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Dijon fait sa route
Photo Panoramic

Dijon fait sa route

Qu’il parait loin le temps où environ 3000 spectateurs du stade Gaston Gérard acclamaient Stéphane Mangione, Helder Esteves, Sébastien Heitzmann ou le spectaculaire gardien de but Barel Mouko. C’était il y a seulement 13 ans. Rudi Garcia, Pierre-Emerick Aubameyang, Eric Carrière, Davis Linares ou encore Benjamin Corgnet, Eric Bauthéac et plus récemment Loïs Diony... Ces noms vous disent forcément quelque chose. Ils ont contribué à l'histoire de Dijon Football Côte d'Or.

Cette année 2018 verra le vingtième printemps d’existence du club dijonnais. Fondé en 1998, le club accède à la Ligue 2 en 2004. Le coach de l’époque ? Un certain Rudi Garcia. Il y a un monde qui nous sépare de cette période, où les joueurs portaient un maillot bleu, où le nombre de spectateurs dépassait très rarement la barre des 3000, où l’on pouvait se procurer une place pour 2,50€ (à ce prix-là, oubliez le siège en plastique et goûtez au confort du béton brut). Le DFCO a fait son chemin. La ville de Dijon a vu son club se métamorphoser, aujourd’hui tourné vers un football de haut niveau.

Y accéder n’a rien d’exceptionnel. Pour autant, ce qui est remarquable, c’est d’y rester, de résister à la concurrence, de continuer à évoluer, de toujours s’adapter à un environnement en constante évolution et de créer un réel engouement local. Vous pouvez visiter Dijon en large et en travers, vous découvrirez dans un premier temps que cette ville n’est pas systématiquement ensevelie sous le brouillard mais surtout, vous ne trouverez aucun grand groupe capable de financer entièrement un club de Ligue 1. Non, pas de constructeur automobile comme à Sochaux, pas de source d’eau potable pour vendre des millions de bouteilles Evian. Oui, la moutarde ! Oubliez, Amora, c’est de l’histoire ancienne. Bien entendu, Dijon est un club qui n’intéresse ni les Russes, ni les Qataris, ni les Américains.

Aujourd’hui présidée par Olivier Delcourt et auparavant Bernard Gnecchi, la direction dijonnaise a très souvent recruté dans les niveaux inférieurs ou via des prêts de joueurs en manque de temps de jeu. Inutile de souligner l’intérêt économique. Ainsi, avant de s’éclater dans les plus grandes arènes européennes, c’est à Dijon que Pierre-Emerick Aubameyang a réalisé ses premiers saltos de célébration. Nice aligne Lees Melou et Arnaud Souquet (avant sa blessure) dans son onze de départ. Benjamin Corgnet anime le milieu de terrain strasbourgeois, Eric Bauthéac a fait le bonheur de Nice puis de Lille. Cet été, ce fut l’heure d’un transfert historique pour le DFCO qui a vendu Lois Diony à St-Etienne pour environ 8M d’euros. Tous sont des joueurs dénichés par la cellule de recrutement dijonnaise. Et certains portent encore la tunique rouge : Baptiste Reynet, Jùlio Tavares, Valentin Rosier ou encore l’incroyable pari Kwon Chang-hoon.

Bien sûr, de jeunes joueurs ne suffisent pas à créer une équipe performante. Il faut encadrer. David Linares (158 matchs avec l’OL et 56 avec l’ESTAC) et Eric Carrière (172 matchs à Nantes, 124 à Lyon et 157 à Lens) vont respectivement finir leur carrière au DFCO. Aujourd’hui, Florent Balmont et Cédric Varrault tiennent ce rôle. L’alliance entre jeunesse et expérience fait la réussite de Dijon.

En février prochain, le centre de formation du DFCO soufflera sa quatrième bougie. Alors bien sûr, Dijon ne peut pas encore être une référence dans la formation d’acteurs du ballon rond. Comme une grande école, la réputation et les résultats viennent avec le temps. Actuellement classé 32ème centre de France, celui du DFCO a du chemin à parcourir.

