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L’art du collectif (3/3) : San Antonio Spurs, plus qu’un collectif, une dynastie
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L’art du collectif (3/3) : San Antonio Spurs, plus qu’un collectif, une dynastie

Suite et fin de notre sujet sur les collectifs qui ont marqué la dernière saison de sport. Après le zoom sur les Seahawks et leur "Legion of Boom" et le bloc de l'Atletico Madrid, place à la superbe victoire des Spurs en NBA.

« Un homme est assis et regarde un tailleur de pierres avec son burin, il le regarde travailler sa pierre… Ça prend du temps, il ne se passe rien et il commence à compter chaque petit coup sur la pierre. Il arrive à 100, il ne se passe rien, et finalement au 101è coup, la pierre est fendue en deux. Celui qui observe sait que ce n’est pas le 101e coup qui a fendu la pierre, mais les 100 coups précédents. » Telle est la réponse de Gregg Popovich quand on lui demande ce qui constitue le ciment de l’équipe. Il répond en citant la devise de la franchise, métaphore de la philosophie. La morale ? Pour qu’un travail de longue haleine réussisse, il faut tenir la distance, continuer à s’échiner dur malgré les hauts et les bas, et de savoir qu’à un moment donné, si on persévère, la récompense vous reviendra. Cette saison, pour mettre en place leurs idéaux, cette tirade devait plus que jamais être dans les esprits des Spurs.

Après avoir manqué le titre 2013 de la plus cruelle façon qui soit face au Miami Heat, cette saison, les Spurs ont pris leur revanche. Et de quelle manière. Avec la plus grande différence de points dans l’histoire des Finales NBA (70 points vs 65 points pour les Celtics de 1965, en 5 matches également), 54,2% au tir sur la série, les Spurs on fait l’Histoire en y mettant les formes. Chris Bosh n’y est pas allé par quatre chemins à l’issue du Game 5 : « C’est la meilleure équipe que j’ai jamais vue. » « De toute ma vie, c’est la meilleure équipe contre laquelle j’ai joué. » Ces finales étaient une ode à l’expression collective. Elle a consacré la franchise la plus équilibrée, celle qui base son jeu non pas sur son franchise player mais sur la profondeur des idées et de son banc. Face à Miami, ils ont impressionné comme personne ne l’aurait imaginé. Avec deux blow-out légendaires lors des matches 3 et 4 (76% d’efficacité aux tirs lors de la première mi-temps du match 3) par une exécution parfaite des systèmes, une attaque en mouvement continue et une terrible intensité des deux côtés du parquet. Ce fut un basket clinique. La simplification la plus pure du jeu. Le basket le plus productif, mais aussi le plus abouti.

Le succès des Spurs repose sur la maturation d’une culture. Une culture où l’on promeut ce simple adage : jouer le meilleur basket possible. Garder la balle en mouvement, maîtriser l’espace sur demi-terrain, avoir une défense polyvalente, s’appliquer dans les transitions, les Spurs exécutent à merveille les fondamentaux avec une facilité prodigieuse. Le basket des Spurs repose sur un principe : le rythme. Une fois trouvé, ils ne forment plus qu’un. Trouver un tir ouvert n’est pas ce qu’ils font, c’est ce qu’ils sont.

Ainsi, la franchise texane adapte son jeu en toutes circonstances par la diversité des profils. Densité de shooteurs d’élite derrière l’arc (Danny Green, Patty Mills, Marco Belinelli, auxquels on peut même ajouter Kawhi Leonard, Matt Bonner, Boris Diaw et Tony Parker), trois des meilleurs passeurs de la Ligue dans l’exécution (Ginobili, Parker, Diaw), capacité à préserver le cercle par l’intensité défensive et l’efficacité des aides, maîtrise du pick-and-roll, traditionnelle occupation de la raquette avec l’attaque poste bas, banc fonctionnel et efficace, coach légendaire, etc. Découle de cette polyvalence et de la diversité des forces, un équilibre parfait pour faciliter l’exécution des systèmes.

Ce titre, c’est aussi la victoire d’un état d’esprit. D’une attitude qui relie le double MVP Tim Duncan au MVP des Finales 2014, Kawhi Leonard : la discrétion, l’humilité, la force de travail. Taiseux, ils font le boulot du mieux qu’ils peuvent et le font parfaitement. Simplement et sans prétentions. Malgré le « Big Three », les Spurs restent une institution où sous Popovich (ancien militaire) règne la discipline. Ses joueurs sont ses soldats. A San Antonio, les joueurs ne jouent pas seulement pour la franchise, mieux, ils l’incarnent.

Le joueur doit aussi intégrer une certaine singularité de la franchise : l’adaptabilité et la qualité de la rotation. Cette saison, San Antonio était la seule franchise NBA où aucun membre du roster ne dépassait les 30 minutes de jeu/match en moyenne durant la saison régulière. Une façon de préserver les forces en vue des playoffs, mais aussi pour Popovich de mettre ses joueurs dans les meilleures conditions pour comprendre les systèmes utilisés. Parce qu’à défaut d’écrire de nouveaux tomes de systèmes offensifs, Gregg Popovich en écrit certains chapitres. Il se réinvente constamment en adaptant son playbook aux qualités de son personnel pour maximiser les qualités de chacun, adapte ses systèmes par rapport aux joueurs et non l’inverse. D’où une diversification des jeux peu commune.

Cette quête de la perfection ne s’arrête pas au jeu, il faut trouver les hommes adéquats pour celle-ci. Pour Popovich, le joueur et l’homme ne font qu’un. Pendant que la plupart des franchises partent à la recherche de la perle rare, la franchise texane déniche des talents dans les quatre coins du monde ou parachève des joueurs sous-utilisé de la Ligue. Principales prérogatives ? Répondre aux valeurs de la franchise : QI basket élevé, humilité, professionnalisme, altruisme, esprit de groupe et sacrifice individuel pour transcender le collectif. San Antonio est le refuge des perles rares et des role players, ces joueurs comme Danny Green, Boris Diaw, Patty Mills, Tiago Splitter, Marco Belinelli qui vont travailler dur, remplir leur tâche pour que l’équipe gagne, pas pour faire leurs stats.

Cinq titres sur les six finales disputées en quinze ans, en 38 ans d’histoire NBA, les Spurs n’ont jamais loupé de playoffs plus de deux saisons d’affilée. Depuis l’ère du duo Popovich-Duncan, les Spurs n’ont jamais cessé de jouer les playoffs, soit 17 saisons de suite série en cours. Ce titre, c’est le triomphe majuscule de la cohérence et de la cohésion pour une seule raison : montrer la beauté de ce sport de la plus belle manière qui soit.

  1. avatar
    18 août 2014 a 10 h 53 min
    Par DENTSDESABRE

    Très bel article qui conclut une belle série d’article.

    Hâte que la nouvelle saison commence pour revoir de beaux matches et de belles surprises !!!

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