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Le top 20 des meilleurs joueurs de l’Histoire de la Juventus Turin
Photo Panoramic

Le top 20 des meilleurs joueurs de l’Histoire de la Juventus Turin

Par ordre décroissant, voici le Hall of Fame des joueurs qui ont le plus marqué le club piémontais. Il ne s’agit pas d’élire les meilleurs joueurs sur leur talent intrinsèque, mais sur leur apport à l’Histoire du club, leur longévité, leur impact sur le destin de l’équipe…

Chaque club a connu ses légendes : Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas, Carlos Santillana, Juanito, Emilio Butragueno, Raul, Zinédine Zidane, Iker Casillas et Cristiano Ronaldo au Real Madrid, Lazslo Kubala, Johan Cruyff, Hristo Stoïtchkov, Michael Laudrup, Romario, Josep Guardiola, Ronaldo, Luis Figo, Ronaldinho, Xavi, Lionel Messi et Andres Iniesta au FC Barcelone, Nils Liedholm, Gunnar Nordhal, Juan Alberto Schiaffino, Gianni Rivera, Franco Baresi, Marco Van Basten, Paolo Maldini, Andreï Shevchenko, Kakà, Filippo Inzaghi et Andrea Pirlo au Milan AC, Sepp Maier, Franz Beckenbauer, Gerd Muller, Karl-Heinz Rummenigge, Jean-Marie Pfaff, Lothar Mätthaus, Stefan Effenberg, Bixente Lizarazu, Oliver Kahn, Arjen Robben, Franck Ribéry, Bastian Schweinsteiger et Philip Lahm au Bayern Munich, Kevin Keegan, Kenny Dalglish, Steve Grobbelaar, John Barnes, Ian Rush, Michael Owen, Fernando Torres, Luis Suarez, Jamie Carragher et Steven Gerrard à Liverpool, Meazza, Facchetti, Sandro Mazzola, Luis Suarez, Lothar Mätthaus, Giuseppe Bergomi et Javier Zanetti à l’Inter Milan, Duncan Edwards, Denis Law, Bobby Charlton, George Best, Bryan Robson, Eric Cantona, Peter Schmeichel, David Beckham, Roy Keane, Ryan Giggs, Paul Scholes, Cristiano Ronaldo, Edwin Van der Sar, Rio Ferdinand et Wayne Rooney à Manchester United, Johan Cruyff, Johan Neeskens, Ruud Krol, Marco Van Basten, Dennis Bergkamp, Jari Litmanen et Frank Rijkaard à l’Ajax Amsterdam, David Seaman, Ian Wright, Dennis Bergkamp, Patrick Vieira, Thierry Henry, Cesc Fabregas et Robin Van Persie à Arsenal, Josip Skoblar, Jean-Pierre Papin, Chris Waddle, Carlos Mozer, Didier Deschamps, Laurent Blanc et Didier Drogba à l’Olympique de Marseille, Carlos Bianchi, Luis Fernandez, George Weah, Rai, Ronaldinho, Pedro Miguel Pauleta et Zlatan Ibrahimovic au Paris SG, Pelé, Giorgio Chinaglia et Franz Beckenbauer au Cosmos New York, Diego Maradona à Naples, Eusebio au Benfica Lisbonne…

- 20e, Paul Pogba : recruté en 2011 en provenence de Manchester United, le Français s’est vite imposé dans le Piémont, devenant un rouage essentiel de cette Juventus renaissante, aux côtés de Claudio Marchisio, Andrea Pirlo ou encore Arturo Vidal dans l’entrejeu bianconero. Orphelin de Vidal et Pirlo depuis l’été 2015, courtisé par les plus grands clubs européens, Pogba doit désormais supporter la pression du numéro 10 jadis porté par Sivori, Platini, Baggio ou encore Del Piero, et prouver qu’il est bel et bien la clé de voûte des succès turinois. A 22 ans, est-il capable de relever ce défi, ou le costume de leader sera-t-il trop grand pour lui ?

