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Où va la MLS ?
Photo Panoramic

Où va la MLS ?

Si toi aussi tu t'es dit que tu peux avoir ta place en MLS "izi" t'es au bon endroit. Non seulement tu vas avoir deux fois plus envie d'y aller tenter ta chance, mais tu vas aussi comprendre pourquoi t'es resté vautré sur ton canap'. En Europe on a une vision d'un championnat peu suivi mais pas dénué de niveau non plus. Pour se donner une idée nous dirons que, d'après différents témoignages, le niveau de la MLS navigue entre le niveau CFA et la Ligue 2, voire d'un club du niveau de Toulouse. Le décor planté, on vous voit déjà bomber le torse, remonter votre ceinture et prendre la pose "regard de tueur" dans le miroir de la salle de bain... Bueno, avant de commencer tes démarches de green card essaye déjà de t'assurer d'avoir au moins le niveau CFA ! La MLS cultive cette image abordable. Le rêve américain serait-il si accessible aux joueurs moyens ? Si oui pourquoi les joueurs formés en Europe qui n'arrivent pas à percer ne vont pas plus souvent s’épanouir aux states ? Le championnat est-il attrayant ? Quels plans les kinry ont mis en place pour exister sur la scène internationale ? Bref, OÙ VA LA MLS ?

Un engouement de plus en plus fort

“Whaaat ? Les américains aiment le foot ? Allez arrête, bouge de là et passe moi le coca…” Vous avez certainement entendu ce genre de conversation sur la MLS autour d’un kebab bien gras. Difficile pour un esprit européen d’imaginer un Bradley, un Dempsey, ou encore un Donovan créer un exploit et nous éclabousser de sa justesse technique. Vu sous cet angle, je dois avouer avoir du mal à tomber sous le charme de leur sélection voire de leur “championnat”. Et cela même s’ils en sont capable ! C’est bête mais l’image qu’ils renvoient nous laisse toujours un peu perplexe quant à leur vrai niveau…

Ceci n’est que mon avis et je dois reconnaître que des efforts sont faits pour évoluer vers le meilleur niveau régional (l’Amérique dans son entièreté) avec comme ligne de mire le niveau des clubs européens. La présence de Jürgen Klinsmann à la tête de la sélection américaine n’est d’ailleurs pas un hasard…

Le football, pardon… Le “soccer” gagne tu terrain chez Obama. Tous les compteurs statistiques l’indiquent. Tout d’abord, un chiffre important à garder en tête : 24.472.778. Regardez bien ce chiffre, il représente le nombre total de joueurs (licenciés + occasionnels) aux Etats Unis selon le dernier recensement mondial de la FIFA “Big Count 2006“. Imaginez l’évolution de ce chiffre 8 ans après… la création de la MLS en 1994 pour la coupe du monde. Les Etats-Unis ont un potentiel d’évolution monstrueux ! Ça ne vous parle toujours pas ? Selon ce même recensement, et en fonction de la population de l’époque (+ de 298M d’hab), 8,2% de la population était concerné par le soccer aux Etats-Unis ! A titre de comparaison, en 2006 en Allemagne ce ratio était de 19,7% de la population. 8,4% en Italie. 6,8% au Royaume Uni. 6,5% en France et 6,4% en Espagne. OUI les américains ont un intérêt envers ce sport. Mais moins qu’envers le football américain, le baseball, le basket, ou encore le hockey. Seulement voila, le “soccer” existe bel et bien chez eux, le nombre de pratiquants est énorme. La question est de savoir combien de temps le sport le plus populaire de planète mettra à gagner le cœur des américains ? Certains spécialistes comme Andrei Markovits, sociologue à l’université du Michigan son catégorique : Jamais le soccer ne prendra la place de sport numéro 1. Peu importe, nous lui répondrons (…dans un premier temps). Tout ce qui compte est qu’il existe et qu’il gagne du terrain. Ce sociologue explique d’ailleurs que le soccer pourrait passer devant le Hockey sur glace… Une tendance qui se vérifie déjà au Canada où un journaliste de la RDS expliquait en 2000 que nombreux terrains de foot américains et de baseball sont de plus en plus transformés en terrain de soccer !

