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Tennis français : aux sources du malaise
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Tennis français : aux sources du malaise

Le dernier Roland Garros a été un mauvais cru pour le tennis masculin français. Loin d'être un épiphénomène, ce manque récurrent de gros résultats est le fruit d'une série de faiblesses récurrentes dans l'organisation du tennis français.

Le jeu

Très intéressant dossier de Tennis Magazine voici deux mois, consacré à la « filière espagnole » du tennis. Entre autres choses, on y lit Luis Bruguera, le père et entraineur de Sergi, qui évoque la répétition des gestes à l’entrainement. L’un des éléments-clés de la filière espagnole, c’est de faire courir le joueur encore et encore avec des séances de panier, jusqu’à l’épuisement. Le but recherché n’est pas de parfaire techniquement les gestes, mais de créer des automatismes dans le jeu. Car avec des automatismes, le joueur se positionne dans sa filière (souvent défensive et physique pour les Espagnols) et s’y tient. Ainsi il ne gamberge pas en match, il ne se demande pas s’il doit passer de l’attente à l’attaque ; il sait ce qu’il a à faire et il le fait sans se poser de questions. Muni d’une connaissance acquise des fondamentaux de son jeu – qui ne suscite donc aucune hésitation ni réflexion – il n’a alors à réfléchir qu’au jeu adverse.

Au vu de la réussite du tennis espagnol depuis 30 ans, il est difficile de tenir pour nul et non avenu un tel exemple. Pour regarder s’il existe une « filière française », il ne faut évidemment pas demander à des joueurs ou entraineurs français, il faut se tourner vers l’extérieur. Jim Courier, voici 25 ans, au moment où il dominait le tennis mondial, avait fourni une réponse qui reste largement valable aujourd’hui : les joueurs français sont brillants mais inconstants.

Brillants, car les entraineurs français sont probablement parmi les meilleurs au monde sur le plan technique. Face à un grand espoir, ils seront irréprochables pour lui apprendre les fondamentaux techniques du tennis, et ils vont consacrer à cet aspect le temps nécessaire. Or, un joueur qui a acquis ces fondamentaux est mûr pour laisser ensuite libre cours à sa créativité et son imagination. Les highlights de coups exceptionnels réussis par des joueurs français sont légion sur Youtube : Henri Leconte, Arnaud Boetsch, ou plus récemment Gaël Monfils et Benoît Paire, comptent parmi les maîtres de coups improbables et inouïs qui font lever les publics du monde entier.

Brillants mais inconstants, car, comme Toni Nadal le rappelle dans le dossier mentionné plus haut, un coup magnifique soulèvera un stade, mais il ne rapporte au final qu’un point, tout comme un ace ou une double-faute adverse. Un coup magnifique étant par définition très difficile à réussir, le tenter coûtera bien plus de fautes directes que ça ne rapportera de points gagnants. Cette approche, celle du réalisme froid, nombre de joueurs français y sont réfractaires, plus ou moins consciemment. Lorsque les sensations sont bonnes, le joueur français se régale et est capable d’obtenir de grands résultats ; Jim Courier se méfiait particulièrement des joueurs français, tout n°1 mondial qu’il était, car il était conscient que sur un match ils étaient capables du meilleur. En revanche, lorsque les sensations sont moins bonnes (situation qui frappe TOUS les joueurs), le déchet est énorme car le joueur français n’a ni jeu de rechange, ni filière préférentielle sur laquelle il peut se replier.

Le physique

Les séquences de paniers évoquées plus haut à propos de l’entrainement des Espagnols ont une autre vertu : se forger un physique à toute épreuve. Mantra espagnol par excellence, le goût de l’effort et d’explorer les limites physiques est généralement absent dans l’entrainement français. Aux traditionnelles gammes des années 70-80 ont progressivement succédé des exercices beaucoup plus ludiques et joyeux, qui ont pour but de rendre l’entrainement agréable et facile. Ce qui n’exclut pas le travail qualitatif, l’apprentissage des fondamentaux techniques du tennis, mais ce qui exclut, en revanche, la constitution d’une « caisse » physique qui rendra le joueur endurant, résistant, dur au mal. Le long travail physique a manifestement fait défaut à bon nombre de joueurs français, ce qui explique leur gabarit fluet et/ou les longues périodes de blessures auxquelles ils ont eu à faire face durant toute leur carrière.

Un entraineur m’a raconté une séance d’entrainement au début des années 80, mettant aux prises Guillermo Vilas (approchant alors la trentaine) et Henri Leconte, 17-18 ans, grand espoir du tennis français qui entendait probablement s’inspirer des méthodes d’entrainement de l’un des meilleurs joueurs du monde pour construire son propre carrière. La séance dura trois heures, en pleine chaleur, et fut extraordinairement intense. A la fin de la séance, Vilas resta sur le terrain pour ses étirements, avant de rentrer à l’hôtel pour prendre sa douche et se reposer. Leconte, lui, sous les yeux dubitatifs de son prestigieux partenaire, enchaîna avec des paniers de services, puis d’autres paniers de droite-gauche et une bonne demi-heure de saut à la corde.

Le lendemain, Vilas était à la recherche d’un autre partenaire d’entrainement pour ses trois heures quotidiennes : Leconte s’était levé avec une contracture musculaire, qui allait le mettre sur le carreau pendant deux semaines. Bilan des deux semaines : trois heures par jour pour Vilas, cinq heures sur une journée pour Leconte, suivies de deux semaines de soins.

S’est-il trouvé, à ce moment-là, quelqu’un pour expliquer à Riton qu’il y avait un problème ?

S’est-il trouvé, en 2009, quelqu’un pour indiquer à Richard Gasquet que sa suspension pour dopage pouvait être mise à profit pour bosser sa condition physique déjà si récalcitrante, à 23 ans ? Apparemment non, à son retour il avait perdu du muscle.

Mon propos n’est pas de remettre systématiquement en cause l’aspect ludique des entrainements dispensés à l’heure actuelle par les entraineurs français ; ils sont adaptés à des gamins jouant avant tout pour le plaisir. En revanche, pour la minorité de gamins qui font montre de talent, de persévérance et d’ambition, l’urgence est de passer à la vitesse supérieure. En n’oubliant pas de raisonner sur le long terme, et non sur la journée qui s’écoule.

La pression

Reprenons le Tennis Mag sur la filière espagnole : les joueurs français qui débarquent en Espagne ont la surprise de voir une absence de pression sur les terrains d’entrainement, par rapport à ce qu’ils ont connu en France. Absence de pression entre les joueurs, mais aussi entre les entraineurs. L’émulation est évidemment présente, d’ailleurs si j’étais moi-même entraineur, je serais attentif à ce que font les autres car personne n’est, ni ne peut prétendre être, entièrement autodidacte. De là à laisser s’instaurer une rivalité malsaine entre entraineurs, il y a un pas.

J’ai eu la chance de croiser furtivement Paul-Henri Mathieu à la fin des années 90, mais surtout son premier entraineur, à Strasbourg, avec qui j’ai longuement échangé sur le phénomène PHM, qui n’était alors qu’un espoir du tennis français parti à l’académie de Nick Bollitieri. Il m’expliquait que Paulo, à 8-10 ans, était un gamin incroyable : sur un exercice technique ou tactique, une petite discussion avec le gamin, suivie des gestes à blanc, puis une petite séance de panier, 10 minutes grand max au total ; au bout de ces 10 minutes, Paulo avait digéré l’exercice, entendre ici que c’était acquis et qu’il n’était pas nécessaire de revenir dessus, on pouvait passer à la suite. L’entraineur m’expliquait que parmi les centaines de gamins qu’il avait vu passer, Paulo était le seul à avoir une telle capacité d’apprentissage. Et de conclure en soulignant sa chance d’avoir eu entre les mains un gamin pareil ; il n’était pas question pour lui d’en tirer gloire, mais de profiter du spectacle que ce gamin offrait sur le terrain et de sa bonne fortune d’avoir tiré un ticket gagnant.

Ce petit détour par PHM n’a pas pour but de lui tresser des lauriers, à lui ou à son premier entraineur, mais de rappeler que les meilleurs joueurs du monde doivent d’abord leurs succès à un talent extraordinaire, et que les entraineurs successifs qui ont jalonné leur apprentissage peuvent au mieux se réjouir de ne pas avoir gâché ce talent en leur apprenant les mauvais gestes ou en les dégoûtant du tennis.

Ce constat posé, il est grand temps que les entraineurs français cessent de créer entre eux une concurrence malsaine. Le schéma récurrent à l’heure actuelle est le suivant :

  1. La FFT a largement développé la pratique du tennis chez les jeunes, avec notamment une explosion des tournois leur étant réservés.
  2. A partir de là, un adolescent est en mesure de faire 60-70 matchs sur une saison en ne disputant que des compétitions réservées aux jeunes de sa tranche d’âge.
  3. Le classement des jeunes qui en résulte n’est donc significatif que lorsqu’on compare les jeunes entre eux, il ne l’est plus si on compare un jeune à un adulte. Dès lors, quelle est la légitimité de ce classement ?
  4. Ce classement des jeunes, en revanche, fait les affaires de l’entraineur, qui peut se targuer, par exemple, d’avoir une écurie de 6 jeunes classés 15/1 à 15 ans, ce qui en effet est un résultat fort honorable sur le papier. Ce résultat est évidemment moins honorable quand on constate que ces jeunes ne valent pas plus de 15/5 lorsqu’ils se frottent à des adultes.
  5. La solution généralement retenue est d’éviter au maximum, et le plus longtemps possible, que les jeunes affrontent des adultes. Ni en match, ni à l’entrainement.
  6. L’année de ses 19 ans, le joueur passe de junior à adulte, passe enfin à la caisse à la place de son entraineur, et constate sur chaque match à quel point son classement est surestimé. Ils sont un certain nombre à arrêter le tennis à ce moment-là.

Ce schéma est un « modèle » caricatural qui demanderait à être nuancé ; je ne dis pas qu’il est généralisé, je dis en revanche qu’il est répandu.

Combien de jeunes sont effarés en face d’un adversaire adulte qui utilise les effets, qui monte au filet (il a le droit de faire ça ?) et qui ne panique pas si le score devient serré ?

Combien de parents, qui veulent bien entendu le meilleur pour leur progéniture mais ne connaissent rien au tennis, s’en remettent à l’entraineur à qui ils accordent une confiance aveugle, sans se rendre compte qu’il roule pour sa propre chapelle ?

Combien d’entraineurs sont contraints de rentrer dans ce schéma en toute conscience, en raison du regard exigeant et sceptique qu’ils sentent de la part des parents et des dirigeants de leur club ?

En 1997, une importante réforme du classement français a débouché sur le fonctionnement actuel, dans lequel, pour l’essentiel, seules comptent les victoires (les meilleures victoires, pour être précis). L’objectif louable était de diminuer la pression de la défaite en la dépénalisant. 20 ans plus tard, il est grand temps de dresser un bilan sans concession de cette réforme. Car elle a peut-être fait disparaître la pression de la défaite chez certains, en revanche elle a fait apparaître le je-m’en-foutisme de la défaite chez beaucoup d’autres, ce qui est un piège très dangereux. Pourquoi, en effet, lutter lorsque les choses n’évoluent pas dans mon sens si la défaite sera sans conséquence sur mon classement ? Mieux vaut me concentrer sur le prochain match. La culture du zapping dans toute sa splendeur.

L’ambition

Ce qui est absent de ces considérations, et qui est pourtant crucial, c’est le rapport à la défaite, profondément malsain dans le schéma actuel. Parce qu’il pousse les joueurs français à considérer avec dédain la défaite, sans les inviter à découvrir ce qu’elle a de formateur et d’intéressant. Oui, la défaite est formatrice pour moi, quand le joueur en face est plus puissant que moi, quand il utilise ses armes mieux que moi, quand il garde la tête froide dans les moments cruciaux alors que mon bras se met à trembler. A moi de réfléchir à ce qu’il se passe, à moi de découvrir pourquoi il en est ainsi, à moi de chercher à faire mieux la prochaine fois que je le rencontrerai, à moi surtout de trouver les solutions que je n’ai pas trouvées aujourd’hui. Encore faut-il les chercher, les solutions ; or, si je perds le match en le balançant ou sans m’y intéresser réellement, toute cette réflexion en aura été absente, et pour le coup j’aurai perdu pour rien, sans apprendre quoi que ce soit.

En décembre 1984, à l’Open d’Australie, Guy Forget, qui va sur ses 20 ans, domine le joueur indien Vijay Amritraj, tête de série n°15 du tournoi, en trois sets au deuxième tour, et se fraie un chemin jusqu’aux huitièmes de finale. A ce stade, il affronte pour la première fois un jeune Allemand de l’Ouest de 17 ans, Boris Becker. Ce dernier a lui aussi fait valser une tête de série, l’Américain Tim Mayotte (n°7). Le Français s’incline en trois sets face à l’Allemand. A la fin de sa carrière, Guy narrera une petite anecdote sur ce match : un de ses copains est venu le voir dans le vestiaire avant le match pour lui expliquer que Becker était un peu déçu de l’affronter. Il aurait préféré jouer Amritraj qui était mieux classé. Guy racontait ce court passage sur le mode de l’hommage à Boris, car lui-même, Guy Forget, avait au contraire été soulagé de ne pas affronter Mayotte, et il concluait sur ce qui faisait la différence entre Becker et lui, à savoir le désir d’affronter les meilleurs, ce qui est la meilleure place pour progresser. C’est l’hommage du n°4 mondial (en 1991) au n°1 mondial (en 1991 également).

En 2006 à Roland Garros, Gaël Monfils, vainqueur au tour précédent d’un magnifique duel en cinq sets face à James Blake (tête de série n°8), est opposé au jeune Novak Djokovic, 19 ans, son cadet de quelques mois. Le match, très serré, se solde par une victoire du Serbe 7/6 7/6 6/3. En conférence de presse, le Djoker insiste sur l’envie qui était la sienne, non seulement de gagner bien entendu, mais aussi d’honorer le rendez-vous avec le tenant du titre Rafael Nadal en quarts de finale que le tableau lui permettait. Il voulait affronter Rafa donc, en sachant probablement que ses chances de victoire étaient faibles, mais son ambition était de devenir n°1 mondial et il savait qu’il devait affronter Rafa (et Roger) le plus souvent possible s’il voulait se hisser à leur niveau. La position de Gaël Monfils à l’issue de ce match, je ne la connais pas, mais je ne l’ai jamais entendu, ni lui ni aucun des autres « Nouveaux Mousquetaires », tenir ce genre de discours.

