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1.FC Magdebourg : après la patience, la renaissance
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1.FC Magdebourg : après la patience, la renaissance

La Bundesliga 2 pourrait accueillir la saison prochaine un club peu connu en Allemagne mais qui a un passé riche. Il s'agit du 1.FC Magdebourg, actuellement en course pour la montée et dont l'objectif est de redevenir un club professionnel comme au temps de la RDA, mais cette fois au sein de l'Allemagne réunifiée.

Un grand club de l’Allemagne de l’Est (1965-1989)

Magdebourg disposait de plusieurs équipes de football après la Seconde Guerre Mondiale. Créé en 1951 à l’issue d’une fusion entre trois clubs locaux, il joue la 2ème division de la RDA sous le nom de BSG Stahl, puis l’année suivante sous le nom de BSG Motor Mitte. L’année 1957 est un tournant puisque le club quitte le BSG pour intégrer le club omnisport SC Aufbau et très vite accède à l’élite du championnat est-allemand. C’est un club de milieu de tableau qui va s’offrir une Coupe de la RDA en 1964 à la surprise de certains observateurs de l’époque sur le score de 3:2 face au Lokomotive Leipzig. Mais ce titre est lourd à porter, et après s’être fait sortir par le Galatasaray au 1er tour de la Coupe des Coupes sur un pile ou face après 3 matchs nuls sur le score de 1:1, la section football du SC Magdebourg quitte le club omnisport et devient en 1965 le 1.FC Magdebourg. Ce club atteint les quarts de finale de la C2, remporte sa 1re Coupe de RDA sous ce nouveau nom face au Motor de Iéna sur le score de 2:1, mais descend en 2ème division en 1966.
Pour revenir dans l’élite, les dirigeants font appel à un entraîneur qui va faire changer de dimension le club magdebourgeois : il s’agit de Heinz Krügel. Celui-ci s’appuie sur plusieurs joueurs qui vont devenir internationaux de la RDA, qui bénéficie d’un important contingent magdebourgeois dans les années 1970 avec Wolfgang Abraham, Wolfgang Seguin, Jürgen Pommerenke ou encore Jürgen Sparwasser. Après une remontée rapide, le 1.FC Magdebourg ne redescend plus de la 1ère division est-allemande jusqu’en 1991, date du dernier championnat est-allemand. Il remporte 2 coupes, d’abord en 1969 face à Karl-Marx Stadt (Chemnitzer FC) sur le score de 4:0, puis en 1973 face au Lokomotive Leipzig sur le score de 3:2, ainsi que 3 titres de champions de la RDA en 1972, 1974 et 1975. L’année 1974 est la plus grande année de l’histoire du club mais aussi du football est-allemand puisque le club devient le 1er et le seul de ce pays à remporter une Coupe d’Europe, en l’occurrence la Coupe des Coupes face au tenant du titre de l’époque, le Milan AC, sur le score de 2:0 malgré la très faible affluence de cette finale (4600 spectateurs environ). Enrico Lanzi inscrit un but contre son camp à la 42ème minute avant que Wolfgang Seguin ne donne la victoire finale aux Magdebourgeois à la 74ème minute de jeu. Quatre de ces joueurs vont participer à la victoire de la RDA sur la RFA lors de la phase de poules de la Coupe du Monde 1974 organisée chez le voisin ouest-allemand avec un but d’un joueur du 1.FC Magdebourg en l’occurrence Jürgen Sparwasser à la 78me minute.

Dès le milieu des années 1970, le club va subir les pressions politiques des autorités de la RDA, en particulier de la Stasi qui prépare déjà l’émergence de son Dynamo basé à Berlin-Est. La fédération est-allemande décide de licencier Heinz Krügel en 1976 pour officiellement “un développement insuffisant des sportifs dans le club du FC Magdebourg” et l’accuse d’être un pro-ouest-Allemand après un duel face au Bayern de Munich en 1/8èmes de finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (les deux clubs qui devaient s’affronter dans une Supercoupe d’Europe 1974 qui n’a jamais eu lieu). Le successeur de Krügel s’appelle Klaus Urbanczyk, qui lui va offrir deux coupes de la RDA consécutivement en 1978 et 1979 avec également des bons résultats sur la scène européenne (3 quarts de finale de Coupes d’Europe dont deux de Coupe de l’UEFA perdue face aux futurs vainqueurs que sont la Juventus de Turin en 1977 et le PSV Eindhoven en 1978, et un quart de finale de Coupe des Coupes perdu face au Banik Ostrava). Claus Kreul offre la 5ème et dernière Coupe de RDA en 1983 (la 7ème si on additionne celles gagnés par le SC Magdebourg en 1964 et 1965) face à Karl Marx Stadt sur le score de 4:0. Ce qui est d’ailleurs son dernier titre obtenu étant donnée la domination outrancière du Dynamo Berlin Est, sous contrôle de la Stasi dans les années 1980. Le 1.FC Magdebourg a été classé à la 8ème place du football est-allemand si on prend en compte l’ensemble de ses participations en championnat de la RDA.

