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Le parking de Flushing Meadows
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Le parking de Flushing Meadows

Les récentes annonces de l’ATP et de l’ITF sur leurs projets respectifs de compétitions par équipes relancent la guerre froide qui s’est progressivement instituée entre les deux structures qui régentent le tennis professionnel. Cette guerre froide ne date pas d’hier, elle synthétise la mainmise désormais exclusive du roi dollar sur le tennis.

La création du Conseil professionnel

La NTL ayant été absorbée par la WCT en 1970, cette dernière s’est rapidement imposée comme un concurrent direct pour l’ITF, en montant son propre circuit de tournois et en recrutant directement des joueurs, en l’occurrence la majorité du gratin du tennis, pour qu’ils jouent prioritairement ses tournois plutôt que ceux du Grand Prix. En 1972, un fragile accord a été trouvé avec la Fédération internationale, accord par lequel la WCT s’engageait à ne plus recruter de joueurs, mais restait libre de disposer à sa guise des quatre premiers mois de l’année pour organiser son propre circuit.

Désormais livrés à eux-mêmes, les joueurs professionnels créent l’ATP, un syndicat destiné à les représenter et à défendre leurs intérêts auprès de la Fédération internationale. L’affaire Pilic, en 1973, donne rapidement à l’ATP l’occasion de faire montre de sa puissance, lorsque la quasi-totalité des membres de l’ATP décident de boycotter Wimbledon. Devant une telle levée de boucliers, la Fédération va devoir composer.

Ainsi naît le Conseil professionnel, une sorte d’instance suprême composée à parité de joueurs, de dirigeants de tournois et de représentants de l’ITF. Les uns et les autres y sont invités à discuter de tous les aspects de l’organisation du tennis professionnel.

 

Borg prend la (petite) porte

Président de la FFT, Philippe Chatrier est élu en 1977 président de la Fédération internationale, et devient dans la foulée président du Conseil professionnel. Le Français détient alors tous les leviers du pouvoir dans l’organisation du tennis professionnel.

A ce moment-là, Philippe Chatrier est sur le point de remporter son long bras de fer avec les Intervilles, qui deviennent déficitaires et qui mettront la clé sous la porte l’année suivante. Il peut alors se tourner vers son deuxième adversaire majeur, la WCT du milliardaire texan Lamar Hunt. Si le circuit de Lamar Hunt n’a pas le prestige des tournois du Grand Chelem, il propose des standards de marketing et d’organisation qui font pâlir d’envie les dirigeants du Grand Prix. Parallèlement, des exhibitions voient le jour ici ou là. Rassemblant une poignée de joueurs, elles sont dépourvues d’enjeu sportif mais font également concurrence au Grand Prix.

C’est avec l’objectif louable de faire un minimum de ménage que le Conseil professionnel s’entend, en septembre 1981, sur la mise en place de quelques règles sur la participation des joueurs aux tournois du Grand Prix. En plus des tournois du Grand Chelem, les 200 premiers du classement ATP doivent s’engager à disputer au moins 10 tournois du Grand Prix, sans compter donc les tournois WCT. S’ils ne respectent pas cette clause, ils seront conduits à disputer les qualifications des tournois du Grand Prix auxquels ils s’inscrivent.

Björn Borg lance d’emblée un pavé dans la mare, en signifiant son intention, en 1982, de ne disputer que 7 tournois en plus des levées du Grand Chelem. Le Conseil refuse de faire une exception pour lui et c’est ainsi que le Suédois passe par la case « qualifications » à Monte Carlo, pour son premier tournoi de l’année. Soufflant le chaud et le froid, il se hisse en quarts de finale. Entretemps, ça s’agite en coulisses pour épargner à l’immense champion la dégradation des qualifications. Mais le Conseil reste inflexible, et c’est un Borg totalement démotivé qui s’incline face à Yannick Noah, en ne marquant que trois jeux. Dans la foulée, Borg annonce ses forfaits pour Roland Garros et Wimbledon, signant là une quasi-fin de carrière indigne de l’immense champion qu’il est.

Le Conseil professionnel du tennis, qui vient alors d’édicter une règle, ne peut dès sa première année faire une exception à cette règle sans y perdre en crédibilité. En l’occurrence, le roi Borg est fatigué, à court d’entraînement, et il n’a plus du tout la tête au tennis qui a occupé toute sa vie de jeune homme depuis 10 ans. Il dit au revoir au tennis, sans doute pas de la manière dont il aurait rêvé. Mais le Conseil n’a pas à rougir de cette décision, et le psychodrame de Monte Carlo n’était probablement qu’un prétexte pour un Borg déjà passé à autre chose.