Vous en doutez ? Le dernier sondage de la chaine ESPN pour cibler l’intérêt des américains envers les différents sports est bluffant. En effet, 17,98% de la tranche des 12-17 ans désignent le soccer comme étant leur sport préféré en 2013. Soit plus que le hockey (8,8%) et autant que le Baseball (18,04%). Une belle prouesse puisque cette cible est une des plus compliquée à séduire car elle se cherche beaucoup. L’arrivée de Beckham et son image qui dépasse les limites du soccer à certainement jouer un rôle important dans cette forte croissance. On dira même “tendance” puisque cette courbe ne cesse de pointer verse le ciel depuis 2008. (…pour ne pas dire depuis 2004…)

Le dernier mondial brésilien a mis en avant la ferveur du peuple américain qui marque un peu plus l’intérêt envers ce sport. Aux quatre coins de ce vaste pays les gens se sont réunis pour soutenir la formation de Klinsmann. En revanche il est bon prendre ces scènes de liesse avec des pincettes. Il est en effet impossible de savoir si toutes ces personnes sont réellement fan de soccer tant les américains développent un patriotisme incroyable quand il s’agit de sport ! Tout est bon pour soutenir n’importe quelle équipe des États-Unis. Même au curling pendant les JO ils sont là !! Avant tout les États-Unis sont une terre de sport, de sportifs. Une terre de performances rythmées par la folie des stats.

Les franchises se multiplient

Là-bas, on y joue partout et de plus en plus. La multiplication des clubs de soccer professionnel est un indicateur fort de l’expansion de ce sport. Créée en 1996 sous la pression de la FIFA suite à l’attribution de la coupe du monde 1994 chez l’oncle Sam, la Major League Soccer débute avec 10 clubs appelés “franchises”. Aujourd’hui elle compte 19 franchises et 3 autres devraient voir le jour d’ici 2017. On a un vrai championnat d’élite structuré. Difficile de se dire que l’intérêt pour ce sport n’est pas grandissant quand on voit les sommes dépensées pour en arriver là. Dernièrement on parlait de 25 millions de dollars pour créer une franchise à Miami. David Beckham souhaiterait monter un projet de soccer de toute pièce. Eurosport explique même qu’il aurait négocié un prix au rabais lors de la signature de son contrat en MLS pour rejoindre les L.A Galaxy. Sentant le potentiel grandissant de ce sport là-bas il a donc choisi Miami pour son projet. En 2012, Mr Saputo (propriétaire de l’Impact Montréal) avait dépensé pas moins de 40M$ pour une franchise MLS. Et démarrer avec Di Vaio et Nesta on a connu pire comme onze de départ pour un championnat dit “mineur”…

Dernièrement c’est Jermain Defoe (Toronto), Kaka (Orlando), Robinho (Orlando), David Villa (NYFC) et Frank Lampard (NYFC) qui sont annoncés à l’autre bout de l’Atlantique. La MLS se réveille et attire des joueurs… en fin de carrière… Une fois de plus, dit comme ça, on a tout de suite l’image de sportifs à la recherche d’une fin de carrière tranquille et dorée. Il est indéniable qu’il n’ont pas perdu leur talent du jour au lendemain et qu’ils vont certainement rehausser le niveau de leurs nouveaux clubs et du championnat globalement. Les arrivées de telles personnalités vont aussi permettre d’apporter un autre regard du haut niveau pour les américains. L’expérience de Kaka au Milan AC et au Réal sera une source précieuse pour faire évoluer la structure d’Orlando City, tirer la formation vers le haut, et motiver les jeunes talents à rester dans les clubs de MLS. Why not ? Au pays du basket et du football US, le soccer part de très loin. Miser sur l’impact que peut avoir une star du soccer, même en fin de carrière est un jeu qui en vaut la chandelle. Objectif : Séduction des jeunes talents cachés dans ce grand vivier nord américain. Mais, leur système façon NBA est-il adapté pour favoriser le recrutement de jeunes pépites ? Oui pour former des jeunes qui sont déjà dans le système universitaire. Non, car ils passent à côté de tous ceux qui sont hors du circuit scolaire. Nous y reviendrons un peu plus bas…

Croissance des droits TV

Autre indicateur de l’engouement autour du soccer : les droits TV. Les droits de retransmission des grands championnats européens s’arrachent à prix d’or à travers le monde. Championne du monde avec 1,8 Mrds d’€ pour la saison 2013/2014, la Premier League anglaise est la plus demandée. Cette somme est révélatrice de l’intérêt que porte les spectateurs pour cette ligue. De la même manière, la MLS connait un nouvel élan ! ESPN et FOX Sport dament le pion à NBC et font exploser les primes de droits TV de 27 à 70M$. Un bond en avant qui permet de mieux gérer les enveloppes pour motiver les effectifs et attirer de nouveaux grands noms. A titre de comparaison, la NHL est en perte de popularité mais touche toujours une somme de 200M$…

