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Mariano Diaz, le buteur-né
Photo Panoramic

Mariano Diaz, le buteur-né

Malgré l’interdiction de recrutement de l’Atlético l’été dernier et donc la fin de la rumeur madrilène pour Alexandre Lacazette, il s’est rapidement avéré inéluctable que l’attaquant titulaire de l’OL allait enfin faire le grand saut et quitter son club formateur. Depuis des années, Lyon s’appuyait sur des valeurs sûres à ce poste, issues à la fois d’onéreux recrutements et du pléthorique centre de formation de Lyon : Karim Benzema, Bafétimbi Gomis, Lisandro Lopez et enfin Lacazette. A un tournant de son développement, l’OL ne devait se tromper sur son choix.

Avant même le départ de Lacazette pour Arsenal, les rumeurs allaient bon train quant à son remplaçant. Entre autres, Olivier Giroud, Michy Batshuayi ou encore Chicharito étaient cités. Si aucun de ces joueurs n’était du calibre de Lacazette, ils restaient des valeurs sûres, habituées à marquer pas mal dans les grands championnats et probablement adaptables à l’OL.

Mariano who ?

Seulement les Gones n’ont concrétisé aucun de ces dossiers et il n’existait pas de solutions en interne au poste d’avant-centre. Quand Mariano déboule dans le Rhône, le 30 juin, personne ne comprend vraiment ce choix. Le joueur a un parcours atypique, pour ne pas dire inquiétant. Jugez plutôt : à 23 ans, le Dominicain joue en troisième division espagnole et n’a jamais fait son trou dans l’équipe première du Real Madrid. L’OL a donc investi 8 millions d’euros (plus 35% d’une éventuelle revente) sur un garçon qui n’a marqué qu’un but en championnat dans toute sa carrière, et qui de surcroît n’est plus tout jeune. Et les dirigeants lyonnais n’ont pas fini de surprendre leurs supporters, puisqu’il est rapidement annoncé que le club fait totalement confiance à Mariano et que le recrutement à son poste s’arrête là !

Le dernier demi-finaliste de l’Europa League, qui possède 250 millions d’euros de budget, attaque donc la saison 2017-2018 avec Mariano, Myziane Maolida et Amine Gouiri pour succéder à Lacazette, auteur de 129 buts en 275 matchs sous les couleurs lyonnaises.

Des débuts en fanfare

L’introduction de son chapitre lyonnais s’écrit néanmoins en lettres dorées. Strasbourg se présente à Lyon en victime expiatoire pour la première journée de championnat et Mariano contribue grandement au premier succès de cet OL new look (4-0). Un premier but sur une frappe puissante des 20 mètres, un deuxième en solitaire, sorti de nulle part, plein de hargne : le Parc OL fait rapidement la connaissance du sosie d’Eric Judor.

Son début de saison est statistiquement idyllique. Et Mariano rentre même dans les livres d’histoire d’un club qui n’a pourtant pas manqué de grands avant-centres : au bout de 5 rencontres, il a marqué quatre buts, soit plus que n’importe quel joueur lyonnais sur les 20 dernières saisons…

Une panoplie totale mais de grosses limites

Sa panoplie offensive est pléthorique : Mariano a marqué toutes sortes de buts en une petite demi-saison. De la tête (à Rennes, contre Lille), sur pénalty, de loin (contre Strasbourg, contre Guingamp), sur des inspirations géniales (à Caen), sur des frappes millimétrées (à Nice), à la conclusion de mouvements collectifs (contre Monaco, à Saint-Etienne) ou encore dans son plus pur style de buteur acharné (à Troyes, à Monaco en Coupe), Mariano en a fait voir de toutes les couleurs aux gardiens de Ligue 1. C’est le gars qu’on ne voit pas du match mais qui s’arrange toujours pour marquer son but. A des années-lumières du style d’un Lacazette, il a réussi à se rendre indispensable à un club de la dimension de Lyon… en même pas six mois.

Mariano est un joueur étonnant. Quand on le voit jouer, ses limites techniques sautent aux yeux. Il n’a pas un bon sens de la passe, un QI football très limité et des qualités techniques au mieux pas transcendantes. Il a cependant pour lui une volonté de marquer hors norme et une finition remarquable : le Dominicain ne manque que très peu d’occasions.

Buteur et … ?

Que penser d’un tel joueur ? Son penchant exclusif vers la cage adverse présente évidemment l’avantage d’avoir un mort de faim qui apporte une vingtaine de buts par an, mais va aussi avec son lot d’inconvénients. Au sein d’un collectif, Mariano peine à trouver sa place. Lorsqu’il ne marque pas ou que l’OL doit défendre plutôt qu’attaquer, Mariano erre comme une âme en peine au sommet du dispositif rhodanien, comme face à Bordeaux (3e journée), où il est sacrifié après l’expulsion de Darder puisque complètement insignifiant dans le jeu. Plus tard dans la saison, c’est une rixe avec Depay à propos d’un pénalty à Troyes (0-5, 10e journée) qui met en lumière son manque d’esprit d’équipe. Des bruits de vestiaires émanent et font état d’une certaine lassitude des autres joueurs offensifs lyonnais qui voient Mariano tirer au but dès qu’il a la balle. Les défauts du Dominicain freinent sa progression et son intégration au sein de l’équipe.

Sur le papier, le garçon possède les qualités pour devenir un joueur d’équipe correct. Il n’y a point chez lui de génie certes, mais sa combativité incessante est autant une envie de marquer qu’une propension à se sacrifier et à tout donner pour son équipe. Au-delà de ses nombreux buts, c’est une autre action qui a (ou qui aurait dû) particulièrement marqué les esprits cette saison. A Amiens le 10 décembre, Lyon est empêtré dans un nul heureux alors qu’on joue la 94e minute. Envoyé au casse-pipe sur un long ballon, Mariano s’arrache, contrôle la balle, et alors qu’il se trouve en position de frappe après d’innombrables touches de balle, il délivre un centre délicieux pour un Aouar qui déboule second poteau, convertissant l’offrande d’une parfaite reprise croisée. Rideau et succès 1-2 des Gones, le cinquième consécutif à l’extérieur.

Mariano Diaz a un truc. Sa dégaine est unique, sa technique approximative et sa hargne sont singulières. Le Dominicain est un joueur d’un autre temps, et le voir évoluer au sein de cet OL est pour le moins troublant.

On pouvait penser que l’OL s’était raté dans son choix d’attaquant, mais dire ça aujourd’hui serait tout sauf vrai. Les Rhodaniens détiennent là une véritable petite pépite. Combien de mecs peuvent planter aussi régulièrement dans un championnat qu’ils ne connaissent pas, sans aucune expérience du haut niveau ? S’il règle ses problèmes collectifs et continue de marquer sans arrêt, Mariano pourrait bien s’inscrire, contre toute attente, dans la droite lignée des illustres Benzema, Lisandro,… et tant d’autres.

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