 

JO contre WCT

L’affaire Borg mise à part, ce nouveau règlement, pas si contraignant a priori, l’est bien davantage pour les joueurs qui disputent le circuit WCT pendant les premiers mois de l’année. Lendl, Connors et McEnroe vont faire les grandes heures du circuit WCT au début des années 80 en s’affrontant pour le titre final de Dallas, ce qui donnera lieu à des joutes mémorables. Mais pour beaucoup de joueurs, notamment les non-Américains, le Grand Prix va progressivement prendre le pas sur le circuit de Lamar Hunt.

Le milliardaire américain, très proche des milieux pétroliers du Texas, est protégé par les lois anti-trust en vigueur aux Etats-Unis, et n’est pas un adversaire facile pour Philippe Chatrier. L’ayant déjà qualifié de « proxénète relevant les compteurs », le président de l’ITF met en chantier une nouvelle arme de guerre contre lui, et au-delà contre tous ceux qui auraient l’idée de monter des circuits concurrents au Grand Prix : réintroduire le tennis aux Jeux olympiques.

Le tennis a déserté le plus grand événement sportif de la planète après les olympiades parisiennes de 1924, en raison – déjà – d’un calendrier trop chargé. La petite balle jaune construit ainsi sa propre histoire, loin des projecteurs olympiques. Conscient de l’aura incomparable de cette compétition, Chatrier négocie avec Juan Antonio Samaranch la réintégration du tennis, en tant que sport de démonstration en 1984, puis en tant qu’épreuves (simples et doubles) à part entière à partir des Jeux de Séoul en 1988.

Les objectifs du président de l’ITF sont élevés : il s’agit de consacrer, rien de moins, le meilleur tennisman de la planète une fois tous les quatre ans. Mais Philippe a fait rajouter une condition qui lui tient à cœur, et qui témoigne de son véritable objectif : seuls seront admis à concourir les joueurs n’ayant participé, au cours de l’année écoulée, à aucune épreuve autre que celles du circuit officiel. Ce qui vise évidemment le circuit WCT.

Dans un premier temps, Philippe Chatrier semble remporter la partie. Le circuit WCT périclite au cours des années 80, et seule la grande finale de Dallas reste un moment important. Mais le Français, qui attend sereinement 1988 et le grand retour du tennis aux JO, n’a pas tout prévu…

Au cours des années 80, l’ATP a vu son influence baisser inexorablement. Au sein du Conseil professionnel, les revendications des joueurs se sont soldées, le plus souvent, par des refus fermes. Le souci de Philippe Chatrier de maintenir une gouvernance unique pour le tennis professionnel était louable, car il permettait d’éviter un éparpillement propice à l’émergence de circuits parallèles et concurrents. Mais il n’a pas pris la mesure des problèmes du calendrier qui frise la démence par sa durée, des voyages trop nombreux imposés aux joueurs. Et chaque fois que les représentants de l’ATP l’ont saisi de ces problèmes, il les a ignorés.

Une partie de l’agenda d’un joueur lui est imposée par l’ITF, qui l’envoie en Asie, en Amérique latine et en Europe, parfois trois semaines d’affilée. Hormis les levées du Grand Chelem, les tournois ne sont pas hiérarchisés entre eux. En imposant aux joueurs de se rendre à tel ou tel endroit, l’ITF répartit, plus ou moins équitablement, la présence de joueurs d’envergure sur chaque tournoi. Mais Chatrier se fait de plus en plus d’ennemis chez les joueurs… En 1986-1987, le climat s’envenime progressivement au sein du Conseil professionnel.

En 1988, la rupture est consommée, et de nombreux joueurs de premier plan indiquent leur refus de disputer les Jeux Olympiques, non par défiance vis-à-vis de l’esprit olympique, mais parce que cette épreuve est le bébé de Philippe Chatrier. C’est ainsi que Lendl, Wilander, Becker, Agassi et Noah font l’impasse sur Séoul. En catastrophe, le règlement doit s’assouplir pour accepter Stefan Edberg, lauréat de l’épreuve de démonstration à Los Angeles en 1984, et vainqueur du dernier Wimbledon. Pourquoi s’agit-il d’un assouplissement ? Parce qu’Edberg a disputé… la finale du circuit WCT à Dallas, début avril, où il s’est incliné face à Becker. C’est à y perdre son latin ! Avec Edberg (n°3 mondial), Mayotte (n°9) et Mecir (n°10), le tableau de Séoul est relativement solide, mais on est loin d’une affiche prétendant couronner le meilleur joueur du monde…

 

Une révolution de parking

Entretemps, un séisme majeur aura secoué le petit monde du tennis professionnel.

Devant les fins de non-recevoir répétées de Philippe Chatrier, plusieurs joueurs lancent une menace directe de créer leur propre circuit. Ce sera lors de l’US Open 1988, en marge du tournoi, et les frondeurs ne seront même pas autorisés à s’exprimer dans l’enceinte de Flushing Meadows. Ils vont donc improviser leur conférence de presse… sur un parking du stade.

