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Seattle Seahawks : à un yard de la gloire
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Seattle Seahawks : à un yard de la gloire

Les fans des Seahawks en feront des cauchemars pendant très longtemps de ce SuperBowl 49. Le dénouement de ce match haletant restera pour l'éternité dans la légende de la NFL, et ce qui est déjà appelé "le pire choix de l'histoire" hantera à jamais les esprits dans la cité Emeraude.

“The wrost play-call in NFL history ?

Il reste 1:15 à jouer dans ce Superbowl, l’atmosphère est irrespirable dans le Phoenix University Stadium de Glendale. Les Seahawks, menés 28-24 sont sur la ligne des 37 yards des Patriots et viennent d’obtenir une première tentative. Le chrono continue de s’égrainer, lorsque Russel Wilson reçoit le snap, et lance le ballon en direction de son receveur dans un tracé fade, à la lutte avec le corner back, Kearse dévit le ballon avant de s’écrouler au sol et miraculeusement le récupérer dans ses mains. Sur le ralenti le stade incrédule voit ce ballon qui rebondit deux fois sur les genoux du numéro 15 avant qu’il ne le capte. En tribune Paul Allen le propriétaire est bouche bée, ses Seahawks sont à 5 yard de repasser en tête pour un back to back exceptionnel après cette réception surnaturelle. L’espoir est de nouveau du côté de Seattle, tandis que Tom Brady regarde nerveusement depuis son banc. Il reste 1:06 quand Marshawn Lynch reçoit la balle et perce la ligne des Patriots avant d’échouer à une moitié de yard de l’en but, le temps file et les Hawks ne prennent pas de time out, ils sont à un yard de la ligne et l’équipe se met en place, Lynch auteur d’un match énorme, se place aux cotés de Wilson. Le snap est lancé et Wilson immédiatement vise son receveur droit, Lockette, qui profite du block de Kearse pour plonger dans la end zone en tracé croisé, un quart de seconde suffit pour le rookie Butler qui a déjà anticipé et coupe la trajectoire, se saisissant du ballon. Les Seahawks à 20 secondes de la fin et 1 yard du but viennent de perdre le Superbowl par une interception dans la end zone. Tom Brady exulte tandis que Richard Sherman et Pete Carroll sont incrédules, sonnés par cette erreur impensable. Comment les Seahawks ont pu prendre ce risque, alors qu’ils comptent dans leurs rangs le meilleur Running Back de la Ligue depuis 3 ans, “Beast Mode”, qui n’attendait que ça. Mais à un yard d’un Superbowl, il ne lui ont pas donné la balle. Les commentateurs américains le répètent “I don’t believe the call…”. Les 20 dernières secondes durent une éternité, entre pénalités et bagarre générale décenchée par des Seahawks frustrés et pathétiques. Les médias se questionnent dès le lendemain, cette “1 yard pass” est probablement “The Wrost Play-Call ever …” pour un Carroll, son coordinateur offensif et Russell Wilson sous le feu des critiques.

Si près, mais si loin…

A l’image du Game 6 des Finals NBA de 2013, où les Spurs de San Antonio étaient passés à 6 secondes du titre en encaissant un 3 points assassin d’un Ray Allen entré dans la légende, les Seahawks ont vu le trophée Vince Lombardi partir à Foxborough. L’ascension vertigineuse de la franchise de la division NFC West depuis l’arrivée de Pete Carroll en 2010, s’est brisée de la plus cruelle des manières. Russell Wilson, invaincu jusqu’ici face aux quaterbacks champions voit sa série s’arrêter et Marshawn Lynch, en conflit avec son coach et les dirigeants des Seahawks depuis des mois, a possiblement joué son dernier match à Seattle. Lui qui a été la figure principale de l’irrésistibilité des Seahawks s’est fait désavouer par la franchise. Le nouveau contrat qu’il réclame sera sûrement en dehors des couleurs des Seahawks, pour la franchise qui veut donner les clés de l’équipe à Russell Wilson encore dans son premier contrat c’est sans doute une page qui se tourne à Glenndale.

Les Seahawks paient sûrement des lacunes qui commençaient à apparaître dans leur jeu offensif en pleine reconstruction depuis cette année. Après la victoire écrasante contre les Broncos de Peyton Manning un an auparavant, les Seahawks semblaient intouchables et d’ores et déjà favoris pour le doublé. Avec une ligne défensive infranchissable menée par la “Legion of Booms” d’Earl Thomas, Kam Chancellor et Richard Sherman, et un jeu offensif basé sur les courses répétées de Lynch et des options en receveurs comme Percy Harvin, Sydney Rice ou le retourneur de punt Golden Tate pour Russell Wilson, jeune quaterback mobile et talentueux.

