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Lyon : toujours les mêmes problèmes de créativité ?
Photo Panoramic

Lyon : toujours les mêmes problèmes de créativité ?

Alors que la Ligue 1 semble promise au Paris Saint-Germain, la course à la deuxième place nous tient en haleine journée après journée. Qui de Monaco, Marseille ou Lyon obtiendra un accès direct à la plus prestigieuse des compétitions européennes ? Ces derniers paraissent quelques peu fragilisés après leurs défaites à Bordeaux et Monaco. Pourtant tombeurs du PSG quelques jours auparavant, les hommes de Jean-Michel Aulas ont perdu des points précieux et montrent toujours des problèmes de créativité offensive.

Des grandes affiches maîtrisées

Jusque-là, le bilan plaidait pourtant nettement en faveur de l’Olympique Lyonnais. En deux confrontations cette saison, les Rhodaniens s’étaient imposés deux fois sur le score de 3-2 face à Monaco, témoignant de leur bonne dynamique face aux cadors du championnat.

Les cartons à Saint-Etienne (0-5) et à Nice (0-5) ainsi que les plus courtes victoires face à Marseille (2-0) mais surtout contre le leader parisien (2-1) ont montré la capacité du groupe de Bruno Genesio à se transcender lors des grands matchs. Faisant souvent preuve d’une grinta notable et déployant un jeu porté vers l’avant, l’OL devait aussi ses victoires à son armada offensive particulièrement efficace dans les rencontres majeures, notamment son trio qui fait partie des meilleurs d’Europe : Fekir-Memphis-Mariano. A eux seuls, ils pèsent pas moins de 39 buts et 11 passes décisives en Ligue 1, soit 73% des buts et 36% des passes décisives de l’Olympique Lyonnais cette saison.

Leur importance est qu’accrue dans les grands rendez-vous avec 15 buts et 4 passes décisives. S’ils semblent tous essentiels, c’est bel et bien Nabil Fekir qui apparaît comme le maître à jouer du groupe lyonnais. Troisième meilleur buteur de Ligue 1 avec 16 réalisations, le milieu tricolore fait aussi briller ses partenaires (5 passes décisives en Ligue 1) et rend son équipe meilleure. Seulement voilà : lorsque le n°18 lyonnais connaît des matchs plus difficiles ou est absent, c’est l’ensemble de l’équipe qui semble en subir les conséquences.

Des difficultés face aux blocs bas

En ayant les clés du jeu, Nabil Fekir est en grande partie responsable de l’animation et de la créativité offensive de son équipe. Mais malgré des résultats satisfaisants face aux grosses écuries françaises, l’OL a souvent de grandes difficultés face aux équipes plus modestes. Les attaquants lyonnais peinent à trouver des solutions face à des blocs bas et se reposent bien trop souvent sur des réussites individuelles. Apparaissent alors les effets néfastes d’une « Fekir-dépendance » lorsque ce dernier est dans un mauvais jour ou lorsqu’il est particulièrement bien marqué, comme face à Angers (1-1) où il a subi le marquage individuel de Santamaria. Aucun autre joueur ne semble avoir les capacités techniques ou mentales pour assurer le rôle de Fekir lorsque ce dernier n’est pas dans le coup.

Memphis tend à plonger dans ses travers en enchaînant des dribbles inefficaces et des frappes vides de toute conviction, tandis que Mariano ne participe pas assez au jeu et est sevré de ballons. Aucune créativité offensive collective n’est proposée, et les seules occasions lyonnaises sont généralement l’œuvre de solistes. Dans l’entrejeu, Aouar ne semble pas avoir encore acquis la maturité nécessaire pour assurer l’animation du secteur offensif dans son ensemble, et Ndombélé est obligé d’abandonner sa fonction de relayeur pour endosser le rôle de dernier passeur. Apparaît alors un fort déséquilibre et l’équipe semble coupée en deux, entre le secteur offensif qui ne parvient pas à trouver la faille et la défense qui contient et repousse tant bien que mal les assauts adverses. L’OL se livre souvent en attaque et laisse sa défense, peu rassurante à l’accoutumée, esseulée face aux attaquants adverses et exposée aux contre-attaques.

De plus, lors des matchs face aux blocs bas, la reconstruction majeure de l’effectif opéré cet été se fait ressentir. Les automatismes ne semblent pas encore être tout à fait en place, et la force collective présente lors des grandes affiches n’est plus. Les quelques incursions dans la surface de réparation sont bien souvent les fruits de gestes techniques personnels et non d’attaques construites et placées. On a l’impression de voir une autre équipe, incapable d’imposer son rythme et qui se repose sur des exploits individuels.

Les Lyonnais ont également beaucoup de mal à conserver le ballon en vue de préserver le score. En se livrant en attaque, l’OL a notamment concédé un match nul 3-3 face à Bordeaux en menant 3-1 à trois minutes du terme, comme à Angers sur le même score en gagnant 3-1 à la mi-temps. De la faiblesse de l’animation offensive découle une mise en danger du secteur défensif qui s’est avérée préjudiciable plus d’une fois pour l’Olympique Lyonnais cette saison… la dernière en date hier soir face à Monaco. Les pensionnaires du Groupama Stadium ont notamment perdu 9 points cette saison face à des équipes de la seconde moitié de tableau (matchs nul 3-3 face à Dijon, 3-3 et 1-1 face à Angers et défaite 1-2 contre Lille).

Si l’OL est parvenu à marquer au moins un but lors de chaque défaite en Ligue 1 cette saison, excepté face au PSG (2-0), il est nécessaire pour Bruno Génésio de trouver le schéma tactique permettant d’exploiter au maximum les capacités de ses joueurs au service du collectif. Après l’échec face à Monaco, des pertes de points face à des équipes supposées plus faibles pourraient s’avérer fatales dans la course à la deuxième place.

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