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Coupe du Monde : les favoris dans la panade
Photo Panoramic

Coupe du Monde : les favoris dans la panade

Vous me direz que c’est typique d’un journaliste de tirer des constats extrêmement précoces et définitifs pour retourner sa veste quelques jours après. Le huitième de finale PSG-Barça en Ligue des Champions il y a plus d’un an en a été le parfait exemple. Mais loin de mon esprit l’idée de tirer le moindre constat. Le but est simplement d’essayer de comprendre et d’expliquer pourquoi et comment les nations favorites de ce Mondial ont eu des débuts si compliqués, et de vous rassurer sur vos scores catastrophiques dans vos ligues Mon Petit Gazon. Faut-il s’inquiéter ou doit-on mettre ça sur le dos de la mise en route ? Le Vestiaire du Sport t’embarque avec lui dans les méandres de son esprit pour décortiquer ces premiers matchs de poule de la 21ème Coupe du Monde. Et non, on ne parlera pas de l’Argentine : c’est un article sur les favoris messieurs, dames !

Espagne : une défense martyrisée par l’ogre de Funchal 

Malgré le limogeage de dernière minute de son sélectionneur Lopetegui –qui avait cru bon d’annoncer 3 jours avant le début de la Coupe du Monde son départ pour le Réal Madrid, merci Zizou, bien vu-, l’Espagne faisait clairement figure de favori à l’approche de ce Mondial. En même temps, au vu de leur effectif exceptionnel, on comprend.

Pas l’entrée en matière la plus évidente pour les Espagnols face à leurs voisins portugais, champions d’Europe en titre. Un pénalty concédé dès la 4ème minute de jeu et transformé par CR7 a fini de nous convaincre. Mais l’Espagne s’est accrochée et est revenue au score grâce à un but fantastique de Diego Costa, qui souhaite clairement faire oublier sa Coupe du Monde catastrophique d’il y a 4 ans au Brésil. Les ibériques sont même repassés devant grâce à un jeu flamboyant qui nous rappelait la Roja de 2010 : 2-2 par Diego Costa puis 3-2 grâce à une reprise lumineuse de Nacho. Mais une faute concédée à une vingtaine de mètres des buts dans les dernières minutes du match a donné une occasion en or à Cristiano Ronaldo de ramener les siens à hauteur. Un coup-franc exceptionnel comme il n’en tirait plus depuis longtemps qui est venu se loger dans la lucarne gauche de De Gea, qui n’a pu que constater les dégâts. 3-3 et quel match !

Très honnêtement, le cas espagnol est de loin le moins inquiétant. Offensivement, il se passe beaucoup de choses. Le duo Isco-Iniesta est terrorisant et Diego Costa a enfilé ses plus beaux habits de buteur. Mais la défense ne dégage pas une immense sensation de sérénité… et on sait à quel point il est compliqué d’aller gagner une Coupe du Monde sans une défense digne de ce nom. Après, il faut relativiser : c’était Cristiano Ronaldo en face. Les deux prochains matchs seront contre le Maroc et l’Iran. Deux adversaires qui peuvent donner de la confiance aux derniers remparts espagnols. Peut mieux faire donc, mais pas d’avertissement du conseil.

France : une attaque transparente et un Umtiti fan de LeBron James 

Oui, nos petits Bleus faisaient clairement office de favoris à l’entame de la compétition. La France est d’ailleurs l’équipe la plus chère du Mondial en terme de valeur marchande. Et ce n’est pas Olivier Giroud qui nous aide.

Un groupe C plutôt abordable était censé nous faire rentrer tranquillement dans la compétition pour mettre en place les fondamentaux. Commencer par une équipe de rugby dont tu connais pas un joueur, c’était plutôt pas mal comme premier match (on parle de l’Australie hein). Et pourtant, quelle galère ! Du déchet technique, un milieu de terrain incapable d’alimenter des attaquants eux-mêmes en panne d’inspiration et beaucoup trop individualistes. Bref, ça ne passait pas face au verrou australien… jusqu’à une accélération de Grizou et un contact dans la surface, matérialisé en pénalty après recours à l’arbitrage vidéo. Les gars sont dans un food-truck au centre de Moscou avec quelques télés écran plasma 92 pouces et font la pluie et le beau temps dans les différents stades…

On se dit “ok, 1-0 c’est plié, on va gérer, en mettre deux de plus et on va pouvoir dormir sur nos deux oreilles.” Mais là, Samuel Umtiti s’est pris pour Superman -ou LeBron James- et a décidé de faire le geste le plus bête de la semaine : foutre la main en l’air sur un centre absolument pas dangereux des Socceroos. Résultat des courses, penalty contre nous et 1 partout. Derrière, la panique et la frustration s’installent. On se dit qu’on va devoir se contenter du point du nul. Mais, les dieux du football étaient avec les Bleus. Pogba, plutôt en vue dans cette rencontre, s’insère dans la surface et voit sa frappe contrée par un défenseur australien. Le ballon change complètement de trajectoire et vient se loger sous la barre. La chance. La bonne grosse chance. 2-1 pour les Bleus, on peut souffler, les 3 points sont dans la besace.