A ce propos, l’argent coule-t-il à flots en MLS ? Plus que nulle part ailleurs l’argent est le nerf de la guerre au pays fondateur du capitalisme. Et au vu de tout ce qui se passe dans tous les grands clubs du monde, seul l’argent peut bâtir des grandes équipes. Même le barça sans argent ne pourrait pas conserver ses joueurs talentueux formés au club. Et question salaire, une nouvelle fois la NHL surprend. Cette ligue propose le salaire minimum annuel le plus élevé des cinq ligues majeures. Au minimum un joueur de Hockey touchera 525,000€/an quand la MLS propose 33,750€/an. A ce tarif là, faut pas rêver, la crème du football préfère prendre le risque de filer en Europe…

Donc, les droits TV peuvent être une sérieuse option pour hausser le niveau de jeu de ce championnat.

Faire du soccer avec du basket ?

Soyons sérieux les gars, si aux États-Unis le sport le plus populaire au monde est recalé au second plan au profit du “football américain” est-il indispensable de gérer tous les sports de la même manière ? J’en ai un peu ras-le-bol d’entendre qu’il ne faille pas toucher au fonctionnement de la MLS car “c’est ce qui fait son charme”. Une ligue qui a les pleins pouvoirs sur ses franchises les étouffe. Le monde entier fonctionne avec des ligues où les clubs sont autonomes. On retrouve bien là encore le désir américain de ne pas se plier aux règles générales et de tout faire pour se démarquer. Avoir la main mise sur le système, sur le secteur, sur le magot. Et c’est peut-être là leur erreur majeure !

Sur tous les continents on constate des exploits sportifs dans le soccer. Sur tous les continents de jeunes prodiges se font remarquer et frappes aux portes des grands clubs. C’est comme ça que les jeunes partent à la conquête du monde et que les “success stories” naissent dans le soccer aujourd’hui… et depuis des années… ET amplifié par l’arrêt Bosman en 1995. A quand remonte un exploit d’un club de MLS ? A quand remonte un exploit de la sélection américaine ? A quand remonte la signature d’un jeune crack nord-américain dans un grand club européen ?

Sur le plan culturel, quand on vous entendez “basketball” vous pensez immédiatement à “NBA” / “Michael Jordan” / “Chicago Bulls” / “Lakers” / “Celtics” / “Lebron James” etc… Les plus grandes stars y sont et le système nous a toujours renvoyé l’image que le référence en matière de ce sport est aux États-Unis. Donc imposer ses codes au reste du monde vis-à-vis de ce sport est quelque part logique. On a tendance à copier la référence. On pourrait faire le même raisonnement pour le Foot US, le Hockey ou le Baseball tant ces sports sont suivis chez l’oncle Sam. Mais… ils ont du mal a conquérir le reste du monde…En revanche, si je vous dis “football” vous pensez “Brésil” / “Argentine” / “Europe” / “barça” / “réal” / “Maradona” / “Pelé” / “Messi” / “Ronaldo” / “Manchester” / “Milan” / “Bayern” etc… Vous en conviendrez donc qu’à aucun moment la masse populaire n’assimilera ce sport aux “Etats-Unis”. Alors si en plus je vous dis “soccer”, on peut éliminer tous ceux qui ne maitrisent pas l’anglais ou qui ne connaissent tout simplement pas ce mot pour faire un quelconque rapprochement avec la MLS…

Le monde du football fonctionne d’une certaine manière. Ce système et plein d’atouts et de défauts (sociaux et financiers) mais il a le mérite de déchainer les passions. La même passion qui pousse les supporters à s’engager envers leurs clubs et à consommer du foot. Une tendance qui ne se retrouve pas ou très peu chez les supporters de MLS ni chez les observateurs étrangers ! En revanche les taux de remplissages des stades sont en nette augmentation, et parfois même aussi bien qu’en France.

Sur le plan historique, les américains ont tout fait pour développer d’autres sports que le football. Selon Frédérick Gersal (chroniqueur historique sur France 2) les américains étaient désireux de ne pas pratiquer de disciplines appréciées par la couronne d’Angleterre. Les colons se sont focalisés sur les sports devenus roi chez eux encore aujourd’hui. On parle donc d’un phénomène récent à l’échelle du temps, qui à une forte concurrence pour gagner des parts de marché et le cœur des américains. Aujourd’hui le commissaire de la MLS, Don Garber, gère la MLS comme la NBA… Même aujourd’hui le soccer part de loin. Le reste du monde a pris trop d’avance. Et la ligue des champions CONCACAF parait inabordable…

Des franchises impuissantes ?