Brian Gottfried, Tim Mayotte, Yannick Noah et Mats Wilander prennent la parole tour à tour, et déroulent la liste de griefs à l’encontre de l’ITF et du Conseil professionnel, visant doublement Chatrier qui préside les deux institutions. Les cadences infernales qui leur sont imposées, la longueur du calendrier, l’impossibilité de jouer où ils le souhaitent… Tout y passe. Le discours de Mats Wilander, en particulier, retient l’attention. Mats n’est qu’à quelques jours de déloger Ivan Lendl de la place de n°1 mondial qu’il occupe depuis trois ans ; il y parviendra à l’issue d’un combat dantesque remporté au bout de cinq heures de jeu. Entre autres amabilités, le Suédois relève qu’il n’a eu à affronter que trois top ten au cours de l’année, et qu’il souhaiterait qu’une hiérarchie plus nette entre les tournois puisse voir le jour, afin que les meilleurs s’affrontent plus souvent.

Masters 1000, vous n’êtes plus très loin… L’idée de Wilander est de promouvoir, en quelque sorte, certains tournois afin d’y favoriser davantage de rencontres entre les meilleurs joueurs. Il y a bien, à l’époque, hors Grand Chelem, quelques rendez-vous qui rassemblent une bonne partie du gratin mondial. Le Lipton de Key Biscayne, disputé sur deux semaines avec sept tours au meilleur des cinq sets ; Monte Carlo et Rome, les rendez-vous incontournables de la terre battue au printemps ; ou encore Cincinnati, la répétition générale avant l’US Open. Mais tant de chemin reste à faire…

A leurs côtés, les frondeurs ont deux renforts de poids. Harold Solomon, tout d’abord, ancien finaliste de Roland Garros (en 1976) qui est devenu un agent influent au sein des instances du tennis. Hamilton Jordan, ensuite, ancien chef de cabinet de la Maison Blanche sous la présidence de Jimmy Carter. Le carnet d’adresses du premier et les talents de négociateur du second vont s’avérer cruciaux pour que la menace des joueurs soit mise à exécution, le 1er janvier 1990, avec la création de l’ATP Tour, en lieu et place du Grand Prix, sous les yeux impuissants de l’ITF.

L’ATP Tour est crédible, car cette nouvelle institution, si elle se libère définitivement du joug de l’ITF, n’en respecte pas moins les grands équilibres du calendrier tennistique, à commencer par les quatre piliers du Grand Chelem et la Coupe Davis. Les tournois du Grand Chelem sont confirmés dans ce qu’ils sont, ils offrent plus de points que les autres tournois ; quant au Saladier d’argent, il n’offre certes toujours pas de points, mais aucun tournoi n’est organisé durant les semaines de Coupe Davis. Les 12 semaines restant l’apanage de l’ITF sont ainsi scrupuleusement respectées.

Corollaire de la proposition de Wilander et des autres, en plus des quatre levées du Grand Chelem, neuf tournois vont être « promus », et rapidement rendus obligatoires pour tous les joueurs ayant le classement requis pour les disputer. Ils s’appellent les « ATP Championship Series ». Dans l’ordre chronologique, il s’agit d’Indian Wells, Key Biscayne, Monte Carlo, Hambourg, Rome, Canada, Cincinnati, Stockholm et Paris-Bercy. Ces tournois seront le théâtre de mémorables empoignades entre les meilleurs joueurs du monde.

C’est donc une conférence de presse improvisée sur un parking anonyme qui a provoqué la dernière (à ce jour) révolution majeure dans l’organisation du tennis professionnel. Cette révolution, qui va fêter ses 30 ans cette année, a débouché sur le circuit ATP tel que nous le connaissons aujourd’hui ; il n’a subi depuis 1990 que des ajustements mineurs.

 

La farce de la Coupe du Grand Chelem

Impuissante à enrayer la révolution en cours, la Fédération internationale, qui a encore quelques velléités de garder la main, sort l’artillerie lourde en 1990, avec la création d’un nouveau tournoi, la Coupe du Grand Chelem. Organisée à Munich, cette compétition va concentrer un flot de critiques qui la condamneront d’emblée.

Disputée pour la première fois, donc, en décembre 1990, la Coupe du Grand Chelem est un tournoi à 4 tours et 16 joueurs s’affrontant par élimination directe. Ces 16 joueurs sont sélectionnés sur la base unique de leurs résultats en Grand Chelem, et non sur leur classement ATP. Mais l’attention se concentre très vite sur la dotation de l’épreuve, 6 millions de dollars au total, dont 1,5 millions au seul vainqueur de l’épreuve. Ces sommes, colossales voire délirantes à l’époque, ne manqueront pas de faire tousser beaucoup de monde. Dans un monde de plus en plus connecté – même si Internet n’existe pas encore – les joueurs disputant l’épreuve essuient d’emblée un procès public en mercenarisme, et beaucoup d’entre eux choisiront de ne pas la disputer pour ne pas se voir reprocher d’être des chasseurs de primes.

