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Les grandes émotions de la Coupe du Monde : le parcours du Sénégal en 2002
Photo Panoramic

Les grandes émotions de la Coupe du Monde : le parcours du Sénégal en 2002

Plus que quelques semaines avant le début d’une Coupe du Monde 2018 très attendue ! Une compétition incomparable, qui apportera à coup sûr son lot d’émotions, de spectacles et de surprises. A propos de surprises, et à l’occasion du retour du Sénégal, revenons sur l’une grandes sensations de l’histoire du Mondial avec le parcours des Lions lors de la Coupe du Monde 2002. Une équipe aussi surprenante qu’attachante.

Il y a des moments qui marquent une Coupe du Monde, des souvenirs qui restent gravés dans les mémoires. La danse de l’équipe du Sénégal à côté du poteau de corner après le but de Papa Bouba Diop contre l’équipe de France à la Coupe du Monde 2002 en fait partie. Ce jour-là, cette équipe quasiment inconnue et, ironiquement, composée quasi-exclusivement de joueurs évoluant en Ligue 1 créé un séisme mondial en battant le tenant du titre et vainqueur de l’Euro 2000, favori de la compétition disputée en Corée du Sud et au Japon (1-0). La France est certes privée de son génie Zinedine Zidane, touché à la cuisse quelques jours avant ce match, mais est tout même armée de Barthez, Desailly, Lizarazu, Djorkaeff et autres Petit, ainsi que des meilleurs buteurs des championnats italien (Trezeguet), anglais (Henry) et français (Cissé). Dominés, sauvés par un grand Tony Sylva (gardien remplaçant de Monaco) et même parfois par leurs montants, les Sénégalais réalisent un sacré exploit. Un exploit qu’ils auront l’ambition de confirmer

Si elle n’a pas la notoriété du Cameroun ou du Nigéria, cette équipe du Sénégal, qui dispute son tout premier Mondial, est toutefois à prendre au sérieux, même avant sa performance contre les Bleus. Finaliste de la Coupe d’Afrique des Nations 2002, coachée par le désormais regretté technicien français Bruno Metsu, elle dispose de plusieurs talents dans son effectif, à commencer par le jeune prodige lensois El-Hadji Diouf, vice-champion de France cette année-là. N’oublions pas Henri Camara (Sedan), Kalilou Fadiga (Auxerre) ou Lamine Diatta (Rennes). Son capitaine est l’ancien Parisien Aliou Cissé, désormais à Montpellier. Une équipe intéressante donc, mais pas non plus de quoi espérer un miracle… a priori.

Dans ce groupe A, le géant français mais aussi le solide Danemark et la rugueuse Uruguay semblent trop forts pour la bande de Metsu. Les cartes sont pourtant redistribuées après ce succès initial face aux Bleus. Pendant que les tricolores se cassent la tête à chercher le pourquoi du comment et à la façon de remplacer l’irremplaçable Zizou, le Sénégal n’en a cure, tout à sa joie d’avoir remporté son premier match en Coupe du Monde. Cette équipe dénote à plus d’un titre : elle dégage une incroyable joie de vivre, un plaisir de jouer mais aussi une insouciance qui va en toucher plus d’un lors de ce Mondial. Un groupe soudé, heureux et atypique, qui fêtera par exemple la victoire contre la France avec un… concours de bras de fer à une heure du matin selon une anecdote racontée par Metsu ! Un Bruno Metsu qui a réussi à faire de cette bande de copains une des toutes meilleures équipes d’Afrique avec l’amour comme moteur principal : le coach français aime sincèrement ses joueurs et ils le lui rendent bien. Chacun joue les uns pour les autres, avec hargne et fierté. Jamais les Lions n’ont porté aussi bien leur nom.

Retour au terrain : il s’agit de confirmer face au Danemark qui n’est pas là pour plaisanter. Jon-Dahl Tomasson ouvre le score sur un penalty concédé par Salif Diao. Un Diao qui passe par toutes les émotions dans cette rencontre : il va d’abord égaliser de l’extérieur du pied puis se faire expulser, ce qui n’empêchera pas le Sénégal d’arracher un excellent match nul (1-1). Avec 4 points, les hommes de Metsu peuvent se qualifier en cas de match nul face à l’Uruguay. La Céleste n’est d’ailleurs pas bien vaillante (défaite 1-2 contre le Danemark et nul 0-0 contre la France malgré une longue supériorité numérique) et elle va dans un premier temps le confirmer. La première mi-temps du Sénégal est un rêve éveillé : un penalty de Fadiga et un magnifique doublé de Bouba Diop, l’une des grandes révélations du mondial, lui permet de mener 3-0 en 37 minutes ! Mais aussi invulnérable et imperméable à la pression qu’elle semble être, l’équipe des Lions reste humaine. Le but encaissé par Morales dès le retour des vestiaires va lui glacer le sang. Elle ne joue plus, subit et attend la fin d’un match qui devient de plus en plus difficile. Un but absolument exceptionnel de Diego Forlan ramène l’Uruguay à 2-3. Puis l’inévitable se produit : un penalty d’Alvaro Recoba annihile l’avantage sénégalais à la 90ème minute. 3-3. En cas de 4ème but, les sud-américains se qualifieront et élimineront les Sénégalais. Richard Morales, encore lui, a l’occasion de réaliser cet exploit mais sa tête passe à côté d’un but pourtant grand ouvert.

