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SL Benfica – FC Porto : l’analyse
Photo Panoramic

SL Benfica – FC Porto : l’analyse

« Nous avons été la meilleure équipe sur le terrain » a déclaré Rui Vitória. Et le portugais à parfaitement raison : son Benfica Lisbonne s’est même montré supérieur aux Portistas dans le jeu. Benfica a eu le ballon, les tirs et les occasions. Mais San Iker Casillas fait une nouvelle fois lors d’un Clássico, renaître le dragon du FC Porto.

Cette saison, la chasse au titre en championnat n’a que deux membres : le Benfica de Rui Vitória et le Porto de Nuno. Samedi soir, les uniformes des deux équipes sont classiques, l’atmosphère à la Luz est traditionnelle. Plus de 64 000 sócios chantent à la gloire du club et au sentiment que ce blason aux trois étoiles procure. Chaleur donc. Lorsque le coup de sifflet lance les deux camps dans l’arène rouge, il flotte un certain parfum de dramaturgie footballistique comme on l’aime : mélangeant rivalité, trahisons et postérité. Ce même parfum nage dans une soif de prendre la tête du championnat. Chaleur encore. Pour Porto, il est question de prendre le maximum de points alors que Benfica espère éloigner son rival du soir au classement. Chaleur éternellement. Fragmentons ce match en trois actes, comme s’il s’agissait d’une œuvre classique, d’une rencontre de football jouée avec mélodrame et gracieuseté.

Acte I : L’audace lisboète

Lors de grands matchs, le cadre est généralement posé après analyse des intentions de l’adversaire. Laissant ainsi le temps de présenter l’intrigue de ce spectacle, de cette représentation à enjeu entre deux grandes équipes dont on apprécie imaginer le déroulement lors des premiers instants. Côté azuis e brancos, le 4-3-3 de Nuno forme une sorte de cercle autour des inspirations d’Oliver Torres, les poumons d’André André, le travail défensif de Danilo, et les appels et la largeur de Corona et Brahimi. Côté vermelho e branco, soumis à l’absence de Fejsa (http://yourzone.beinsports.fr/benfica-fejsa-fait-tout-113102/), Rui Vitória fait le choix, comme toujours de la maîtrise collective et de la compacité du 4-4-2. Les premières minutes sont bouillantes. L’intensité est incroyable, les duels sont joués à fond. Et dans ce rôle de dominateur, c’est Benfica qui revêtit le mieux le costume. 4ème minute, sur une transition hyper rapide, trop rapide pour la défense des bleus, Felipe reçoit un carton jaune pour avoir déséquilibré la course de Jonas dans la surface. Sur le penalty qui suit, le brésilien est sans pitié. Puis porté par son public et les fumigènes qui laissent leurs restes aux caméras de télévisions, les hommes de Rui Vitória continuent de mettre la pression sur le but d’Iker Casillas et pressent constamment le porteur de balle lorsqu’il tente de relancer. Les Águias bouchent complètement toutes transitions offensives des Dragões et s’installent dans le camp adverse. Lors de ces quinze premières minutes, le match propose un rythme dantesque, nourri à la fois par la faim de l’aigle et par l’habituelle grinta des hommes de Nuno en début de match.

Acte II : L’inefficacité, version Portista

Très bas, le FC Porto peine à sortir collectivement de son camp en raison du pressing tout terrain des joueurs de la capitale. Et les essais de percées individuelles ne sont pas efficaces. Toutefois, le bloc du SLB recule. Alors Nuno Espírito remonte une énième fois sa bande et cela fonctionne. Ces joueurs mettent en place la domination territoriale, en profitant du repli défensif des Benfiquistas. C’est le début de l’acte II, qui occupera l’Estádio da Luz de la 15e minute jusqu’à la 50è minute, et le but de Maxi Pereira. Pour instaurer ce changement de plan de jeu, la défense Portista monte d’un cran et Oliver Torres tente de prendre le jeu en main. Et c’est ce dernier qui oriente les offensives de son équipe. Mais le FC Porto n’ose attaquer que sur les ailes, profitant de la qualité technique et de la vision de jeu de ces ailiers : Brahimi à gauche et Corona à droite. Et malgré quelques tentatives de ces trois joueurs (17è, 18è, 25è), ils ne parviennent jamais à déborder la défense de Benfica. Nuno prend des risques en faisant jouer sa défense plus haut, et il a raison, mais ces éléments ne sont pas adaptés pour déséquilibrer les lisboètes : avec Danilo, André André et Oliver Torres version meneur de jeu, non seulement la manœuvre est conservatrice, mais en plus Oliver Torres se noie dans une possession quasi stérile et qui inquiète peu. Par ailleurs, Brahimi et Corona se retrouvent esseulés, à tel point qu’ils se retrouvent souvent sur le même côté pour tenter de combiner…Sur les ailes, justement, Alex Telles et Maxi Pereira répondent au manque de verticalité de leur coéquipier du milieu de terrain mais ne sont pas assez tranchants et dangereux. Sans compter que Tiquinho Soares est totalement invisible dans cette première période. Ainsi, le FC Porto n’inquiète pas et ne s’offre pas une seule situation dangereuse. À la pause, les hommes du nord détiennent 54% de possession de balle mais n’ont tirés que trois fois au but adverse dont un seul n’est cadré et aucun de ceux-ci n’ont été effectués à l’intérieur de la surface d’Ederson, le gardien de Benfica. Il faudra attendre le début de la seconde période pour voir le premier débordement dangereux, le premier tir dans la surface et l’égalisation de Porto.

Acte II : Le contrôle, version Benfiquista

Rui Vitória, de son côté, reste fidèle à ses besoins et sa philosophie. Après avoir montré les muscles pendant quinze minutes, ces joueurs subissent la possession adverse, alors le bloc équipe se forme en 4-4-1-1 avec une défense plutôt basse afin de contrôler tous les espaces possibles, un gros travail défensif de Samaris, et des flèches verticales devant. Si Benfica fait habituellement confiance à Fejsa pour diriger l’équilibre défensif au milieu, en son absence, Samaris a réalisé une assez bonne performance dans ce rôle. Le bloc du SLB compact et mobile, oblige Porto à être patient afin de créer les décalages adéquats. Les intentions sont claires : Rui Vitória veut que l’équipe adverse soit contrainte de jouer sur des longs ballons. Et il propose une équipe verticale au possible, défensivement très organisée. Tout en restant très bien assis sur ses deux lignes de quatre, le SLB fait courir Porto sur toute la largeur du terrain. Et les joueurs de Nuno se montrent que très peu dangereux. Les contre-attaques lisboètes sont une sorte d’avertissement constant. Mais ce n’est qu’un avertissement : la maîtrise ne se transformera jamais en domination. On peut reprocher ici le coaching défensif de Rui Vitória qui une nouvelle fois lors d’un match décisif face à une grande équipe, demande à son collectif de laisser la possession et la domination à l’équipe adverse, jouant avec le frein à main. À la mi-temps, le score est toujours de un à zéro : en dehors de l’organisation défensive de Benfica, il faut signaler le manque de rigueur de certains joueurs dans ce grand match, qui commettent pas mal de faute idiote autour de leur surface (21è, 22è minute), ce qui aurait pu coûter cher sur le coup franc de Brahimi à la 36è minute. Même constat côté Dragões avec ce coup de tête de Luisão sur coup-franc qui passe juste au-dessus des cages à la 40è minute. Pour respirer, Rui Vitória fait confiance à ses ailiers : Rafa et Salvio qui descendent souvent ou bien sont lancés dans la profondeur, mettent en danger une défense fébrile de Porto. Et quatre minutes après le retour de la mi-temps, c’est la défense lisboète qui craque sur une transition offensive ratée, un décalage de Corona pour un énième débordement de Brahimi conclu par Maxi Pereira, l’ex Benfiquista. Chaleur dans l’arène.

