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Sochi a enfin un club de foot
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Sochi a enfin un club de foot

Toutes les villes russes qui ont organisé la Coupe du Monde disposent d'un club de football. Certains jouent en première division, d'autres en deuxième. Jusqu'à cet été, c'était "tous, sauf une" : la ville de Sochi. Enquête au bord de la Mer Noire sur la création de ce nouveau club de deuxième division.

Le sport à Sochi

Lorsque l’on parle de Sochi, on pense tout de suite aux Jeux Olympiques d’hiver 2014 qui se sont tenus sur les bords de la Mer Noire et dont l’organisation fut la plus coûteuse de l’histoire des JO… sans parler des polémiques qui ont suivi. Depuis cet événement, la reconversion des sites olympiques a été l’un des principaux problèmes de la ville. Un circuit de Formule 1 a été construit et accueille depuis 2014 le Grand Prix de Russie de F1, une franchise de la Ligue Continentale de Hockey (KHL) joue au Bolshoï depuis 2014 et compte trois quarts de finale de Conférence Ouest sur 4 joués depuis 2014. Mais le Stade Olympique n’a toujours pas accueilli la moindre équipe professionnelle, même s’il a reçu en 2017 la finale de la Coupe du Russie (Lokomotiv Moscou 2-0 Ural Iekaterinbourg devant 24 500 spectateurs), la Coupe des Confédérations et surtout 6 matchs de la Coupe du Monde, notamment celui qui a vu le pays organisateur s’incliner aux tirs aux buts face à la Croatie.

A propos de football, Sochi disposait d’un seul club professionnel, qui a joué en première division dans les années 1990 : il s’agit du Zhemchuzhina. Ce club, crée en 1991, a donc atteint l’élite du football russe dans les années 1990 mais est souvent resté en bas de tableau. Son meilleur classement fut une 9ème place en 1994 ; il y a participé jusqu’en 1999 mais n’est jamais remonté jusqu’à sa première dissolution en 2004. Il a été recrée en 2007 avant de fermer à nouveau ses portes en 2012 sans jamais atteindre la première division du championnat russe.

La naissance d’un projet nouveau

Depuis 2012, Sochi n’avait plus le moindre club professionnel. Mais à 10 jours de la Coupe du Monde en Russie, Sochi en a retrouvé un. Une idée venue d’un milliardaire russe, qui possède également un passeport finlandais : Boris Romanovich Rotenberg. Un homme ayant pratiqué le judo dans sa jeunesse et l’ayant même enseigné dans les années 1990 en Finlande. D’ailleurs, il est président de la fédération russe de judo. Boris Rotenberg a fait fortune avec son frère Arkady au sein de l’entreprise SGM, spécialisée dans la construction de pipelines pour le transport du gaz russe et de fils électriques, ainsi que dans la banque SMP depuis 2001. Grâce à sa fortune colossale, il a investi dans le sport en commençant par le hockey sur glace en tant qu’actionnaire du plus grand club finlandais, le Jokerit Helsinki, qu’il a fait entrer en KHL. Un de ses fils, Roman, est aussi le directeur marketing du SKA Saint-Pétersbourg, une des meilleurs équipes de KHL. Il s’est ensuite lancé dans le sport automobile.

Ses débuts dans le football datent eux de 2013 : c’était au sein du Dynamo Moscou avec l’aide de la banque VTB avant pour ambition affichée de remettre le Dynamo sur le devant de la scène russe. Mais ses relations avec Vladimir Poutine vont tout remettre en cause. A cause des sanctions économiques prises par les Etats-Unis et l’Union Européenne suite à la crise de Crimée de mars 2014, ses biens situés en Occident sont saisis et il ne peut plus investir comme il le souhaite au Dynamo. Deux conséquences indirectes à cela : l’interdiction de participer aux Coupes d’Europe jusqu’à la fin de la saison 2018-2019 et surtout la première relégation historique du club du KGB en 2016, qui a provoqué son départ immédiat.

Après cette désillusion, Rotenberg s’offre l’un des plus anciens clubs de football de l’époque soviétique : le Dynamo Saint-Pétersbourg. Il monte très rapidement en D2 russe après avoir remporté la 3ème Zone Ouest. Durant la deuxième saison, il passe tout près de la première montée historique dans l’élite. Problème, le Dynamo St-Petersbourg est un club qui a connu de nombreuses disparitions dans son histoire : en 1954, soit un an après la mort de Staline, puis en 2003, 2007 et 2012 pour des problèmes financiers. Pour éviter de nouveaux soucis de ce genre, Rotenberg décide de déménager le club à Sochi tout en maintenant le même effectif et le même entraîneur… Cela se fera au prix d’une nouvelle disparition du club péterbourgeois, son dernier coup d’éclat restant une victoire sur le voisin du Zenit en 1/16ème de finale de la Coupe de Russie (3-2 après prolongations). Malgré une pétition pour éviter une énième disparition du club, le Dynamo Saint-Pétersbourg laisse sa place au FK Sochi en juin 2018…

Quelles ambitions?

Boris Romanovich Rotenberg revient donc à Sochi quelques années après avoir participé à 20 projets d’infrastructures pour les Jeux Olympiques d’hiver 2014. Cette fois, il revient dans le but de développer le football sur les rives de la Mer Noire et va utiliser le FK Sochi de la meilleure façon possible. Crée sur la base du Dynamo Saint-Pétersbourg, les débuts du club sont bons avec une défaite à domicile face à la réserve du Spartak Moscou qui a attiré 3300 spectateurs dans l’autre stade de Sochi (10 000 places environ), puis une victoire face au Fakel Voronezh (2-1). Il enchaîne ensuite une deuxième victoire de rang (3-2) face à Khimki et apparaît à la 6ème place à l’issue de la 3ème journée de D2 russe. La relocalisation du club au Stade Olympique ne se fera qu’en cours de saison sauf si l’enjeu est la montée ou en cas de bon parcours en Coupe de Russie, ce qui s’annonce difficile.

Ce que Rotenberg peut tirer comme leçon, c’est d’abord et avant tout qu’il faut avoir une situation financière stable pour pouvoir un jour atteindre l’élite. C’est ce que n’a pas réussi le dernier vainqueur de la Coupe de Russie, le FK Tosno, qui fut dissout quelques jours après. Même chose pour l’Amkar Perm, qui n’a plus le soutien de la ville de l’ouest de l’Oural. La Coupe du Monde est certes un tremplin pour le foot russe, mais rien ne garantit la réussite du FK Sochi. Nous en sommes pour l’instant au tout début et il est déjà trop tôt pour faire un pronostic pour la montée en première division. Une seule chose est certaine : il n’y a pas de réels favoris. Néanmoins, le FK Sochi peut faire mieux que son prédécesseur du Dynamo Saint-Pétersbourg sur le terrain… mais il faudra d’abord créer une identité, faire de bons résultats en vue d’attirer un public afin de pouvoir jouer au Stade Olympique.

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