On peut voir les choses de deux façons. Soit on se dit que c’était un match claqué et qu’avec un niveau pareil, on peut se faire battre par des Péruviens affamés ou des Danois tout en maîtrise. Soit on peut se dire que c’est la force des grandes équipes d’arriver à gagner des matchs en jouant mal. Et on va se positionner comme ça. Car ce n’est jamais évident de rentrer dans une Coupe du Monde, d’autant plus quand on doit assumer le statut de favori. On a des joueurs très jeunes qui doivent s’acclimater et s’adapter à la compétition. Et on ne va pas se mentir : l’Australie est une équipe sacrément difficile à jouer, le bus derrière et advienne que pourra. On s’en est sorti, les attaquants ont du se faire houspiller par DD, les latéraux ont montré de belles choses et N’Golo Kanté a eu le temps de repasser à Londres pour passer l’aspirateur dans son appart avant de revenir jouer à la belote avec ses coéquipiers. RDV jeudi face au Pérou. Avec le sourire svp…

Allemagne : une histoire de préparation…

Championne du monde en titre, la Nationalmannschaft est évidemment un candidat plus que sérieux au titre… et ce malgré des matchs de préparation plus que moyens.

Mais voilà, en face se dressait une équipe mexicaine pas comme les autres. Quelques jours avant le début de la compétition, plusieurs joueurs de la sélection se sont faits griller en train de passer une soirée arrosée avec un bon paquet de prostituées. Mais certains d’entre eux étaient mariés… donc pas génial pour les épouses. Dans ce cas, on peut se dire que ça fout une sacrée pagaille et que le groupe explose en plein vol. Ou alors, les gars n’ont tellement pas envie de rentrer chez eux pour gérer la crise et sortir les rames qu’ils vont tout faire pour rester en Russie le plus longtemps possible. Et c’est un peu ce qu’il s’est passé face à l’Allemagne.

Les Mexicains étaient morts de faim, ont mis une intensité de malade et ont fait péter le verrou Neuer par l’intermédiaire de leur pépite Lozano. En face, malgré tout le talent du monde, les Allemands ont cruellement manqué d’inspiration et se sont heurtés pendant plus de 90 minutes à un Guillermo Ochoa impeccable pour protéger ses cages. Les Mexicains ont fini la rencontre en pleurs après cette victoire 1-0. Ils peuvent entrevoir les huitièmes de finale et gagner quelques jours de sursis, en espérant qu’avec le temps l’humiliation subie par leurs épouses se sera atténuée. Et puis, ça peut donner des idées aux préparateurs physiques des différentes sélections…

Pour parler un peu des Allemands, je dois dire qu’ils m’ont clairement inquiété. Beaucoup d’approximations, peu de rythme, une créativité quasi nulle et un manque d’envie assez flippant. Il va falloir se ressaisir parce qu’il faut aller affronter la Suède derrière et ce ne sera pas le plus évident des matchs.

Brésil : un plan anti-Neymar clairement établi 

J’étais clairement excité à l’idée de revoir jouer le Brésil en Coupe du Monde après le drame de Belo Horizonte 4 ans plus tôt. Neymar était de retour avec enfin un vrai attaquant avec Gabriel Jesus, les incontournables Marcelo et Thiago Silva et un Coutinho prêt à en découdre… et j’en passe !

Mais on sait que la Suisse est toujours difficile à jouer et a suffisamment de talent pour ennuyer un bon paquet d’équipes. Et on ne s’est pas trompé. Après une première mi-temps totalement brésilienne, concrétisée par un but exceptionnel de petit Couteau, les auriverdes se sont reposés sur leurs lauriers et ont voulu gérer tranquillement. La sanction ne s’est pas faite attendre. Entame du second acte, Alison se fait fusiller à bout portant sur corner. Les Suisses reviennent dans le coup. C’est le moment choisi par l’attaque brésilienne, et en premier lieu Neymar, pour accélérer le tempo. Mais rien n’y a fait. Les helvètes avaient un plan en tête et ils s’y sont tenus avec beaucoup de rigueur. Neymar ne devait pas passer. L’attaquant parisien a d’ailleurs subi pas moins de 10 fautes sur l’ensemble de la rencontre. Et ça faisait un sacré bout de temps que ça n’était pas arrivé en Coupe du Monde… à tel point que c’en est devenu assez insupportable. Ok, il en rajoute de temps en temps et ça peut énerver mais les 10 fautes y étaient et l’arbitre n’a pas suffisamment protégé la star brésilienne. Ce petit jeu a fait les affaires de la Suisse qui est allé chercher un magnifique point pour cette entame.

Le Brésil a montré de belles choses mais il aurait dû se mettre à l’abri en faisant le break. Trop de nonchalance et un relâchement évident ont enrayé la mécanique mise en place par le sélectionneur Tite. Des enseignements doivent être tirés pour éviter de retomber dans les mêmes travers. Affaire à suivre face à la Serbie et au Costa Rica.

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