Une très longue et difficile transition (1990-2018)

Comme pour beaucoup de clubs de l’ancienne République Démocratique Allemande, la réunification de l’Allemagne a porté un coup très fatal aux Magdebourgeois. Lors du dernier championnat de la RDA, le FC Magdebourg termine à une bien triste 10ème place sur 14 et ne parvient pas à atteindre la 2ème division du championnat allemand, qui fut organisée en groupes Nord et Sud (Hansa Rostock dernier champion d’Allemagne de l’Est, et le Dynamo Dresde accèdent à la 1ère Bundesliga de l’Allemagne réunifiée). Après de graves erreurs de la direction du club qui ont provoqué des départs de joueurs importants ainsi que de son coach Joachim Streich en 1991, le FC Magdebourg sombre dans l’anonymat durant toutes les années 1990 et 2000 jouant entre la 3ème et la 4ème division. A l’image de la plupart des clubs de l’ancienne Allemagne de l’Est, le 1.FC Magdebourg vit une très longue transition en attendant d’un jour retrouver le professionnalisme comme la section handball du SC Magdebourg qui a su devenir une valeur sûre du handball allemand, ou atteindre la notoriété du plus fameux groupe de rock magdebourgeois : le très célèbre Tokio Hotel. Le seul coup d’éclat footballistique du club est d’avoir atteint les quarts de finale de la Coupe d’Allemagne en 2001 après avoir sorti tour à tour le FC Cologne, le Bayern de Munich (après tirs aux buts), et Karlsruhe SC après prolongations. Schalke 04 s’impose 1:0 à ce stade de la compétition avant de l’emporter face à l’Union Berlin sur le score de 2:0, doublé de Jörg Böhme.
Dans la foulée, le club connaît une crise financière avec des impacts sur les résultats, pire il est proche de la faillite et accuse une dette de 5 millions d’euros en 2002. Certains groupes de supporters avec l’aide de deux banques locales ont sauvé le club qui a pu repartir dans l’équivalent de la 4ème division (en Regionalliga NordOst). La décennie 2000 montrent certains signe de renouveau en commençant par la construction d’un nouveau stade de 25900 places : la MDCC Arena. Ce n’est qu’à partir de la décennie suivante que le renouveau sportif du 1.FC Magdebourg, qui a besoin d’avoir une stabilité dans tous les domaines en vue d’atteindre ses objectifs, se fait sentir avec Andreas Petersen qui en trois ans parvient à faire monter le club en 3.Liga (troisième division allemande) en 2014.
Depuis, un nouveau coach est parvenu à stabiliser ce club sportivement et s’est fixé l’objectif d’atteindre la 2ème division d’ici trois à cinq ans : il s’agit de Jens Härtel, qui a entraîné l’équipe réserve du Red Bull Leipzig. Résultat, il termine deux fois de suite à la 4ème place de la 3ème division allemande. Cette saison, la montée en Bundesliga 2 est sur la bonne voie, ce qui serait une première pour l’histoire du club de la capitale de la Saxe-Anhalt depuis la réunification de l’Allemagne. A neuf journées de la fin de la 3.Liga, le FC Magdebourg (qui compte également un match en retard contre le FSV Zwickau) s’est imposé largement sur le score de 6:1 face à Aalen, ce qui constitue son plus large succès depuis sa participation en 3ème division allemande et reste en course pour la montée en Bundesliga 2 aux cotés d’un ancien pensionnaire de la 1re Bundesliga qui n’est autre que le SC Paderborn 07 (les deux clubs occupent les deux premières places du championnat). Le FC Magdebourg devra aussi surveiller les performances d’autres clubs qui peuvent monter en D2 allemande soit directement soit par les barrages face au 16ème de la Bundesliga 2, ce qui est le cas de trois autres clubs comme Karlsruhe SC, le Wehen de Wiesbaden ou encore le Fortuna de Cologne (trois clubs que le club magdebourgeois affrontera entre la 33ème et la 35ème journée). Ces cinq équipes ne sont séparées que de 4 points et un 6ème club peut lui aussi se mêler à la course, en l’occurrence le Hansa Rostock. En tout cas la bataille pour la montée en D2 allemande est loin d’être gagnée pour le 1.FC Magdebourg, qui a un calendrier assez compliqué pour la fin de saison, mais Jens Härtel et ses troupes feront tout pour atteindre la Bundesliga 2 et ce après leur 3ème saison en 3.Liga.
En bref, la transition fut très longue et très difficile depuis le début des années 1990 mais avec les récentes stabilités sportive et financière, les résultats sont aux rendez-vous depuis une dizaine d’années pour le vainqueur de la Coupe des Coupes 1974.