La première édition de l’épreuve, remportée par Pete Sampras, est marquée par un énorme incident lors de la demi-finale entre Brad Gilbert et David Wheaton, que l’arbitre sépare in extremis avant qu’ils n’en viennent aux mains. Qu’un simple incident d’arbitrage déclenche une telle tempête en dit long sur l’exacerbation des nerfs des joueurs. Wheaton, vaincu en cinq sets, résumera d’ailleurs l’épisode en ces termes : « L’arbitre a fait une erreur qui m’a coûté un million de dollars ».

Les éditions ultérieures de la Coupe du Grand Chelem affichent un palmarès certes prestigieux, mais qui ne masque pas l’impact décroissant de cette compétition au cours des années 90. Les joueurs la voient avant tout comme une exhibition grassement rémunérée, et ne tombent pas dans le piège de l’ITF qui souhaite la voir supplanter le Masters de l’ATP. C’est dans l’indifférence générale que la tristement célèbre Coupe du Grand Chelem vit sa dernière édition, en 1999. Cet épisode met à jour l’erreur monumentale de l’ITF, qui aura cru hameçonner les joueurs en leur faisant miroiter une rémunération indécente, mais qui n’aura jamais réussi, par exemple, à négocier avec l’ATP Tour la distribution de points ATP pour cette compétition.

Philippe Chatrier a perdu la partie. En bon homme politique, il aura commis des erreurs et celle-ci n’est pas, et de loin, la plus lourde des conséquences. Elle est, en tout cas, la plus manifeste. Lui qui redoutait dans les années 80 que les intérêts supérieurs du tennis ne se couchent devant les considérations financières, est le même homme qui a utilisé, avec cette compétition, l’unique carotte de l’argent pour détourner les joueurs du circuit principal. Le bilan de Chatrier, bien entendu, ne se résume pas à cela. Mais c’est sans doute le signe qu’en 1991, juste avant de vivre son rêve ultime de voir la France soulever à nouveau le Saladier d’argent, il était temps pour lui de passer la main.

 

La revanche posthume de Philippe Chatrier

Le vœu de Mats Wilander va être exaucé… mais le piège va se refermer sur les joueurs. En manifestant le souhait de s’affronter plus souvent et en montant un circuit ATP dédié (entre autres) à cet objectif, les meilleurs joueurs du monde vont disposer dans les années 90 d’un terrain de jeu qui va en effet les mettre très souvent en confrontation directe les uns avec les autres. Mais les neuf tournois majeurs (les « Super 9 », appelés ensuite « Masters Series » et enfin « Masters 1000 ») qui s’ajoutent désormais aux quatre tournois du Grand Chelem vont rapidement constituer trop de jalons sur le calendrier, ne laissant guère de place pour la récupération. Les lésions, les blessures, les méformes des joueurs vont désormais se multiplier, en raison des cadences infernales imposées par un calendrier démentiel… Retour à la case départ.

La grosse erreur, commise cette fois par les joueurs, c’est d’avoir confié les rênes de l’ATP Tour, non pas à d’anciens joueurs comme ils l’avaient fait lors de la création de leur syndicat en 1972, mais à des experts en négociation, en communication et en marketing. Ces derniers n’avaient sans doute pas d’équivalent pour mettre sur pied, en quelques mois, une structure crédible capable de régenter le tennis professionnel. En revanche, les menaces qu’un calendrier surchargé fait peser sur le corps humain leur étaient inconnues.

La logique que les joueurs ont combattue avec succès en 1988 est la même qui s’impose à eux en 2018, à ceci près que l’ATP Tour est une émanation des joueurs eux-mêmes et qu’ils n’ont pas un Philippe Chatrier à détester. Et plutôt que de s’interroger sur les cadences infernales qui les rendront grabataires à 50 ans, ils persistent à s’infliger des souffrances physiques au nom de la pseudo-obligation de présence sur 13 compétitions dans l’année.

Philippe Chatrier est décédé en juin 2000, quelques jours après le formidable bras de fer entre Norman et Kuerten en finale de Roland Garros, deux joueurs dont la carrière sera brisée par les blessures. Il a assisté à la fin de la sinistre Coupe du Grand Chelem qui faisait office de verrue sur sa carrière d’officiel du tennis. Mais il n’a vécu que les prémices d’une logique qui s’est désormais généralisée, la logique de l’argent, celle-là même qui menace aujourd’hui la Coupe Davis.

Il serait intéressant de demander aujourd’hui à Mats Wilander, John McEnroe ou Yannick Noah si avec le recul ils estiment avoir eu raison de s’insurger sur un parking en 1988. Oui, sans doute à l’époque, car leur souci d’indépendance était justifié. Non, si l’on observe la situation actuelle qui fait du joueur de tennis un prestataire de services tout autant qu’un objet marketing.

Philippe Chatrier était sans doute un type trop fermé sur ses positions, avec qui il était réputé difficile de négocier quoi que ce soit. Mais au moins traitait-il les joueurs comme des humains et non comme des vaches à lait. C’était décidément un autre siècle… Sa principale erreur, autrement plus lourde de conséquences que l’affaire de la Coupe du Grand Chelem, c’est d’être resté sourd aux revendications des joueurs au cours des années 80. Déjà, le calendrier était démentiel et déjà, les joueurs souhaitaient être plus indépendants. S’il les avait écoutés, Philippe Chatrier aurait sans doute mis en place une hiérarchie des tournois proche de celle que nous connaissons aujourd’hui, mettant en avant une dizaine de tournois majeurs (hors Grand Chelem) mais exigeant que chaque joueur en dispute au moins cinq (et non tous), sans mettre en péril la Coupe Davis.

C’est ce train-là que Chatrier a loupé, mais que les joueurs ont loupé aussi. Lorsque le président français a plié bagage en 1991, les boy-scouts passionnés de tennis qui composaient son équipe se sont effacés aussi, et les joueurs n’ont plus eu d’autre interlocuteur que des marchands de tapis. Philippe Chatrier doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe, en voyant que c’est Bernard Giudicelli qui a enfilé son costume à la FFT, et que son successeur sera l’un des instigateurs du projet de liquider la Coupe Davis.

Giudicelli et ses collègues s’apprêtent à passer par pertes et profits la Coupe Davis, et par là-même la raison d’être de leur institution, l’ITF. Ils peuvent le faire, bien entendu. En revanche, ce papier, parmi tant d’autres, se veut une petite contribution à un mouvement d’ensemble qui pourrait éventuellement faire la lumière sur ces gens-là et sur la responsabilité qui est la leur. A Orlando en août prochain, ils feront probablement tomber la tête du Saladier d’argent. Mais ils le feront devant témoins, leur vote sera attendu, ils devront s’en expliquer et en endosser la responsabilité. Et j’ose espérer que l’achat de voix que va probablement entraîner ce vote sera mis au grand jour.

Cette pression médiatique me semble être la seule manière, précisément, de les conduire à renoncer à leur sinistre besogne.

  1. avatar
    3 mai 2018 a 8 h 21 min

    Salut Enzo,

    Excellent article (as usual I must say).
    Je ne connaissais pas l’histoire du parking de l’US Open 1988.

    Sur la Coupe du Grand Chelem, erreur majeure en effet puisque la Masters Cup existant déjà et se basant sur des points ATP déjà largement pondérés par les 4 Grands Chelems (logique), cela faisait quasiment doublon meme si l’intrus avait 16 inscrits et non 8.
    Avec un choix de l’Allemagne (Munich) sans doute pour bénéficier de l’effet Graf / Becker et de la reunification RFA RDA créatrice du pays le plus people d’Europe … Un tournoi place début décembre de 1990 à 1996, puis fin septembre de 1997 à 1999 pour sa dernière edition. Bref du grand n’importe quoi avec des joueurs sans envergure au palmarès, comme David Wheaton (1991), Magnus Larsson (1994) ou Greg Rusedski (1999).

    Le problem reste le fait que les joueurs dependent trop du prize money, et donc le calendrier devient démentiel et inflationniste pour que tout le monde (au sens top 200) puisse jouer et grappiller des points ATP et donc du revenue à droite ou à gauche.

    Le tennis reste le sport le plus inégal en terme de , meme s’il est d’une logique implacable, façon poker : tu gagnes, tu touches, tu perds, tu perds …

    Mais c’est aussi ce qui explique le nombre de matches assez hallucinant qui sont truqués sur le circuit ATP …

    Enfin sur les Jeux Olympiques, là encore le parallèle avec le cyclisme est tenant. Le vélo est revenu aux JO (pour les pros, car il ne le les avait jamais quitté) en 1996 à Atlanta et certes la médaille d’or sur route ou CLM est prestigieuse et très recherché.

    Mais comme le tennis avec les 4 GC et la Masters Cup ainsi que la Coupe Davis, le cyclisme a ses piliers historiques : Tour, Giro, Vuelta, Mondial sur route, record de l’heure, 5 monuments du cyclisme pour les classiques (Milan – San Remo, Tour des Flandres, Paris Roubaix, Liège Bastogne Liège et Tour de Lombardie)

    On a donc créé des épreuves ouvertes aux tennismen et cyclistes pros pour bénéficier de l’explosion médiatique des Jeux Olympiques d’été depuis Los Angeles 1984

  2. avatar
    3 mai 2018 a 8 h 22 min

    reunification RFA RDA créatrice du pays le plus peuplé d’Europe … et non people !!

