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Queen, “We are the champions” et la polémique stérile autour de l’hymne des vainqueurs
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Queen, “We are the champions” et la polémique stérile autour de l’hymne des vainqueurs

Le 28 octobre 1977, le groupe de Freddie Mercury sort son sixième album studio, News of the World. Titre phare de cet opus, We are the champions va devenir un hymne du sport, mais aussi s’attirer les foudres du célèbre journal Rolling Stone, qui cherche inutilement des poux au groupe Queen.

Qu’on soit ou non fan de Queen, force est de reconnaître que le groupe britannique a su se faire une place au soleil avec les dinosaures du rock et du grunge… Beatles, Elvis Presley, David Bowie, Rolling Stones, Pink Floyd, Led Zeppelin, AC / DC, U2, Nirvana, Oasis, Jeff Buckley, Dire Straits, Muse, Sex Pistols, Blur, Arcade Fire, The Clash, The Who, Kasabian, Coldplay, Kaiser Chiefs et autres Pixies…

Quant à Freddie Mercury, sa voix exceptionnelle en fait un chanteur majeur et inoubliable du rock, avec Jeff Buckley, Bono, Matthew Bellamy, Kurt Cobain, Robert Plant, David Bowie, Elvis Presley, Jimi Hendrix, John Lennon, Mick Jagger ou encore Liam Gallagher.

Le groupe Queen est connu pour tout un nombre de chansons : la plus virtuose, Bohemian Rhapsody, véritable OVNI d’opéra rock, la plus connue, We will rock you, la plus osée, I want to break free et son clip mettant en scène Freddie Mercury en ménagère passant l’aspirateur, la plus émouvante, The show must go on, comme un testament de Freddie Mercury avant son décès le 24 novembre 1991.

Trois autres chansons du natif de Zanzibar et citoyen de Montreux sont liées à la sphère sportive : Barcelona, écrite avec la cantatrice espagnole Montserrat Caballé en 1986, et qui deviendra l’hymne des Jeux Olympiques d’été de 1992 à Barcelone. Bicycle Race, dont la légende (à tort) prétend que Mercury l’aurait écrit à Nice pendant un Tour de France cycliste. Et We are the champions, écrite par le chanteur de Queen en référence à la victoire de l’Angleterre à domicile dans le Coupe du Monde 1966 quand Bobby Moore ceint du maillot rouge frappé du sceau des Three Lions souleva le trophée mondial dans le ciel de Wembley, cette Victoire Ailée que le chien Pickles et son propriétaire David Corbett avaient retrouvé par hasard dans un square de Londres quelques mois plus tôt. C’est donc cette historique victoire 4-2 après prolongations contre la RFA de Franz Beckenbauer qui inspira ce titre à Mercury.

Mais l’inspiration jaillit tel un geyser pour Mercury et son complice guitariste Brian May après un concert à Stafford en 1977, quand la foule chanta You’ll never walk Alone, l’hymne de Liverpool dont le titre orne la Shankly Gates à Anfield, chanson reprise aussi au Celtic Park de Glasgow, au Kuip de Rotterdam ou encore à Dortmund.

C’est ainsi que Brian May écrivit We will rock you et Freddie Mercury composa We are the champions, deux chansons à l’énergie incroyable pour les foules…

Mais We are the champions est aussi célèbre pour deux raisons. Hymne des vainqueurs, la deuxième chanson de News of the World est devenue l’hymne des triomphes sportifs, la sono des stades passant invariablement le tube de Queen après des finales de Coupe d’Europe ou de Coupe du Monde notamment.

Le sacre européen de l’Olympique de Marseille le 26 mai 1993 au stade Olympique de Munich, la couronne mondiale remportée par l’équipe de France le 12 juillet 1998 à Saint-Denis, le quatrième titre mondial de l’Italie à Berlin le 9 juillet 2006, le deuxième titre européen de l’Espagne le 29 juin 2008 à Vienne … Tous ont vus la voix magique de Freddie Mercury illuminer leur tour d’honneur dans le stade, la Coupe à la main.

Un vers du refrain, en particulier dans cette chanson mythique, va provoquer la polémique, voilà Queen dans l’œil du cyclone, le magazine Rolling Stone veut porter l’estocade à ce tube planétaire : No Time for Losers.

Du haut de leur tour d’ivoire, les journalistes du célèbre bimensuel américain n’ont pas du beaucoup réfléchir avant d’écrire noir sur blanc que Queen était un groupe fasciste. Mais contrairement aux dires de Rolling Stone, le quatuor n’a pas franchi le Rubicon…

C’est oublier bien vite, et ce sera l’argument de Mercury lui-même, que le sport sanctifie les vainqueurs et crucifie le perdant, le plus fort l’emporte à la fin d’une compétition, tel un processus de sélection naturelle de Charles Darwin. La polémique est juste stérile, ridicule, il est utopique de voir dans We are the champions une idéologie d’extrême-droite véhiculant la haine et le désir d’asservir les plus faibles.

