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1968-1973 : la longue marche vers l’Open
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1968-1973 : la longue marche vers l’Open

Le début de l'ère Open, généralement datée en 1968, est en fait le début d'une période incertaine qui dura plus de cinq ans, au cours de laquelle la gouvernance du tennis de haut niveau a été mouvante. Retour sur cette période agitée.

La bombe de Wimbledon (1967-1968)

En 1967, beaucoup d’observateurs britanniques, tout comme le public, sont quelque peu sceptiques sur la qualité du tennis proposé lors de la quinzaine londonienne. Depuis une vingtaine d’années, ils ont vu disparaître brusquement les champions qu’ils avaient admirés, dès lors que ces derniers passaient professionnels et se voyaient de fait interdits des épreuves prestigieuses qui constituaient – déjà – le socle du tennis de haut niveau, à savoir les quatre tournois du Grand Chelem et la Coupe Davis. Dans un anonymat quasi-total, ces champions devenaient des chevaliers errant à travers le monde, luttant les uns contre les autres dans des salles obscures, devant un public clairsemé, dans des tournois ne bénéficiant d’aucune visibilité médiatique.

En août 1967, Herman David, le directeur de Wimbledon, organise un tournoi destiné aux professionnels. Et ce qui se murmurait depuis quelques années éclate au grand jour à cette occasion, en raison d’un grand succès populaire et d’une retransmission en direct par la BBC (la première en couleur !) : les joueurs professionnels sont nettement meilleurs que les amateurs, et John Newcombe, le récent vainqueur de Wimbledon, n’aurait sans doute pas fait le poids face à Laver et Rosewall, respectivement vainqueur et finaliste de cette petite épreuve réservée aux professionnels.

Le sang du dirigeant britannique ne fait qu’un tour. Conscient du prestige de son épreuve reine, conscient aussi que ce prestige est terni par l’absence des joueurs professionnels, il annonce le mois suivant que l’édition 1968 de Wimbledon sera « Open », autrement dit qu’elle acceptera sans distinction les joueurs de tennis professionnels et amateurs. Cette décision unilatérale est renforcée par la Fédération britannique qui emboîte le pas de David en décembre, en annonçant la suppression de la distinction entre amateurs et professionnels sur l’ensemble du territoire britannique !

Une véritable guerre médiatique commence alors, entre les partisans de l’ouverture et leurs opposants. Le 8 janvier 1968, les dirigeants de la Fédération internationale (FILT) excluent la fédération britannique.

Entretemps, fin 1967, deux nouvelles entités apparaissent dans le milieu du tennis. L’association des joueurs professionnels, menée par Rosewall et Laver, touche ses limites depuis plusieurs années ; les stades sont vides pour les voir jouer, les tournées ne sont plus qu’un lointain souvenir, et la structure est en état de mort clinique. Mais le coup d’éclat de Herman David va pousser de nouveaux acteurs à pousser leurs pions.

La NTL (National Tennis League) est montée par George McCall fin 1967. McCall, capitaine de l’équipe australienne de Coupe Davis de 1965 à 1967, fait signer un contrat à la plupart des meilleurs joueurs de l’association des joueurs professionnels : Rod Laver, Ken Rosewall, Lew Hoad, Andrès Gimeno, Fred Stolle, Pancho Gonzalez et quelques autres. Le 1er avril 1968, le lendemain du vote de l’Open (voir plus bas), Roy Emerson signe à son tour. Resté amateur dans les années 60, Emerson détient alors le record de victoires en Grand Chelem ; avec 12 couronnes, ce record ne sera battu qu’en 2000 par Sampras (puis par Federer et Nadal).

La WCT (World Championship Tennis) est créée par un milliardaire texan, Lamar Hunt, et le dirigeant d’un stade à la Nouvelle-Orléans, Dave Dixon. En vue de la création d’un nouveau circuit, Hunt et Dixon recrutent plusieurs membres de l’association des joueurs professionnels : Dennis Ralston, Horst Buchholz et Pierre Barthès. Moins prestigieux a priori… mais Dixon et Hunt sont des nouveaux venus dans le tennis, et ils inspirent moins confiance que George McCall. Aussi mettent-ils sur la table une somme importante assortie de fortes garanties, pour recruter également John Newcombe, Tony Roche, Cliff Drysdale, Nikki Pilic et Roger Taylor.

Avec la NTL et la WCT, nous avons deux nouveaux acteurs du tennis qui compliquent encore la donne. Quelle crédibilité reste-t-il aux tournois du Grand Chelem s’ils persistent à exclure tous ces champions sous contrat, qui constituent l’immense majorité des meilleurs joueurs du monde de l’époque ?