On vient de le voir, la pratique et l’engouement pour ce sport est récent à l’échelle du temps. Longtemps considéré comme un sport de fille, puis un sport universitaire, il se professionnalise depuis 1996. La courte existence de la MLS peut expliquer son manque de rayonnement en ligue des champions locale, son manque d’attractivité pour les grands joueurs, et bien entendu le niveau moyen de la sélection nationale.

Un peu plus haut nous parlions du mode de gestion de cette ligue qui n’était pas jugé adapté pour s’harmoniser avec le reste du monde. Aussi, le fonctionnement même de la compétition est vraiment à part et de mon point de vue constitue un frein au développement de l’esprit de compétition dans ce sport. Afin d’éclairer ceux qui ne savent pas comment se déroule la MLS il faut vous représenter un championnat fermé. Pas de montée. Pas de descente. Tous les ans on prend les mêmes et on recommence. Pas de pression pour une éventuelle relégation et pas de crainte chez les supporters de voir leur club quitter l’élite. Un championnat dans un fauteuil où la défaite (voire la médiocrité) n’est pas si grave que ça en définitif. C’est poussé à l’extrême, mais c’est vrai. Il est donc compréhensible que peu de gens arrivent a se passionner pour la MLS quand tous les autres championnats du monde proposent des scénarios à sanction. Le suspense est maintenu en tête et en queue de classement. Le foot offre tellement plus de rebondissements et d’excitations identiques dans le monde entier qui font que tous les supporters se comprennent et sont en mesure de partager sur le sujet. La MLS est du chinois sur une planète où tout le monde parle anglais.

Ces derniers temps on voit des noms célèbre se multiplier en MLS. Des joueurs talentueux en fin de carrière attendus comme des boosters pour relever le niveau moyen des clubs, gagner en crédibilité, et réaliser un coup marketing. Un bon compromis puisque le niveau y est encore abordable pour eux afin qu’ils puissent briller. L’égo est flatté, le portefeuille aussi, et sur le plan médiatique ils sont relativement tranquille. (cf: T.Henry qui peut faire son shopping tranquille à New York). En dehors des terrains les joueurs (étrangers surtout) ont une faible popularité, ce qui constitue une qualité de vie agréable.

Bon ok… C’est bien tout ça, mais où sont les James Rodriguez, Cuadrado, Robben, Muller, Pogba, Messi, Ronaldo, Ronaldo, Falcao, Hazard, Jackson Martinez, Zlatan, et autres Drogba et Luis Suarez ?

Partout. Sauf en MLS. Du moins pas pour le moment… L’âge de la retraite n’a pas encore sonné.

L’impuissance n’est pas forcément un critère péjoratif. C’est plus un constat. Que nos lecteurs nord-américains qui nous suivent se rassurent, nous ne sommes pas hostile à ce championnat, juste perplexe. A moins que le monde entier s’adapte à leur système je ne vois pas comment il est possible de tenter une comparaison entre un club de MLS et d’Amérique latine par exemple tant les acteurs ne partent pas avec les mêmes conditions de travail. Les franchises sont en fait taillées pour exister/s’imposer uniquement en MLS et donc sur leur territoire. Les mauvaises langues pourrait y voir un certain nombrilisme américain, mais compte tenu des moyens développés nous parlerons de “simple” retard. L’Europe, et le moyen orient s’intéressent de plus en plus a ce marché. Le vivier de joueurs est immense et le développement n’en est qu’au début. D’autres axes de développement se profilent à l’horizon…

Comment progresser ?

La “progression” est ce genre de mot dont on ne peut pas déterminer la direction qu’il va prendre. Depuis la création de la FIFA en 1904, le football a changé. Évolué. Muté. Passons la phase préhistorique de ce sport et venons-en à l’évènement déterminant qui nous intéresse : L’ARRÊT BOSMAN. Cet arrêt porte le nom d’un joueur belge bloqué par son club qui contestait 2 point importants :

  • la possibilité pour un club de réclamer une indemnité de transfert pour un joueur ayant fini son contrat (en 1995 cette possibilité a déjà été abandonnée dans la plupart des autres pays européens mais subsiste en Belgique)
  • les quotas limitant à 3 le nombre de joueurs étrangers ressortissants de l’Union européenne dans une équipe de club, qui constituent une discrimination entre nationalités européennes.

Le vote de cette loi a offert un nouveau souffle au football. Il est le visage actuel du très haut niveau. Il est aussi à l’origine de l’accumulation de stars chez les plus friqués et du pillage des clubs modestes. Il a creusé les rapports de force certes, mais nous à offert plusieurs équipes de très gros calibre pour des ligues des champions toujours plus relevées ! Mieux, les petits poucets réalisent régulièrement de beaux exploits. Un must pour le plaisir des yeux et l’amour de ce sport. Ok les montants des transferts atteignent des sommets débiles, mais tant que ce n’est pas de l’argent publique… seule “l’éthique” peut être évoquée par les anti-foot.

Depuis 2007, la MLS fonctionne avec la politique du “joueur désigné” créée pour faciliter l’arrivée de Beckham et redynamiser la MLS. Cette règle permet à chaque franchise d’offrir à 3 joueurs maximum un salaire illimité, la MLS ne payant que 335.000 dollars par joueur désigné. Cette loi a peu à peu évolué de façon à continuer d’accueillir de plus en plus de joueurs d’envergure dans le championnat. Les 3 ans de salaire de Thierry Henry à New York ne coûtent qu’un peu plus d’1 million de dollars à la Major League Soccer. Le reste est payé par la compagnie Red Bull.

Un quota quoi !

La discrimination n’est pas géographique comme l’arrêt Bosman, mais financière. Comment justifier un salaire exorbitant pour une star en fin de carrière alors qu’un joueur confirmé américain avec un rendement proche de lui est plafonné au salary cap de son club ? Des disparités qui commencent à agacer certains joueurs locaux… Comment expliquer la limitation à seulement 3 joueurs pour la politique de joueur désigné ?

Cette politique est une évolution considérable de la MLS, mais elle constitue toujours un frein comparé au reste de la planète football. Même avec cette “avancée” les meilleurs joueurs ne sont toujours pas séduits par la MLS. Le maintien de l’équilibre financier est évoqué pour expliquer cette organisation. Pourquoi pas…

Dans la globalité peu de clubs s’effondrent pour raisons financières. Ca existe. Certains sont fragile mais la très grande majorité vit bien. Cette composante financière met du piment dans les compétitions et pousse les clubs à rivaliser d’ingéniosité pour limiter les coûts (achat de stade, formation des jeunes, stratégies de recrutement, merchandising, sponsoring, droits tv). De plus, quelques franchises de MLS ne sont toujours pas rentable et accusent des déficits de plusieurs millions de dollars. Ce système est-il vraiment une meilleure solution ? A voir…

La formation est souvent le meilleur atout pour développer le niveau des joueurs et optimiser la santé financière du club. Inutile de faire un exposé. Un joueur avec du potentiel est vite repéré par un club et intègre soit l’école de foot pour les plus petits, soit un centre de formation à partir de 10 ans. Le cycle de formation sport étude est très proche des US dans l’idée. Et seulement dans l’idée !

En général, la partie scolaire est assurée et financée par les clubs de football. Le joueur suit sa formation intensive de sportif puis son niveau sera évalué au fil du temps pour déterminer s’il a le potentiel ou non pour défendre les couleurs de l’équipe première. Aux États-Unis la formation est assurée par les lycées et universités. Le championnat universitaire leur sert de tremplin pour faire leurs preuves. En fin de scolarité, vers 22 ans, les meilleurs de ce championnat sont sélectionnés pour participer à la célèbre “DRAFT” appelée SuperDraft en MLS qui se déroule ainsi :

  • La première équipe à choisir est celle qui a fini dernier lors de la précédente saison, et les tours se poursuivent en remontant vers le haut du classement.
  • Si une nouvelle franchise intègre la MLS, elle est la première à choisir.
  • Il y a au total 3 tours, les clubs peuvent passer leur tour et ne pas prendre de joueurs au moment voulu.
  • Pendant et en dehors de la Draft, les franchises peuvent s’échanger des tours Drafts.

Du spectacle… et des contraintes… encore des contraintes… Même le système des transferts est une contrainte ! Les joueurs n’appartiennent pas aux franchises mais à la MLS. Les franchises s’échangent donc les joueurs en faisant jouer d’autres critères que l’argent dans leurs négociations : des joueurs supplémentaires, des places d’internationaux, et des tours de drafts !

Si les règles ne sont pas les mêmes. Parlons-nous du même sport ? Beaucoup de gens ont certainement dû faire ce rapprochement pas si bête que cela. En effet, Don Garber en fonction depuis 1999, a déjà apporté 2 autres révolutions avant celle des joueurs désignés. Cet homme à contribué à la suppression des tirs aux buts en cas de match nul et a retiré le chronomètre à rebours !!

Autres contraintes : la géographie. Le pays est tellement grands et les franchises si peu nombreuses quand les équipes se déplacent sur des distances très longues en changeant souvent de fuseau horaire, de climat, ou d’altitude dans la même journée ! La température n’est sera pas la même à Miami et à Montréal… On parle de 8 climats différents présents toute l’année aux US.

L’Europe est pourtant très vaste et le même type de déplacements pourraient être possible. Ils existent d’ailleurs lors des coupes d’Europe. Mais pas pour les championnats. La multiplication des clubs leur permettrait de créer plus de conférences et donc limiter les déplacements.

La seule chose qui soulage les organismes des athlètes de MLS est la division du championnat en 2 conférences Est et Ouest. Mais les 2 zones restent tout de même immense ! Juninho avait d’ailleurs quitté les New York Redbulls pour cette raison.

Axes de développement

Le fort potentiel de développement du soccer sur le marché nord américain commence à donner des idées aux investisseurs. Redbull, l’a bien compris en ciblant New York. Plus au sud, il se murmure que Beckham puisse profiter du soutien des Qataris pour son projet de franchise à Miami. Le Moyen-Orient décidément omniprésent dans le football s’attaque aussi à New York ! Le NYFC sera co-détenu par Manchester City et le club de Baseball des New York Yankees. Et tel qu’on connait ces investisseurs nul doute qu’ils ne se contenteront pas que d’une simple part du gâteau. Du coup les règles changent. Tout est envisageable sur le flux des joueurs. Si Manchester City achète des joueurs prometteurs et décident de les faire évoluer en MLS pour qu’ils fassent leurs armes, que devient la politique du joueur désigné si les salaires sont gérés par Manchester City depuis l’Angleterre (…voire Abu Dhabi) ?Voila qui devrait faire grincer des dents car monter une “dream team” aux États-Unis depuis l’Europe via Abu Dhabi on voit déjà les kinry crier à l’injustice ! L’enjeu financier est énorme tant les américains sont consommateurs de sport et des produits dérivés. En attendant, le processus est lancé, et le message est clair : “Join the movement !” (trad : suivez le mouvement)

Autre axe à méditer le financement de pôles de formation. A défaut d’avoir perdu le privilège d’investir dans un club russe, Roman Abramovitch l’a fait en finançant un centre formation dans le but de faire émerger de jeunes talents en s’appuyant sur le savoir-faire d’éducateurs néerlandais (de l’Ajax parait-il). L’Académie Konoplev a fonctionné avec un budget d’un milliard de roubles par an (env. 21M€). Quel mécène ne peut pas faire cela aux États-Unis ? Monter un centre de formation avec des formateurs experts, puis revendre les joueurs aux franchises… It could be a fucking business !

Si la création de telles académies, est complexe pourquoi la MLS ne monte pas plus de partenariats avec des clubs sud-américains et européens pour placer quelques uns de ses jeunes au sein de leurs centres de formation ?

La MLS est une ligue plaisante mais reste incroyablement exotique. Elle tente d’exister et de trouver des solutions pour se faire une place l’ombre des autres ligues. L’engouement est là, le nombre de pratiquants est grandissant, mais le potentiel semble mal exploité. Leur entêtement à maintenir leur modèle laisse comprendre qu’ils pensent avoir la bonne solution. On l’espère pour eux car une si grande nation de sports en tous genres qui ne perce pas dans le sport le plus populaire au monde ça fait un peu tache… La Chine pousse sérieusement pour évoluer ! (illustration à 7’53″ de la vidéo ci-dessous). La Chine évoluera-t-elle plus vite que la MLS ?

Si la MLS vous intéresse ainsi qu’un point de vue Nord Américain sur le football européen nous vous conseillons vivement de suivre la WebRadio canadienne Soccer Sans Frontières tous les mercredis de 00h à 01h (heure de Paris) sur www.choq.ca. Ils sont présents sur tous les réseaux sociaux (FacebookTwitteriTunes, etc…).

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