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France : Hernandez-Pavard, installés pour longtemps ?
Photo Panoramic

France : Hernandez-Pavard, installés pour longtemps ?

Lors de l'annonce de la liste des 23 il y a moins de deux mois, les noms de Lucas Hernandez et Benjamin Pavard concordaient avec des rôles quasi-assurés de doublures de Benjamin Mendy et Djibril Sidibé. Pourtant, quelques matchs plus tard, les voilà ancrés dans l'équipe-type de Didier Deschamps. Retour sur le basculement hiérarchique opéré par les deux latéraux de 22 ans.

« Ce n’est peut-être pas ce qui était attendu au départ, mais si Benjamin Pavard et Lucas Hernandez sont là, c’est qu’ils ont des qualités ». Cette phrase de Guy Stephan, adjoint de Didier Deschamps, résume parfaitement l’ascension des deux novices Bleus (tout deux neuf rencontres disputées) dans la hiérarchie des latéraux. A l’aube de la Coupe du Monde, Hernandez et Pavard semblaient cantonnés à des rôles de remplaçants, présents afin de pallier d’éventuelles complications quant aux retours de blessure de Mendy et Sidibé. Seulement voilà : les pépins physiques ainsi que les performances en demi-teinte lors des matchs amicaux des deux habituels titulaires ont appuyé des doutes dans l’esprit de Didier Deschamps, déjà présents après les bonnes performances de Pavard et Hernandez face à l’Italie en amical le 1er juin.

Des premiers pas très convaincants

Après une ultime rencontre de préparation face aux Etats-Unis, durant laquelle Mendy et Sidibé ont déçu par le jeu et inquiété physiquement, Hernandez et Pavard sont alignés d’entrée pour le premier match de l’équipe de France au Mondial face à l’Australie. Malgré une prestation collective globalement décevante de la part des Bleus, les deux latéraux, et notamment Hernandez, sortent du lot grâce à des prestations convaincantes. L’engagement du défenseur de l’Atletico dans les duels lui a valu d’être reconnu comme l’un des meilleurs joueurs de la rencontre. Face au Pérou, Lucas Hernandez a brillé de nouveau par sa mentalité combative, y ajoutant un apport offensif intéressant. Son homologue côté droit fut tout aussi solide défensivement, bien que moins en vue lors des phases d’attaque. Après ces deux prestations convaincantes, Pavard est laissé sur le banc face au Danemark et Hernandez est remplacé à la 50ème minute par Mendy, livrant tout de même une copie de meilleure qualité que le défenseur de Manchester City. Les doutes sur les conditions physiques de Mendy et Sidibé, accompagnés des très bons matchs de Hernandez et Pavard, ont conduit à une inversion de la hiérarchie.

C’est dont tout naturellement qu’ils sont de nouveau alignés en huitième de finale face à l’Argentine. Cette rencontre se transforme même en match-référence pour l’ensemble de l’équipe de France… et pour ses latéraux. Hernandez, fidèle à lui-même, a fait preuve d’une grande solidité tout en apportant offensivement. De son côté, Pavard a également tenu son côté droit d’une main de fer mais s’est aussi porté vers l’avant. Ainsi, à la 57ème minute de jeu, le défenseur de Stuttgart était aux avant-postes et a permis à la France de revenir au score d’une splendide demi-volée de l’extérieur de la surface, venue se loger dans la lucarne opposée. Ces nouvelles belles performances pousseront assurément Didier Deschamps à reconduire ces désormais ex-doublures lors du quart de finale face à l’Uruguay, et plus encore si la France parvient à se qualifier.

La grinta hispanique et la rigueur germanique

Si les premières minutes disputées par Hernandez et Pavard sont en parties dues aux forfaits des habituels titulaires, les deux latéraux ont immédiatement su convaincre par leurs prestations de haute volée mais aussi par leurs profils différents de ceux de Mendy et Sidibé. En effet, un des principaux points faibles de l’Equipe de France résidait dans sa solidité défensive, notamment sur les côtés. Mendy et Sidibé brillant davantage par leurs montées vers l’avant que par leurs actes défensifs, les titularisations de Hernandez et Pavard ont permis de corriger le tir et de transformer un point faible des Bleus en point fort.

Vivant en Espagne depuis l’âge de six ans, Lucas Hernandez joue depuis toujours sur la péninsule ibérique et a donc été formé en suivant les idéaux footballistiques espagnols. La grinta, propre à l’Espagne et aux pays sud-américains, caractérise en partie son jeu. Cet aspect ne fut qu’accentué par son entraîneur à l’Atletico de Madrid, Diego Simeone, particulièrement exigeant quant au dévouement et à la combativité de ses joueurs. Hernandez a donc apporté en équipe de France son engagement dans les duels, palliant ainsi une carence en solidité sur le côté gauche de la défense tricolore.

Benjamin Pavard évolue quant à lui du côté du VfB Stuttgart depuis 2016. En Allemagne, il a appris la rigueur défensive typique du jeu allemand. Si cet aspect bride quelque peu son apport offensif, la solidité dont fait preuve Pavard dans le couloir droit des Bleus est indéniablement un des plus gros points forts de l’équipe de France dans cette Coupe du Monde. De plus, le natif de Maubeuge semble se libérer offensivement au fil des matchs et ne se cantonne plus à son simple rôle de défenseur, en témoigne son but face à l’Argentine. Aligné en défense centrale en club, Benjamin Pavard a fait preuve d’une grande capacité d’adaptation en se pliant parfaitement aux exigences du poste de défenseur droit… et paraît s’y épanouir de plus en plus.

Ces profils formés ou perfectionnés à l’étranger apportent une palette de choix à Didier Deschamps et lui permettent de corriger des aspects qui faisaient auparavant défaut au quatuor défensif de l’équipe de France.

Si Hernandez et Pavard se sont aujourd’hui imposés comme des titulaires presque indiscutables, il leur faudra tout de même maintenir ce niveau de performance élevé afin de ne pas regagner le banc des remplaçants lors des retours définitifs de Mendy et Sidibé. Ces derniers ont en effet, au sommet de leur forme, un apport offensif non-négligeable qui pourrait peut-être pousser à la remise en question des titularisations de Pavard et Hernandez. Cependant, la sécurité défensive et l’engagement des deux nouveaux titulaires ont logiquement la faveur de Didier Deschamps, et ce peut-être pour longtemps.

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