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Catch : le Greatest Royal Rumble, ou le grand show de la discorde
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Catch : le Greatest Royal Rumble, ou le grand show de la discorde

La WWE, première de compagnie de catch au monde, organisait vendredi dernier le premier Greatest Royal Rumble à Jeddah, en Arabie Saoudite. Mais ce qui devait être un grand spectacle fut plutôt le début d’une grande polémique, pour plusieurs raisons ...

La WWE avait mis les petits plats dans les grands le vendredi 27 avril pour le Greatest Royal Rumble. Pour son premier grand événement sur le continent asiatique, la fédération de catch américaine a souhaité proposer un spectacle historique, digne de WrestleMania, l’équivalent du Superbowl aux Etats-Unis.

Feux d’artifice, jeux de lumière, combats XXL, tout était réuni pour réaliser un PPV unique et historique. Mais il le sera pour de moins bonnes raisons.

Quel projet ?

Tout devait être parfait pour ce premier grand événement en Arabie Saoudite. Tout avait d’ailleurs été mis en place pour cela. Ainsi, aucune femme ne fut présente à Jeddah ce vendredi pour respecter les coutumes locales. Aucune catcheuse, aucune intervieweuse, aucune dirigeante. De plus, les femmes ne pouvaient accéder au Stade Roi-Abdallah qu’en compagnie d’un homme. Une manœuvre en totale contradiction avec la stratégie de la WWE déployée depuis plusieurs années maintenant. Longtemps considérée comme des objets sexuels dans la compagnie, les catcheuses ont totalement changé de visage depuis la Women’s Evolution de la WWE.

Aux Etats-Unis, l’éclosion sportive et médiatique de femmes comme Serena Williams ou Ronda Rousey a poussé la WWE à transformer totalement l’utilisation de la femme dans ses programmes. L’appellation « Diva » est supprimée, le recrutement se porte sur l’aptitude physique et sportive, et l’archétype d’un physique stéréotypé est supprimé. L’une des principales rivalités féminine de l’année 2016, opposant Sasha Banks à Charlotte Flair, reposait d’ailleurs sur une lutte entre deux femmes voulant casser les barrières de genre à la WWE. Une rivalité fortement féministe, totalement novatrice et populaire aux yeux des fans.

Cette évolution a atteint son paroxysme en janvier 2018 avec l’arrivée de l’ancienne championne UFC Ronda Rousey à la WWE . Une nouvelle superstar qui casse les barrières séparant le pouvoir masculin et féminin sur le ring.

Un long travail pour faire oublier son passé que la WWE n’a pas hésité à balayer afin de négocier un contrat longue durée avec l’Arabie Saoudite pour proposer de grands événements dans la région.

« Femmes habillées de façon indécente »

Sauf que malgré toutes ces prédispositions pour ne pas perturber la population, avec notamment la présence d’une pause de 15 minutes à partir de 19h27 pour permettre aux spectateurs de prier librement, cela n’a pas suffi.

Programmée entre deux combats, une bande-annonce promouvant la chaîne de télévision de la WWE a fait polémique. La cause ? La présence de plusieurs femmes, dont certaines laissant entrevoir leur ventre et leurs jambes grâce à leurs tenues de catcheuse. Une apparition “surprise” qui a ravi les spectateurs présents dans le stade, mais qui n’est pas passée auprès l’Autorité générale du sport du royaume saoudien, qui a souhaité s’excuser sur Twitter, en rappelant bien que ces images étaient interdites, et qu’elles le resteront.

« Nous nous excusons auprès des spectateurs qui ont regardé l’événement de la WWE, qui s’est tenu à Djeddah hier, pour les clips diffusés de femmes habillées de façon indécente (…) L’Autorité s’est assurée d’interdire la diffusion de tout passage montrant des lutteuses, ou des scènes où l’on pourrait les voir, et l’a stipulé à la WWE (…) L’autorité a également désapprouvé toute publicité avec des photos ou des vidéos montrant des femmes d’une manière indécente, et a mis l’accent sur l’engagement de cette règle. C’est un engagement que l’autorité maintiendra toujours dans tous ses événements et programmes » commente le royaume dans son communiqué.

Les femmes n’étaient pas les seules victimes collatérales

Si la réaction du royaume saoudien a beaucoup fait parler, la décision de la WWE concernant un autre cas a fait beaucoup moins de vagues. Il s’avère pourtant que ce choix est aussi grave, voire pire, que les déclarations d’un pays conservateur.

Afin de ne pas gêner l’Arabie Saoudite, et sûrement les accords commerciaux qui en découlent, la WWE a refusé d’emmener Sami Zayn, l’un de ses catcheurs d’origine syrienne. Les deux pays ne sont pas vraiment très amis, en témoignent les récentes déclarations de l’Arabie Saoudite, se tenant prête à une intervention terrestre pour combattre le terrorisme présent en Syrie.

Si Sami Zayn n’est évidemment pas un soutien à Bachar el-Assad et se bat auprès d’associations pour venir en aide à des bénévoles, ses origines l’ont toutefois privé de faire partie de ce show dit “historique” par la WWE.

Un show qui ne fait pas l’unanimité en interne

Selon les premiers retours des sites d’informations dédiés au catch aux Etats-Unis, la grande fête organisée par la WWE ce vendredi ne semble pas enflammer l’ensemble de son personnel. Plusieurs superstars du roster auraient été assez réticentes à l’idée de se déplacer en Arabie Saoudite. On pourrait logiquement penser que Corey Graves, commentateur à la WWE, fait partie de ce groupe. De retour aux Etats-Unis, Graves n’a pas pu se retenir en adressant un joli tacle au pays organisateur du Greatest Royal Rumble.

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