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Donne moi le ballon, je te dirai comment on joue

Démocratisation des subtilités de la conduite d'une équipe ou nécessité pour les médias de combler un vide informatif -qu'ils ont créé eux mêmes par le montage de programmes toujours plus longs-, la discussion tactique est aujourd'hui omniprésente dans le débat foot. Est-elle la clé la plus importante du succès ?

Mise en place en triangle, en losange, en diamant, en sapin de Noël. Milieu relayeur, sentinelle devant la défense, attaquant qui décroche, joue en pivot, tourne autour d’un autre attaquant… N’en jetez plus !

Loin de moi l’idée de pousser au feu ce qui permet souvent de dépasser le cadre de la discussion de comptoir, mais force est constater que le débat se perd parfois en conjectures, incapables que nous sommes alors d’admettre une vérité simple (trop ?) : ce qui fait une équipe est avant tout la qualité de ses joueurs.

Bien sûr, cette règle est confirmée par l’exception de collectifs intrinsèquement moyens mais sublimés par un projet de jeu, acteurs d’un moment de grâce et témoins d’une époque (le FCNA de 1995).
Ainsi, tout aussi géniale et louable que soit la philosophie de jeu du FC Barcelone, très peu de clubs pourraient aujourd’hui l’appliquer même si ils en démontraient l’envie. Plus encore, enlevez Iniesta ou Xavi au milieu de terrain et l’histoire n’est plus du tout la même pour le Barça lui-même.

Cela peut bien sûr apparaitre comme évident -on ne va pas reprocher à un club de posséder des cadors dans ses rangs-, mais cet exemple volontairement simpliste permet d’énoncer encore le propos d’une autre manière : le fait que les grands joueurs font la tactique est plus vrai que sa réciproque.

Mais où essaie-t-il d’en venir vous direz vous. En fait tout près d’ici, plus précisément à Clairefontaine.

les grands joueurs font la tactique

En effet, bien que l’on me reprochera sans doute de souffrir d’une obsession pour Yoann Gourcuff, le cas du milieu lyonnais laisse place à une réflexion plus large quant à l’Equipe de France.

Si il était un élément sur lequel les plus scandalisés quant à sa pré-sélection parvenaient tout de même à se mettre d’accord, c’est que le profil du joueur n’a aujourd’hui pas d’équivalent chez les Bleus. Non pas qu’il ait eu actuellement la capacité de le faire, mais il était le seul à avoir le potentiel nécessaire pour mener le jeu.

Car c’est bien là que le bât blesse. Les matchs de préparation s’enchainent et l’on se plait à balader les Ménez, Ben Arfa, Ribéry et Nasri d’un bout à l’autre du terrain pour chercher une solution à un problème que l’on peine pourtant à admettre : aucun ne sait (peut ?) mener le jeu de l’Equipe de France.

Aussi devant cet état de fait sommes nous presque condamnés au scepticisme quant aux réelles capacités des Bleus dans cet Euro 2012. Car la France n’a jamais brillé qu’avec un meneur de jeu de calibre à la baguette.
Et même en laissant de côté Platini et Zidane, qu’ils soient numéro 6, 8, 9 ou 10, les Vieira, Deschamps et autres Djorkaeff apportaient des certitudes et une capacité à mener, si ce n’est le jeu, alors au moins les hommes.

Le discours prends un peu ici des allures de diatribe de “vieux con”, mais il faut surtout en conclure que ce qu’il est nécessaire à Laurent Blanc d’identifier aujourd’hui -plus qu’un schéma de jeu- c’est un joueur prompt à prendre les rênes et à faire fie de ses velléités de placement, persuadé qu’il serait que c’est à lui de mener la danse.

Et c’est sans nul doute ce qu’espérait le sélectionneur lorsqu’il inscrivit le nom de Gourcuff sur la liste.

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