  1. avatar
    14 mars 2018 a 15 h 50 min

    Salut Marko,

    Globalement les clubs de l’ex RDA ne sont pas à la fête, Dresde, Hertha Berlin, hansa Rostock …

    Excepté Leipzig repris par le géant Red Bull.

    Le foot allemand est de toute façon d’un ennui mortel tant le Bayern écrase tout … 6 Bundesligas de suite, alors que le precedent record était de 3. Dortmund s’affaiblit d’année en année et le duo Leverkusen / Schalke semble condemner à ne jamais y arriver.

    La belle époque de fin des années 70 où Gladbach et Hambourg avaient offert une belle rivalité au club munichois est bien révolue.

    • avatar
      14 mars 2018 a 19 h 28 min

      Salut Axel

      Effectivement la plupart des clubs de l’ancienne RDA ne pourront jamais retrouver leurs passés prestigieux, donc certains essayent comme ils peuvent de se structurer, comme c’est le cas actuellement de l’Union Berlin (basée à l’est), et dans une certaine mesure le Dynamo Dresde. Le Dynamo Berlin (Est) est un exemple parfait de sa déchéance depuis la réunification allemande et plus personne en parle. Je signale au passage que le Hertha a lui joué la Bundesliga de la RFA pour la simple raison que Berlin-Ouest était un territoire de la RFA depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Raison pour laquelle Berlin est une capitale en transition et les régions les plus riches de l’Allemagne actuelle sont la Ruhr et la Bavière, et comme par hasard c’est dans ces régions que nous avons les meilleurs clubs de football.

      Markanstädt (petite ville située à environ 15km de Leipzig n’existait pratiquement pas sportivement jusqu’au rachat par Red Bull en 2009 avec pour but d’avoir un représentant en ancienne RDA. Mais concernant le FC Magdebourg, le club comme la ville est à l’image de l’ancienne RDA en transition vers l’économie de marché qui est très long et très difficile. L’important est d’avoir une stabilité tant sur le plan sportif et financier et le club magdebourgeois est sur la bonne voie mais il reste beaucoup de matchs pour pouvoir prétendre à la Bundesliga 2 est tout est encore possible cette saison en 3.Liga.

      Mais pour la Bundesliga, même si j’adore ce championnat, je déplore aujourd’hui que seul le géant bavarois tient d’une main de fer pratiquement et on verra ce qu’il en sera en Ligue des Champions. Et malheureusement, le Hambourg SV qui est (sauf erreur de ma part) le seul club à n’avoir jamais descendu en D2 pourrait perdre cet honneur dans les prochaines semaines si les joueurs ne se mobilisent pas rapidement (pourtant je n’ai plus vraiment de club favori en Allemagne).

      • avatar
        15 mars 2018 a 12 h 06 min

        Salut Marko,

        Hambourg est le seul club à avoir toujours figure en Bundesliga et le seul avec Dortmund à avoir gagné la C1 en dehors du monstre FC Hollywood.

        Pour l’ex RDA, toutes les stars sportives “Ossis” sont passes cote “Wessis” du fait de l’argent roi, du libero libéré Matthias Sammer au prodige cycliste Jan Ullrich.

        Pour la Ruhr et la Bavière, difficile de comparer. La Ruhr c’est un vrai bassin industriel propice aux villes de foot avec Dortmund, Gelsenkirchen, Essen, Dusseldorf … A la façon d’autres villes populaires en Europe : Marseille, Naples, Manchester, Liverpool, Glasgow, Bilbao, Porto, Gênes …

        La Bavière c’est surtout le Bayern Munich qui a grandi entre 1965 et 1977 avec le trio Maier Beckenbauer G.Muller épaulé par Breitner ou U. Hoeness.