L’année 1968 va apporter la réponse. Première de cordée en janvier, la Fédération australienne prend une position conservatrice mais cohérente : pour une fois, seuls les véritables amateurs seront acceptés dans le tournoi des antipodes. En d’autres termes, Manolo Santana et Roy Emerson, qui étaient restés officiellement amateurs tout en touchant des dessous de table (destinés… à les garder dans les rangs amateurs !) sont exclus du tournoi, tout comme les nouvelles recrues de la NTL et de la WCT. Le Grand Chelem australien se déroule ainsi avec seulement de vrais amateurs, et un tableau constitué à 90% d’Australiens ; en d’autres termes, un championnat amateur national. Harry Hopman, le grand sorcier du tennis australien partisan résolu du tennis amateur, n’avait pas seulement pris ses distances depuis longtemps avec ses anciens poulains devenus professionnels. Il avait également dit pis que pendre de la décision de Herman David, et prédit un Wimbledon 1968 composé exclusivement de Britanniques… Le terrain donna la réponse ! Le vainqueur de l’épreuve, Bill Bowrey, est un candidat sérieux au titre de plus méconnu des vainqueurs du Grand Chelem…

La position britannique connue, restent les décisions des fédérations française et américaine. L’une et l’autre sont mitigées. En France, les dirigeants sont hésitants ; le dirigeant de la ligue de Picardie, un certain Philippe Chatrier, milite depuis des années en faveur de l’Open, et il s’en ouvre largement dans les colonnes de Tennis de France, la revue qu’il a créée. Mais ses collègues sont plus frileux, non sur le principe même de l’ouverture, mais sur le risque financier qui en découle. Un Roland Garros devant désormais distribuer des sommes importantes ne risque-t-il pas de piocher dans les réserves de la Fédération française ? Quant à la Fédération américaine, elle ne tranche qu’à moitié, le 8 février, en décidant d’organiser deux épreuves US, dont la première sera réservée aux amateurs.

C’est dans ce contexte tendu que s’ouvre une assemblée générale extraordinaire, le 30 mars 1968, avec l’ouverture pour seul ordre du jour. Dans un contexte de pugilat verbal, les partisans de la fermeture sont dans une position d’autant plus intenable que le récent tournoi australien n’a dupé personne et que c’est la crédibilité même de l’institution qui est en jeu. Lors d’un vote à main levée, l’ouverture est votée. Officiellement à l’unanimité, mais comme souvent, l’histoire est écrite par les vainqueurs…

Entretemps, les premiers pas du circuit WCT se sont avérés calamiteux. Dave Dixon est trop en avance sur son temps ; en introduisant le tie-break ou en permettant des tenues de couleurs différentes, il anticipe les évolutions à venir visant à faire du tennis un sport-spectacle à la durée calibrée et s’affranchissant de règles désuètes (pourquoi, en effet, obliger les joueurs à jouer en blanc ?), mais il va trop vite. Lamar Hunt, après le désastre financier du premier trimestre 1968, se sépare de son associé, et régente seul le circuit WCT.

L’euphorie de l’Open

Le 1er avril 1968, la planète tennis se réveille réunifiée. Pendant une courte période, entre Roland Garros 1968 et l’US Open 1969, tous les joueurs vont pouvoir jouer les tournois de leur choix, sans restriction.

Quelques absences sont toutefois à déplorer lors de l’édition 1968 de Roland Garros : Lew Hoad, Nicola Pietrangeli et Ian Kodes. Ils n’ont tout simplement pas pu rallier la capitale française, en raison des événements de mai 1968 ! Mais on s’attendait bien à une revanche éclatante des professionnels, Rosewall et Laver en tête, et les deux Australiens s’affrontent bien le dernier dimanche, avec à la clé une victoire de Rosewall en quatre sets. A Wimbledon, Rod Laver prolonge son invincibilité en s’imposant face à Tony Roche. Quant à l’US Open, il réconcilie en quelque sorte les amateurs et les professionnels. Arthur Ashe remporte l’épreuve amateurs, avant de s’imposer dans le « vrai » US Open face à Tom Okker. A ce stade, la distinction entre amateurs et professionnels n’a plus de raison d’être.

Le Grand Chelem de Rod Laver en 1969 ne souffre aucune contestation quant à sa portée : pour la première fois dans l’histoire du tennis, un champion l’emporte quatre fois consécutivement face à TOUS ses principaux rivaux. Il n’aurait pu réaliser cet exploit ni en 1968 ni, on va le voir, en 1970. Et en particulier, deux joueurs majeurs se dressent sur la route de son Grand Chelem. Ken Rosewall, tout d’abord, qui a été si souvent son tourmenteur sur terre battue, s’incline nettement en finale ; Tony Roche, ensuite, qui pousse Laver aux cinq sets en demi-finale de l’Australian Open, et qui devient l’ultime obstacle de Rod en finale de l’US Open ; Roche mène alors 5 victoires à 2 en 1969 face à Laver… Mais ce dernier, passée la perte du premier set, est intouchable (7/9 6/1 6/2 6/2). A ces deux victimes majeures s’ajoutent Andrès Gimeno, Stan Smith, Tom Okker, Arthur Ashe, John Newcombe, Dennis Ralston, Roy Emerson, aucun ne trouve la clé face à Rocket cette année-là.