Le stade Gaston-Gérard lui a fait son chemin. Lentement mais sûrement. Le projet initial a été lancé en 2007 ! Il y a donc 10 ans, la première tribune nord (inexistante à cette époque) sort de terre. Elle est inaugurée le 29 mai 2009, suivie de la tribune sud le 29 octobre 2010. C’est dans cette configuration que le DFCO connaît sa première saison de Ligue 1. Les travaux du stade sont à l’arrêt et ne reprennent qu’en 2014 pour la démolition et la construction de la tribune latérale est. Cette dernière est inaugurée le 16 septembre dernier. Aujourd’hui le stade a une capacité de 15 995 sièges. Gaston Gérard ressemble maintenant à un stade moderne de Ligue 1. Du moins, à 75%. Il ne reste plus que la tribune ouest à rénover. Faudra-t-il attendre quatre années de plus ? Il y a des chances, oui ! Mais est-ce grave et pénalisant ? Non ! Si vous regardez un match du DFCO à la télévision, vous ne voyez qu’un stade moderne et neuf. L’image dégagée est donc plus que positive. C’est anecdotique mais cela a son importance. On a trop souvent tendance à juger un club par son stade ou par la beauté de son maillot.

L’histoire donne raison à la municipalité de Dijon. Mieux vaut prendre son temps et avancer prudemment. Grenoble, Le Mans, Valenciennes, Le Havre… tous ont inauguré un stade flambant neuf de plus ou moins 20 000 places. Aujourd’hui, aucun de ces clubs n’est en Ligue 1 (Grenoble et Le Mans ne sont même plus au niveau professionnel) et autant vous dire que 20 000 sièges vides au milieu d’une poignée de supporters n’est ni enthousiasment ni rentable. Alors dans l’immédiat, les supporters dijonnais peuvent se contenter de cet outil plus qu’acceptable.

Le DFCO est un club qui a toujours avancé à hauteur de ses moyens. Vous pouvez regarder l’historique de ses transferts, aucun ne ressemble à ce qu’a fait l’AC Arles-Avignon par exemple. Si vous n’avez pas connu cette période de la Ligue 1, vous devriez y jeter un œil. Des noms incroyables, des transferts qui ont animé l’été de la presse et une sublime 20ème place en fin de saison pour 21 buts inscrits et 70 encaissés. Du grand art. Dijon achète et déniche pas cher pour, au final, former une équipe capable de se maintenir en première division.

Dijon n’a jamais vendu de rêve à ses supporters, non. Seulement des abonnements parmi les plus chers de France mais ce n’est pas le sujet. Un exemple ? Evian Thonon Gaillard ! Qu’il était beau ce projet ! L’actionnaire principal Danone s’y voyait déjà ! Un grand centre de formation, un stade sublime et un palmarès à débloquer. Rien ne pouvait arriver aux Savoyards. Zidane, Lizarazu, Denisot y croyaient aussi en achetant leurs parts ! Aujourd’hui, il n’existe plus rien du club. En juillet dernier, une grande vente aux enchères était organisée pour vendre ce qu’il restait de l’ETG (buts, déguisement de la mascotte, équipements de musculation…). Triste fin. On pourrait aussi parler de Grenoble qui visait une qualification en Ligue des Champions dans les cinq années à suivre. Inutile, autant s’arrêter là. Dijon fait le choix d’avancer à son rythme, sans brûler les étapes.

On en viendrait presque à oublier l’essentiel ! Dijon a son jeu. Comment parler football sans aborder le terrain ? Oui, le coach dijonnais n’a pas froid aux yeux. Il propose un football basé sur le collectif et l’attaque (la cinquième meilleure du championnat). Il est bien rare de s’ennuyer devant un match du DFCO. Le style Dall’Oglio paye et cela commence à se faire savoir. Désormais, Dijon est attendu sur toutes les pelouses du haut niveau français.

 

  1. avatar
    1 février 2018 a 13 h 30 min
    Par MEREAU

    Bravo pour cet article qui respire le bon sens !!!

    • avatar
      1 février 2018 a 17 h 55 min

      Merci à vous d’avoir accordé de votre temps à la lecture de ce dernier!
      Matthieu

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