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Les fois où le Tour de France s’est mis en “grève”
Photo Panoramic

Les fois où le Tour de France s’est mis en “grève”

Après un résultat d'analyse anormal au salbutamol lors du dernier Tour d'Espagne, Christopher Froome a suscité de vives réactions de la part du monde du cyclisme, certains réclamant même une grève. En tête, le quintuple vainqueur du Tour de France Bernard Hinault réclame que les participants au tour ne prennent pas le départ de la course si Froome est là. Si ses propos peuvent s'avérer surprenants, une grève ne serait pas une nouveauté dans une grande boucle. Retour sur les fois où les coureurs ont refusé de monter sur leur vélo en signe de contestation.

1966 : des premiers contrôles antidopage contestés

Si aujourd’hui les contrôles font partie intégrante du sport, ça n’a pas toujours été le cas. Les premiers interviennent au Tour de France en 1966, soit plus d’un demi-siècle après la création de cette mythique course.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arrivée de ces contrôles n’a pas été bien accueillie par les coureurs de l’époque. Dans la nuit du 28 juin, certains sont soumis à des contrôles qui détecteront six cas positifs aux amphétamines. Le lendemain, les coureurs décident d’effectuer la 9ème étape entre Bordeaux et Bayonne à l’arrêt. Ces contrôles surprises, appelés « doping » à l’époque, étaient mal vus. Raymond Poulidor affirmant d’ailleurs que les coureurs avaient le sentiment d’être vus comme « des drogués ».

Debout à côté de leur vélo, les 120 coureurs, Jacques Anquetil en tête, manifestent leur mécontentement. Cette scène va durer cinq minutes. Des coureurs ont des banderoles « le Manneken piss ne passera pas », en référence aux contrôles urinaires de la veille. La course démarrera enfin normalement et les contrôles antidopage qui suivront s’organiseront dans de meilleures conditions.

12 juillet 1978 : stop aux deux étapes dans une même journée

Bernard Hinault connaît bien la grève dans le Tour de France. S’il remporte cette année-là son premier tour, celui-ci est marqué par une grève quasiment à mi-parcours. Pour la 12ème étape, les organisateurs décident d’organiser deux étapes la même journée. Les coureurs étaient censés parcourir 158 kms entre Tarbes et Valence d’Agen, pour ensuite enchaîner 96 kms jusqu’à Toulouse. Une pratique qui existe depuis plusieurs années mais celle-là est de trop. Les coureurs ne voient là qu’un stratagème pour augmenter les gains sans prendre en compte l’avis des coureurs et leur état de fatigue.

Ils prennent donc le départ de la première étape de la journée à 7h30, soit bien plus tôt que les départs d’étape que l’on a l’habitude de voir. Tout le monde est fatigué et la plupart des coureurs n’a pas eu le temps de bien récupérer de l’étape de la veille. Sachant qu’en plus, une étape de 221 kms les attendait le lendemain… Tout le monde se met d’accord et court cette 12ème étape à allure modérée. Personne n’attaque du premier au dernier kilomètre, les coureurs terminant même à pied. Les directeurs du tour ont compris : l’étape ne comptera pas au classement général. Les coureurs reprendront les choses sérieuses lors de la deuxième étape de la journée. Aujourd’hui d’ailleurs, il n’y a plus deux étapes le même jour.

1998 : grève autour du scandale Festina

Si Marco Pantani a terminé en tête de la Grande Boucle cette année-là, il a aussi été le premier à s’asseoir ce fameux 29 juillet 1998, refusant de courir cette étape comme une étape normale. Ce tour est marqué par l’affaire Festina, qui verra tous les coureurs de l’équipe, dont Richard Virenque, exclus du tour pour dopage. Mais ce qui a le plus dérangé les coureurs, c’est la façon dont ils ont été traités lors des contrôles anti-dopage suite à l’explosion de ce scandale.

Le soir de la 16ème étape, des policiers perquisitionnent l’hôtel de l’équipe TVM et forcent des coureurs à effectuer des prises de sang à l’hôpital. Dénonçant un mauvais traitement, les coureurs disputeront l’étape du lendemain sans rythme, effectuant même plusieurs arrêts. Événement rappelant un peu ce qu’il s’était passé 22 ans auparavant. Des coureurs assis sur la route, des dossards arrachés, l’étape se termine avec plus de deux heures de retard, ce qui inquiète beaucoup les organisateurs pour la suite du tour. La Grande Boucle ira quand même jusqu’à son terme mais en comptant de nombreux abandons. Au lendemain de cette fameuse 16ème étape, de nombreuses équipes choisissent de se retirer. Comptant plus de 200 coureurs au départ, seulement la moitié arriveront sur les Champs-Elysées.

La contestation des coureurs n’est donc pas une chose nouvelle dans le Tour de France comme le passé a pu nous le montrer. Les revendications ne sont cette fois pas les mêmes puisque l’on s’attaque à un seul coureur. Verra-t-on à nouveau des coureurs à l’arrêt pour ce Tour de France 2018 pour protester contre la présence de Chris Froome ? Réponse dans moins d’un mois.

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