- 19e, Carlos Tevez : après plusieurs saisons à Manchester (United et City), l’Apache passe de Premier League au Calcio, signant à la Juventus en 2013. Et là, Carlos Tevez empile les buts en Série A en 2014 et 2015, année où il quitte la Vecchia Signora sur un deuxième Scudetto consécutif, repartant à Buenos Aires pour jouer à Boca Juniors. Le seul regret du puissant attaquant argentin, ne pas avoir pu conquérir une deuxième Ligue des Champions en 2015, après celle gagnée en 2008 avec Manchester United, Tevez perdant avec la Juventus contre Barcelone, déjà son bourreau en 2009 sous le maillot des Red Devils.

- 18e, Arturo Vidal : le Chilien fut entre 2011 et 2015 l’un des piliers indispensables de l’entrejeu bianconero, un véritable poumon qui jouait en parfaite osmose avec Claudio Marchisio, Paul Pogba ou encore Andrea Pirlo. Arrivé de Leverkusen en 2011, Vidal retourne en Bundesliga en 2015 avec quatre titres de champion d’Italie consécutifs à son palmarès, du jamais vu dans la péninsule depuis le voisin et rival du Grande Torino entre 1946 et 1949, si l’on excepte les cinq Scudetti de l’Inter Milan entre 2006 et 2010 (celui de 2006 étant acquis sur tapis vert, celui de 2007 avec pour seule concurrente l’AS Rome avec un Milan AC pénalisé aux points et une Juventus reléguée en Série B).

- 17e, David Trezeguet : héros de la finale de l’Euro 2000 avec l’équipe de France, David Trezeguet n’a que 23 ans quand il rejoint le Piémont, où il retrouve un certain Zinédine Zidane. Débarrassé de la concurrence de Pippo Inzaghi dès 2001 (partant à Milan), Trezegol devient capocannonniere dès 2002. L’ancien joueur de Monaco restera onze ans à la Juventus, jusqu’en 2011, avant la renaissance d’un phénix réduit à l’état des cendres par le scandale du Calciopoli. Comme Del Piero, Buffon, Nedved ou encore Camoranesi, David Trezeguet a su rester fidèle au club turinois en 2006-2007, année du purgatoire en Série B sous l’égide de Didier Deschamps.

- 16e, Lilian Thuram : en 2001, Thuram quitte Parme où il s’est forgé depuis 1996 la réputation d’un des tous meilleurs défenseurs du Calcio, avec les Maldini, Nesta et autres Cannavaro, son coéquipier qui le rejoindra en 2004 chez les Bianconeri. Troisième recrue (après Buffon et Nedved) de ce mercato estival prolifique dans le Piémont après la vente record de Zinédine Zidane au Real Madrid, Thuram sera intraitable avec la Juventus. En 2006, la relégation administrative du grand club turinois contraint l’ancien Monégasque au départ, vers Barcelone où il est rejoint par Gianluca Zambrotta.

- 15e, Didier Deschamps : en 1994, poussé à l’exil par la descente de l’OM en D2 après l’affaire OM / VA, Didier Deschamps signe à la Juventus, rejoignant ce Calcio où son ami Marcel Desailly a réussi à s’imposer au Milan AC. A l’époque, le club turinois poursuit une interminable période de jachère, courant après un Scudetto depuis 1986. Dès 1995, la Juve retrouve le sommet du championnat italien, et malgré une blessure en début de saison, Deschamps réalise l’année la plus importante de sa carrière, s’imposant au milieu de terrain bianconero comme dans l’esprit de Lippi, et devenant le leader de l’équipe de France orpheline de Papin et Cantona, Aimé Jacquet lui confiant ensuite le brassard en vue de la Coupe du Monde. A Rome en 1996, Deschamps devient le deuxième Français à gagner une deuxième fois la C1 (après Raymond Kopa en 1957, 1958 et 1959 avec le Real Madrid puis Marcel Desailly en 1993 avec l’OM et 1994 avec le Milan AC), exploit que peu d’autres joueurs tricolores renouvelleront. Après son titre mondial en 1998, Deschamps quitte la Juventus en 1999 pour Chelsea, retrouvant son ami et coéquipier en bleu, Marcel Desailly, comme au temps de la Jonelière au FC Nantes.