  3. avatar
    3 mai 2018 a 10 h 57 min
    Par Enzo29

    Salut Axel,

    Pour le choix de l’Allemagne, c’est effectivement lié au couple Graf/Becker, très puissant médiatiquement (et donc financièrement) à la fin des années 80. L’Allemagne avait d’ailleurs déjà été choisie en 1989 pour accueillir le Masters, jusqu’en 1999 je crois.

    Mais ce favoritisme vis-à-vis de l’Allemagne est aussi l’oeuvre cachée de Ion Tiriac. Je mentionne dans l’article Harold Solomon, mais Tiriac est l’autre grand homme de l’ombre, en tant notamment que manager de Becker. A la fin des années 90, la fédération allemande a mis Tiriac dehors, il s’est alors tourné vers l’Espagne, entre autres car le vent de la domination tennistique était alors en train de tourner vers l’autre côté des Pyrénées. C’est ainsi que Tiriac a mis sur pattes le Masters 1000 de Madrid, en lieu et place de celui de… Hambourg. Comme quoi, la fédération allemande n’a pas gagné grand chose en virant Tiriac.

    J’ai appris que lors du vote de cet été, l’Allemagne comptera 12 voix, soit autant que chacune des quatre fédérations du Grand Chelem. C’est le seul pays à avoir ce privilège. D’ici quelques années, il faut s’attendre à ce que l’Espagne en compte 12 également…

  4. avatar
    3 mai 2018 a 14 h 47 min

    Salut Enzo,

    Tiriac était un moment l’homme le plus de Roumanie , j’ignore si c’est toujours le cas.

    En effet l’Allemagne a accueilli le Masters de 1990 à 1999 (Francfort jusqu’en 1995, hanovre à partir de 1996) entre New York et Lisbonne, avant que l’épreuve ait la bougeotte (Sydney, Shanghai, Londres).

    C’est d’ailleurs assez bluffant que Graf et Becker n’aient pas créé plus de vocations dans un pays aussi people. A part Tommy Haas et surtout Angélique Kerber, le tennis allemand n’a pas grand chose à se mettre sous la dent depuis l’âge d’or Graf / Becker / Stich, car Philipp Kohlschreiber, Benjamin Becker, Andrea Petkovic, Julia Görges oU sabine Lisicki, ce n’est pas ça …

    Mais avec le football si régulier au top niveau (Mannschaft et Bayern Munich), le cycliste Jan Ullrich et surtout le pilote de F1 Michael Schumacher, l’Allemagne a sans doute créé d’autres vocations dans les années 1990 2000 …

  5. avatar
    3 mai 2018 a 14 h 48 min

    dans un pays aussi peuplé. Décidément !!

    Il sera intéressant devoir l’impact de Federer, Nadal et Djokovic sur les vocations dans leurs 3 pays respectifs !

    • avatar
      3 mai 2018 a 17 h 46 min
      Par Enzo29

      Salut Axel,

      Pour les vocations en Allemagne, a priori on peut dire que Graf et Becker n’ont pas tant suscité d’élan que ça.

      Mais attention, car les apparences peuvent être trompeuses. Djokovic a quitté la Serbie pour l’Allemagne à l’âge de 12 ans, dans l’académie de Nikki Pilic. Si un système doit être félicité pour Djokovic, c’est bien plus le système allemand que le système serbe ! Idem pour le système espagnol, qui a nourri les influences de l’entraineur Toni Nadal bien entendu, mais au sein duquel le jeune Murray a aussi fait ses classes pendant l’adolescence.

      C’est ici qu’il faudrait chercher la faille du système français. Il produit avec une grande régularité des champions du monde juniors, mais n’a produit aucun n°1 mondial. Parce que pendant ce temps-là, en Espagne et en Allemagne, des jeunes prometteurs de 14-15 ans bossent comme des dingues et affrontent des adultes dans les circuits satellites. Tout ceci se fait de manière anonyme, dans la difficulté, loin des projecteurs de Roland Garros. Mais quand ces jeunes explosent à 18-19 ans dans le top 50, ils ont déjà derrière eux un bagage physique et mental que Gasquet n’a jamais eu.

      Dans le même ordre d’idée, la filière canadienne m’intéresse aussi, avec Shapovalov.

      • avatar
        4 mai 2018 a 7 h 45 min

        Salut Enzo,

        Oui en effet pour Djokovic il faut surtout féliciter l’académie munichoise de Pilic.

        Pour la France, l’exemple de Gasquet est un cas à part. Il fait la couverture de Tennis Magazine en 1998 à l’âge de 12 ans au moment où il bat aux Petits As.

        Est-ce que la FFT se remet en cause, que ce soit les personnes ou les procedures qui échouent depuis des décennies ?

        Car Noah gagnant Roland en 1983 c’est l’arbre qui cache la forêt, remplaçant le bel été 1946 d’Yvon Petra (Wimbledon) et Marcel Bernard (RG). Le tennis français ne gagne plus en individual depuis les Mousquetaires des années 20 et 30. Le dernier grand joueur français, c’est terrible à dire, c’est Henri Cochet, né en 1901 et rival de Bill Tilden.

        Il faut travailler sur l’aspect mental des matches, sur le fait de bosser comme un fou à l’entraînement ce qui n’est pas le cas de nos joueurs modernes … Car on peut débattre pendant des nuits entières sur le presume dopage de Nadal, Federer ou Djokovic, ces 3 là bossent comme de vrais stakhanovistes. Un seul exemple : le service amélioré par Rafa pour gagner l’US Open 2010. Je n’ose pas imaginer le nombre d’heures … Idem pour le SABR de Federer ou la gestion du lift nadalien par Djokovic en 2011 …

        Et sur les différentes surfaces, avoir une académie de tennis dans le Sud de la France, en PACA pour bénéficier du soleil pour la terre battue, le ciment et le gazon, pas juste envoyer des gamins frapper des balles sans réfléchir à Roland-Garros ou à l’INSEP.

        Ne surtout pas tout miser sur la terre battue car cela accentuera la pression médiatique au moment de Roland !
        Le mieux qu’on puisse souhaiter à un éventuel cador français c’est de gagner l’OA ou l’US Open, loin de Paris, avant de viser le French.

        • avatar
          4 mai 2018 a 14 h 02 min
          Par Enzo29

          Salut Axel,

          Pour Gasquet il faudrait tout un article, voire un livre, pour prendre la mesure du gâchis. Mais je ne le considère pas comme un cas à part, mais plutôt comme un cas emblématique.

          La couverture de Tennis Mag c’était en 96, il n’avait pas encore 10 ans. Mais je crois qu’il ne faut pas exagérer l’importance de cet événement.

          Par contre, en 2002 après sa victoire sur Squillari à Monte Carlo, là c’était vraiment du grand n’importe quoi. Il passait à la télé, il était mis à toutes les sauces… Tennis Mag avait présenté sa première participation à Roland Garros comme l’événement majeur de cette édition, et là pour le coup c’était autrement plus grave.

          Parce qu’à 10 ans c’est encore un jeu, mais à 16 ans il était un ado, certes ultra-prometteur, mais l’urgent était surtout de faire un gros travail de fond physique parce qu’il était tout de même un peu mince. Et l’urgent, c’était aussi de l’envoyer cravacher sur les challengers, loin des feux de la rampe, pour qu’il apprenne à se battre jusqu’à la dernière goutte de sueur.

          16 ans plus tard, le constat est accablant : il a passé la moitié de sa carrière blessé, et l’autre moitié à revenir de blessure. Et jamais, au grand jamais, il n’a été animé d’une détermination propre aux champions.

  6. avatar
    5 mai 2018 a 14 h 20 min

    Salut Enzo,

    Les gâchis Monfils, Gasquet et Tsonga auraient du déjà inciter la FFT à se remettre triplement en cause. Il n’en a rien été.

    Avec ces 3 là à 110 % comme le Big Three, la France aurait gagné 6 ou 7 GC et 4 ou 5 Coupes Davis. Bien dommage !

    Djokovic pas verni à Madrid, il tombe sur Nishikori récent finaliste à Monte-Carlo. Mais bon le Japonais devait aussi espérer un autre tirage que Nole …

  7. avatar
    8 mai 2018 a 10 h 25 min
    Par Guga57

    Excellent Enzo, complet et tres instructif ! Comme toi je partage la crainte de la refonte annoncee de la Coupe Davis. J’espere vraiment que le bon sens l’emportera pour aller vers une reforme aussi juste que necessaire (ce qui n’est pas le cas avec le projet actuel). On en a deja parlee ici et la mais selon moi la Coupe Davis doit garder le systeme des rencontres a domicile au moins jusqu’aux quarts de finale. Ensuite pourquoi pas un Final 4 dans l’un des 4 pays demi-finalistes. Pourquoi pas une Coupe Davis tous les deux ans en alternance avec la Laver Cup ? Et surtout, si ces messieurs de l’ITF nous lisent (on peut toujours rever hein), laissez-nous au moins les matchs en 5 sets pour les matchs decisifs et la finale !!! SVP ;)

    • avatar
      9 mai 2018 a 9 h 38 min
      Par Enzo29

      Salut Guga,

      Ton com fait suite à la longue discussion que j’ai eue avec Axel sur mon article précédent. Je ne suis pas contre une réforme en soi, mais pour le coup je suis clairement opposé aux différentes propositions de réforme de la Coupe Davis tels qu’ils sont mis sur la table. Quant à la Laver Cup, dans son format actuel c’est surtout un happy few pour les grandes stars du classement. Avec 4 ou 5 joueurs seulement dans chaque équipe, et deux équipes, une dizaine de joueurs seulement est concernée.

      Cela dit, la Laver Cup pose une question intéressante, un joueur peut-il “représenter” à la volée un continent (voire plusieurs) plutôt que son propre pays ? Apparemment oui, encore que la Laver Cup n’a pas été autre chose qu’une (super) exhibition, et Roger lui-même ne l’a pas présentée autrement. En termes d’investissement physique et mental, rien à voir avec le circuit officiel, ni avec la Coupe Davis. En tout cas, j’attends le devenir de la Laver Cup avant d’envisager de la programmer en alternance avec la Coupe Davis.

  8. avatar
    8 mai 2018 a 18 h 52 min

    Pour revenir au “gâchis” des joueurs français, je ne pense pas qu’ils ont été “gâchés” tant que ça. Ils ont tout de même campé dans le top 10 pendant de nombreuses années. Le talent est là, très précoce pour Gasquet, mais il y en a “beaucoup” comme cela qui pour X ou Y raison ne confirme pas une fois chez les pros.

    Est-ce qu’on peut vraiment blâmer la FFT pour leurs non-succès à l’âge adulte ?

    Sans bien connaitre le système, selon moi le rôle de la FFT se limite à détecter les jeunes talents et leur offrir la structure et les entraineurs pour bien progresser. Après, une fois pro, ils engagent leur propre staff.

    Donc je pense que les insuccès de nos 3-4 mousquetaires sont principalement intrinsèques. Ce qui caractérise les grands champions est avant tout un mental et une abnégation à toute épreuve, ce qu’aucun d’eux ne semble avoir.

    Aussi, n’oublions pas qu’ils ont subi comme bien d’autres (Ferrer, Berdych) la férule du Big 3-4. En d’autres temps je suis certain que l’un d’eux aurait remporté un GC (sur un malentendu ;) ).

    • avatar
      9 mai 2018 a 10 h 35 min
      Par Enzo29

      Salut Fabrice,

      En effet la FFT n’est pas la seule à blâmer dans la carrière de Gasquet. Mais ce serait tout un fil à dérouler pour venir à bout de la question…

      Ta comparaison avec Berdych et Ferrer n’est pas forcément pertinente selon moi, car tu cites là deux joueurs qui se sont certes cassé les dents sur le Big Four et ont été privés de grands titres, mais qui ont été pendant 8-10 ans des membres inamovibles du Top Ten et ont collectionné les quarts et les demis en Grand Chelem. Côté français, seul Tsonga peut à la rigueur leur être comparé, mais sûrement pas Monfils et Gasquet qui ont été Top Ten de manière vraiment subliminale.

      Quelle est la responsabilité de la FFT là-dedans ? A mon avis, d’avoir laissé les médias s’extasier sur la pépite “made in France” qu’était Gasquet et de ne pas se poser la question “comment passe t-on d’espoir prometteur à top champion ” ? Et en effet, dans ce cadre, où se situe le rôle de la FFT et qu’est-ce qui relève du joueur et de ses recrutements propres ? Il n’y a, je crois, pas de réponse, en tout cas pas de réponse unique. Ca dépend avant tout, et presque exclusivement pour le coup, des personnes que le joueur rencontre.

      Concernant Gasquet, pourquoi par exemple Tarik Benhabilès, super entraîneur recruté par Richard hors cadre de la FFT, s’est arraché les cheveux devant son élève et n’a pas fait long feu ? Sans doute parce qu’il avait déjà 18 ans, et qu’il a perçu le travail de fond physique et mental auquel son coach entendait le soumettre comme une discipline militaire inacceptable au regard de ce qu’il avait connu jusqu’alors. Et là il y a un problème, et ce problème se situe en amont de la période Benhabilès. Je ne suis pas dans le secret des dieux concernant Gasquet, mais je soupçonne fortement qu’il a fait une erreur d’analyse majeure en imaginant que son seul bras lui assurerait la place de n°1 mondial, comme c’avait été le cas par exemple avec Rios. Et là, autour de lui, beaucoup de gens, sans doute, à commencer par son père mais aussi à la FFT, l’a conforté dans cette idée. Il y a quelques années, j’avais lu une interview de Benhabilès, et en creux c’est ce qu’il en ressortait.

  9. avatar
    9 mai 2018 a 8 h 39 min

    Salut Fabrice,

    Pour Ferrer ce n’est pas grave car l’Espagne a Nadal, et avait eu Santana, Orantes, Bruguera, Moya auparavant comme vainqueurs de GC.

    Pour Berdych, pareil il y a eu Ivan Lendl voici une trentaine d’années.

    Ce qui paie ? La préparation mentale et physique entre 12 et 17 ans, avant de basculer pro.
    Et le travail une fois passé pro … Mais le problème est le même en Formule 1, le fait de passer pro semble une fin en soi et non une étape.

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