Combien de matchs face au Big Four les meilleurs joueurs français de l’époque moderne ont-ils disputés sur des grands courts dans de grandes occasions ? Des dizaines. Quel en est le résultat final ? Une poignée de victoires, qui s’expliquent tout autant par la méforme du moment chez le cador qui leur faisait face que par leur propre niveau de jeu. Et une brouette de défaites qui n’ont rien apporté à la carrière du Big Four, pas plus qu’à leurs victimes françaises.

Richard Gasquet et Gaël Monfils, la synthèse

En 2005, Richard Gasquet, 19 ans, domine sur le fil le n°1 mondial Roger Federer à Monte Carlo ; au tour suivant, il malmène longtemps Rafael Nadal, qui a le même âge que lui, avant de rendre les armes en trois sets serrés. Quelques semaines plus tard, les deux jeunes hommes en décousent à Roland Garros. Leur duel se solde par une nette victoire de Rafa, qui ne laisse que 9 jeux à notre pépite made in France. Que s’est-il passé en six semaines ? D’un côté, malgré sa victoire, le Majorcain avait conscience des difficultés que son adversaire lui avait posées ; il a soigneusement étudié le match de Monte Carlo, en a tiré les leçons de ce qu’il ne fallait pas faire, et à Roland Garros il est rentré sur le terrain avec de nouvelles dispositions et une nouvelle stratégie. De l’autre, Richard a enchaîné les interviews et les plateaux télé, s’est réjoui d’être allé aussi loin à Monte Carlo, tournoi qui l’a conforté dans sa certitude qu’il était sur la voie du sommet. En clair, pour l’un ce match était une étape, pour l’autre c’était un aboutissement.

13 ans plus tard, Richard et Rafa croisent à nouveau le fer à Roland Garros. Un Rafa indéboulonnable, mais que l’on a connu plus impressionnant, fait l’aumône de 7 jeux à Richard, qui affiche désormais 16 défaites pour aucune victoire face au Taureau de Manacor, avec pour butin quatre sets gagnés au total, dont aucun depuis 2008. Qu’a appris Richard de ses défaites successives face à son tourmenteur ? Rien, vraiment rien. Il s’est juste réjoui d’avoir honoré le rendez-vous avec Rafa que le tableau lui proposait au troisième tour, sans manifestement envisager de voir au-delà.

D’aucuns se sont désolés de voir Richard affronter l’ogre aussi tôt dans le tableau. Peut-être un autre état d’esprit, pour Richard et pour son staff, aurait pu être de viser la victoire finale, et du coup d’envisager que tôt ou tard l’obstacle Rafa se dresserait sur sa route, peu importe quand. Peut-être Richie aurait-il pu se servir de toutes ses défaites précédentes pour affronter Nadal avec de nouvelles dispositions stratégiques, et le souhait de se battre point par point et jusqu’à la dernière goutte de sueur. Peut-être, dans cette hypothèse, Richard aurait-il perdu tout de même ; mais il aurait sûrement marqué plus de 7 jeux et il aurait pris date pour son prochain duel avec Rafa.

Mais tout cela n’est pas arrivé. Beaucoup, dans le public français, estiment que c’était tout de même un sacré mauvais tirage d’avoir Rafa aussi tôt. Comment le leur reprocher, puisque Richard lui-même en est d‘accord ? Ils ne font que le conforter dans son attitude, et d’ailleurs il n’a pas dit autre chose après son match. Rafael Nadal peut ainsi dormir sur ses deux oreilles : le danger pour lui ne viendra jamais de Richard Gasquet.

Un autre grand moment fut la défaite de Gaël Monfils face à Novak Djokovic à l’US Open 2016 : quoi qu’il ait pu dire en conférence de presse, Gaël a préféré perdre en sabordant ses chances tout seul, plutôt que perdre sur le constat que le Serbe était plus fort que lui. Manque de respect du public, qui avait payé pour voir un spectacle et qui a assisté à de la bouillie technique ; manque de respect pour l’adversaire, en lui signifiant raquette en main qu’il a moins mérité sa victoire que Gaël n’a mérité sa défaite ; manque de respect pour lui-même en se signifiant à lui-même qu’il était une imposture au niveau d’une demi-finale en Grand Chelem ; manque de respect, enfin, envers les journalistes, auxquels il a servi une histoire pour les petits enfants et qui ont semblé s’en contenter.

Je ne suis ni l’un des journalistes qui ont assisté à cette conférence de presse, ni l’entraineur de Gaël Monfils. Mais voici ce que j’avais à lui dire : « Gaël, tu viens de balancer un match. Appelons un chat un chat, tu as balancé le match. Et c’est tout de même problématique, parce que tu étais en demi-finale d’un Grand Chelem, pour la deuxième fois seulement de ta carrière. Tu aurais pu battre Djoko, ou du moins le forcer à jouer son meilleur tennis pour remporter ce match, ce qui n’était d’ailleurs absolument pas garanti car le Serbe manquait de repères. Je me doute que ça ne te fait pas plaisir d’entendre un tel discours, mais si je te le tiens, c’est paradoxalement parce que moi je te respecte, contrairement à tous ceux que tu essaies d’enfumer avec tes discours et qui font mine de te croire. Et comme je te soupçonne d’intelligence, je te crois donc capable de te remettre en question, d’analyser calmement pourquoi tu t’es suicidé tennistiquement aujourd’hui, et comment ne plus jamais reproduire un spectacle aussi misérable. »

A ceux qui en douteraient encore, je rappelle que le tennis de haut niveau n’est pas un jardin d’enfants. Le dernier Roland Garros a souligné le mal récurrent du tennis français, qui n’a placé aucun représentant en deuxième semaine. Le problème, en l’occurrence, n’est pas cette accumulation de défaites précoces ; le problème est que ces défaites en annoncent d’autres, car rien ne semble indiquer que quiconque – à commencer par les joueurs eux-mêmes – soit disposé à se poser les bonnes questions. L’an passé à Roland Garros, Lucas Pouille s’était incliné à cause de la pression ; cette année, c’est la pression qui a provoqué sa défaite. Question : sur quoi Lucas a travaillé depuis un an ? Je ne demande pas s’il a travaillé, je n’ai aucun doute à son sujet ; non, je demande COMMENT il a travaillé.

C’est à ce genre de remise en cause que le tennis français doit s’atteler. Sans catastrophisme, mais sans concession. L’organisation pyramidale de la FFT serait peut-être à repenser, mais c’est loin d’être l’essentiel selon moi. Ce qui me semble un peu plus gênant, c’est le recyclage désormais courant d’anciens joueurs français à des postes clés de la FFT. Ils ont bien le droit de continuer de s’intéresser à un sport qui a occupé toute leur jeunesse, mais il est aussi probable que leurs études écourtées ne leur laissent pas beaucoup d’ouvertures pour changer de filière. Avant d’être leur premier choix, intégrer un poste confortable à la FFT est surtout leur unique choix. Et comme aucun d’entre eux n’est irréprochable sur l’ensemble des aspects évoqués plus haut, je doute qu’ils soient les mieux placés pour repenser le tennis français de haut niveau.

En attendant, si j’ai un fils qui joue au tennis et s’il est prometteur, je lui ferais traverser les Pyrénées. Il me dira peut-être que son entraineur l’ennuie à être sans arrêt derrière lui (auquel cas je saurai qu’il ne chôme pas), mais il ne me dira pas qu’il ne faut pas affronter des adultes parce que c’est trop difficile.

  1. avatar
    20 juin 2018 a 17 h 29 min

    Salut Enzo,

    Excellent article.
    Sujet très compliqué, personnellement je pense que jusqu’à 11-12 ans le tennis doit rester un jeu, avec une approche sans pression.
    Si ensuite les résultats sont excellents, alors oui il faut mettre les bouchées doubles tactiquement, mentalement, physiquement et techniquement pour devenir pro mais en faire qqch.

    Car les fameuses 6 semaines entre les 2 Nadal / Gasquet du printemps 2005 de Monte-Carlo à Roland (où Rafa a beaucoup appris en luttant comme un damné face à Coria notamment à Rome …), les défaites de Monfils contre Djokovic à l’US Open 2005, RG 2006, l’US Open 2016 et l’OA 2018 (4 matches dans 4 contextes différents mais à chaque fois largement jouables pour la Monf’ contre Nole) montrent bien la différence colossale d’approche du très haut niveau.

    Le top niveau ne s’improvise pas et ne se joue pas “à la carte”, encore plus depuis l’émergence du Big Three.
    Voir Federer regagner dès son retour à Stuttgart à presque 37 ans prouve qu’il bosse comme un dingue entre les tournois.
    Pas certain que nos pseudos Mousquetaires et Lucas Pouille en fassent autant.
    On en revient à la fameuse Coupe Davis qui est tellement pratique comme arbre pour cacher la forêt de la misère des résultats individuels.

    Sans travail, il n’y a pas de miracle au top niveau malgré le talent naturel. Le plus bel exemple ? Un certain Pete Sampras, qui n’a jamais essayé d’adapter son jeu à la terre, sans doute par peur d’ensuite devenir moins fort à Wimbledon.
    A part en 1996 où il jouait avec un ange sur l’épaule en mémoire de Tim Gullikson, Petros n’a jamais fait mieux que des quarts Porte d’Auteuil.

    Nos 4 Mousquetaires ont tous des qualités, la technique pour Gasquet, la puissance pour Tsonga, le panache pour Monfils, la tactique pour Gilles Simon.
    Mais il leur manque les 2 principales qualités qui font toute la différence entre un top 20 et un multiple vainqueur de GC : mental et stakhanovisme.

    S’inspirer de l’Espagne, en effet, notamment pour la terre battue ne peut pas être une mauvaise idée. A voir combine de temps l’insupportable nombrilisme français de la FFT va durer et combien de générations seront sacrifiées sur l’autel des luttes politiques et autres manoeuvres byzantines de cette Fédération indigne de ce sport magnifique et de l’héritage de Philippe Chatrier.

    Un dernier mot, malgré Mauresmo, Pierce ou Bartoli qui ont ramené 5 GC à la France depuis 1995, ce n’est pas franchement beaucoup mieux chez les filles …

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      28 juin 2018 a 12 h 08 min
      Par Guga57

      Salut Axel, je te trouve sévère avec les filles. Certes, ces dernières années c’est moins bon… Mais si les garçons avaient gagné 5 titres du Grand Chelem en simple comme l’a fait le trio « Bartoli-Mauresmo-Pierce », je pense qu’on aurait déjà été plus que ravi, non ?

  2. avatar
    20 juin 2018 a 17 h 34 min

    Et en effet le recyclage permanent des anciens joueurs, en // de leur casquette de consultant avec France 2 voire de directeur de tournoi, ne semble pas idéale. Cet effet vase clos entre gens qui pensent pareil, tous issus du même moule, ne produira pas le déclic attendu en terme d’état d’esprit et de ligne directrice vers une formation et un accompagnement des 15-16 ans vers le tremplin Challenger, ATP et surtout Grand Chelem, le vrai objectif …

    • avatar
      28 juin 2018 a 12 h 09 min
      Par Guga57

      100% d’accord avec toi mr Borg ;)

  3. avatar
    21 juin 2018 a 13 h 52 min
    Par Enzo29

    Salut Axel,

    Pour les filles, tu cites trois exemples de vainqueurs de GC, mais il faut rappeler que deux d’entre elles ne doivent strictement rien à la FFT ou à quelque entraineur ayant quelque rapport avec le système fédéral. Pour Mary Pierce c’est évident, elle a été formée aux Etats-Unis. Pour Marion Bartoli, elle est certes franco-française (ah que je ne suis pas à l’aise d’écrire une chose pareille…) mais elle a fait toute sa carrière sous l’égide de son père-entraineur. Avec un contact avec l’extérieur réduit à pratiquement rien. Ce n’est d’ailleurs pas étranger, selon moi, à ses problèmes “existentiels” récurrents chez elle, elle a eu toute sa carrière un comportement asocial. Une des conséquences, c’est qu’on peut sans problème affirmer que son parcours s’est déroulé hors FFT, je ne vois d’ailleurs pas ce qu’elle aurait pu faire de plus pour s’en écarter.

    Par contre, Amélie Mauresmo, là oui la FFT est pour quelque chose dans son parcours.

    J’en profite pour nuancer mon propos, concernant trois joueurs français, qui n’ont certes pas atteint le sommet mais qui peuvent se retourner sur leur carrière sans avoir de regret : Cédric Pioline, Arnaud Clément et Gilles Simon. C’est le talent intrinsèque qui leur a fait défaut, mais ils ont été de gros bosseurs et ont été peu blessés durant leur carrière. Tout le monde n’a pas le talent pour gagner un GC, et ils rentrent dans cette catégorie.

    • avatar
      21 juin 2018 a 14 h 21 min

      Salut Enzo,

      En effet pour Pierce et Bartoli c’est hors filière FFT.

      Pour Gilles Simon, il aurait été mieux dans les années 60 avec son gabarit menu et son sens tactique.

      Arnaud Clément, rien que l’anecdote sur son anglais médiocre (papier lu en finale à l’OA 2001 devant Agassi amusé) montre le peu d’ouverture d’esprit à bosser avec un coach étranger lui apportant justement autre chose qu’un point de vue Cocorico et nombriliste.

      Pour Cédric Pioline, je te trouve sévère. Il tombe 2 fois sur Sampras en finale de GC, fait 2 autres demies au mérite (RG 1998 et US Open 1999), sans oublier une victoire en 2000 à Monte-Carlos en Masters Series.
      C’est mieux que Gasquet, Tsonga ou encore Monfils censés être plus talentueux intrinsèquement que lui. Alors certes il n’avait pas le Big Three en face mais Sampras et Agassi sur surfaces rapides sans oubleir Rafter, Ivanisevic ou encore Safin, Hewitt et Kafelnikov, ainsi que Kuerten, Rios, Moya ou Corretja sur terre battue, c’était du lourd à l’époque aussi.

      • avatar
        21 juin 2018 a 16 h 29 min
        Par Enzo29

        Salut Axel,

        Pour Pioline je crois justement que tous les joueurs que tu cites étaient intrinsèquement plus doués que lui. Il n’y a aucune honte à ne pas être le plus talentueux de sa génération. Quand on le titillait sur sa capacité à gagner un GC, Cédric lui-même avait dit un truc du genre “Sur un malentendu ça pourrait passer”, pour le coup c’était lucide. C’est la chance qu’a eue, par exemple, quelqu’un comme Thomas Johansson. Mais face à Sampras, Agassi ou Safin, désolé mais il était normal que Cédric perde.

        Pour Arnaud Clément, je ne perds pas de vue sa victoire contre Kafelnilkov à l’open d’Australie, en quatre sets de toute beauté. Il était capable de faire déjouer des types plus puissants que lui, mais il était aussi obligé de cravacher pour dominer des top 100-top 200 parce qu’il n’avait pas de coup définitif. Mais physiquement c’était un roc irréprochable. Quant à son tropisme franco-français, il était réel mais je ne crois pas que ça ait freiné sa carrière. S’il avait été comme Tsonga un top 10 régulier qui cherche à franchir la dernière marche, alors là oui il aurait sans doute dû dépasser les frontières de l’Hexagone, mais il n’a jamais été dans cette position-là.

        Quant à Gilles Simon, dans le quatuor “magique” tirant désormais sur la fin de leur carrière, il me semble être le seul à n’avoir aucun reproche à se faire. Pour les mêmes raisons que Pioline. Et contrairement à Gasquet, Monfils et Tsonga, Gillou a avancé à son rythme, est progressivement dans le top 20, puis les top 15, et furtivement dans le top 10, avec un jeu de stratège qui faisait peur à tout le monde. Il n’a que ponctuellement battu des membres du Big 4, mais là encore on ne peut lui faire le reproche de ne pas avoir le talent intrinsèquement suffisant pour aller plus haut.

        Pour Tsonga, je n’avais rien à lui reprocher jusqu’au premier semestre 2013, si ce n’est que ses diverses blessures freinaient sa carrière. Mais il a longtemps flirté avec le top 5, il ne lui manquait qu’un corps plus solide. Fin 2012, il se paie l’un des meilleurs entraineurs du monde, Roger Rasheed, “parce qu’il avait fait le tour des entraineurs français”. Dont acte. A l’Open d’Australie, il pousse Federer au cinquième set, en lui rentrant dedans comme il ne l’avait sans doute jamais fait avant. Ce match semblait indiquer que le plafond de verre allait sauter un jour ou l’autre… Au passage, c’est la veille je crois que Wawrinka, né la même année que Jo, poussait Djoko dans ses derniers retranchements, au bout d’un interminable 5ème set perdu 12/10. La morale à ce moment-là, c’est que Jo et Stan étaient sur le point de faire exploser le Big 4 et de se mêler à la lutte du top 5. Que s’est-il passé au printemps ? Je n’en sais rien, je constate juste que Tsonga s’est fendu d’une remarque pour le moins problématique sur ses collègues de Coupe Davis, alors qu’il avait gagné ses deux simples contre l’Argentine. Premier refroidissement. Deuxième refroidissement avec sa demi-finale contre Ferrer à RG, où il se prend 3 sets et où il exprime ensuite son regret d’avoir eu un public clairsemé et pas assez derrière lui. C’est à ce moment-là, pas avant et pas après, que Jo a commencé à avoir les chevilles un peu trop enflées. Et, tennistiquement, c’est aussi à ce moment-là qu’il a commencé à rentrer dans le rang, avec un tennis puissant mais trop prévisible, et avec des sorties médiatiques (notamment contre Wawrinka) traduisant une jalousie impuissante et déplacée.

    • avatar
      22 juin 2018 a 15 h 43 min

      Salut Enzo,

      Oui Pioline était moins doué que les étrangers que j’ai cité hier pas de débat là dessus.

      Pour Simon, moins talentueux mais filière originale pour faire déjouer l’adversaire. Avec un peu plus de puissance il aurait pu aller bien plus haut …

      Quant à Tsonga, le début de la fin pour moi c’est l’OA 2014 quand Wawrinka décroche le Graal à Melbourne. Le GC déjà obsession de Kinder Jo est alors devenu son boulet …

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        29 juin 2018 a 11 h 03 min
        Par Guga57

        D’accord avec Axel concernant Pioline. Perso, si je devais ne retenir qu’un seul tennisman tricolore parmi ceux ayant réussi à se hisser au moins une fois en finale de GC (Proisy, Leconte, Pioline, Clement, Tsonga), c’est sûrement Pioline qui méritait le plus d’accrocher au moins un titre majeur. Pas de chance d’être tombé deux fois sur le meilleur joueur de l’époque (Sampras), sinon il aurait certainement été le successeur de Noah dans la catégorie-reine. Egalement d’accord concernant Gilles Simon : assurément le moins doué des « nouveaux mousquetaires » (Tsonga-Gasquet-Simon-Monfils) techniquement parlant, mais certainement le meilleur des quatre aussi bien sur le plan tactique que mental. En somme, comme le dit Axel, avec un peu plus de puissance, je pense que Simon aurait été un vrai Top 5 en puissance. Enfin je conclus quand même sur Tsonga qui, selon moi, été le meilleur joueur de l’Open d’Australie 2008, tournoi durant lequel le Manceau avait notamment disposé d’Andy Murray avant de pulvériser Rafael Nadal en demi-finale. Hélas, en finale, le gain de la première manche lui aura in fine fait plus de mal que de bien car une fois le premier set en poche JWT a aperçu la victoire et comme trop souvent « la peur de gagner » s’est alors emparé de lui… Sans cela je pense que Tsonga aurait pu/dû remporter ce titre. Il n’en aurait pas remporté d’autres ensuite je pense, mais au moins on aurait pu effacer des tablettes le nom de Noah comme dernier vainqueur bleu-blanc-rouge en GC. D’autant plus que vu la nouvelle génération (où Lucas Pouille apparaît aussi « limité » qu’esseulé), on devra encore attendre un petit paquet d’années avant de pouvoir à nouveau caresser l’espoir de voir un Français s’imposer en GC.

        • avatar
          29 juin 2018 a 12 h 08 min

          Salut Guga,

          En effet si la France n’a pas obtenu de GC avec cette belle génération des Monfils Gasquet Tsonga Simon, ce n’est pas avec Pouille qu’elle va y arriver.

          Quant à ce Wimbledon 2018, deux grands favoris se dégagent, Federer et Cilic, avec quelques outsiders dont Novak Djokovic mais pas nos Français …

          A suivre !

  4. avatar
    26 juin 2018 a 11 h 21 min
    Par Guga57

    Salut Enzo,

    Du petit lait pour les détracteurs des méthodes d’entrainement du tennis français cet article. Ceci dit, je valide totalement ton analyse point par point (sans mauvais jeu de mots !).

    Oui, les joueurs français manquent d’ambition et de volonté face à l’adversité, même s’ils ne sont pas les seuls dans ce cas de figure (Tomic, Kyrgios et Kokkinakis montrent que le tennis australien souffre de maux similaires).

    Pour revenir sur l’endurance, je me souviens d’une interview de Gasquet a son retour d’une quinzaine passée à s’entrainer avec Nadal. A son retour de Majorque, Ritchie avait déclaré que c’était les deux semaines les plus dures de sa carrière à l’entrainement… En somme, les efforts que Nadal consent quasi quotidiennement, Gasquet ne les fait (pratiquement) jamais ! CQFD…

    Très juste aussi ton analyse des hommes en place à la FFT. Je n’ai rien contre Thierry Champion ou son prédécesseur Arnaud Di Pasquale, ils ont tous deux été de bons représentants du Top 100. Mais, parallèlement, comment croire que des tennismen n’ayant jamais atteint le Top 30 pourraient être capables d’insuffler aux jeunes espoirs la force de caractère de champion qu’eux-mêmes n’ont jamais vraiment eu durant leurs carrières respectives ?

    Par ailleurs, concernant les entraineurs français de manière globale, effectivement sur le plan technique les Tricolores font sans aucun doute partie du haut du panier. En revanche, physiquement et mentalement (les deux étant intimement liés), on est très loin. Alors évidemment on est pas les seuls : l’Allemagne, la Suède et même les USA n’ont plus eu de vainqueurs de Grand Chelem masculin en simple depuis près de vingt ans maintenant. Ceci étant, impossible de ne pas penser qu’avec un peu plus d’abnégation, Gasquet, Monfils ou Tsonga n’avaient pas la capacité intrinsèque à aller gagner au moins un GC chacun.

    Durant Roland-Garros, l’actuel président de la FFT (Bernard Giudicelli) a annoncé la création d’un grand centre d’entrainement sur terre-battue dans le Sud de la France à l’horizon 2021. Ce centre dans le Sud, la FFT en parle depuis trente ans maintenant… Alors espérons qu’il verra le jour. Sinon une autre option serait d’intégrer ou de créer un partenariat avec l’académie de Patrick Mouratoglou. Car qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, le coach de Serena Williams a le mérite d’obtenir des résultats de plus en plus probants avec ses différents poulains. Je ne dis pas que le technicien Franco-Grec est la solution aux problèmes d’ambition du tennis français, mais ses idées mériteraient au moins d’être considérées.

    Enfin ne rêvons pas trop quand même. A court terme du moins… Car la nouvelle génération portée par Lucas Pouille (voire Pierre-Hugues Herbert) ne semble pas aussi bien armée que la précédente. Les exemples de Quentin Halys, Mathias Bourgue ou encore Corentin Moutet qui tardent tous trois à confirmer les espoirs placés en eux ne nous poussent guère à l’optimisme. Patience donc…

    • avatar
      26 juin 2018 a 14 h 34 min
      Par Enzo29

      Salut Guga,

      Bien vu pour l’entrainement de Gasquet avec Nadal, j’ai préféré mettre l’exemple de Leconte avec Vilas, beaucoup moins connu, mais qui éclaire d’une grande logique la carrière météorique de Riton. Gasquet est la synthèse ultime de l’ensemble des maux que j’évoque.

      Pour les entraineurs… Je ne suis pas moi-même entraineur, et si je l’étais devenu j’aurais sans doute été catastrophique. Parce que j’aurais sans doute enseigné le tennis comme je l’ai appris moi-même, or aucune “technique” ne convient à tous les élèves. Et par ailleurs je n’ai pas la patience nécessaire.

      Je ne parle donc pas réellement de l’intérieur de la machine. Et je m’interroge vraiment sur ce qui fait un super entraineur. J’ai en tête quelques entraineurs de top players :
      – beaucoup étaient eux-mêmes joueurs (Tony Pickard, Tim Gullikson, Georges Deniau, Darren Cahill, Brad Gilbert, Tony Roche, Wojtek Fibak, Larry Stefanki, etc.)
      – quelques-uns n’étaient pas des joueurs de tennis (Harry Hopman, Bob Brett, Nick Bollitieri, Toni Nadal, Larri Passos). On peut y inclure Patrick Mouratoglou, qui je crois a été 2/6 à son maximum.

      Cette deuxième catégorie suffit à prouver qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été un top joueur pour être un top entraineur, et qu’au contraire un top joueur ne sera pas forcément un top entraineur. L’alchimie est complexe, et en tout cas le don de la transmission ne s’improvise pas.

      Or, en France, pour passer son BE de tennis, il faut un classement minimal, voire très élevé pour devenir entraineur fédéral. L’autre “filière”, qui a souvent été vilipendée en France, c’est de créer sa propre structure privée, comme l’ont fait Mouratoglou, ou pour remonter dans le temps Régis de Camaret. Concernant Mouratoglou, on peut, de manière non contradictoire, tempérer son succès en rappelant que Serena Williams était déjà une lauréate de 14 ou 15 GC quand elle a commencé à bosser avec lui (et qu’il ne l’a donc pas “fabriquée”), et reconnaitre par ailleurs qu’accompagner une Serena trentenaire à la conquête de 8 ou 9 GC supplémentaires est le signe qu’ils n’ont pas chômé ensemble. A tout le moins, les “méthodes” Mouratoglou méritent qu’on s’y attarde. Mais ça, en France, c’est exclu, car avec son classement il ne peut revendiquer que le titre de BE2, ce qui en ferait un bon entraineur de club… Une première prise de conscience, pour la FFT, ce serait de se remémorer ces exemples et de se dire qu’une carrière de haut niveau est l’un des chemins possibles pour devenir entraineur, mais sûrement pas le seul.

      L’immense majorité des entraineurs français d’aujourd’hui, ils n’ont pas dépassé le niveau Bac, ils sont eux-mêmes des joueurs de bon niveau régional, et le tennis, qui a occupé leur adolescence au point qu’ils aient choisi d’en vivre, est leur seul univers. Mais qu’en est-il, par exemple, de leurs connaissances sur le corps humain ou sur la psychologie du sport ?

      Mon propos n’est pas de dénigrer le baccalauréat (grands dieux non, et surtout pas en ce moment !), mais de pointer un milieu que je connais très bien, parce que je le raconte du point de vue de l’élève et que beaucoup d’”élèves” d’il y a 25 ans sont devenus les “profs” d’aujourd’hui. Du monde extérieur, il ne connaissent que les parents de leurs élèves, qui ont des professions dont ils n’ont qu’une vague idée. Et, avec tout le respect que je leur dois, ce n’est pas en rédigeant un mémoire du type “comment développer la pratique du tennis en milieu rural” qu’on devient un super entraineur.

      Cela dit Guga, tu as raison de rappeler que le problème n’est pas que français…

      • avatar
        28 juin 2018 a 12 h 18 min
        Par Guga57

        Non, effectivement, le problème n’est pas que français (heureusement LOL). Mais d’un point de vue global sur les 20-30 dernières saisons (voire même bien au-delà à l’exception de Noah) ne pas avoir réussi à remporter le moindre titre majeur en simple chez les hommes relève quand même forcément d’une certaine incompétence à la tête de la fédé… De Forget à Pouille en passant par Escudé, Grosjean, Leconte, Pioline, Gasquet, Simon, Monfils et Tsonga, c’est quand même pas possible qu’aucun de ces mecs n’aient réussi à gagner le moindre GC.

  5. avatar
    3 juillet 2018 a 15 h 03 min
    Par Enzo29

    @Guga et Axel,

    Pour le projet de construction d’un grand centre sur TB dans le sud de la France, c’est en soi une bonne idée, à voir si elle se concrétise. Mais rappelons que Noah, justement, a fait ses classes au sport-études de Nice, dans les années 70. Je ne sais pas ce qu’est devenue cette structure, mais si une nouvelle est en projet c’est que la structure de Nice n’a pas perduré. Bravo la FFT.

    Guga, dans ta liste des “recalés” français en GC, tous n’étaient pas au niveau en termes de talent pur. Les “talents”, ce sont Leconte, Escudé, Gasquet et Monfils. Tsonga déjà un peu moins.

    Pour Escudé, physique trop fragile. Mais au top de sa forme, il jouait comme un n°1 mondial. Je note d’ailleurs que ses exploits majeurs ont toujours eu lieu en Coupe Davis, compétition sur un WE où il ne s’agit pas d’enchainer trop de matchs. Un format qui lui convenait bien, contrairement aux GC.

    Pour Leconte, physique trop fragile aussi, ainsi qu’un mental et une hygiène de vie pas à la hauteur. Trop de bas dans sa carrière.

    Gasquet et Monfils, je n’y reviens pas…

    Pour Pioline, certes il se casse les dents deux fois sur Sampras, mais d’un autre côté vous vous attendiez à quoi en finale de l’US ou de Wimbledon ? A un Siemerink, ou à un Spadea ? C’est la présence de Pioline en finale qui était au contraire une aubaine pour Pete !

    Comme déjà discuté avec Axel, chaque édition d’un GC réserve son lot de surprises, en fonction des états de forme des uns et des autres. Dans les années 90, si l’on met de côté Roland Garros, les GC ont laissé peu de place à des invités-surprises en finale. La présence de Cédric dans les fins de parcours n’est pas complètement une surprise non plus : il totalise 4 demis en GC, dont deux finales. Cela dit, il a toujours été court d’un bout. Si l’on compare avec Todd Martin par exemple, l’Américain aurait été plus légitime à accrocher un grand titre à cette époque. Il n’y est pas arrivé non plus, et pour le coup il n’était pas Français ! Ils sont des brouettes entières à s’être cassé les dents sur une victoire finale en GC, et pas seulement des Français. Ce qui fausse la lecture du tennis français, c’est qu’il a été, en revanche, et qu’il est toujours, l’un des principaux fournisseurs de top 20/top 30 depuis une quarantaine d’années maintenant. Et face à ce constat, le bilan d’ensemble, avec aucune victoire en GC, sonne bien creux. Mais de toute façon, il faut aussi tempérer le propos, les victoires de Sampras ou de Federer en GC, ce sont les leurs, elles ne reflètent pas forcément l’excellence de la filière américaine ou de la filière suisse. Ce sont avant tout deux génies, qui ont rencontré les bonnes personnes au bon moment.

    Et c’est ici qu’arrive mon article. Au-delà de la critique, c’est aussi un questionnement : qui sont les bonnes personnes pour déceler des jeunes prometteurs ? Qui sont ensuite les bonnes personnes pour les faire bosser sérieusement sous tous les aspects techniques, mentaux, physiques et tactiques ? Ces personnes sont-elles également aptes à leur fournir une éducation et une culture ? Et quel rapport serait le plus sain entre ces personnes et la FFT ? Je ne prétends pas répondre à toutes ces questions, je dis seulement qu’en reconduisant à l’infini des anciens joueurs tous formés sur le même moule dans les hautes responsabilités, la FFT s’enferme dans un système qui en fait une nation puissante collectivement mais incapable de “fabriquer” un n°1 mondial ou un vainqueur de GC.

    Petite remarque au passage : le “meilleur classement” est lui-même à relativiser. Marcelo Rios, lorsqu’il est devenu n°1 mondial, comptait moins de points qu’Andy Murray en 2012, qui n’était pourtant que n°4 mondial…

  6. avatar
    4 juillet 2018 a 10 h 17 min

    @Enzo,

    Noah a fait son sport etudes au Lycée du Parc Impérial que je connais bien puisqu’y ai passé mon bac en 2000.
    J’ai quitté Nice en 2005 mais je serais très surprise que les courts proches du lycée aient disparu dans ce quartier assez bourgeois de Nice …

    J’ignore ce qui s’est passé mais oui quel fiasco ! Pourquoi un Gilles Simon n’en a-t-il pas profité, lui qui est Niçois de naissance ?

    Enfin oui très bonne remarque sur le comparatif Rios / Murray. la 4e place d’Andy valait bien plus que la 1re de Marcelo.

    Pour Pioline, oui Todd Martin était peut-être plus légitime que lui à gagner en GC, mais pas de beaucoup. Le Français se débrouillait bien sur dur, terre et gazon, l’Américain était nulle part sur ocre …

    • avatar
      4 juillet 2018 a 15 h 32 min
      Par Enzo29

      Salut Axel,

      Pour Nice j’ignore aussi ce qui s’est passé. Mais si tu y retournes, j’imagine que tu verras toujours les terrains. Par contre, le site n’est plus un CNE. Aujourd’hui je sais qu’il y a Poitiers et Reims, et que la TB n’est pas prédominante sur ces deux centres, au climat moins favorable que celui de la Riviera.

      Cela dit, je ne crois pas que l’origine des joueurs soit forcément le critère pour être retenu en CNE. Dixit Noah, à son arrivée à Nice, il était au milieu de gosses de riches qui le traitaient de bamboula (ce qui décupla son ambition de les massacrer raquette en main), mais à aucun moment il ne précise que c’étaient des Niçois, ils venaient sans doute des quatre coins de l’Hexagone.

      Pour rester sur Noah et évoquer l’ambition, je me rappelle d’une interview de lui, où le journaliste lui demandait s’il avait des regrets sur sa carrière, et en particulier des regrets de ne pas avoir plus souvent titillé Lendl et Wilander en GC vu qu’il les avait battus tous les deux lors de son RG victorieux.

      Pour répondre, Yannick a fait un détour par la musique, la question est la même que si on lui demandait s’il ne regrette pas de vendre ses disques par dizaines de millions. Il répond que côté promotionnel, ça impliquerait des tournées incessantes aux States, en Europe, au Japon et en Australie, etc. Et vu qu’il a déjà goûté à ça pendant sa carrière tennistique, il ne veut plus y goûter. Il accepte donc de n’être qu’un bon vendeur de disques en France, mais ça lui permet de mener une vie au calme avec sa famille, et il n’est pas prêt à des sacrifices supplémentaires pour asseoir une notoriété mondiale en tant que chanteur.

      Et Yannick a ensuite enchaîné vers le tennis. En observant Lendl, qui ne vivait, mangeait, pensait et rêvait que tennis pendant toutes ses journées, Noah était conscient de ce qui lui manquait pour se hisser à son niveau sur la longueur d’une carrière. Et il n’était pas prêt à s’imposer une discipline quotidienne qui l’aurait mobilisé exclusivement vers le tennis, mais qui était la condition sine qua non pour qu’il atteigne le sommet. Noah est tout de même resté un gros bosseur et un membre du top ten pendant 5-6 ans, mais il n’a jamais été tenté par les toutes dernières marches.

      Je ne suis pas un grand fan de Yannick, mais pour le coup sa réponse était intéressante et crédible :

      1. Pendant les deux mois qui ont précédé sa victoire à Roland, il s’est imposé toutes ses contraintes, et il a gagné en effaçant les deux favoris Lendl et Wilander.

      2. Il a alors pris conscience des efforts nécessaires pour arriver tout en haut, à savoir reproduire ce niveau de discipline tous les jours de la saison, et puis de la saison suivante, et la suivante, etc.

      3. Il en a tiré les conclusions, en ne s’imposant pas un tel rythme, ce qui allait le priver de la place de n°1 mondial. Mais il ne se sentait pas désireux de payer un tel prix.

      Et Yannick de conclure que non, il n’avait aucun regret.

      Toute la différence, c’est qu’il a dressé ce constat APRES avoir gagné un grand titre. Je fais le lien avec la remarque de Guga sur Gasquet, qui était sorti essoré d’une quinzaine d’entrainement avec Nadal. Richard semble être vraiment tombé des nues en voyant Rafa s’entrainer, il semblait réellement découvrir la chose. RIEN, dans le parcours ultérieur de Richard, n’accrédite l’idée que ce choc culturel (et physique !) lui a fait du bien et qu’il s’en est inspiré.

      C’est pour ça que la question à Noah, ce serait intéressant de la poser aussi à Gasquet. En le priant de répondre vraiment, à savoir exclure une réponse du type “les membres du Big Four étaient meilleurs que moi”, qui est une réponse fausse. Si Richard avait bossé avec la même intensité que le Big Four et s’il avait été un n°5 mondial inamovible, alors une telle réponse serait crédible ; mais vu sa réaction face à Nadal, clairement ça n’a pas été le cas.

  7. avatar
    4 juillet 2018 a 16 h 41 min

    Salut Enzo,

    Attention pour Lendl lui aussi a eu un déclic après sa victoire à Roland en 1984, finissant épuisé après 5 sets contre John McEnroe.
    Ce jour là c’est Big Mac qui perd plus qu’Ivan qui gagne, l’Américain s’effondrant mentalement pour de stupides raisons de concentration dans le 3e set quui relancent l’ogre d’Ostrava.
    D’ailleurs, Lendl met plus d’un an à digérer sa victoire, retombant dans ses travers de “chicken” (poule mouillée) face à McEnroe en finale de l’US Open 1984 puis contre Mats Wilander en finale de RG 1985. Ce n’est qu’à l’US Open 1985 , où il éparpille Big Mac façon puzzle, que Lendl prend vraiment son envol, fort du travail de fond effectué depuis juin 1984 … Surpuissant et plus endurant que le reste du circuit, sans être le plus talentueux (Edberg, McEnroe, Becker, Wilander le surclassent …), le Tchèque va laminer l’opposition pendant presque 5 ans …

    Après son déclic à RG 1984, Ivan le Terrible a alors intensifié sa charge de travail au niveau physique, mais clairement dès 1983 cela devait être au-dessus de ce que Noah avait fait pendant les 2 mois precedent sa quinzaine magique Porte d’Auteuil.

    Pour Gasquet, c’est navrant mais c’est le syndrome Agassi, né avec de l’or entre les mains. Sauf qu’Andre n’avait “que” Sampras face à lui et pas le Big Three, et de plus sa decadence de 1997 lui a permis de realiser que sa vie serait bien creuse sans le tennis …

    Nos Français, eux, sont tombés dans une petite routine, Assurant leurs bieux jours avec de l’argent à Genève et une baroque sur le Léman, et puis ensuite ce sera soit coach, soit consultant sur France 2 soit capitaine de l’équipe de Coupe Davis.

    Quelle ambition ! Là où Nadal créé dejà une académie, un projet super ambitieux alors que sa carriere se reliance de façon incroyable depuis 2017.
    Je ne serais pas surprise de voir Djokovic faire la meme chose, lui qui vient d’un pays sinistre par la guerre de Yougoslavie dans les années 90.
    Reste l’énigme Federer … Je le vois mal coach ou consultant, peut être capitaine de Coupe Davis et encore …

    • avatar
      5 juillet 2018 a 9 h 57 min
      Par Enzo29

      Salut Axel,

      D’accord pour Lendl, de mémoire il a changé de coach peu de temps après cette finale de 1984 à Paris, parce que Wojtek Fibak voulait le faire progresser techniquement alors que lui sentait que c’est d’abord physiquement qu’il devait progresser. C’est à ce moment-là qu’il a engagé Tony Roche, plus en phase avec ses priorités.

      Cela dit, cette finale de RG 1984, pour avoir vu le match en entier, j’ai quand même l’impression que Mac décline physiquement dès le troisième set. Quand il a pointé l’incident avec le caméraman, il est tout de même gonflé car on ne comptait déjà plus les clashs dont il était coutumier avec les arbitres, les adversaires, le public, et il était capable de se reconcentrer directement sur le point suivant. Si tant est, d’ailleurs, que Mac ait réellement besoin d’être concentré. McEnroe était un génie inspiré, il ne m’a jamais donné l’impression d’être vraiment concentré sur un terrain. Attentif oui, dans sa bulle certainement pas.

      Ce qui est vrai par contre, c’est que cet incident a alimenté le discours de John sur un élément extérieur au match qui aurait brisé son envol. Et comme ils étaient nombreux à l’époque à souhaiter sa victoire à Paris, ils ont embrayé sur ce discours. Mais je crois qu’ils ont des oeillères : les fautes directes qu’il commet à partir du troisième set sont bien celles d’un type qui s’essouffle. Pierre Barthès avait avancé une explication valable : la quinzaine avait été fraîche, et ce dimanche-là il faisait au contraire très chaud, cette température élevée est l’un des facteurs qui ont accéléré le déclin physique de Mac.

      Pour Gasquet, ta comparaison avec Agassi a aussi ses limites. Pour David Ferrer par exemple, là oui on peut dire qu’il a été barré par le Big Four. Mais l’Espagnol a été le titulaire récurrent de la 5ème place mondiale, stade jamais atteint par Gasquet.

  8. avatar
    6 juillet 2018 a 9 h 18 min

    Salut Enzo,

    Oui mais parce qu’Agassi a travaillé son jeu et son physique à partir de 1998. Voilà toute la difference avec Gasquet.
    Mais oui David Ferrer, Berdych, Soderling, Del Potro, Wawrinka ou Cilic sont 100 coudées au-dessus du Biterrois.

    Possible pour McEnroe niveau chaleur et physique, ou alors la panique de perdre un match imperdable surtout contre Chicken Lendl, de plus sur terre battue, la surface maudite des attaquants … Un peu des deux peut-être.

    Marin Cilic out de Wimbledon, voilà qui ne m’aurait jamais effleuré l’esprit … J’ai comme presentiment qu’on va retrouver le Big 3 en demi-finale, avec Nadal et Djokovic face à face, pendant que Federer s’amusera à massacrer l’intrus avant la finale contre Rafa ou Nole …

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