- 14e, Gianluca Vialli : en 1992, battu en finale de C1 par Barcelone avec la Sampdoria, Gianluca Vialli donne une nouvelle impulsion à sa carrière, signant à la Juventus pour un montant record à l’époque (100 millions de francs, soit 20 de plus que Papin transféré de l’OM au Milan le même été). Blessé durant la saison 1993-1994, il s’impose ensuite en leader du club pendant la saison 1994-1995, celle où Roberto Baggio tombe en désuétude aux yeux du nouvel entraîneur de la Juve, Marcello Lippi. Libre de tout contrat après avoir conduit la Vecchia Signora à son deuxième titre européen durant le printemps 1996, Vialli est un des premiers joueurs italiens, avec Zola ou Ravanelli, à profiter de l’arrêt Bosman, signant à Chelsea.

- 13e, Andrea Pirlo (7e du Ballon d’Or en 2012) : en 2011, l’AC Milan laisse filer son maître à jouer depuis dix ans, celui qui fut éclipsé médiatiquement par Kakà ou Shevchenko, mais qui reste un fuoriclasse incontestable, un travailleur de l’ombre comme Xavi, capable de tous les exploits sur un terrain de football : Andrea Pirlo. Certains pensent l’ancien Milanais fini à 32 ans, mais Pirlo va prouver le contraire, et se muer en cheville ouvrière du quadruplé de la Juventus en championnat d’Italie entre 2011 et 2015.

- 12e, Zbigniew Boniek (3e du Ballon d’Or 1982) : Zbigniew Boniek fut avec Zico, Maradona, Rummenigge, Rossi, Giresse ou encore Platini, l’une des grandes stars de la Coupe du Monde espagnole durant l’été 1982, emmenant la Pologne à la troisième place (comme en 1974). La légende raconte qu’il aurait été conseillé à Giampiero Boniperti, alors directeur sportif du club, par le pape Jean-Paul II, également polonais et ancien archevêque de Cracovie … Transféré à la Juventus, le Polonais va montrer son sens du but et sa vitesse. Surnommé le Cheval Fou, Boniek sera un buteur précieux souvent servi en caviars par son ami et coéquipier Michel Platini. L’ancien joueur de Widzew Lodz partira ensuite jouer à l’AS Rome en 1985.

- 11e, John Charles (3e du Ballon d’Or 1959) : cet attaquant gallois, recruté en 1957 comme son complice Omar Sivori, fut meilleur buteur du championnat d’Italie en 1958, puis élu meilleur joueur étranger de l’Histoire de la Juventus lors d’une consultation effectuée auprès des supporters du club en 1997, année du centenaire des Bianconeri. Apprenant rapidement l’italien pour s’intégrer dans le Piémont, Charles formera un trio magique avec Boniperti et Sivori, surnommé le trio magique. En 1958, la Juventus remporte son dixième Scudetto, celui de la première étoile sur le maillot du club … Dans cette équipe, il y avait la puissance galloise de John, la fantaisie argentine de Sívori et la sagesse tactique italienne de Boniperti. Deux autres Scudetti suivront en 1960 et 1961, avant que Charles ne retourne à Leeds à l’été 1962.

- 10e, Roberto Bettega : bien avant Fabrizio Ravanelli au début des années 90, la Juventus a connu un attaquant génial aux cheveux poivre et sel, gris argentés, comme le mélange du yin et du yang, du blanc et du noir, couleurs du club héritées de celles du club anglais de Nottingham à la fin du XIXe siècle. Cet attaquant, c’est Roberto Bettega, pierre angulaire des années Trapattoni jusqu’en 1983 où il part en retraite avec un bilan de 179 buts en 490 matches, laissant l’animation offensive des Bianconeri au trio Rossi / Platini / Boniek. Surnommé Penna Bianca (plume blanche), Bettega été souvent victime de problèmes physiques, comme la tuberculose durant la saison 1971-1972, une blessure en 1978-1979, ou cette vilaine blessure aux ligaments du genou qui le priva de la Coupe du Monde espagnole de 1982 durant laquelle l’Italie fut titrée pour la troisième fois. Sans cela, il aurait marqué encore plus l’Histoire de la Juventus, club dont il devient en 1994 le vice-président aux côtés de Luciano Moggi …

- 9e, Zinédine Zidane (Ballon d’Or 1998) : Didier Deschamps se rappellera toujours de l’arrivée de Zidane à la Juventus, durant l’été 1996, avec des Bianconeri émerveillés par la virtuosité technique de celui qui ses proches appellent Yazid. Le club piémontais venait de conquérir son deuxième titre de champion d’Europe, deux mois plus tôt à Rome contre l’Ajax de Van Gaal. Et Zidane, épuisé par une saison marathon avec Bordeaux puis diminué par un accident de voiture début juin 1996, avait raté son Euro anglais dans les grandes largeurs avec l’équipe de France, Aimé Jacquet lui maintenant cependant une confiance inébranlable malgré la possibilité de titulariser Corentin Martins, figure de proue du doublé Coupe – Championnat réussi par l’AJ Auxerre. Concernant le transfert vers le Calcio alors Eldorado de cette Europe en pleine révolution post-arrêt Bosman, c’est Michel Platini, au printemps 1996, qui en a touché un mot à Giovanni Agnelli. Et un mot du Maestro à l’Avvocato suffit amplement. Le voilà donc Piémontais. Pour le meilleur et pour le pire. D’abord, le pire. L’équipe de France a effectué un Euro 96 en dents de scie, résultat encourageant mais niveau de jeu abyssal et sans relief. La plupart des Bleus ont été sinistres, Zizou inclus. Agnelli se pince: Mais on n’a quand même pas acheté ce truc ? Dès son arrivée dans le Piémont, on lui fait subir un entraînement de légionnaire. On le casse. On le fait jouer défensif. Les ballons volent au-dessus de sa tête. Il est perdu. La presse l’assaisonne. Platini, à nouveau, intervient. En public, il dit en substance que c’est du gâchis, que Zizou est un meneur et non un soutien, un fuoriclasse et non un porteur d’eau. A Turin, la parole de Platini a valeur d’évangile, comme celle de Cruyff à Barcelone ou de Beckenbauer à Munich. Le coach, Marcelo Lippi, s’incline. Et fait du Français un électron libre, porté vers l’attaque. Et après un premier but contre l’Inter Milan en octobre 1996, Zidane devient progressivement le patron de la Vecchia Signora. Acheté 25 millions de francs en 1996 à Bordeaux, il est revendu par la Juventus pour 501 millions de francs en 2001 au Real Madrid (soit 76 millions d’euros, transfert record pour une manne providentielle qui permettra à la Juve d’acheter le trio Buffon – Nedved – Thuram), où il ira conquérir son Graal, la Ligue des Champions, restée utopique avec les Bianconeri, après deux défaites en finale européenne contre Dortmund en 1997 et le Real en 1998. Dans l’intervalle, malgré une autre pique de l’Avvocato Agnelli (Zidane est plus divertissant qu’utile), ZZ aura gagné le Ballon d’Or en 1998, deux Scudetti en 1997 et 1998, en perdant deux autres en 2000 sur la pelouse de Pérouse inondée sous les vannes célestes, puis en 2001 devant l’AS Rome de Totti. Vexé dans son orgueil, le champion se mue en génie insatiable avec l’équipe de France durant l’Euro 2000, tel Platini en 1984, un autre Francese de la Juventus, qui en fera venir bien d’autres par la suite, David Trezeguet, Lilian Thuram, Patrick Vieira, Paul Pogba ou encore Kingsley Coman.

- 8e, Dino Zoff (2e du Ballon d’Or 1973) : de 1972 à 1983, Dino Zoff fut l’incomparable dernier rempart de la Juventus. Protégé par des défenseurs qui seront sacrés champions du monde 1982 en Espagne avec lui, Zoff prend sa retraite en 1983 à 41 ans, alors que le club a trouvé des recrues offensives de premier choix, avec Zbigniew Boniek et Michel Platini. Exception faite de Gigi Buffon, Zoff reste le meilleur gardien italien de tous les temps, et le meilleur de l’Histoire du club turinois, avec qui il fut dauphin de Johan Cruyff au classement du Ballon d’Or 1973, en récompense d’une incroyable série d’invincibilité avec la Vecchia Signora.