Tony Sylva et tout le Sénégal ont eu chaud, très chaud. Mais avec 5 points et aucune défaite lors de cette phase de poules, ils assurent leur qualification pour les huitièmes de finale. La fête est totale à Dakar mais Bruno Metsu veut encore continuer à rêver. Pourtant, avant de songer au match face à la redoutable Suède, le naturel de cette équipe de joyeux lurons reprend le dessus : elle fait la fête jusqu’à 3 heures du matin au bar de son hôtel et va même jusqu’à danser avec les serveurs. Ainsi va le monde pour cette équipe de plus en plus attachante et qu’on commence de plus en plus à prendre au sérieux.

Privée de Fredrik Ljungberg, la Suède ouvre le score rapidement par son inévitable buteur Henrik Larsson (10ème). Un incroyable enchainement crochet-frappe lointaine de Henri Camara permet au Sénégal d’égaliser et de ne pas douter longtemps (36ème). Les coéquipiers de Diouf vont pourtant subir durant la majorité du match… mais sans plier. Sylva sauve quand il le faut, notamment devant un Zlatan Ibrahimovic trop personnel, et permet à son équipe d’arracher la prolongation. Lors de celle-ci, où le but en or est en vigueur, deux coups-francs d’Anders Svensson sont tout proches d’éliminer la révélation du tournoi : l’un est stoppé par Sylva sur sa ligne, l’autre heurte le poteau. La chance a choisi son camp. Suite à une astucieuse talonnade de Pape Thiaw, Henri Camara perce la défense suédoise et frappe du gauche : poteau rentrant ! Incroyable mais vrai, les Lions (dits « de la Teranga » par la presse étrangère) se qualifient pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2002. C’est la deuxième fois, après le Cameroun de 1990, qu’un pays africain accède à ce stade de la compétition. L’exploit est immense, retentissant. Et malgré la fatigue et les poids lourds encore en lice (Allemagne, Brésil, Angleterre…), le rêve d’accéder au dernier carré, voire à la finale, commence à gagner les têtes sénégalaises. Il faudra pourtant passer l’obstacle turc, autre surprise de ce mondial asiatique. Talentueuse et sérieuse, cette équipe est à prendre au sérieux. Elle va le confirmer le jour J.

Le Sénégal souffre lors de ce match, il est étouffé. Mais l’invraisemblable maladresse de l’équipe turque et de son attaquant Hakan Sükür laisse à penser que la bonne étoile des hommes de Metsu brille encore au-dessus de leurs têtes. Ça ne sera hélas plus le cas bien longtemps. Quatre minutes seulement après le début de la prolongation, un bon centre d’Arif Erdem trouve Ilhan Mansiz, remplaçant de Sükür. La demi-volée de l’attaquant de Besiktas est parfaite et laisse Sylva sans réaction. Le but en or est inscrit, la Coupe du Monde est terminée pour le Sénégal. Il aura été un incroyable quart de finaliste. Un ultime tour d’honneur, torses nus, et les Lions quittent la compétition la tête haute… et pleins d’espoirs pour la suite.

Une suite qui sera malheureusement peu glorieuse : jamais la génération El-Hadji Diouf ne confirmera vraiment sa performance. Elle ne parviendra pas à se qualifier de nouveau pour une Coupe du Monde et n’atteindra le dernier carré de la CAN qu’à une seule reprise (2006). Diouf (Liverpool), Diao (Liverpool), Fadiga (Inter Milan), Coly (Parme) ou Camara (Celtic Glasgow) en profiteront pour signer à court terme dans des clubs plus prestigieux, avec plus ou moins de réussite. Il faudra attendre 2018 et une nouvelle génération menée par la star Sadio Mané (Liverpool) pour enfin voir les Lions retrouver le doux parfum d’une compétition mondiale. Tombé dans le groupe H en compagnie de la Pologne de Lewandowski, de la Colombie de Falcao et James et du Japon de Kagawa, le Sénégal devra être fort pour franchir le premier tour. Il n’aura peut-être pas la même insouciance qu’en 2002, sans doute pas. Mais l’histoire l’a prouvé : la Coupe du Monde sourit aux équipes qui la respectent, jouent avec leur cœur et leurs qualités, quand bien même elles ne sont pas les plus impressionnantes sur le papier. Le coach sénégalais le sait mieux que personne. Son nom ? Un certain Aliou Cissé.

Alexandre de Varine-Bohan

  1. avatar
    3 mai 2018 a 22 h 08 min
    Par Jef

    Bravo pour cet article, bien écrit et rythmé, qui retrace une belle histoire dont nous devons être nombreux à avoir oublié les détails, si intéressants.

  2. avatar
    4 mai 2018 a 14 h 36 min
    Par M. birdy

    Oui en effet, sympa à lire !

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