• Grille TV beIN SPORTS
Mes coups de coeur du mondial : le Mexique
Photo Panoramic

Mes coups de coeur du mondial : le Mexique

La Coupe du Monde 2014 au Brésil désormais terminée, l'heure est aux bilans et comme à chaque Coupe du Monde, chacun fait ses découvertes, a ses coups de coeur et ses déceptions. Pour ce premier article, je vous présenterai une de mes équipes coups de coeur du mondial : le Mexique.

Le Mexique est un habitué de la Coupe du Monde. Depuis leur qualification pour l’édition 1994, les aztèques n’en ont pas raté une. Vingt ans désormais qu’on les voit participer à cette compétition, depuis quelques années cette équipe a souvent l’image de l’outsider exotique et sympathique qui peut poser des problèmes aux cadors européens ou sud-américains. Force est de constater que c’était le cas cette année.

La sélection

Gardiens : José Corona, Alfredo Talavera, Guillermo Ochoa
Défenseurs : Francisco Javier Rodriguez, Carlos Salcido, Rafael Marquez, Diego Reyes, Miguel Layun, Hector Moreno, Miguel Angel Ponce, Andrès Guardado, Paul Aguilar
Milieux : Hector Herrera, Marco Fabian, Isaac Brizuela, Javier Aquino, Carlos Peña, José Juan Vazquez
Attaquants : Raul Jiménez, Giovani Dos Santos, Alan Pulido, Javier Hernandez, Oribe Peralta
Sélectionneur : Miguel Herrera

A noter l’absence de Carlos Vela qui ne fréquente plus la sélection depuis plusieurs années.

L’équipe et son style de jeu

Voici le onze mexicain lors de son premier match contre le Cameroun. Il ne changera qu’une fois contre les Pays Bas, Vazquez suspendu laissant sa place à l’expérimenté Salcido. Pour le reste tout est identique, Herrera a mis en place un 3-5-2 qui colle parfaitement aux caractéristiques de ses joueurs avec un style de jeu rapide et original par rapport au système employé.

Souvent on dit que les bons entraîneurs font une équipe à leur image, ça n’a jamais été plus vrai qu’avec cette équipe du Mexique. Sur le banc, Miguel Herrera est un vrai surexcité, vociférant ses consignes et hurlant sa joie après chaque but. Son équipe représente parfaitement son état d’esprit : sous un système vu comme un peu old school, le jeu aztèque est parfaitement adapté au football moderne où la domination du milieu de terrain est primordiale pour pouvoir imposer son jeu. Quand on parle de dominer le milieu ou d’imposer son jeu, forcément la première chose qui vient en tête, c’est le jeu de possession à base de passes courtes mais ça n’est pas du tout le cas des Mexicains.

Ce fameux milieu à 5 est fait pour presser et pour se replier, pour transmettre rapidement le ballon et se projeter vers l’avant ensuite. Avec une défense à 3 pour soutenir les latéraux et faire le nombre lorsque l’équipe doit se replier, deux attaquants capables de presser et de décrocher… Et là, ça devient un véritable surnombre, les Mexicains peuvent être jusqu’à 7 au milieu de terrain, combinant et décrochant à leur guise pour pouvoir ensuite attaquer et arriver dans le dernier tiers du terrain.

Où est l’originalité là-dedans ? Les deux relayeurs. Herrera et Guardado n’hésitent pas à écarter le jeu et à venir combiner sur les côtés et le 3-5-2 qui sur le papier est un système favorisant l’axe se transforme en une vraie machine à passer par les côtés. Les déplacements de Giovani permettent également d’attaquer par l’intérieur et surtout ces attaques par l’extérieur créent de l’espace, les Mexicains peuvent ainsi pénétrer dans le bloc adverse que ça soit sur jeu placé ou sur contre-attaque… Et que dire des latéraux : Aguilar et Layun ont abattu un travail monstrueux sur les côtés, particulièrement le deuxième. Sur son couloir gauche il a constamment proposé et n’était pas en reste sur les retours défensifs.

Voici un exemple de la façon dont le jeu rapide du Mexique s’articule. En multipliant les mouvements, Layun s’est retrouvé à repiquer tandis que Guardado, le relayeur, se trouve dans le couloir gauche (poste qu’il occupe en club, que ça soit en tant qu’ailier ou latéral), cela permet aux Mexicains d’avoir de l’espace même si les latéraux choisissent de rentrer dans l’axe au lieu de centrer et Layun choisit de servir son coéquipier dans la profondeur. La passe n’aboutira pas, mais c’est le genre d’attaque dont les aztèques ont été friands durant ce mondial.

Le Mexique a donc littéralement mangé le Cameroun dans le jeu. Malgré deux buts refusés à tort, ils ont su trouvé la faille grâce à un Peralta opportuniste qui a repris une frappe déviée de Giovani Dos Santos (qui aurait pu être inscrire un doublé dans ce match). Vient ensuite le match contre un Brésil qui fait face à la polémique suite au contexte que l’on connait et à un match peu convaincant contre la Croatie où l’arbitrage a la part belle dans les critiques. Face au pays organisateur et à un des favoris de ce mondial, les Mexicains n’ont pas à rougir de leur prestation, ils font jeu égal avec le Brésil pendant un bon moment et se projettent rapidement vers l’avant, fidèles à leur football énergique et technique.

