de John McEnroe en 1984 (82 victoires pour 3 défaites), Roger Federer en 2005 (81 victoires pour 4 défaites) ou 2006 (92 victoires pour 5 défaites).
En 2015, le Serbe semble parti pour la même domination implacable, dressant la guillotine sur de rivaux médusés. Au soir de Monte-Carlo, le Terminator des courts n’a perdu que 2 matches dont la finale de Dubaï contre Roger Federer, ayant gagné les quatre premiers grands tournois de l’année (après son doublé Bercy – Masters Cup fin 2014) : Open d’Australie, Indian Wells, Miami, et Monte-Carlo. Où s’arrêtera-t-il donc ? Gagnera-t-il à Rome et Madrid comme en 2011 où il avait haché menu un Rafael Nadal ensuite plongé dans le doute ? Loin de tomber dans le piège de la tour d’ivoire, le champion serbe tutoye la perfection dans un cercle vertueux avec pour objectif de forcer le destin dans le bastion du champion espagnol, le tournoi de Roland-Garros, sanctuaire violé seulement en 2009 par Roger Federer avec l’aide de Robin Soderling …

  1. avatar
    15 mai 2015 a 15 h 43 min

    Salut Axel, quelle incroyable époque tout de même depuis plus de 10 ans avec ces 3 titans du tennis.
    Quand les trois auront tiré leur révérence, on devrait assister à une période de transition pendant laquelle la pression sera forte sur les prochains no. 1 mondiaux. En effet, ils seront constamment jaugés à ces 3 là !

  2. avatar
    18 mai 2015 a 20 h 46 min

    Salut Fabrice,

    En effet depuis 2003 le tennis vit un âge d’or, il faut remonter à la période 1979-1981 où Borg, Connors et McEnroe cohabitaient pour voir une telle concurrence au sommet.

    Sur le Big Three actuel, dommage qu’ils ne furent jamais au top en même temps. Voir Federer 2005 (ou 2006) contre Djokovic 2011 (ou 2015) et face à Nadal 2010 (ou 2013) cela vaut son pesant d’or.

    Oui les futurs n°1 mondiaux auront une vraie épée de Damoclès tant le trio suisse espagnol serbe aura mis la barre super haut en terme de régularité en Grand Chelem.

    Mais j’expliquais cela sur Djokovic lui même, jugé sévèrement par ses détracteurs via le prisme des hauteurs stratosphériques atteintes par Federer entre 2004 et 007 sur le plan des stats.

    Mais le Serbe fait bien mieux qu’un certain Pete Sampras en terme de domination

    http://yourzone.beinsports.fr/tennis-lere-djokovic-2011-2014-83150/

    L’article a été écrit juste après Monte-Carlo, depuis Nole a volontairement zappé Madrid pour mieux revenir en grand vainqueur à Rome.

    Je pronostique une victoire du Serbe à Roland-Garros, pour Nadal tout dépendra du tirage au sort, mais je pense que seul Djokovic peut lui prendre 3 sets.
    L’Espagnol fait moins peur après ses 5 défaites contre Fognini (2), Djokovic, Wawrinka et Murray mais le battre à Paris est un exploit colossal que seul Robin Soderling a accompli depuis 2005, et encore le Majorquin était alors blessé.

    Ni Federer 2006 ni Djokovic 2013 n’y sont parvenus, rappelons le …

    Pour la finale, je vois bien Nadal ou Wawrinka qui a zéro pression vu qu’il n’a qu’un 1er tour à défendre, et son tournoi romain va lui redonner confiance.
    Federer va flancher en 1/4 je pense, déçu de Nishikori sinon, et bien entendu Berdych et Ferrer serviront de figurants as usual …

  3. avatar
    22 mai 2015 a 23 h 26 min

    MOCTE

    un peu souffrant donc je vais pointer aux abonnés absent quelques temps

    AXEL

    un peu decu car je crois que tu as deja abordé ce sujet au moins une fois….Donc je presume que tu nous ressert ( ce rechauffé) car tu presume que NOLE va gagner RG…Genre une musique annonciatrice genre des series similaires

    Loin de me pencher sur les victoires de NOLE je vais aussi repeter ce que j ai deja dit

    NOLE ca reste 1 super joueur de MS. En GC il doit encore convaincre 25 demi finale pour 8 titres le ratio parle de lui même
    Donc c est un mec qui brule ses cartouches dans des tournoi de 2e importance ( cf declaration de NOLE lui même en debut 2014 : je dois me concentrer sur les GC)

    Maintenant AXEL il y a quelque chose qui me gêne chez toi desolé de le repeter : ” quand tu encenses un jour a chaque fois ton esprit critique fout le camp” j ai beaucoup de mal a comprendre cela.

    Juste un bref commentaire objectif ( qui fait defaut dans ton analyse a sens unique)

    2011 : je dirai que NADAL a été surpris car il sort d une annee a petit chelem et NOLE il l a largement battu dans les tournoi les annees precedentes donc il a du mal a imaginer NOLE marchant sur de l eau…La veritable panique l attrapera quand il perdra Rome et Madrid…a Wimbledon et Us open il ne fera que constater les degats

    Federer en 2011 en premiere moitié je dois dire a demarrer en douceur puis est arrivé au top a RG…Sur ce match NOLE m a donné raison qu il n est qu un bluffeur ( remake en 2015 defaite face a Nadal a RG ? j y crois)

    2015

    La il faut le dire NOLE beneficie des conditions royales

    Nadal operé et blessé a beaucoup de mal a retrouver sa grinta

    Federer est vieux

    Wawrinka retourné au mode alternatif

    Nishikori Dimitrov sont les joueurs de loterie en GC

    NOLE ne se blesse que rarement

    Donc quand on se retrouve en forme en face d une telle conjonction de facteur on s en met plein les poches….Ce n est pas de sa faute si les autres rament.

    • avatar
      23 mai 2015 a 9 h 23 min

      Salut armand,

      Oui c’est un vieil article que j’ai republié en effet bien vu.

      Déçu de voir Nadal et Djokovic s’affronter dès les 1/4, un monstre va sortir dès mardi 2/6 dans cette finale avant la lettre.

      Nadal a désormais quelques tours pour emmagasiner de la confiance et inspirer la peur à nouveau.

      Quant à Djokovic, à lui de bien gérer sa 1re semaine pour ne prendre aucun set en route et ne pas laisser un joueur semer le doute par 1 ou 2 sets perdus en route.

      Andy Murray a une belle carte à jouer si les 2 titans s’entretuent en 1/4, même si 2013 a montré que Ferrer n’avait pu en profiter contre Nadal en finale après la 1/2 gagnée en 5 sets par Rafa contre Nole.

      De l’autre côté du tableau, je vois Wawrinka en finale, il a désormais passé le cap du blocage mental contre Federer qu’il devrait retrouver en 1/4 a priori.

      Prono de ma part, finale Djokovic – Wawrinka gagnée par Nole.

  4. avatar
    22 mai 2015 a 23 h 31 min

    Nadal

    Nadal ( a propos de son quart de finale contre NOLE )

    J’adorerais jouer ce match. Mais c’est un quart de finale et je n’ai pas encore commencé à jouer le premier tour . J’ai beaucoup de choses à faire avant ça. Si j’y arrive, on aura des choses à se dire à ce moment-là.

    PS

    Nadal cache t il son jeu ?

    a propos de sa forme

    Je vous dis ce que je ressens. Je ne sais pas si c’est bien, si c’est mal, mais en fin de compte, vous pouvez mentir en salle de presse mais c’est impossible de mentir sur le court. Si vous dites que vous êtes en super forme et que vous jouez contre un bon joueur, vous ne pouvez plus tricher. Moi, je ne veux pas revenir vous voir et vous dire: «OK, je vous racontais des bobards tout à l’heure, je ne suis pas en si grande forme que ça» Quand je vous dis que je ne sais pas ce qui va se passer, c’est que je ne le sais vraiment pas. J’ai confiance en moi, je vais me préparer. Je dois penser que je suis prêt pour ce tournoi. Les deux dernières semaines ont été beaucoup plus positives que ce que disent les résultats. Ici, c’est un tournoi que j’adore, ce sont des courts que j’adore, et j’y ai beaucoup d’expérience. Je vais me mettre dans les meilleures dispositions possibles

    PS

    il evoque clairement la science du court : argument que j evoque depuis

    Perso je vois nadal battre Nole en quarts ( et se sera son plus difficile match, une fois NOLE degommé tous les autres il les ramassera a la petite cuiller y compris Murray)

    NOLE

    Quand Rafa n’était plus dans les 4 premiers il y a une dizaine de jours, tout le monde commençait à en parler. C’est un tirage au sort, on ne peut donc rien faire. Il y avait toujours la possibilité que cela se produise. C’est dans plus d’une semaine qu’éventuellement, je serai en quarts de finale, et j’ai 4 matches à gagner avant d’y arriver. S’il a peut-être un peu moins de confiance en arrivant ici à cause des matches qu’il a disputés depuis un mois et demi, je suis convaincu qu’il reste parmi les 5 favoris pour remporter le tournoi

    a propos de RG

    Il y a toujours un petit peu de motivation supplémentaire pour moi quand je viens ici. C’est très encourageant d’avoir à l’esprit que j’ai déjà remporté beaucoup de gros tournois depuis octobre, que je sors mon meilleur tennis à l’heure actuelle. J’arrive donc à Roland-Garros en confiance, cela peut m’aider à me battre sur le court. J’ai déjà vécu une situation similaire auparavant, notamment ces deux dernières années. Les gens se demandaient: «est-ce l’année où il va remporter le tournoi?» Plusieurs fois, j’étais très proche et jamais mes résultats ne m’ont découragé. Je suis encore là cette année. J’ai un objectif, je vais essayer de créer les conditions pour remporter le trophée. Je ne peux rien prévoir, je ne peux rien garantir, je vais aller aussi loin que possible et je vais essayer de faire ce que je fais le mieux. Je vais aborder le tournoi avec un état d’esprit positif et je vais essayer de ne pas trop réfléchir.

    PS

    Perso je mise sur une victoire de Nadal sur Nole et sur un moral de NOLE saper par la suite(il perdra dans la foulee Wimbledon) car je mise concernant NOLE sur un scenario fin 2013 RG 2014…Dans lequel il raffle MS a la pelle mais cale en GC….un scenario de 2011 NON ca n arrivera pas

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