Comment un journal aussi respectable a-t-il pu prétendre que Freddie Mercury et ses sbires sont fascistes ? Farrokh Bulsara, qui avait choisi comme nom d’artiste le nom du dieu romain des voyages et du commerce (Mercure), était tolérant.

Rolling Stone aurait donc oublié que le sport est booléen, que l’Histoire retient le nom du vainqueur et renvoie aux oubliettes celui du perdant.

Le magazine américain aurait-il oublié que bien avant que le phénix renaisse de ses cendres sous l’égide du baron de Pierre de Coubertin en 1894, les Jeux Olympiques antiques n’offraient aucun équivalent aux actuelles médailles d’argent et de bronze ? A Olympie, seul le vainqueur d’une épreuve était récompensé par une palme le jour de sa victoire, puis par une couronne d’oliviers le dernier jour des Jeux…

Les encyclopédies et autres dictionnaires, qu’ils soient de papiers comme le Larousse ou d’octets comme Wikipédia, ne s’embarrassent guère d’honneurs pour les perdants… La place est chère sur le papier glacé ou sur les disques durs de l’encyclopédie virtuelle, tant pis pour les losers magnifiques au panache romantique ou au refus viscéral de la défaite.

Pas de place pour l’Anglais Stirling Moss, l’Américain Dan Gurney, le Belge Jacky Ickx, le Suédois Ronnie Peterson, l’Argentin Carlos Reutemann ou le Canadien Gilles Villeneuve, tous d’inoubliables gladiateurs de la vitesse mais champions sans couronne de la Formule 1.

Pas plus de place pour l’Aranycsapat hongroise de Puskas en 1954, les Oranje mécaniques de Cruyff en 1974, les Bleus (alias Brésiliens d’Europe) de Platini en 1982 et 1986 au panthéon de la Coupe du Monde de football.

Le verdict de l’Histoire n’en est pas moins impitoyable pour les cyclistes français René Vietto ou Raymond Poulidor, pour qui le maillot jaune du Tour de France à Paris resta une perspective utopique à tout jamais.

La conquête de l’Antarctique ne fut pas moins cruelle pour le capitaine Scott et ses coéquipiers britanniques en 1911. Arrivés moins de deux semaines après l’explorateur norvégien Amundsen au Pôle Sud, ils moururent au retour, sans avoir pu atteindre leur quête du Graal dans le grand Eldorado blanc du début du XXe siècle. Comme l’écrit magnifiquement Stefan Zweig dans le Très Riches Heures de l’Humanité, ils furent seconds dans un monde où le premier est tout et le deuxième n’est rien.

Mais les Jeux Olympiques n’ont rien de fasciste, c’était au contraire l’apologie de la paix, le moment de la trêve sacrée dans la Grèce antique entre les différentes cités (Sparte, Athènes, Mycènes…), tout comme les autres Jeux panhélleniques, à Corinthe (Jeux Isthmiques), Némée (Jeux Néméens) ou Delphes –Jeux Pythiques).

Pas plus que le dictionnaire ou l’encyclopédie, qui véhiculent la connaissance universelle et la culture dont les Nazis voulaient priver la société à travers leurs autodafés, scènes que l’on verra plus tard dans Fahrenheit 451, fiction bien loin de l’horreur réelle de l’Allemagne hitlérienne et pro-aryenne des années 30.

Quant à l’Antarctique, depuis le protocole de Madrid de 1991, il est un sanctuaire inviolable, réservé aux seuls scientifiques. Le sixième continent avait déjà été protégé par le traité de l’Antarctique en 1959.

En 1992, c’est à Wembley, stade de football mythique de la Perfide Albion, que le gratin du rock d’outre-Manche, David Bowie en tête, rend hommage à Freddie Mercury, dont la musique britannique est orpheline.

C’est à Wembley, temple du football anglais, que Mercury avait réussi deux performances somptueuses, le 13 juillet 1985 au Live Aid, crevant l’écran au même titre que Bono et U2 pendant une interminable version improvisée de Bad. Un an plus tard, le 12 juillet 1986, vêtu d’hermine et d’une couronne, tel un roi face à ses sujets, Mercury tutoyait la perfection et s’attirait tous les superlatifs dans l’Empire Stadium.

Il avait porté au pinacle l’art du concert et de la performance scénique, tel un sportif grisé par l’adrénaline d’une grande finale.

Devenu un dieu du stade, celui qui mourut du sida était bien moins vulgaire que les Dieux du Stade du rugby français après lui et bien moins politisé que les Dieux du stade mis en scène par Leni Riefenstahl en 1938 après les JO de Berlin pour faire la propagande du nazisme.

En 1984, la boîte de Pandore s’ouvre de nouveau pour Mercury quand le clip de Radio Ga Ga met en scène des extraits du film Métropolis de Fritz Lang, couplés à des images du groupe devant des hordes de fans les bras levés. Il n’en faut pas plus pour qu’une nouvelle épée de Damoclès vienne se suspendre au-dessus de Queen, qu’on accuse d’avoir fait un clin d’œil au Triomphe de la Volonté, film de 1934 réalisé par Leni Riefenstahl.

Quand la bêtise et le sectarisme sont aussi ancrés chez les critiques, le boomerang ne cesse de voler sans fin dans le ciel…

  1. avatar
    17 septembre 2015 a 18 h 30 min

    Freddie Mercury … Le bonhomme a composé Bohemian Rhapsody et We are the champions, chantait comme un Dieu.

    La musique est orpheline de lui depuis 1991, son hymne aux vainqueurs nous rappelle sa voix unique à chaque grande finale de football.

  2. avatar
    18 septembre 2015 a 23 h 06 min

    Tout à fait d’accord sur le terme d’ovni, à la fois pour la voix de Mercury, et Bohemian Rhapsody. Toujours plein de frissons à les entrendre !

  3. avatar
    19 septembre 2015 a 17 h 39 min

    Salut Fabrice, oui veritable OVNI que Bohemian Rhapsody melant rock et opera primo, sortant du schema Verse Bridgf Chorus secundo !

  4. avatar
    20 septembre 2015 a 18 h 59 min

    D’autres groupes que Queen ont produit des OVNI musicaux de 6-7 minutes, comme Led Zeppelin avec Stairway to Heaven, les Beatles avec Hey Jude, Muse avec Butterflie7s and Hurricanes ou Knights of Cydonia, U2 avec Bad, Radiohead avec Paranoid Android, dEUS avec Instant Street ou Bad Timing, Ghinzu avec Blow et The Dragster Wave, The Verve avec Bitter Sweet Symphony, Kaiser Chiefs avec Angry Mob, Oasis avec. Champagne Supernova, Coldplay avec Lovers in Japan, Jeff Buckley avec Grace.

  5. avatar
    20 septembre 2015 a 19 h 06 min

    Et bien sur les maitres incontestes des morceaux longs et progressifs, Pink Floyd avec Time, Echoes, Shine on You Crazy Diamond, Run Like Hell ou Comfortably Numb.

    • avatar
      21 septembre 2015 a 12 h 52 min

      Le magazine anglais Mojo avait fait une liste des 100 best epic songs, et Bo’ Rap était évidemment en tête, et Stairway to Heaven pas loin.

      Après, parler d’OVNI, ben, pas mal de groupes des années 66-77 (entre le psychédélisme et le punk) ont fait des morceaux longs. Presque tous d’ailleurs :

      Beatles : A Day In The Life (Hey Jude ça pue)

      Doors : The End ou Light My Fire

      Who : Baba o’Riley, Won’t Get Fooled Again, L’Overture de Tommy

      Led Zep : Je préfère encore When the Levee Breaks, tiens…Ou Since I’ve Been Lovin’ You

      Bon, en fait, TOUT le monde (et son frère ) a fait un morceau long à l’époque. Souvent pas jojo d’ailleurs.

      Et je ne parle pas du Jazz.

  6. avatar
    21 septembre 2015 a 16 h 13 min

    Salut zanque,

    Oui c’était très en vigueur à l’époque, tel Roundabout pour Yes. Pour Led Zep, on peut bien entendu préférer When The Levee Breaks.

    A Day in the Life est un autre célèbre exemple pour les Beatles, comme Hey Jude une fin exceptionnelle en crescendo.

    Blur a produit Tender, bref à toutes les époques les grands hymnes sont légion mais la période 60-70s fut la plus féconde.

    Pour en revenir à Queen, ils ont refait le coup en 1991 sur la chanson éponyme de l’album Innuendo, en l’occurrence Innuendo, très beau morceau malheureusement dans l’ombre du testament de Freddie, The show must go on.
    L’exploit de Bohemian Rhapsody est d’avoir échappé au couperet des 3 minutes de la radio, la chanson était tellement magique qu’elle a quand même envahi les foyers européens par les ondes !

    Mais je le répète, les maestros du genre étaient les membres du Floyd, pour ceux qui veulent s’en persuader, voir la version live de Comfortably Numb sur PULSE en 1994 à l’Earl’s Court.

  7. avatar
    21 septembre 2015 a 16 h 50 min

    Bien vu les citations musicales Axel, je ne connais pas tout mais plusieurs sont parmi mes préférés ! Shine on you crazy diamond je ne l’ai découvert que récemment (~2008) mais wow, incroyable. D’ailleurs Zanque, dans les années 50 début 60 si je me souviens bien, les artistes étaient limités par les radios qui croyaient que des chansons, pour avoir du succès, devaient être relativement brèves, disons autour de 3 minutes (durée provenant des disques 78 tours).

    • avatar
      22 septembre 2015 a 14 h 48 min

      Fabrice, la radio a empêché les longs morceaux, What I’d Say de Ray Charles a été coupé en 2 parties pour sa version single, comme un tas de tubes R&B des années 50-60 (le “Shout” des Isley Brothers) ou le “Like a Rolling Stone” de Dylan.

      Avant ça, oui, le 78 tours a limité les chansons à 2mn40. Ensuite, y’a eu les 25cm (une espèce de 6 titres), et puis un peu après le Log Player (pour le jazz ça a changé BEAUCOUP de choses, mais TROP TARD (Ellington avec 25 minutes par face dès 1930 ? On a du mal à imaginer les conséquences).

      Bref, le LP et le fait que le rock s’est intellectualisé et sacralisé à partir de 1965-66, ça a permis tous les délires.
      Comme le rock Progressif et ses morceaux à 20-25 minutes.

      Pour quelques grandes choses, que de bouzins…

      “Champagne Supernova” est pas un ovni, ce sont les 3 mêmes accords pendant 7 minutes. Idem pour “Tender” de Blur. Les Smashing Pumpkins avaient tenté un “For Martha” de 8 minutes sur Adore aussi. Bon…

      Dans les modernes, pour ce qui est des morceaux longs, je vois rien de terrible, Pulp avait laissé 14 minutes de feedback sur le dernier morceau de This is Hardcore (l’album), mais ça compte pas. This is Hardcore, le morceau-titre, est plus court, mais rentre dans la catégorie epic songs.

      Neil Young a poussé le vice jusqu’à sortir un album (“Psychedelic Pill” de 2012 je crois) avec 2 morceaux de + de 25 minutes…Il a déjà sorti un album avec un seul Morceau (“Arc”). Mais aucun n’arrive à la cheville des 2 longues suites de son 2ème album, Everybody Knows, this is nowhere. Ou de ses morceaux fleuves avec Buffalo Springfield (Expecting to fly et Broken arrow).

      Bon, y’aurait tellement de morceaux…Traffic; le groupe anglais, par exemple, ou même le Living for the City (version album) de Stevie Woonder…

  8. avatar
    22 septembre 2015 a 11 h 58 min

    Salut Fabrice,

    Si jamais tu ne connais pas les deux groupes belges (dEUS et Ghinzu), je te conseille de les écouter pour découvrir, notamment dEUS, le groupe d’Anvers ayant produit plusieurs albums de grande qualité, avec une capacité à se réinventer digne de Radiohead.

    En plus de Bad Timing ou Instant Street, d’autres grands hymnes signés de Tom Barman sont Easy, Hidden Wounds, Gimme the Heat, Suds & Soda …

    Les meilleurs albums sont Ideal Crash et Pocket Revolution devant Worst Case Scenario, Keep You Close et Following Sea, ensuite viennent selon moi In A Bar Under The Sea puis The Vantage Point.

    Pour Ghinzu (nom inspiré d’une marque de couteaux japonais de téléachat belge), commence par Blow et The Dragster Wave, mais d’autres chansons très bonnes bien que plus courtes, Jet Sex, Cold Love, Do You Read Me, Mine, This Light, Take it Easy, Cockpit Inferno ou encore Mother Allegra.

    Niveau album, c’est Blow devant Mirror Mirror puis Electronic Jacuzzi, espérons que le 4e opus sortira un jour car le 3e (Mirror Mirror) commence à dater (juin 2009).

    Vrai pour la radio et c’est pour cela que Bohemian Rhapsody reste une chanson mythique, malgré ses presque 6 minutes l’oeuvre de Mercury passait en boucle sur les radios !

    Shine on You Crazy Diamond est superbe, hommage du Floyd à son premier leader Syd Barrett.
    Le plus beau morceau en live est Comfortably Numb (cf live PULSE 1994), sinon perso j’adore Time et Echoes, sans oublier Run Like Hell ou One of These Days.

  9. avatar
    3 décembre 2015 a 5 h 48 min
    Par titimaya

    La critique bornée des artistes british est une tradition pour Rolling Stone… C’est idem pour les journaux britanniques à propos nombre d’artistes US… 1-1, la balle au centre;) Bon, tout ça date de 1977 et de la sortie de l’album ; il y a prescription. Queen figure désormais parmi les icones de Rolling Stone.

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