- 7e, Pavel Nedved (Ballon d’Or 2003) : recruté en 2001 par la Juventus avec la charge immense de remplacer Zinédine Zidane, Pavel Nedved devient la cheville ouvrière du club, sous l’égide de Marcello Lippi revenu dans le Piémont. Ballon d’Or en 2003, Nedved avait atteint la quadrature du cercle contre le Real Madrid dans une demi-finale retour inoubliable au stade des Alpes. Averti par l’arbitre, Nedved rate la finale d’Old Trafford, perdue aux tirs aux buts par une Vieille Dame orpheline de son plus précieux petit-fils, omniprésent par son volume de jeu. Sorte de gladiateur, de poumon du milieu de terrain, le Tchèque savait tout faire sur un terrain de football, et resta dans le Piémont jusqu’en 2009.

- 6e, Omar Sivori (Ballon d’Or 1961) : en 1957, un petit Argentin aux yeux noirs et au caractère en acier trempé débarque de River Plate. Le club de Buenos Aires reçoit de la Juventus une indemnité de 10 millions de pesos. L’Estadio Monumental sera agrandi mais River Plate devra attendre près de deux décennies pour regagner le championnat argentin. Comme Alfredo Di Stefano au Real Madrid, Omar Sivori va devenir l’alpha et l’omega de la Juventus Turin, métamorphosant un club qui subissait l’hégémonie des rivaux milanais, l’Inter mais surtout l’AC Milan transfiguré par le trio suédois Gre-No-Li et le meneur de jeu uruguayen Juan Alberto Schiaffino. Avec le Gallois John Charles et le taulier italien Giamperio Boniperti, Omar Sivori va former un trio infernal. Dès 1958, la Juventus retrouve le Scudetto, le club récidive en 1960 et 1961. Ballon d’Or en 1961, l’oriundo quitte Turin pour Naples en 1965, laissant le souvenir d’un joueur brillant, tirant la quintessence de sa technique de velours et d’un redoutable sens du but, sans oublier son caractère explosif qui lui valait de temps à autre des expulsions.

- 5e, Roberto Baggio (Ballon d’Or 1993) : au sujet du Divin Codino, le mythique entraîneur Giovanni Trapattoni ne tarissait pas d’éloges. J’ai eu sous mes ordres Bettega, Rossi, Platini, Boniek, Mätthaus, mais de tous, c’est Baggio qui est le plus fort balle au pied. Transféré contre son gré en 1990 vers la Juventus alors qu’il était également convoité par le Milan de Berlusconi, Roberto Baggio arrive dans un contexte difficile à Turin, l’AC Milan de Marco Van Basten et le Napoli de Diego Maradona imposant leur férule au Calcio. Orphelin de Michel Platini, la Juventus a vu échouer Ian Rush et Alexander Zavarov dans le Piémont avant de prendre le danois Michael Laudrup parti constituer la future Dream Team de Johan Cruyff à Barcelone. L’adaptation de Baggio sera difficile, notamment après un match resté célèbre contre la Fiorentina. Le prodige de Caldogno refuse de tirer un penalty qui sera manqué face à la Viola par son coéquipier turinois Luigi de Agostini. Et quand il ressort du Comunale, Baggio est couvert d’une écharpe aux couleurs violettes du club toscan, l’ennemi le plus féroce de la Juventus, plus encore que le Torino, l’Inter ou l’AC Milan ! Mais petit à petit, ses détracteurs vont se réduire à peau de chagrin, car la classe pure de l’homme au catogan va parler. Avec 39 buts en 1993 et une virtuosité parvenue à son apogée, Baggio est plébiscité Ballon d’Or européen, seul Romario (non qualifié en vertu du règlement de l’époque) aurait pu le concurrencer alors. Cette année là, celui qui est également la figure de proue de la Squadra Azzurra de Sacchi réalise son chef-d’œuvre : dans les quatre matches de la Coupe UEFA, Baggio marche sur l’eau et rend utopique les ambitions de finale du PSG puis de victoire pour le Borussia Dortmund … L’ultime saison de Baggio à Turin sera compliquée : contrecoup de son tir au but manqué contre le Brésil à la World Cup américaine, blessures intermittentes, relation difficile avec Marcello Lippi arrivé de Naples, concurrence du jeune prodige Alessandro Del Piero … Mais quand il part rejoindre l’effectif pléthorique de Fabio Capello à Milanello durant l’été 1995, Baggio a réalisé le doublé Coupe – Championnat, mettant fin à neuf années de disette (depuis 1986) pour des tifosi nostalgiques de l’ère Platini, ce joueur à qui l’on a tant comparé Baggio, pour qui le terme neuf et demi (ensuite prêté à Bergjamp, Raul ou tant d’autres) a été inventé : premier violon, électron libre, pas vraiment buteur, pas vraiment meneur de jeu, mais diaboliquement efficace, avec 115 buts en cinq saisons turinoises (1990-1995), soit mieux qu’un certain Platoche (104 entre 1982 et 1987).

- 4e, Gaetano Scirea : à sa mort en septembre 1989 en Pologne dans un accident de la route, la presse italienne ne tarissait pas d’éloges sur lui, à tel point que l’idée d’un Ballon d’Or pour Franco Baresi, autre défenseur transalpin de génie, fit son chemin dans l’opinion même si ce fut son coéquipier milanais Marco Van Basten qui fut élu par le jury de France Football. De tous les champions du monde 1982, exception faite de Dino Zoff, il était le plus symbolique de la qualité défensive des années Trapattoni dans le Piémont, synonyme de Scudetti à répétition.

- 3e, Gianluigi Buffon (2e du Ballon d’Or 2006) : en 2001, la vente de Zinédine Zidane offre un pactole colossal à la direction du club turinois. Les 76 millions d’euros venant du Real Madrid pour la cession du meilleur joueur du monde permettent d’en injecter 52 vers Parme pour acheter ce gardien prodigieux, censé remplacer Edwin Van der Sar qui fit un flop dans le Calcio avant de partir vers l’Angleterre (à Fulham). Quatorze ans plus tard, loin du tonneau des Danaïdes, l’achat de Gianluigi Buffon s’est révélé un excellent investissement pour la Juventus. Le champion du monde 2006 reste l’un des meilleurs portiers de la planète, avec Manuel Neuer, Petr Cech ou Thibaut Courtois. Buffon a tout connu à Turin, le meilleur comme le pire, n’ayant raté qu’un seul objectif, la C1, perdue deux fois en finale, en 2003 à Manchester comme l’AC Milan de Shevchenko puis en 2015 à Berlin face au redoutable Dream Team barcelonaise emmenée par le trio Messi / Suarez / Neymar.

- 2e, Alessandro Del Piero (4e du Ballon d’Or en 1995 et 1996) : en 1993, un jeune joueur arrive de Padoue à la Juventus, et va devenir le successeur de Roberto Baggio à Turin, en position de neuf et demi. Puis, avec l’arrivée de Zidane en 1996, conjuguée aux départs de Gianluca Vialli et Fabrizio Ravanelli pour la Perfide Albion, Alessandro Del Piero devient un attaquant de pointe, formant un tandem efficace avec tour à tour Christian Vieri, Alen Boksic, Pippo Inzaghi, David Trezeguet ou encore Zlatan Ibrahimovic. Pierre angulaire du titre européen de 1996, Del Piero a tout connu avec Trapattoni, Lippi ou encore Capello comme entraîneurs, du zénith de la Série A et de la Ligue des Champions le plus souvent, au triste purgatoire de la Série B en 2006-2007 après le scandale du Calciopoli. Comme Trezeguet, Nedved, Buffon et Camoranesi, le célèbre numéro 10 bianconero était resté au bercail, loin de l’exode massif vers l’Inter (Vieira, Ibrahimovic), le Barça (Thuram, Zambrotta) ou le Real Madrid (Cannavaro, Emerson) des autres cadres de la Vecchia Signora.