Mais au mois d’octobre, les receveurs cités ne sont plus là, tandis que Sydney Rice a pris sa retraite sur un titre, Golden Tate free-agent s’est envolé pour Detroit. Plus tard alors que la saison commence c’est Percy Harvin, le meilleur et le plus cher receveur des Seahawks qui est envoyé chez les Jets contre… un sixième choix de draft. Ce trade déséquilibré fais la une et traduit une volonté de voir partir Harvin rapidement, dès lors des rumeurs apparaissent et font état de bagarres entre Tate, Harvin et Russell Wilson qui auraient poussé les dirigeants à nettoyer le vestiaire de ces conflits. Privé de nombreux receveurs les Seahawks, déja 26ème jeu de passe l’année de leur titre peinent encore plus et leur stats baissent encore, la défaite à domicile face à Dallas, après celle à San Diego et à St Louis les met en alerte. Pete Carroll évoque l’idée de faire jouer Sherman en receveur, lui le corner back defensif star. A ce moment là 3èmes de leur conférence ils réaliseront une fin de saison sans fautes pour revenir sur des Cardinals leaders de la NFC, handicapés par l’avalanche de blessures subie par leurs quaterbacks en fin de saison. En Playoffs les Seahawks battront facilement Carolina, avant d’affronter en finale NFC les Packers d’Aaron Rodgers. Wilson va alors prendre de plein fouet les difficultés de son équipe à la passe concédant 4 interceptions sur le match, et complétant seulement 8 yards à la mi-temps pour 0 points marqués. Dans des conditions météos difficiles, Seattle réalisera un come-back extraordinaire, inversant le momentum suite à un fake field goal complètement fou appelé par Pete Carroll. La fin de match complètement folle verra les équipes aller en prolongation, et les Seahawks l’emporter sur un TD de Kearse sur le premier drive ; le Century Link Field exulte, Wilson vient de passer de risée nationale à héros grâce à son sang froid exceptionnel. Mais cette qualification pour le SuperBowl est arrachée difficilement, les Seahawks jeune équipe n’ont plus la maîtrise insolente de l’année dernière. Dimanche soir, avant l’interception de Malcolm Butler, c’est un autre inconnu qui a crevé l’écran pendant 3 quart temps : Chris Matthews a réalisé son 1er Touchdown et ses 4 premiers catchs pour 109 yards un soir de Superbowl, et prenait le rôle vacant de receveur star des Seahawks. A ce niveau, et avec l’absence d’un Tight End efficace en la personne de Luke Wilson (peut utilisé dans les schémas offensifs) les Seahawks étaient trop diminués pour rivaliser avec des Patriots réguliers et inarrêtables cette saison.

Au final les Seahawks, jeune équipe, avaient 53 joueurs tout aussi talentueux que ceux des Patriots sur le terrain, mais l’expérience de Brady et Belichick n’a pas d’égal dans un sport aussi exigeant mentalement. Les Seahawks en font l’amer expérience, leur jeu fantaisiste parfois, leur coûte un titre qu’ils ont pu toucher du doigt. Le pragmatisme et la régularité payent toujours en NFL, et comme l’adage le dit si bien : l’attaque fait gagner des matchs, mais c’est la défense qui fait gagner les titres. Les Seahawks, meilleure défense, se rappelleront de cette interception dans la end zone dès l’année prochaine, quand ils repartiront à la conquête du titre. Pour l’heure, des changements se préparent sans doute.

  1. avatar
    5 février 2015 a 2 h 24 min

    Salut !!

    je commence par vous citer: ‘L’ascension vertigineuse de la franchise de la division NFC West depuis l’arrivée de Pete Carroll en 2010, s’est brisée de la plus cruelle des manières.”
    Je pense que cette ascension a achevé de s’accomplir l’an passé, avec la victoire au Super Bowl. C’est le maintien au sommet qui a été, de très très peu, un échec.

    Sinon, c’est dingue qu’un sacre des Pats soit conclu par l’adage que vous évoquez: “l’attaque fait gagner des matchs, mais c’est la défense qui fait gagner les titres. ”

    Si, avant la finale, on m’avait dit que cette Maxime serait utilisée post-Super Bowl… j’aurai considéré qu’elle pourrait plus logiquement rimer avec un back-to-back de Seattle qu’avec un couronnement de New England !!

    Sinon, j’ai bcp aimé le parallèle avec les Finales NBA de 2013. Belle comparaison entre deux symboles de la glorieuse (et parfois cruelle) incertitude du sport !!

    En tout cas merci pour l’article et le récit de ces ultimes instants … très biens narrés ;)

  2. avatar
    5 février 2015 a 11 h 06 min

    Merci beaucoup déja !

    Oui cet adage collait parfaitement aux Seahawks, mais force est de constater que ce SuperBowl s’est finalement joué sur une action défensive, de très grande classe techniquement. Car on peut parler de “stupidité” de ce dernier play, mais Belichick à lui voulu rendre hommage à Carroll en mettant en avant le fait que Browner et Butler ont parfaitement défendu sur le tracé croisé mis en place, l’un en empêchant le blocage de l’autre, et Butler en anticipant la passe. Tout ça pour dire que ces derniers instants appartiennent à l’histoire, et qu’on aura le loisir de les requalifier éternellement.

    Et c’est vrai que ce parallèle peut être creuser encore, les Seahawks étant le Heat, construit rapidement et assez detesté des fans, les Patriots éévidement se rapprochent de la dynasties de Gregg Popovych et leur jeu très small ball.

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