Acte III : Benfica retrouve sa folie

Voilà l’orgueil des Encarnados touché, pour eux qui pensaient maîtriser leur sujet en panne sèche de créativité et d’efficacité mais qui marquent sur la première occasion au retour des vestiaires. Alors l’Águia se relève, au bruit des pétards, des sifflets, des encouragements venant des tribunes et par la vergogne de voir son adversaire fêtait ce but comme jamais chez soi, dans son antre. Dans son arène, peuplée de supporters qui ne vivent depuis des semaines pour cette rencontre, non pas fondamentale mais toutefois très importante pour le titre. Dès lors, l’équipe championne en titre n’abdique pas et glatit.Commence alors l’acte III. Le SLB semble vivre cette saison au rythme des variations d’un rapport de force entre sa folie et la canalisation de cette démence, incarnée par son entraîneur Rui Vitória. Ainsi, la folie caractéristique du premier quart d‘heure de la rencontre, refait son apparition à partir de la 49è et l’égalisation : Benfica relâche cette fureur qu’il contenait depuis le penalty transformé et sort le grand jeu. Les hommes de Rui Vitória reprennent la possession du cuir et Porto retombe dans ses travers du premier quart d’heure. Ainsi, Benfica se montre dangereux et fait confiance à Ederson, gardien du temple (http://yourzone.beinsports.fr/ligue-champions-benfica-lisbonne-gardien-ederson-homme-match-borussia-dortmund-113764/) lors des contre-attaques, qui sauve les siens sur un face à face avec Soares (59è minute). Le Mister Rui réalise quelques changements. Avec du sang neuf sur les ailes, et plus de place pour Pizzi, Benfica gagne du terrain. Côté visiteur, les entrées offensives d’André Silva (http://yourzone.beinsports.fr/portugal-liga-nos-fc-porto-andre-silva-portrait-attaquant-buteur-dragon-de-feu-114725/) et d’Otávio passeront inaperçues. Et face à un Porto toujours plus frileux et calculateur, la folie du SLB (68% de possession en seconde période) obtient trop facilement des coups de pied arrêtés mais tombe sur un grand Iker Casillas. Qui sort également le grand jeu, en trois temps. À la 64è minute sur un tir de Jonas avec un arrêt réflexe magistral. Puis à la 71è, sur deux tirs à bout portant respectifs de Mitroglou et Jonas. Et enfin sur une tête de Luisão à la 72è. Le Benfica Lisbonne tente le tout pour le tout mais le niveau de Casillas dans ses six mètres sauvera les siens.

Conclusion : Alerte ?

Impressionnant dès l’entame de la rencontre, le Benfica Lisbonne a laissé Porto revenir peu après le quart d’heure de jeu. Et n’a pu renverser le déroulement de la rencontre après l’égalisation malgré cette folie qui emportait le SLB en fin de match. Le Benfica Lisbonne semble avoir perdu la hargne qui faisait sa force la saison passée lors de tête à tête face à de grandes équipes et qui pourrait porter préjudice dans un capital Dérbi eterno face au Sporting Portugal. Porto, lui, a eu ce qu’il voulait. Mais cette dernière demi-heure peureuse pourrait hanter son printemps et les sept rencontres de championnat restantes dans la course au titre. Ces doutes présent chez les deux équipes peuvent-ils au choix les rendre plus fort ou plus vulnérable dans les prochaines semaines, avec pour conséquence de voir l’une des deux s’envoler au classement ?

Rémi, à Lisbonne

  1. avatar
    6 avril 2017 a 9 h 56 min
    Par Cullen

    « Cette saison, la chasse au titre en championnat n’a que deux membres, Benfica et Porto ». Comme chaque année depuis près d’un siècle en fait… Le Sporting joue bien les trouble fêtes de temps à autre mais son dernier titre remonte quand même à 2002. Quant aux autres clubs… 2 titres seulement ont échappé au fameux trio Benfica-Porto-Sporting dans toute l’histoire du championnat portugais. Et après, on fustige le championnat écossais :-)

    • avatar
      6 avril 2017 a 17 h 09 min

      Bonjour Cullen. La phrase citée fut ainsi formulée puisque le Sporting Portugal était considéré comme favori au début de la saison (à l’inverse de Porto, second à un point de Benfica) mais, finalement, se trouve largué par ses rivaux au classement depuis quelques semaines déjà. Nécessité donc de le préciser. Certes, le dernier titre de champion du Portugal du Sporting date un peu. Toutefois, le club connaît un développement et un changement de dimension récent qui en fait une équipe attractive et une véritable concurrente au titre pour ses rivaux Benfiquista et Portista. Quant aux autres clubs, il faut prendre en compte le cadre footballistique difficile portugais mais admettre leur croissance dernière sur la scène nationale et européenne.

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