• Grille TV beIN SPORTS
2014 : les six clés du retour de Federer au premier plan
Photo Panoramic

2014 : les six clés du retour de Federer au premier plan

Il y a tout juste un an, Roger Federer clôturait une saison relativement médiocre, au vu de ses standards. Malgré une embellie en fin d’année, sa saison restait marquée par des défaites quasiment inexplicables, comme son revers contre Robredo, à l’US Open. On avait même quitté le Suisse au-delà du top 5, une première depuis 2002. Qui aurait pu prédire qu’en novembre 2014, à 33 ans, il serait encore en course pour le titre de numéro 1 mondial, ou qu’il allait remporter sa première Coupe Davis pour clore la saison en jouant deux simples et le double ? Retour sur les six cinq points clés qui ont fait de 2014 l’année de la résurrection pour Federer.

Un physique retrouvé

Comme beaucoup de joueurs, en conférence de presse ou en interview, Federer ne s’appesantit pas sur les douleurs dont il souffre. Tout juste sait-on que le Suisse a ressenti des douleurs au dos pendant une grande partie de la saison 2013. A quel point avait-il mal ? Difficile de le savoir. Federer a tout de même avoué qu’il avait commis l’erreur de jouer certains matchs, comme celui contre Nadal à Indian Wells au mois de mars, pour lesquels il aurait probablement été préférable de déclarer forfait. Peut-être l’orgueil du champion l’a-t-il poussé à jouer tout de même ces matchs… S’il ne distille que peu d’informations à ce sujet, on sait aujourd’hui que Federer n’a pas pu s’entraîner comme il le souhaitait pendant la saison dernière.

En 2014, au contraire, c’est un Federer plus attentif que jamais à son physique qui est revenu aux affaires. Ces dernières semaines, il n’a pas hésité à déclarer forfait pour la finale du Masters contre Djokovic, avant de se montrer très prudent pour ses premiers pas sur la terre battue lilloise. L’homme aux dix-sept titres du Grand Chelem connaît désormais parfaitement les limites de son corps (et de son dos), et ne risque pas de brusquer les choses en cas de gêne physique. Le Suisse, qui a donc retrouvé un corps digne d’un champion, est même le joueur qui a joué le plus de matchs cette année, à 33 ans passés ! Impressionnant. Il faut dire qu’avec son style de jeu, résolument offensif, il a cherché à écourter au maximum les points…

Un style de jeu plus offensif

Ce Roger Federer, cru 2014, a cherché à attaquer comme rarement dans sa carrière. Bien sûr, il faut se souvenir que le Suisse avait commencé sa carrière en pratiquant un tennis très agressif. Lorsqu’il a gagné son premier grand Chelem, en 2003, il effectuait un service-volée près d’une fois sur deux après son engagement. Mais, l’évolution du jeu favorisant les filières longues, il s’était habitué, comme tous ses principaux adversaires, aux joutes de fond de court. Pourtant, en 2014, Federer est revenu à un style de jeu bien plus agressif. L’Open d’Australie avait donné le ton, et, jusqu’à son match contre Richard Gasquet en finale de la Coupe Davis, il n’a jamais dévié de cette ligne de conduite. Ainsi, cette année, à Wimbledon (tournoi dont il fut finaliste, contre Djokovic), il a réalisé près de 25% de service-volées. C’est, certes, deux fois mois qu’en 2003, mais c’est bien plus qu’entre 2006 et 2011, où seuls 5% de ses services étaient suivis d’une montée à la volée. A 32 ans passés, Federer a donc été capable de se remettre en question pour faire évoluer son jeu de manière significative.

Des retours résolument agressifs

Certes, Federer a décidé de monter davantage au filet. C’est évidemment vrai au service, mais un changement dans sa manière de retourner a également permis cette agressivité. Finis, les retours systématiques en chip de revers qui retombaient au milieu du terrain… Federer ne les a pas abandonnés, mais les utilise maintenant avec beaucoup plus de parcimonie. En 2014, le Suisse a décidé d’agresser l’adversaire dès le retour. Il a ainsi joué des revers à plat ou recouverts (quitte à se reculer un peu par rapport à sa position de retour habituelle) et a usé de belle manière du décalage-coup droit sur les secondes balles adverses. En 2014, le Suisse a ainsi régulièrement trouvé une belle longueur en retour, empêchant de fait son adversaire de s’organiser. A ce titre, le match contre Murray, durant la phase de poule du Masters (6-0, 6-1, faut-il le rappeler ?) s’impose comme un modèle du genre. Cela dit, même si Federer dispose de toutes les armes du tennis dans sa panoplie, ce changement de jeu a été encouragé et travaillé par son nouvel entraîneur, qui a joué un rôle important dans le retour au premier plan du Maestro.