- 1er, Michel Platini (Ballon d’Or en 1983, 1984 et 1985) : en janvier 2003, Michel Platini fut le seul sportif invité aux obsèques de l’Avvocato Agnelli (avec le quintuple champion du monde de F1 Michael Schumacher) qui le comparait au torero espagnol Manolete et au danseur russe Nijinski. Il Francese était arrivé en 1982 face à des Italiens arrogants, renforcés dans leur orgueil par le troisième titre mondial acquis par la Squadra Azzurra en Espagne. Platini a vite fait de clouer le bec aux Zoff, Bettega, Rossi, Tardelli, Cabrini et autres Scirea. Triple Ballon d’Or (1983, 1984, 1985), trois fois meilleur buteur du Calcio (1983, 1984, 1985), le natif de Joeuf a régné sur l’Europe et le monde, permettant à la Vecchia Signora de Trapattoni de devenir le premier club à gagner C1, C2 et C3, forte de la complicité entre Platini et Boniek. Tout le monde savait que le Français serait souvent pourvoyeur de caviars pour le Polonais, mais cela fonctionnait quand même. Lauréate de la Coupe des Coupes en 1984, la Juventus fut championne d’Europe en 1985 contre le grand Liverpool, même si ce fut dans le chaos du Heysel. Avant l’arrivée de Platini, la Juventus était le meilleur club d’Italie. Après son départ en 1987, il était devenu le meilleur club du monde, tandis que le Calcio était l’Eldorado, attirant des stars comme Zico, Karl-Heinz Rummenigge, Socrates, Diego Maradona, Ruud Gullit ou encore Marco Van Basten.

Ce top 20 laisse sur le carreau des joueurs comme John Hansen, Giampiero Boniperti, Marco Tardelli, Antonio Cabrini, Claudio Gentile, Edgar Davids, Igor Tudor, Edwin Van der Sar, Angelo Peruzzi, Dino Baggio, Gianluca Zambrotta, Mauro Camoranesi, Zlatan Ibrahimovic, Emerson, Zdenek Grygera, Edwin Van der Sar, Vladimir Jugovic, Robert Jarni, Jürgen Kohler, Sacha Zavarov, Thomas Hässler, Stefan Reuter, Julio Cesar, Andreas Möller, Fabrizio Ravanelli, Michael Laudrup, Ian Rush, Diego Ribas, Hassan Salihamidzic, Fabio Cannavaro, David Platt, Liam Brady, Claudio Marchisio, Alvaro Morata.

  1. avatar
    5 décembre 2015 a 16 h 05 min

    Hello Axel et merci pour l’article, super comme toujours. Cependant j’ai une question, comment as-tu pu “oublier” (Super)Pippo Inzaghi ? 89 buts en 165 matchs sous le maillot de la vieille dame, le tonton flingueur aux côtés de Del Piero sur la période 1997-2001, tu ne le cites même pas dans les laissés de côté ? :(

    • avatar
      6 décembre 2015 a 11 h 59 min

      Salut Geoffrey,

      Oui pas pensé à Inzaghi dans les hors top 20, mea culpa ! Superbe attaquant mais Pippo incarne pour moi l’AC Milan plus que la Juve, malgré c’est vrai tous ces buts marqués avec Zidane ou Del Piero entre 1997 et 2001.

  2. avatar
    5 décembre 2015 a 18 h 51 min

    Sans surprise, Michel Platini domine ce classement pour la Juventus : 3 Ballons d’Or, 1 C1, 1 C2, 2 Scudetti et surtout un changement de dimension pour la Vecchia Signora après le passage d’Il Francese.

    Entre 1982 et 1987, la Juventus fut le meilleur club du monde (avec Liverpool FC).

  3. avatar
    15 décembre 2015 a 13 h 53 min

    Axel, beau travail comme toujours…Mais bordel, où est Toto Schillaci…? Même dans ta liste des oubliés..il est oublié..mdr

  4. avatar
    16 décembre 2015 a 1 h 52 min
    Par Nicolas

    En attendant Platini se ramasse pas mal depuis qu’il s’est recyclé dans les affaires, cela l’a rendu plus bête et franchement il est loin le temps de l’image qu’il avait quand il jouait.

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