        Tous ces joueurs ainsi que Rummenigge sont ensuite devenus dirigeants de ce club géré avec une rare intelligence …

        Car sans droits TV astronomiques façon Premie League ou sans droits TV biaisés façon Liga où quasiment tout revient au duo Barça / Real, l’ogre allemande prouve sa capacité à accumuler un chiffre d’affaires colossal, que les résultats sportifs soient là ou pas (de plus en plus rare meme si cela se tasse en Europe depuis 2014).

        Formation des jeunes, recrutement chez les rivaux de Bundesliga voire européens, sponsoring maillot, merchandising, naming du stade, billetterie, stabilité dans les staffs dirigeants et sportifs, centre d’entraînement ultra-modern, transferts raisonnables.

        Le Bayern excelle dans tous ces domaines depuis le milieu des années 90 …
        Pas étonnant que depuis 25 ans, seuls 8 titres de champion lui aient échappé outré Rhin : 1995, 1996, 2002, 2011 et 2012 (Dortmund), 2004 (Werder Brême), 2007 (VfB Stuttgart) et 2009 (Wolfsburg)

        • avatar
          17 mars 2018 a 23 h 58 min

          Bonsoir Axel

          Eh oui avec les dérives actuelles du foot business, les plus riches domineront comme ils entendent sur la scène footballistique non seulement dans leurs pays respectifs, mais aussi en Europe: c’est le cas du Bayern en Allemagne, de la Juve en Italie (si Naples est champion cette année ce sera à l’arrachée), du Real et du Barça en Espagne depuis toujours et les autres vont sombrer (c’est le cas de Valence, même s’il y a un renouveau; l’Atlético pour titiller les deux montres du foot espagnol c’est seulement une question de temps (combien je ne sais pas)), et en France avec le PSG. En Angleterre, plusieurs équipes peuvent lutter pour le titre, mais cette année Manchester City sera champion d’Angleterre sans problème. Si je dois faire un pronostic pour la victoire finale en Ligue des Champions je mets le Real, le Barça ou Manchester City; alors qu’en Ligue Europa pour la victoire finale c’est Atlético Madrid, Arsenal et je mettrai une pièce sur la Lazio de Rome. J’ai bien peur qu’à l’avenir nous verrons toujours les même gagner la Ligue des Champions,et cette compétition disparaîtra au profit d’une sorte de Superligue européenne (sur le modèle de l’Euroleague de basket, et même de la Ligue des Champions de handball dès le début de la décennie prochaine) Un tel scénario s’approche lentement mais surement au vu de la dernière réforme de trop si je puis dire qui vise à donner 4 clubs qualifiés directement pour la C1 augmentant ainsi la probabilité de voir un club de ces 4 pays de remporter une nouvelle fois la Coupe aux Grandes oreilles. J’aurai fait une réforme au sein même de la compétition qui est la suivante: interdire les affrontements de deux clubs issus d’un même championnat de s’affronter en demi-finale, donc s’il y a 4 clubs anglais en 1/8me, ils seront obligés de s’affronter et d’avoir un seul club en demi-finale (valable pour la C1 et la C3).

          • avatar
            22 mars 2018 a 16 h 36 min

            Salut Marko,

            Ah pour la C1 je pense que City sera trop juste encore. Je mettrais plutôt Bayern et Juventus, car entre un 7e Scudetto de rang et la LDC le club turinois n’hésitera pas une seconde.
            D’ailleurs Naples ne peut que souhaiter une défaite du Real Madrid en 1/4 afin de garder une chance d’un 3e titre, le premier depuis 1990 et l’époque bénie de Diego Maradona.

            En C3, je ne crois pas trop en Arsenal pas plus qu’en l’OM ou Leipzig. Je vois plus l’Atletico Madrid car Simeone est un gagneur à nul autre pareil.

            Enfin oui il faudrait autoriser les clubs d’un meme pays à s’affronter dès les 1/8e mais meme des les poules en contrepartie de l’énorme cadeau fait aux ligues majeures par l’UEFA …

  2. avatar
    21 avril 2018 a 19 h 53 min

    C’est désormais officiel, suite à une série de huit matchs sans défaites dont des victoires importantes sur Karlsruhe SC et le Wehen de Wiesbaden et après sa victoire 2:0 sur le Fortuna Cologne, le 1.FC Magdebourg accède à la Bundesliga 2 pour la 1re fois de son histoire. Voici une version réactualisé de mon article sur ce club peu connu en Allemagne https://wesportfr.com/1-fc-magdebourg-une-longue-renaissance-est-allemande/

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