Edberg, l’idole désormais au service du Maître

Souvenez-vous, c’était il y a un peu moins d’un an : à la demande expresse du Suisse, Stefan Edberg, son idole de jeunesse, s’était déplacé jusqu’à Dubaï pour rencontrer Federer. Le Suédois n’avait pas vraiment envisagé de devenir coach, mais on ne refuse pas une invitation de Monsieur Roger Federer comme ça… Incroyable mais vrai, c’est donc le Suisse qui a, pendant une semaine, tenté de séduire Edberg, pour que celui-ci accepte de rejoindre son « team ». Ancien joueur porté sur l’attaque, celui qui est désormais le coach de Federer depuis un an a imprimé sa patte tout au long de ces douze derniers mois, et pas seulement dans le jeu : il a par exemple encouragé le Suisse à jouer plus de matchs qu’avant (plus de tournois, donc, mais aussi la Coupe Davis) pour que celui-ci ne perde pas son rythme.

Bien sûr, Edberg a aussi soutenu Federer dans ses nouvelles velléités offensives. Rien d’étonnant à cela, puisqu’en 2008 déjà, le Suédois déclarait que, face à Nadal, son futur protégé devrait, selon lui, monter au filet « cinq fois sur dix ». Si le jeu de Federer tutoyait déjà la perfection d’un point de vue technique, on peut quand même relever que sa volée semble s’être (encore !) améliorée en 2014. Mats Wilander, autre ancien grand joueur suédois, a d’ailleurs déclaré récemment que la volée de coup droit du Suisse était plus propre et plus efficace qu’auparavant. Bref, la coopération entre les deux hommes semble rencontrer un franc succès. Il semble que Federer ait trouvé à qui parler en la personne d’Edberg, vainqueur de six tournois du Grand Chelem, et ancien numéro 1 mondial, en simple comme en double. Reste un point à invoquer : tout artiste, aussi grand qu’il est, a forcément besoin d’un outil de travail à la mesure de son talent pour se sublimer.

Nouvelle raquette pour une nouvelle stratégie

En juillet 2013, alors que Federer venait de se faire éliminer au deuxième tour de Wimbledon (!), il avait déjà changé de raquette pendant un temps. L’expérience s’était révélée relativement peu concluante. Du mois d’août jusqu’à la fin de la saison, il avait alors repris son ancienne raquette, pour les résultats mitigés que l’on connaît. En fin d’année 2013, le Suisse a alors pu prendre le temps de tester un nouvel outil de travail utilisé pendant toute la saison 2014. Ancien adepte d’un tamis très petit (90 pouces) qui ne laissait que peu de place à l’imprécision, Federer a opté, avec sa nouvelle raquette, pour un tamis clairement plus grand (98 pouces). Voilà qui place sa raquette dans la moyenne par rapport au reste du circuit. La marge d’erreur étant naturellement plus importante avec une surface de frappe plus grande, Federer a gagné en stabilité, notamment en revers, côté où ses revers boisés se sont faits moins nombreux cette année. Mais cette raquette lui a également fait gagner en puissance, ce qui lui permet de servir un peu plus vite qu’avant sans forcer pour autant. L’adaptation a été parfaite, comme l’ont démontré ses résultats tout au long de l’année.

Un mental à toute épreuve

Cumulés, tous ces facteurs ont permis à Federer de retrouver un mental de vainqueur et la confiance de ses plus belles années. Plusieurs fois cette saison, l’homme aux dix-sept titres du Grand Chelem a réussi à s’imposer après avoir sauvé une ou plusieurs balles de match : contre Monfils en quarts de finale de l’US Open, face à Mayer au second tour de Shanghai (tournoi remporté quelques jours plus tard) ou encore, tout récemment, contre Wawrinka en demi-finale du Masters (quatre balles de match sauvées). Faut-il également rappeler qu’en novembre dernier, Jérémy Chardy a mis fin à une belle série de onze tie-breaks gagnés consécutivement gagnés par Federer ? Les statistiques de l’année le prouvent : le Suisse a retrouvé le goût de la gagne. En témoignent ses 77% de victoires contre des Top 10 cette année (contre 65% en 2012, et seulement 28% en 2013). Seul bémol à cette belle saison : le nombre élevé de finales perdues par le Suisse (six, pour cinq titres). Voilà au moins un point sur lequel il pourra s’améliorer en 2015, après une année 2014 exceptionnelle. Le Suisse n’a peut-être pas fini de nous surprendre…

  1. avatar
    1 décembre 2014 a 8 h 03 min

    L’élément clé est d’abord le physique, car le dos de Federer l’avait condamné à une triste 7e place (pour lui) en 2013.

    La raquette et Stefan Edberg ont bien entendu fait leur effet aussi, pour le mental, c’est revenu petit à petit au fil des victoires, l’ogre suisse ayant un appétit féroce après la terrible disette de 2013.

    A lui de convertir cela en victoire en GC en 2015, en Australie pourquoi pas si Djokovic trébuche, voire à Wimbledon. Mais le temps presse, car Nadal reviendra, Murray aussi probablement, et les jeunes poussent très fort derrière, Cilic, Raonic, Nishikori et autres Dimitrov …

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter