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Thierry Henry, un héros mal-aimé
Photo Panoramic

Thierry Henry, un héros mal-aimé

Thierry Henry a disputé son 917ème et peut être dernier match de sa carrière lors de la finale de conférence entre les New Englands Revolution et les Redbulls de New York (match nul 2-2, qui élimine les Redbulls). Celui qui aurait pu remporter deux fois le Ballon d’or suscite le partage dans les différentes opinions que les gens ont de lui. Alors après un long exil aux États-Unis, loin de ses terres, pourquoi « Titi » est adulé partout, sauf chez lui, en France ?

Une légende hors de chez lui

Après un titre de champion du monde à seulement 21 ans et auteur de trois buts durant la compétition, Henry voit grand et lance véritablement sa carrière à l’étranger en partant à la Juventus. Mais le football italien ne semble pas fait pour lui, et après six mois de galère, Arsène Wenger vient le sortir de la pénombre et il s’envole pour Arsenal. En Angleterre, la culture football n’est pas la même qu’en France, ce sport est un métier de devoir comme un autre, si les joueurs sont sur la pelouse, c’est pour tout donner, avec très peu de fioritures. De l’autre côté de la Manche, si un joueur ne célèbre pas ses buts, cela ne dérange personne tant qu’il marque.

Meilleur buteur de l’histoire d’Arsenal, Thierry Henry n’a jamais eu de problèmes avec la presse anglaise, au contraire il était adulé, très peu bavard, et bon sur le terrain, le rêve pour les journaux britanniques, tout le contraire d’un Balotelli par exemple. C’est d’ailleurs en Angleterre que Henry a commenté les matchs de la dernière Coupe du monde. L’une de ses seules célébrations de buts, deviendra d’ailleurs une statue devant l’Emirates Stadium, le montrant entrain de glisser sur les genoux après un but dans le derby contre Tottenham. C’est pour tout ce qu’il représente en Angleterre, qu’il sera élu au Hall of Fame du football en anglais en 2008. Il est d’ailleurs considéré cette année-là comme le meilleur joueur de l’histoire de la Premier League.

Des sifflets chez lui pour sa centième

Même avec tous ces records, « Titi » n’est pas adulé dans son propre pays. Si il n’est pas le sportif préféré des Français, c’est avant tout une question d’image, lui qui ne sourit que très rarement, ou qui exprime très peu sa joie. Des journalistes se sont même révoltés qu’il ne célèbre pas ses buts en Équipe de France, le critiquant sur sa motivation et son engagement pour le maillot frappé du coq. Il est également au cœur des problèmes du football français dans la période 2008-2010.Le ras-le-bol naît d’un traitement hostile suite à sa fameuse main qui amène le but qualificatif de William Gallas en barrages de la Coupe du monde 2010 contre l’Irlande, en novembre 2009. Plus dérangeant encore, c’est peut être le but qu’il célèbre le plus en Bleus. Quand l’Uruguay élève Luis Suarez au rang de héros national pour sa main volontaire contre le Ghana en quart de finale du Mondial 2010, la France le répudie pour entorse à la morale. Les sifflets du Stade de France qui accompagnent sa centième sélection (Colombie, 1-0, 3 juin 2008) lui donnent pour ainsi dire un aperçu de la versatilité du public.

Il est par ailleurs désigné en 2010 comme un leader qui ne fait rien pour arrêter la grève de Knysna. Ce sont ses deux plus grandes erreurs en bleu et pour beaucoup elles remplacent ses 51 buts en Bleus, son but en quarts de finale de la Coupe du monde face au Brésil en 2006, ou encore son association avec Trezeguet, l’une des plus belles paires d’attaquants du football français malgré leur rendement final. Combien de personnes qui défendent Ribéry dans la course au Ballon d’or en 2013, ne défendent Henry qui fini 2ème en 2004, 3ème en 2006 et 4ème en 2003 et 2005 ? Après son exil en Amérique, chacune de ses prouesses trouve un lointain écho dans l’Hexagone, via des vidéos en ligne.

« En France, les gens ont tendance à oublier »

Pour l’inauguration de sa statue aux abords de l’Emirates Stadium en 2011, il refuse de répondre aux questions en français. Quand il revient en Europe après chaque saison de MLS, il se rend à Londres, où vit sa fille Tea (8 ans) et où il conserve un pied-à-terre. “En France, les gens ont tendance à oublier, souffle son ancien coéquipier Robert Pirès, avec qui il reste en contact. Titi aime la mentalité anglo-saxonne : il y a une reconnaissance du travail, on ne te siffle pas quand tu traverses une mauvaise passe. Il a été déçu. Il n’a pas de rancœur, mais a choisi de se taire.” Thierry Henry choisie donc de ne plus s’épancher dans les médias nationaux, ou alors à dose homéopathique avec un portrait de temps en temps dans des magazines.

Dans l’ensemble, celui qui reste l’un des deux derniers champions du monde 98 en activité, avec David Trezeguet, trace sa route dans l’indifférence. L’un des plus beaux palmarès du football français va surement s’arrêter comme il a voulu, en discrétion, sans célébration. Thierry Henry ne manquera pas au plus nombreux, ou ne laissera pas un vide dans la « France du foot », une situation qui ne colle pas avec la stature d’un tel joueur, meilleur buteur de l’histoire de l’Équipe de France, et vitrine du football français avec Zinédine Zidane durant la décennie après la Coupe du monde 98.

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