La concurrence entre le Grand Prix et la WCT

En parallèle aux exploits de Rod Laver, l’année 1969 voit s’agiter en coulisses le petit monde du tennis professionnel. Séparé de Dixon, Lamar Hunt a fait fructifier son entreprise, et le circuit WCT s’affirme comme une organisation rivale pour la Fédération internationale. Hunt exerce un contrôle croissant sur ses joueurs, exigeant des garanties importantes pour qu’ils se déplacent.

C’est pour contrer l’influence grandissante de la WCT que la FILT met en place un circuit de tournois s’étalant d’avril à décembre, le Grand Prix. Imaginé par Jack Kramer, le Grand Prix se décline sous la forme de 20 tournois distribuant des points et de l’argent. Plus ou moins importants selon les sommes versées, ces tournois s’achèvent fin novembre par un « Masters » rassemblant les six joueurs ayant gagné le plus de points tout au long de l’année. Le Grand Prix n’est autre que l’embryon de l’actuel ATP Tour.

La NTL n’est pas en reste. En janvier 1970, George McCall et ses joueurs estiment que les sommes distribuées à l’Open d’Australie sont largement insuffisantes, et ne se déplacent pas. Les dirigeants du Grand Chelem australien, qui ont encore en mémoire le désastre financier de l’année précédente (en 1969, le tournoi, retransmis à la télévision, s’était déroulé devant un public clairsemé), n’offrent en effet que 10000 dollars, une somme ridicule, même à l’époque ! L’Australien Open accueille donc les professionnels de la WCT, mais pas ceux de la NTL. Rod Laver n’est donc pas là pour défendre son titre. C’est un tableau bien triste qui est proposé, et l’Australian Open est bien loin de mériter son appellation de Grand Chelem… Dans ce contexte, la victoire d’Arthur Ashe passe relativement inaperçue.

Au printemps 1970, la WCT frappe un grand coup en absorbant la NTL. Alors que le Grand Prix fait ses premiers pas à Bournemouth, l’écurie de Lamar Hunt compte désormais 24 des meilleurs joueurs du monde, parmi lesquels Rod Laver, Tony Roche, Ken Rosewall, Roy Emerson, Tom Okker, John Newcombe ou encore Andrès Gimeno. Hunt est désormais en position de force pour réclamer d’importantes garanties pour déplacer ces joueurs.

Les dirigeants de Roland Garros refusent ces garanties, et c’est un tableau amputé qui est offert en 1970 au public parisien. Les Américains Arthur Ashe, Stan Smith et Cliff Richey sont bien là, mais le tableau est essentiellement composé de joueurs européens. L’ombre des grands Australiens vainqueurs des cinq éditions précédentes plane sur l’épreuve, remportée finalement par Ian Kodes aux dépens de Zeljko Franulovic. Après le tournoi australien, Roland Garros voit à son tour son statut de tournoi du Grand Chelem menacé.

Wimbledon et l’US Open ne rencontreront pas cette difficulté. A Londres, Herman David est assuré de la fidélité du public londonien, et est prêt à négocier avec Lamar Hunt ; en outre, les professionnels WCT sont conscients de l’importance de disputer les épreuves les plus prestigieuses. Quant à l’US Open de Forest Hills, outre l’intégration des professionnels WCT, il innove en cette année 1970, en introduisant le tie-break – déjà testé dans plusieurs tournois professionnels en amont – et en autorisant les tenues de couleurs. Adieu le blanc, désormais tout est permis, et les équipementiers vont s’en donner à cœur joie… A Wimbledon, Rod Laver s’incline à la surprise générale, dès les huitièmes de finale, face à Roger Taylor. Ken Rosewall atteint la finale et frôle le titre, mais c’est John Newcombe qui s’impose en cinq sets, récupérant son titre de 1967. Rosewall prend une éclatante revanche à l’US Open, face à Newcombe en demi-finale, puis Tony Roche en finale.

Concurrencé par le circuit WCT pour sa première année d’existence, le Grand Prix impose néanmoins d’emblée son Masters de fin d’année comme une épreuve majeure. Un grand merci au passage à Rod Laver et Ken Rosewall qui, malgré leurs obligations contractuelles avec le circuit WCT, ont gagné suffisamment de points sur le Grand Prix en 1970 pour se qualifier… Cette première édition rassemble, on l’a dit, six joueurs, qui s’affrontent sous forme d’une poule unique. C’est Stan Smith qui en ressort vainqueur.

En mars 1971, l’Open d’Australie semble enfin sortir partiellement de l’impasse dans laquelle le tournoi s’enfonçait. Les organisateurs ont décroché un sponsor, Dunlop, et financièrement l’entreprise semble plus stable ; les professionnels de la WCT sont à nouveau admis. Le tournoi passe à son tour au tie-break, qui est en cours de généralisation. L’affiche est belle, même si on déplore l’absence de Stan Smith (retenu par sa mobilisation) et des Européens Kodes et Nastase, qui n’ont pas fait le déplacement. Ken Rosewall l’emporte face à Arthur Ashe en finale.

En cette année 1971, l’Open d’Australie est intégré au circuit WCT, qui avec sa vingtaine de tournois devient de plus en plus le circuit concurrent du Grand Prix. Seule la formule du « Masters WCT » change : le circuit WCT organise bien un tournoi de fin d’année ; le « WCT Finals » rassemble les 8 meilleurs joueurs de l’année sur le circuit WCT, qui s’affrontent par élimination directe en novembre, à Houston pour les quarts et les demis, et à Dallas pour la finale. C’est Ken Rosewall qui remporte ces WCT Finals, en finale face à Rod Laver.

Les champions sous contrat WCT n’ont désormais plus beaucoup de place dans leur calendrier pour disputer les autres épreuves, celles du Grand Prix. Bien qu’un arrangement ait été conclu entre Roland Garros et la WCT, peu de professionnels de l’équipe de Lamar Hunt font le déplacement à Paris. Stan Smith et Arthur Ashe sont bien présents, mais ils s’inclinent tous deux en quarts de finale, et la fin de tournoi met une fois de plus aux prises les Européens. Nouvelle étoile montante du tennis, Ilie Nastase atteint sa première finale en Grand Chelem, mais Ian Kodes reste le plus fort et conserve son titre.

Une fois de plus, c’est à Londres que tous les meilleurs sont présents. Stan Smith y atteint une première fois la finale, mais doit s’incliner en cinq sets face à John Newcombe qui conserve son titre de 1970. Ce n’est que partie remise pour Smith, qui deux mois plus tard s’impose à domicile à l’US Open. Le Grand Chelem américain souffre des absences de Rod Laver, Ken Rosewall et Tony Roche… En finale, Smith domine Ian Kodes ; le joueur tchécoslovaque, bien que double tenant du titre à Roland Garros, n’est pas tête de série, et il doit affronter – et dominer – la tête de série n°1 John Newcombe dès le premier tour !

Le Masters du Grand Prix accueille un joueur de plus que lors de sa première édition. Organisé à Paris, au stade Pierre de Coubertin, il se déroule sous la forme d’une poule unique de sept joueurs. Il débouche sur la victoire d’Ilie Nastase, invaincu en six matchs.

L’exclusion de la WCT

Le torchon brûle de plus en plus entre la Fédération internationale et la WCT de Lamar Hunt. Ce dernier ne cache plus ses ambitions de régenter le tennis professionnel. En 1971, il a posé de plus en plus de conditions à la participation de ses joueurs aux tournois du Grand Chelem, et la menace de le voir prendre leur contrôle – à l’image de l’Open d’Australie, qui a fait partie du circuit WCT en 1971 – est désormais bien réelle.

La guerre définitive est déclenchée par le Danois Alan Leyman, président de la FILT, qui décide l’exclusion systématique des joueurs de la WCT à partir du 1er janvier 1972, pour toutes les épreuves du Grand Prix, incluant notamment les quatre tournois du Grand Chelem. Deux circuits entièrement séparés vont donc devoir coexister en 1972 : le circuit « officiel » du Grand Prix et le circuit WCT. La situation devient intenable.

Le Grand Chelem australien est le premier à pâtir de cette décision. Mis devant le fait accompli, les organisateurs prennent sans doute la moins pire des décisions, en avançant leur tournoi dans le calendrier, pour le faire débuter… la dernière semaine de décembre, et ainsi pouvoir échapper au décret de Leyman. Mais nous sommes en pleines fêtes de fin d’année, et les champions ne se bousculent pas pour aller jouer au tennis en une telle période. Newcombe et Rosewall, en vacances, sont les principales têtes d’affiche d’un tournoi délaissé par la majorité des cadors du circuit, à commencer par Stan Smith, Ilie Nastase et Rod Laver. Newcombe se fait surprendre en quarts par son compatriote Malcolm Anderson, lequel ne fait pas le poids en finale contre Rosewall. Le petit maître de Sydney remporte à cette occasion son huitième et dernier titre du Grand Chelem, à 37 ans.

Au cours des mois suivants, Lamar Hunt ne reste pas inactif. Le circuit WCT compte dans ses rangs Ashe, Okker, Pilic, Taylor, Rosewall, Laver et Newcombe, soit la majorité des meilleurs joueurs du monde. La FILT, quant à elle, double les gains du Grand Prix pour garder dans ses rangs Smith, Nastase et Kodes. On se demande alors jusqu’où va aller la surenchère. En attendant, les quatre premiers mois de 1972 sont largement dominés par l’actualité du circuit WCT, qui se joue essentiellement aux Etats-Unis. En remportant respectivement 5 et 3 victoires en tournois, Rod Laver et Ken Rosewall dominent la concurrence et se retrouvent une nouvelle fois en finale du circuit WCT, à Dallas. Rosewall l’emporte au tie-break du cinquième set, son ultime grand titre… et son plus gros chèque. D’un montant de 50000 dollars, les gains du vainqueur constituent un nouveau record, à l’image d’un circuit WCT de toutes les démesures (21 millions de téléspectateurs, 15000 spectateurs).

Pendant que la « saison » WCT bat son plein, les négociations reprennent entre la FILT et la WCT. Elles débouchent sur un accord fragile mais bien réel. La WCT obtient la liberté d’organiser comme elle l’entend son circuit durant les quatre premiers mois de l’année sur le continent Nord-Américain. Lamar Hunt s’engage en revanche à ne pas recruter de nouveaux joueurs, ni à renouveler les contrats existants ; corollaire de ce dernier point, le circuit WCT s’ouvrira désormais à tous les joueurs professionnels. Une réforme d’ampleur, enfin, concerne la Coupe Davis. Les joueurs professionnels y seront enfin acceptés.

Conclu en avril, cet accord ne prendra effet qu’en août 1972 ; Roland Garros et Wimbledon devront donc se passer des professionnels de la WCT… Le French Open couronne Andrès Gimeno ; à 35 ans, l’Espagnol si longtemps n°3 chez les pros derrière Laver et Rosewall prend une douce revanche. Cocorico, Gimeno domine en finale un Français, Patrick Proisy, tombeur d’un autre Espagnol, Manuel Orantès, en demi-finale.

Egalement amputée des têtes d’affiche de la WCT, l’édition 1972 de Wimbledon n’en débouche pas moins sur l’une des plus belles finales du tournoi londonien. Stan Smith et Ilie Nastase, têtes de série n°1 et 2, s’affrontent en finale ; le match tient toutes ses promesses et se conclut par la victoire de Smith, 7/5 au cinquième set. Rivaux sur le Grand Prix mais aussi en Coupe Davis, Smith et Nastase livrent ce jour-là leur plus beau combat.

La création de l’ATP et le boycott de Wimbledon

Le calme revenu au sein des instances du circuit professionnel, la véritable période « Open » peut démarrer, et l’US Open 1972 peut se dérouler en présence de tous les meilleurs. Arthur Ashe fait le spectacle en quarts de finale en dominant son compatriote Stan Smith, puis se défait de Cliff Richey en demi-finale. La finale Ashe/Nastase sera superbe, et se conclura par la victoire en cinq sets du Roumain, la première en Grand Chelem.

Mais l’édition 1972 du Grand Chelem new-yorkais est également marquée par la création de l’ATP, le syndicat des joueurs professionnels. La WCT ne recrutant plus de joueurs, ces derniers se dotent d’une organisation destinée à les représenter et leur permettre de jouer où bon leur semble. Suspendus jusqu’alors au bon vouloir de leur mécène ou de leur fédération, ils se sont trop souvent vus interdire de jouer les tournois de leur choix. Créée par 80 joueurs professionnels, l’ATP est présidée par l’ancien joueur Cliff Drysdale.

La fin de la saison 1972 voit le jeu de balancier se prolonger entre Nastase et Smith. Sur la terre battue de Bucarest et dans un contexte très difficile, les Américains conservent la Coupe Davis, grâce notamment à Smith qui bat Nastase en trois sets le premier jour, et qui apporte les trois points de la victoire. Mais le Roumain prend une superbe revanche quelques semaines plus tard, lors du Masters. Organisé pour la première fois avec un système de deux poules de quatre joueurs, Ilie bat Stan en finale et conserve son titre.

L’accord du printemps 1972 a toutefois fait une victime : l’Open d’Australie. Afin de ne pas faire concurrence au circuit WCT qui accapare les 4 premiers mois de l’année, le Grand Chelem des antipodes est condamné à conserver ses dates de l’année précédente, au moment des fêtes de fin d’année. Une fois de plus, la majorité des meilleurs ne se déplacent pas ; John Newcombe s’impose ainsi pour la première fois dans « son » tournoi du Grand Chelem en janvier 1973, en ne perdant qu’un seul set, en finale contre le Néo-Zélandais Onny Parun.

Après trois années d’absence des professionnels WCT, Roland Garros voit enfin le bout du tunnel ; son édition 1973 regroupe enfin tous les meilleurs joueurs du monde, hormis Laver et Rosewall déjà titrés Porte d’Auteuil qui ne souhaitent plus participer au French. Newcombe tombe prématurément, et Stan Smith tombe en huitièmes de finale, en cinq sets, face à Tom Okker. La voie est libre pour Ilie Nastase, qui survole l’épreuve et s’impose sans perdre un set. Mais c’est le finaliste, Nikki Pilic, qui fait parler de lui depuis plusieurs semaines…

En mai 1973, la rencontre de Coupe Davis entre la Yougoslavie et la Nouvelle-Zélande se solde par une victoire de ces derniers, en l’absence du n°1 yougoslave, Nikki Pilic ; ce dernier dispute la même semaine un tournoi WCT. Arguant que Pilic s’était engagé à disputer cette rencontre, la fédération yougoslave suspend son joueur et demande à la FILT de le suspendre également. L’ATP nouvellement créée demande alors à vérifier que le joueur s’était bien engagé à disputer cette rencontre de Coupe Davis, et menace d’un boycott général de Roland Garros si la suspension de Pilic était effectivement prononcée. La FILT vote la suspension, mais Pilic fait appel, ce qui permet au tournoi parisien de se dérouler comme prévu. Le 1er juin, alors que la quinzaine de l’ocre bat son plein, la FILT confirme la suspension de Pilic (cette décision ne sera rendue publique qu’à la fin du tournoi).

Devant la décision confirmée de la FILT, exécutée par les tournois précédant Wimbledon qui n’acceptent pas Nikki Pilic, l’ATP se réunit et vote, par une très large majorité, le boycott de Wimbledon. C’est ainsi que 79 des 82 joueurs de l’ATP refusent de disputer le Grand Chelem britannique, décapité avant même d’avoir commencé !

Ilie Nastase, l’un des trois joueurs à avoir désobéi à son syndicat, n’en profite pas, et tombe en huitièmes face à Sandy Mayer. La finale met aux prises deux joueurs de l’Est, Ian Kodes et Alex Metreveli, et la morale est sauve puisque l’un et l’autre ne sont pas membres de l’ATP et restent attachés à leur fédération nationale. Kodès s’impose en trois sets pour s’offrir son unique titre sur le gazon londonien dans des circonstances ô combien particulières.

Par ce boycott, l’ATP s’est imposée comme un interlocuteur incontournable dans l’organisation du tennis professionnel. Et l’ATP n’a pas fini d’innover : le 23 août 1973 est publié le premier classement des joueurs de tennis professionnels. Il est alors dominé par Ilie Nastase, qui totalisera 16 victoires au cours de la saison 1973. Ce classement tient compte des tournois du Grand Chelem et du Grand Prix ; en sont donc exclus les tournois WCT, la Coupe Davis et, plus curieusement, le Masters de fin d’année.

L’US Open 1973 propose, non sans malice, une finale entre John Newcombe et Ian Kodes. Par sa seule présence en finale, le Tchécoslovaque fait la démonstration que sa victoire à Wimbledon n’était pas totalement usurpée. Mais l’Australien remporte le titre, après cinq sets âprement disputés. Ilie Nastase reste toutefois le n°1 mondial, en remportant le Masters en fin d’année.

La Coupe Davis, enfin devenue Open en 1973, réserve une superbe finale où les Etats-Unis de Smith et Gorman tombent devant la « Dream Team » australienne reconstituée, avec Newcombe, Laver et le remplaçant Rosewall !

Conclusion

L’ère Open, qui démarre officiellement au printemps 1968, marque en fait le début d’une période de transition, au cours de laquelle différents acteurs se sont tour à tour positionnés sur l’échiquier du tennis professionnel, pour lui donner le squelette d’une gouvernance qu’il a conservée depuis. Mais le chemin fut tortueux, et nombreux furent les absents des tournois du Grands Chelem pour des raisons purement politiques.

Les références d’aujourd’hui, à savoir les quatre piliers du Grand Chelem, sont généralement utilisés comme telles sur cette période comme sur les autres, alors qu’ils ne l’ont pas – ou du moins pas toujours – été à l’époque. A l’ouverture de 1968 se sont ajoutées des tentatives plus ou moins réussies de création de circuits parallèles, et parfois concurrents, qui ont fait peser sur le tennis professionnel de sérieuses menaces d’éparpillement. Aussi, sur les 23 levées du Grand Chelem qui s’ouvrent dans l’euphorie de Roland Garros 1968 et se terminent avec l’US Open 1973, 14 seulement ont rassemblé un panel significatif des meilleurs joueurs du monde.

Dans ces conditions difficiles, beaucoup d’exploits réalisés par les champions de cette époque sont noyés dans la brume médiatique. Il est plus simple, en effet, de dire « l’ère Open démarre en 1968 », mais c’est faux. 1969 est la seule année de cette époque de transition où les quatre levées du Grand Chelem ont rassemblé le gratin du tennis de haut niveau ; c’est ici que l’exploit de Rod Laver est à savourer à sa juste mesure.

1974, malgré l’affaire des Intervilles que nous ne détaillerons pas ici, consacre deux jeunes joueurs, Connors et Borg, qui vont prendre pour plusieurs années le contrôle du tennis et révolutionner le jeu. Ce qui se passe à partir de 1974 nous semble plus proche, plus familier, parce que beaucoup d’entre nous ont été marqués par la fabuleuse invincibilité de Borg à Roland Garros et par la longévité de Connors, qui resta pendant une quinzaine d’années au plus haut niveau. Mais en amont de 1974, hormis le Grand Chelem de Laver en 1969, c’est le brouillard.

Ami lecteur qui as fait l’effort de me lire jusqu’au bout, j’entends bien proposer d’autres articles sur cette période, beaucoup plus axés sur le tennis lui-même : le circuit WCT, l’Open d’Australie, Laver, Rosewall (le petit maître de Sydney a ses adeptes sur ce forum, et j’en suis un !), Newcombe et leurs petits copains, etc. Mais je ne pouvais parler de tennis sans évoquer la politique…

  1. avatar
    26 février 2018 a 1 h 38 min
    Par the sampras

    Du grand art cet article

    • avatar
      27 février 2018 a 10 h 03 min
      Par Guga57

      c’est clair ! au top Enzo ;)

  2. avatar
    26 février 2018 a 11 h 11 min
    Par Cullen

    Pour une fois qu’un article est vraiment intéressant, c’est quand-même dommage qu’il soit publié un vendredi soir… Et il confirme ce que j’essayais de faire comprendre à Axel sur un autre fil, on ne peut pas appréhender le sport et uniquement par le biais des résultats, il faut nécessairement s’imprégner du contexte sociétal, politique de l’époque, si bien qu’il est souvent illusoire de vouloir dresser une hiérarchie. Rosewall par exemple a remporté 2 fois de suite l’Open d’Australie en 1971 et 1972. Sur un palmarès, elles ont exactement le même poids, et pourtant si celle de 1971 ne souffre d’aucune contestation, celle de l’année suivante, à 37 ans, est davantage là relativiser du fait que les meilleurs n’étaient pas tous présents. Merci encore pour la lecture et j’attends la suite que tu nous annonces avec impatience.

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      26 février 2018 a 13 h 38 min
      Par Enzo29

      Salut Cullen,

      C’est justement en suivant le fil de l’article de Guga que j’ai eu l’idée de cet article. Si on veut juger proprement les exploits de Laver et Rosewall, il faut se doter des bons outils de mesure. Et admettre que la comparaison dans le temps aura, de toute façon, ses limites.

      Je ne serai pas trop libre cette semaine… Désolé pour la date, je ne savais pas que le vendredi soir était le pire moment pour publier un article !

      Au plaisir de vous lire à tous !

    • avatar
      26 février 2018 a 15 h 25 min
      Par Cullen

      Je ne sais pas si c’est le pire moment pour publier. Disons que le week-end les gens sont souvent occupés par d’autres choses et pour qu’un article ait le plus de visibilité possible c’est surement mieux qu’il soit mis en ligne le lundi par exemple, où l’actualité sportive est en général assez riche. Mais de toute façon, l’auteur n’a pas le choix, ce sont les modérateurs qui décident de la date lors de laquelle ils vont le publier. Voilà et encore bravo pour le papier !

  3. avatar
    26 février 2018 a 17 h 13 min

    “ce que j’essayais de faire comprendre à Axel sur un autre fil, on ne peut pas appréhender le sport et uniquement par le biais des résultats”

    @Cullen, as-tu une fois un de mes articles, tennis, F1, cyclisme ou foot ? Cela fait 10 ans que je me bats sur le Vox pour expliquer que la notion de palmarès brut ne veut rien dire …

    J’ai toujours évoqué la notion de concurrence, de contexte règlementaire ou environnemental dans mes articles …

  4. avatar
    26 février 2018 a 17 h 16 min

    Un seul texte pour te convaincre, que tu sois d’accord ou pas avec mes analyses de l’époque …

    http://yourzone.beinsports.fr/tennis-pourquoi-nadal-est-le-plus-grand-des-annees-2000-2010-86332/

    Ou celui là en F1 si tu veux “sortir des sentiers battus”

    http://yourzone.beinsports.fr/formule-1-schumacher-et-le-prestige-ecorne-7826/

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      27 février 2018 a 15 h 04 min
      Par Cullen

      Je ne veux pas me fâcher Axel, je constate juste qu’il y a quelque chose de récurent dans tes interventions, cette envie incessante de hiérarchiser les choses, que ce soit les sportifs, les clubs, les compétitions, les courses cyclistes, les tournois, les circuits, etc… Des classements pour ceci, des Top 10 pour cela, tu ne peux pas le nier. Et ça n’est simplement pas ma conception du sport. Il y a des valeurs, des notions d’esthétisme, de courage, de capacité à fédérer qu’on ne peut pas forcément toucher ou quantifier et qui sont pourtant essentielles pour qu’on ait envie ou non de se passionner pour une discipline, un athlète ou un club en particulier. Un exemple parmi d’autres et qui me vient en tête… Au Celtic Park, bien que le club soit en manque de reconnaissance internationale depuis près de 30 ans, PERSONNE n’échangerait la salle des trophées du Real Madrid – soit disant le plus grand club du monde – pour l’atmosphère si particulière du lieu. La grandeur est quelque chose de bien subjectif.

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        27 février 2018 a 17 h 19 min

        Cullen,

        Oui j’aime bien classer c’est vrai. Mais c’est le propre de l’homme que de comparer ce qui est subjectif par nature, que l’on parle d’art.

        Sinon, le Ballon d’Or n’existerait pas par exemple, pas plus que les Oscars, les Césars, les Grammy Awards, les festival de Cannes, Berlin ou Venise, j’en passé et des meilleurs.
        Pour autant qui peut ignorer qu’un Kubrick a toujours été snobé par les Oscars d’Hollywood ? Cela ne grandit pas leur palmarès, bien au contraire …

        Mais sans ce besoin de comparer, on ne se demanderait pas qui est le GOAT dans chaque sport: Tilden, Rosewall, Borg ou Federer ? Bolt, Owens ou Lewis ? Nuvolari, Fangio ou Senna ? Coppi ou Merckx ? Pelé, Cruyff, Di Stefano ou Maradona ? G.Edwards, Wilkinson ou Lomu ?

        Pour le Celtic, je partage à 100 % ta vision, et le public de Celtic Park préférera en effet un Old Firm d’anthologie que de sortir un monster en LdC, competition qu’ils ne gagneront pas de toute façon meme s’ils sortaient un Barça ou un Bayern en 1/8e à l’énergie …

        C’est intéressant que tu mentionnes ceci, je me souviens d’un échange intéressant avec toi il y a bien des années sur un papier de ma part sur Jock Stein.
        Entraîneur méconnu de bien de trop de gens, et pourtant un géant digne des Shankly, Busby ou Don Revie sur cette belle île d’Albion.

        A l’inverse, on m’avait reproché sur le Vox de faire trop de papiers sur les perdants magnifiques. Je n’ai pas le syndrome Poulidor, mais la dramaturgie de René Vietto en cyclisme, d’un Stirling Moss, Gilles Villeneuve ou Ronnie Peterson en F1, Matthias Sindelar ou Eduard Streltsov en football …

        Je pense juste qu’on ne se comprend pas sur ce sujet, car tu peux me croire, s’il y a bien quelqu’un qui ne s’arrête bêtement au nombre de trophées, c’est moi !

        Classer c’est une chose et je le fais souvent c’est vrai, essayer de prendre des critères qui prennent en compte l’ensemble du contexte en est une autre, et personnellement je pense avoir en permanence cette demarche en tête.
        Après le tennis n’est pas le sport que je maîtrise le mieux, à la difference du foot, du vélo ou de la F1.

        A plus pour échanger avec toi.

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        27 février 2018 a 17 h 30 min

        Pour la Coupe Davis c’est vraiment naze. Surtout qu’il va falloir trouver 1 semaine pleine dans le calendrier …

        En effet bien triste que le tennis massacre l’épreuve qui est sans doute la plus attachante de son patrimoine, du fait de la cohabitation du simple et du double, de la fierté nationale pour joueurs et (télé)-spectateurs, de la variété des surfaces …

        Là on se dirige vers une competition sans saveur sur moquette …

        Dwight Davis doit se retourner dans sa tombe !

  5. avatar
    26 février 2018 a 22 h 56 min

    Excellent article en effet, merci beaucoup Enzo !

    Dans les discussions sur Federer après sa victoire en Australie, j’ai justement vérifié le tableau de l’AO 1972 remporté par Rosewall à 37 ans, et j’ai remarqué qu’il était remarquablement dépouillé. Maintenant j’en connais précisément les raisons !

    Je n’avais pas imaginé que la période 68-73 avait été si mouvementée !

    Du coup cela dévalorise à mes yeux la plupart des GC remportés dans ces années-là, même en 1969: on peut argumenter qu’il n’y avait pas encore de stabilité dans les tournois pour les joueurs, donc peut-être que tout le monde n’a pas joué à son meilleur niveau.

  6. avatar
    27 février 2018 a 16 h 43 min
    Par Cullen

    Sinon, beaucoup ici réclamaient une réforme de la Coupe Davis. Ils doivent être aux anges, l’ITF vient de la tuer… https://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Coupe-davis-l-itf-devoile-ses-plans-de-transformation-de-la-competition/879586

  7. avatar
    28 février 2018 a 22 h 44 min
    Par Enzo29

    @Fabrice,

    En effet, la forme et la motivation des uns et des autres sont sujettes à caution, même en 1969. Cela dit, je n’irai pas jusqu’à dévaloriser les GC de cette période en me basant sur ces critères-là. Il y a selon moi une différence entre un GC délaissé par de nombreux joueurs qui s’y présentent mal préparés, et un GC où ils n’auront pas eu le droit de s’aligner. Donc par exemple, le Wimbledon 69 de Laver est bien plus significatif que le Wimbledon 73 de Kodes.

    Je tente en ce moment de saisir l’état d’esprit des joueurs lors de cette période 68-73. Sans rentrer dans les détails, il est clair que :
    – comptabiliser le nombre de GC (et/ou de grands titres chez les pros avant 68) n’est qu’un indicateur parmi d’autres de la trace laissée par chacun d’entre eux ;
    – ce critère est sans doute le pire, à l’exception de tous les autres.

  8. Pingback: Les années 70, décennie critique pour la Coupe Davis - beIN SPORTS Your Zone - Partagez votre passion et votre expertise du sport

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