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Quel avenir pour l’AS Saint-Etienne ?
Photo Panoramic

Quel avenir pour l’AS Saint-Etienne ?

Un avenir encore à l’état de croquis

S’il ne s’agit pas d’oublier son glorieux passé, il est cependant difficile d’espérer le retrouver dans un futur proche. Face au football qui change, mieux vaut penser le changement que de changer les pansements. Les plaies de ce début de saison ne sont pas encore refermées, mais déjà, l’avenir des Verts s’annonce de meilleur augure. Un changement visible depuis cet hiver, marqué par des choix forts, qui peut-être, marquent la fin d’une routine dans laquelle s’enfermait le mythique club du Forez.

On dit que l’émotion est le moteur du changement. Cette première partie de saison, catastrophique pour une écurie qui visait l’Europe, pousse la direction stéphanoise à de profonds bouleversements, au point d’en étonner la France entière. Seizième à la trêve hivernale, l’ASSE est le club le plus actif sur le marché des transferts. De rumeurs en signatures,  M’VilaNtepSuboticBeric (retour de prêt) et Debuchy débarquent Rue de Verdun dans une urgence absolue. Une nouvelle façon de recruter qui paye. Certes, toujours basée sur des paris, mais moins risquée. Ainsi, en 2018, l’AS Saint-Etienne enrôle des joueurs en manque de temps de jeu, mais confirmés, et devient la sixième meilleure équipe du championnat de Ligue 1. Le jour et la nuit pour ce club poussé à lutter pour son maintien, il y a encore deux mois. Et si cette brève période de transferts, annonçait en réalité une direction à suivre ?

« Pour viser régulièrement une place en Europa League, voire un jour rêver du podium, à l’évidence, il faudra des moyens largement supérieurs, car d’autres clubs prennent ce train-là. »

Joss de peuple-vert.fr

A l’image de ce que tente la cellule de recrutement de l’ASSE depuis plusieurs années, les paris audacieux se concluent trop souvent en échecs cuisants. SöderlundLacroixDiony, et d’autres, ne sont pas parvenus à se hisser au niveau des Verts.  Bien sûr, tous n’ont pas été aussi désastreux, il suffit de se souvenir d’un certain Pierre-Emerick Aubameyang. Mais cette façon de construire une équipe, est-elle encore compatible avec un club comme celui de Saint-Étienne en 2018 ? De son histoire d’épicier, les dirigeants Stéphanois se montrent toujours prudents lorsqu’il s’agit d’argent. Ce n’est pas pour rien que ce club est l’un des mieux financièrement géré en France, comme l’explique le site internet EcoFoot. Ainsi, du côté des Verts, on se refuse de dépenser l’argent que l’on n’a pas. Il n’est bien sûr pas question de critiquer cette façon de travailler, qui, dans le fond, est plus que louable. Les dirigeants préfèrent recruter des joueurs en « devenir » pour espérer en dégager un bénéfice futur. Au point de négliger l’aspect sportif ? Voilà comment l’entreprise de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer aurait pu se retrouver en Ligue 2 avec des joueurs méconnus, venus des quatre coins de l’Europe.

Un actionnaire pour contribuer à l’œuvre ?

Ceux qui réclament haut et fort le départ de ces deux présidents, sont, sans aucun doute, armés d’une mémoire quelque peu sélective. Penser que l’ASSE n’est pas à son meilleur niveau est un fait, mais serait-elle encore présente à ce même niveau sans le travail de ces deux derniers ? Rien n’est moins sûr. Si l’aspect sportif ne répond pas aux exigences d’un football de très haut niveau, une gestion saine permet néanmoins d’y rester et d’y envisager encore un futur. En réalité, l’AS Saint-Etienne ne parvient pas à passer le cap du niveau « standard » à celui de régulièrement haut. Les saisons se suivent et se ressemblent. Le problème est bien là. Sur ces quatre dernières saisons, le club a systématiquement terminé sa saison dans les huit premières places, mais une seule fois dans le top 4. Avec un historique comme celui des Verts, est-il normal de se contenter régulièrement de saisons moyennes, de joueurs moyens, et d’ambitions moyennes ? Non, bien sûr que non. Pour faire mieux, seul un nouvel actionnaire peut propulser le club du Forez. Une sérieuse mise à jour s’impose, accompagnée d’idées neuves et au goût du jour.

« Au-delà de l’argent, j’espère que nous aurons un investisseur […] qui aura une vision et un projet pour le club sur le moyen / long terme, tout en respectant les valeurs sur lesquelles ce club historique est fondé. »

Joss

L’argent, l’argent, toujours l’argent. Oui mais voilà, le football professionnel est ainsi fait de nos jours et celui qui refuse le changement, se refuse croissance et opportunités. Pendant des années, la Ligue 1 n’était qu’un géant centre de formation du football européen. Pour preuve, dix ans plus tôt, un Mbappé ne serait pas resté en France après son départ de l’AS Monaco. Les choses changent. Aujourd’hui, pour briller, former et chiner ne suffisent plus ; désormais, il faut sortir le chéquier. Pour autant, le fonctionnement sportif de l’ASSE n’est pas obsolète, non, mais il ne colle tout simplement plus à son statut. Celui d’un grand club français. Ces méthodes de travail sont maintenant réservées aux clubs ambitieux comme Dijon, Angers ou Strasbourg.

Dans son passé, les changements de direction ont systématiquement eu lieu lors de périodes difficiles. A St-Etienne, l’opportunité d’attirer de nouveaux actionnaires est réelle. Une bonne santé financière, des équipements et un stade récemment rénové, c’est quasiment « du clé en main ». Seuls les résultats sportifs semblent faire tâche. Dans un précédent reportage sur Canal Plus, Roland Romeyer annonçait avoir mandaté la Banque Lazare pour dénicher le futur et parfait investisseur. La machine est donc en marche, pour autant, il ne faut pas espérer un bouleversement immédiat, car ce dernier ne semble pas vouloir céder la totalité du club immédiatement, afin de garder le « pouvoir » en ne vendant pas plus de 50% des parts. Un changement dans la douceur et le long terme est donc envisagé. A tort ou raison ? En réalité, comme le précise Joss, il est important que le futur propriétaire soit en possession de cette éternelle culture foot. Si la situation de l’OM en fait rêver plus d’un, celle du LOSC, à tendance à en faire réfléchir d’autres.

Bien des chantiers peuvent se mettre en place avec l’arrivée d’un nouvel actionnaire. Faut-il s’attendre à l’arrivée de grands noms ? Ou bien à un travail de fond ? Sixième budget de Ligue 1 avec environ 68M d’€ pour cette saison, les premiers investissements pourraient, devraient, se faire à l’échelle du centre de formation. Seulement classé en quinzième position et même dépassée par cinq clubs de Ligue 2 (Lens, Auxerre, Sochaux, Nancy et Le Havre) d’après le classement de 2017. L’ASSE se prive donc de potentiels talents, qui pourraient bien lui rapporter gros, sportivement comme financièrement.

« Il faut prendre exemple sur l’Espagne, où tous les clubs, même les plus petits, jouent à fond lorsqu’il affrontent le Barça, le Real et l’Athletico. […] Les clubs doivent être financièrement ambitieux en acceptant de prendre des risques, même mesurés. »

Joss

Rêver d’un tableau plus grand pour Saint-Etienne ?

Qui se refuse de rêver au football, n’est pas digne d’en apporter sa contribution. Sans rêve, ce sport en perd complètement sa magie. Pourquoi serait-il interdit de rêver dans la Loire ? Finalement, la possibilité d’un profond changement apporte forcément de nombreux espoirs et attentes. Si la formation est une ligne à améliorer, celle de son niveau sportif actuel l’est tout autant. Les  prochains recrutements doivent suivre ceux de cet hiver, c’est indéniable. Jean-Louis Gasset apporte sa patte à cette équipe stéphanoise qui ne demandait que cela. Et cette fin de saison dessine déjà celle de l’année prochaine.

Mathématiquement, il est interdit de condamner une éventuelle place qualificative en Europa League. Une place, qui pourrait apporter un net coup de pouce l’été prochain pour ses futurs recrutements. Dans l’éventualité où le PSG venait à remporter les deux coupes nationales, les cinquième et sixième places deviendraient automatiquement qualificatives pour l’Europe. A ce stade, les Verts accusent un retard de cinq points sur les Canaris. Cinq points, sur encore vingt-quatre à prendre. Tout reste donc possible, à condition de transformer ces derniers résultats nuls en victoires. La bonne nouvelle, c’est que les Verts doivent encore affronter Montpellier et Nantes avant le dénouement final. Inutile de préciser qu’une place en Coupe d’Europe, additionnée aux nouvelles ambitions, ne peut apporter que du positif. Une meilleure place, un nouvel investisseur, de meilleures recrues, un plus beau projet.

Se démarquer avec une autre manière de penser

« Trouver un investisseur qui soit capable de nous faire passer de la 8ème place à la Ligue des Champions me semble peu probable, je trouve que la marche est trop haute. Je suis plutôt partisan de l’arrivée d’un investisseur, certes, mais qui arrive à faire évoluer l’équipe première ainsi que notre centre de formation qui ne donne pas satisfaction. »

Raphael

Dans ce championnat, il y a ceux qui pleurent l’argent du PSG, et ceux qui rêvent de les « déranger ». Malheureusement, ces derniers essuient trop souvent des railleries injustifiées. Ainsi donc, personne ne pourrait déranger les parisiens ? Avons-nous déjà oublié le titre des monégasques ? Saint-Etienne pourrait-il être ce club ? Certes, il s’agit là de se projeter relativement loin, mais les ambitions apportent des sentiments et de puissantes forces, que la haine envers l’autre ne peut donner. L’ASSE doit marquer son « renouveau » sur cette ambition-là, qui ne demanderait qu’à monter crescendo, étapes par étapes.

Bien entendu, il ne s’agit pas de distribuer des rêves, comme le ferait un marchand de sable. Pour en arriver à ce nouveau challenge, il faut, au préalable, réunir les critères cités ci-dessus. Finalement, les dirigeants, les joueurs mais aussi les supporters doivent s’attendre à un gros travail de fond et de forme. L’idée n’est pas de donner plus d’importances à ces derniers, mais de jouer un rôle qui consiste à propager et revendiquer l’idée, que Saint-Etienne ne doit plus figurer dans le « bien », mais dans le « très bien ». Ne plus prendre peur face aux grandes ambitions. Même si certains préfèrent rester prudents, c’est le cas de Raphael.

Au bout du compte, si les interrogations sont encore plus nombreuses que les affirmations concernant son avenir, l’AS Saint-Etienne amorce un renouveau, à ne surtout pas manquer. Son futur sera peut-être beaucoup plus souriant, mais l’inverse est aussi possible, à l’image du LOSC. Ce renouveau démarre dès maintenant, avec, ou sans investisseur. Pour espérer plus la saison prochaine, les Verts doivent maximiser leurs chances d’accrocher l’Europa League, et renvoyer ce début de saison aux placards des mauvais souvenirs. La machine Verte est en marche.

Matthieu MUGNERET

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