Malgré la baisse de régime du collectif aztèque, Guillermo Ochoa sauve les meubles en dégoûtant les Brésiliens avec des arrêts toujours plus spectaculaires, toujours bien placé, les mains fermes, le Mexique aborde son dernier match contre la Croatie avec quatre points et de bonnes chances de se qualifier. C’est peut-être là que l’on voit le défaut d’avoir un onze-type, du moins de trop s’y accrocher, après deux matchs rythmés, celui contre les Croates l’est quand même moins, mais les Mexicains se réveillent à la fin, deux corners et un contre plus tard, ils sont en huitièmes de finale.

Ci-dessus le fameux pressing mexicain. Dans cet exemple le Brésil est en possession du ballon et pas moins de six Mexicains sont en position de perturber la relance brésilienne ! Les deux premiers ont déjà effectué leur travail sur Luiz et Silva, le troisième fonce vers Dani Alves qui est sur le point de recevoir le ballon, le quatrième empêche la relance sur le côté fort (le côté ballon, à savoir le droit), le cinquième empêche la relance dans l’axe et le sixième est placé assez haut pour dissuader une relance vers le côté faible (à l’opposé donc, le côté gauche).

Il n’y a pas seulement de l’intensité dans ce pressing mais aussi de l’intelligence, les Mexicains ne se contentent pas d’un surnombre par rapport à l’adversaire, ils peuvent aussi l’encercler et réduire les solutions voir en priver carrément l’adversaire et c’est le cas ici. Quelques secondes après qu’il ait reçu le ballon, Alves dégagera dans les pieds de Marquez.

Les Mexicains doivent ensuite réaliser l’exploit contre des Pays-Bas en pleine confiance après avoir pris neuf points en humiliant l’Espagne notamment. Sur ce match, Herrera doit faire sans Vazquez et surtout avec un nouveau paramètre qui est un vrai obstacle au football prôné par le technicien mexicain : la chaleur. Entendons-nous bien, la chaleur est la même pour tout le monde et chacun doit se débrouiller pour la gérer au mieux, peu importe les origines souvent avancées pour justifier une habitude du climat. Et c’est ce qu’a fait l’équipe mexicaine, elle a géré ce climat.

Pas à son rythme habituel, le Mexique presse par séquence et attaque de temps en temps, ils seront récompensés en début de seconde période grâce à un magnifique but de Giovani Dos Santos mais ensuite il y a sûrement la plus grosse erreur faite par les Mexicains dans ce mondial : reculer. Le Mexique recule et cherche à préserver son avantage. Si Marquez a été très bon dans cette Coupe du Monde, on a pu voir que la défense n’était pas le point fort des Mexicains, un bloc défensif normalement soulagé par le pressing et l’omniprésence de son milieu à 5, notamment l’inépuisable Hector Herrera. Les Néerlandais égalisent logiquement et on connait la suite, simulation de Robben, pénalty, les Mexicains sortent de la façon la plus cruelle possible. Une très belle équipe qui a su combiner grinta et technique avec à sa tête un vrai meneur d’hommes qui n’est pas en reste sur la tactique, loin de là. Adios Mexico.

  1. avatar
    17 juillet 2014 a 9 h 20 min

    Article sympa…

    Comme la sélection dont il vante les mérites et qui aurait pu me séduire.

    J’en remercierais presque l’auteur!

    Oui mais voilà! Ce “presque” et ce “conditionnel ont une explication: que ce maillot “vert” affiché sur la photo est insupportable à ma vue!

    Voilà une raison objective de jeter cette équipe et ce papier à la poubelle de mes amoures impossibles.

    Je saurai m’en consoler…

    Clin d’œil :-)

  2. avatar
    17 juillet 2014 a 12 h 34 min

    En effet, dommage d’avoir été trop tendre contre les Bataves. Mais ils s’attendaient à quoi au juste en reculant ainsi? Très déçu parce que la demie était ensuite envisageable… Et puis ils auraient peut-être pas fait moins bien que les Hollandais par la suite qui rappelons-le ont fait deux misérables 0-0…

    Sinon, malgré son bon mondial Ochoa n’a toujours pas de club, ça prouve qu’il est trop atypique.

    PS: bien vu pour le vert, lol

  3. avatar
    17 juillet 2014 a 15 h 09 min
    Par Shizao

    Merci à vous deux. Ben qu’est-ce qu’il a leur maillot vert ? ^^

  4. avatar
    17 juillet 2014 a 16 h 59 min

    Il a que c’est la couleur de St-Etienne… tout est dit quand tu parles à un Haut-lassien!

    Ouais, ils resteront dans les “dommages”. C’est con, j’ai trouvé le mondial magnifique jusqu’à la phase de poule, après je sais pas ce qui a baissé ou changé hormis le contexte d’élimination directe bien sur, mais le spectacle était plus faible, par contre le suspens a toujours été là pratiquement, hormis la fameuse demie…

  5. avatar
    18 juillet 2014 a 7 h 25 min

    Exact, general, pas un seul match restera dans les mémoires comme un classique, à part Allemagne Brésil en tant que boucherie….

  6. Pingback: 9 questions à se poser après cette coupe du monde - beIN SPORTS Your Zone - Partagez votre passion et votre expertise du sport

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter