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2003-2018 : une période tennistique d’exception
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2003-2018 : une période tennistique d’exception

Quelle époque tennistique extraordinaire nous avons vécu depuis 15 ans tout de même. À y penser, c’est un scénario complètement improbable et invraisemblable qui nous a été proposé.

Tout commence en 2003, peu après la retraite du précédent maître, Sampras, qui a fini sa carrière en beauté en remportant l’US Open et porté son record de Grand Chelem à 14. Un joueur exceptionnel émerge alors : Federer (le Bon), qui remporte Wimbledon, puis 3 des 4 GC en 2004. Mais avant qu’il ne puisse tous les rafler en 2005, un autre joueur exceptionnel (et précoce !) émerge et s’empare de Roland Garros : Nadal (la Brute).

Une domination bicéphale s’ensuit jusqu’en 2011, alors qu’un vampire transylvanien aux dents longues assoiffé de pouvoir, Djokovic (le Truand), émerge après un coup de semonce en 2008. Il finit par vaincre l’hydre à deux têtes et assoit sa domination partout, à l’exception de Roland Garros, propriété éternelle de Nadal suite à un pacte signé avec le Diable lui-même.

Djokovic accomplit en 2015-2016 un exploit que même le Bon et la Brute n’ont pas pu accomplir : gagner 4 GC à la suite (juste pour faire plaisir à Julien Lepers), soit un Grand Chelem non-calendaire. À mon humble avis cependant, le Bon et la Brute se sont neutralisés mutuellement. Je suis certain qu’ils auraient chacun accompli l’exploit en l’absence de l’autre. Toujours est-il que le Truand est venu à point nommé pour tirer les marrons du feu et laisser son empreinte dans l’histoire du tennis.

À ce point de l’histoire, le Bon a remporté un nombre record de 16 GC et se dirige tranquillement vers la maison de retraite. La Brute, “usée par son style de jeu très physique” (dixit de nombreux détracteurs), a égalé Sampras avec 14 titres et prend un abonnement à vie dans un centre de physiothérapie.

Le Truand s’apprête donc à rattraper et dépasser les deux autres au panthéon tennistique, imposant son hégémonie impitoyable au reste du circuit. Coup de tonnerre cependant, il perd sa motivation et tous ses titres au cours de la deuxième moitié de 2016.

Nous avons donc eu droit en 13 ans à 3 joueurs qui se sont livrés des joutes d’exceptions, s’accaparant au passage la presque totalité du butin caché dans la tombe anonyme du cimetière abandonné. Ils sont respectivement n°1, 2 et 4 au classement des GC dans l’histoire (même si nous savons que ce n’est qu’une imparfaite mesure de grandeur à cause de la période pré-Open qui a “privé” Gonzales, Rosewall, Laver et consorts de nombreux GC).

“Normalement”, nous aurions dû avoir droit à une nouvelle période inter-règne où les seconds couteaux et les jeunes prometteurs auraient eu droit à quelques rayons de lumière.

Las, dès le premier GC de 2017, Federer et Nadal reviennent d’entre les morts et s’affrontent en finale avec une victoire du premier qui écrit un peu plus sa légende. Comble d’invraisemblance, Nadal remporte un dixième Roland Garros ET un troisième US Open, pendant que Federer remporte un huitième Wimbledon.

Dernier chapitre écrit par la main folle du Destin, Federer remporte un vingtième GC en Australie le mois dernier, puis s’empare de la place de n°1 mondial en remportant un tournoi mineur non-prévu car “il se sentait en forme”, devenant ainsi la première momie (datée à 3600 ans) à occuper ce prestigieux rang.

Pendant ce temps, les meilleurs seconds couteaux sont sur le carreau, laissant croire que la moisson de Federer (et Nadal) n’est peut-être pas encore terminée.

Nous avons donc été témoins d’un double, voire triple, retournement de situation au cours des 2-3 dernières années. Il devient dès lors difficile de faire quelque prédiction que ce soit avant que le Bon, la Brute et le Truand aient définitivement rangé leurs revolvers.

La grande question qui se pose est la suivante : est-ce qu’une domination hégémonique par deux ou trois joueurs sur une si longue période est exceptionnelle ou bien est-elle devenue la nouvelle norme du tennis ?

Question corollaire : est-ce que le tennis sera dorénavant dominé par les trentenaires ? Seulement 2 joueurs de moins de 25 ans sont dans le top 10 et 4 dans le top 20, ou bien est-ce un accident de l’histoire ?

  1. avatar
    20 février 2018 a 2 h 13 min
    Par Cristina

    This is garbage. Laurent Binet again?

  2. avatar
    20 février 2018 a 5 h 19 min
    Par mwn44

    Salut Fabrice !

    Article sympathique, mais j’aurais préféré que tu développes ton point de vue sur les quelques questions que tu laisses en suspens à la fin, plutôt que de résumer la séquelle d’un western bien connu. Car il parait évident que 48 GC remportés par 3 joueurs, sur 60 à vue de pied, c’est du jamais vu.

  3. avatar
    20 février 2018 a 17 h 33 min
    Par Cullen

    Salut Fabrice et merci pour ce premier article !

    Le bon, la brute et le truand il me semble avoir déjà utilisé ce nom, tu me donneras des droits d’auteur ;-) Plus sérieusement il ne faut surtout pas minimiser la performance de ces trois-là (surtout Federer et Nadal d’ailleurs), être capable de se remettre à l’ouvrage après avoir tant gagné et avoir senti le vent du déclin s’amorcer, c’est exceptionnel. Mais cette performance a été rendue plus “facile” par le phénomène d’uniformisation des surfaces qui a permis aux meilleurs de briller partout, tout le temps. Une donnée qui était très différente il y a encore deux ou trois décennies et qui avait favorisé à l’époque l’éparpillement des titres (Lendl, Wilander à RG, Becker et Edberg à Wimbly, Connors et McEnroe à New-York…).

    Sinon, un autre débat continue d’agiter la petite balle jaune sur le dernier papier de Guga : http://yourzone.beinsports.fr/tennis-atp-open-australie-victoire-finale-federer-20eme-grand-chelem-records-histoire-121771/

  4. avatar
    21 février 2018 a 17 h 30 min

    Bon, j’ai réussi à attirer un troll pour le premier commentaire sur mon premier article.

    Merci pour vos retours. Comme j’ai précisé dans l’article de Guga, ce n’était censé être un commentaire un peu hors sujet que j’ai décidé d’étirer un peu pour en faire un article.
    http://yourzone.beinsports.fr/tennis-atp-denis-shapovalov-petit-prince-progression-saison-121925/

    Mwn, je n’ai pas de réponses arrêtées à ces deux questions, l’idée était de lancer la discussion :)

    Cependant, voici mes très humbles avis:

    1. Une telle domination tricéphale continue sur 15 ans est exceptionnelle et ne sera pas revue de sitôt. Cependant avec l’uniformisation des surfaces que Cullen rappelle régulièrement, il n’est pas improbable qu’un super-champion domine pendant quelques années.

    2. J’ai l’impression que les progrès du conditionnement physique permettrent aux joueurs plus âgés de faire fructifier leur expérience sans être ralentis par leur corps, surtout s’ils ne surchargent pas leur calendrier. Mais l’on sait que la plupart des joueurs sont forcés de jouer un certain quota de tournois. Aussi les joueurs plus jeunes doivent profiter au max de leur carrière quand ils sont en forme car on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Le risque bien sûr est de se cramer physiquement et/ou mentalement.

    Cullen, j’ai rajouté la couche Bon/Brute/Truand après avoir écrit la structure de l’article. Je ne me souviens pas de ton article en particulier, mais je l’ai sans aucun doute lu (et apprécié) comme tous les autres.

    Parlant d’uniformisation des surfaces, il me semble que dans les temps anciens, il y en avait surtout deux: le gazon à Wimbledon, US Open et Aussie, et terre battue à RG. Le gazon était plus rapide à l’époque, surtout à Wimbledon avant qu’ils ne changent le type de gazon il y a une quinzaine d’année (je pense bien avoir lu ça dans un des tes articles justement).

    Donc on serait passé (disons l’époque pré-Open) d’une surface majoritaire et très rapide (gazon) avec une autre minoritaire mais importante (terre battue), à une variété de surfaces plus ou moins rapides avec ciment, synthétique, moquette, etc. au détriment du gazon, en plus de la terre battue (disons 1970-début 2000) , avant que le temple du tennis (Wimbledon) ralentisse le gazon au point de voir un Nadal s’imposer deux fois.

    Tout ceci n’est que pure spéculation Cullen, je t’invite donc à me donner ta perspective :)

  5. avatar
    22 février 2018 a 18 h 06 min

    Salut Fabrice,

    Marrante la thématique western spaghetti en effet …

    Quand tu dis que Nadal aurait fait un Rafa Slam sans Federer et le Suisse aurait fait un Rodgeur Slam sans l’Espagnol, je ne plussoie que la 2e suggestion.

    Avant 2011, Nadal fait un Petit Chelem en 2010, le Rafa Slam a été rate à Melbourne soit en 2010 soit en 2011. Meme en enlevant Federer, meme en retirant ses problemes physiques au Majorquin, il n’est pas assez souverain selon moi en Australie pour envisage ce Rafa Slam.

    Tandis que sans Nadal, Federer aurait enchaîné 2 Rodgeur Slams de suite de Wimbledon 2005 à RG 2007 et surtout 2 Grand Slams en 200 -et 2007 !!

    Pour tes 3 questions, voice mes réponses

    1/ Oui et non. Non car on aura a priori plus jamais 3 joueurs aussi forts en meme temps. Déjà 2 ce serait incroyable, et 1 seul je vois mal comment il pourrait se motive, à part en battant le record des 20 GC de Federer (ou plus, à suivre), en faisant le Grand Chelem à la Rod Laver et le Golden Slam d’Agassi.
    Les surfaces ne sont pas le seul facteur, le passage de 32 à 16 tetes de serie en 2001 a beaucoup aide ne l’oublions pas.
    Pour Wimbledon, il suffit de regarder les traces en fin de tournoi entre les années Sampras (1993-2000) et les années Big Three (2003-2017) pour voir que le jeu est plus en fond de court du fait de ce gazon ralenti. Mais bon faut pas non plus pousser, cela reste du gazon, bien plus rapide que de la terre battue.

    2/ Pour moi oui, ce seront les trentenaires qui vont désormais domineer car il faudra du temps avant d’acquérir cette experience. Sauf pur genie à la Tilden ou à la McEnroe qui surgit avec une assiduite à l’entrainement, il faudra manger son pain noir pendant plusieurs annees avant d’exploser.

    La 3e question que tu ne poses pas est pour moi fondamentale … Va -t-on assister à une mutation du tennis façon cyclisme, avec des spécialisations ?
    Je ne parle pas de preferences car il y a toujours eu des terriens et des jardiniers, des serveurs/volleyeurs et des specialists de l’essuie-glace avec un gros lift.

    Je parle du fait comme Federer en 2017 de zapper toute une partie de saison pour mieux jouer sur le reste et garder de la fraicheur, en ciblant ses objectifs façon Greg LeMond en 1989-1990, imité par Miguel Indurain entre 1991 et 1995 : Tour et Championnat du Monde. Loin du cannibalisme d’Eddy Merckx et de Bernard Hinault, l’Américain et l’Espagnol laissaient les chasseurs de classiques en découdre entre eux, les Sorensen, Museeuw, Kelly, Argentin et autres Ludwig, avant que deux écoles ne prennent la suite.

    A gauche, les coureurs par étapes Bugno, Chiappucci, Zulle, Rominger, Ullrich, Virenque, Pantani, Olano, Escartin, Armstrong (post cancer), Kloden, Contador, frères Schleck, Evans, Wiggins, Froome, Quintana, Bardet, Aru, Dumoulin

    A droite, les Bartoli, Bettini, Tchmil, Zabel, Boonen, Cancellara, Gilbert, Cipollini, Cavendish, Sagan …

    Au milieu, les trop rares polyvalents Jalabert, Vinokourov, Valverde, Nibali.

  6. avatar
    23 février 2018 a 16 h 59 min

    Merci Axel pour ton commentaire.

    C’est vrai que Nadal n’a pas été aussi proche du GC que Federer. En 2010 à l’OA il perd en quarts contre Murray qui lui perdra en finale contre Federer. Nadal remportera par la suite les 3 autres GC.

    En 2008 il perd en demies contre Tsonga qui s’inclinera en finale contre Djokovic pour le premier GC su Serbe. Et à L’US Open Nadal perd à nouveau contre Murray qui perdra à nouveau contre Federer en finale.

    Donc oui Federer a été plus proche d’un Grand Chelem calendaire, barré seulement par le plus grand joueur sur TB de tous les temps au sommet de sa forme. Nadal lui a été barré par un très bon joueur (Murray).

    Pour Wimbledon je pense que le changement de gazon était justement pour le rendre plus résistant à l’usure, et je pense que cela explique pourquoi on voit une différence sur le court central en fin de tournoi.

    La troisième question est excellente en effet, va-t-on voir une spécialisation encore plus poussée à l’avenir, lancée par le succès de la stratégie de Federer de zapper toute la partie de la saison sur terre battue.

    À priori je dirais non pour plusieurs raisons. D’une part comme je l’ai évoqué, les joueurs sont tenus de participer à tous les GC et à 8 M1000 (Monte Carlo étant l’exception), mais il y a des exceptions pour les vétérans ayant plus de 600 matchs/12 ans d’ancienneté/31 ans et plus.
    Cela ne semble pas affecter les GC, alors je ne sais pas comment l’ATP s’est arrangée avec Fed pour l’année dernière.

    https://sports.stackexchange.com/questions/3372/are-masters-1000-tournaments-mandatory-for-top-ranked-players

    L’autre facteur que j’ai mentionné est que les joueurs veulent profiter au maximum de leurs meilleures années pour récolter le plus d’argent possible. Or avec un GC et plusieurs M1000 sur TB, c’est tout de même attirant. Cela pourrait bien sûr changer si RG change de surface ou perd son attrait (sans être remplacé par un autre GC sur TB), mais je pense que c’est dans l’intérêt du tennis en général d’avoir non seulement un GC aussi typé (c.a.d sur terre battue), mais également à Paris, qui est tout de même une ville majeure dans le monde, pas mal plus attrayante au niveau mondial que Madrid d’un point de vue marketing.

    Pour le gazon, comme Wimbledon est le tournoi le plus prestigieux, cela a suffisamment d’effet. Je me demande si la préparation pour le gazon est moins “drastique” que celle pour la terre battue.

  7. avatar
    23 février 2018 a 17 h 12 min

    Salut Fabrice,

    Pour l’argent, oui et non car quand tu as gagné une dizaine de GC (voire plus) comme Federer, nadal ou Djokovic, les contrats de sponsoring pleuvent et l’argent n’est plus un probleme.

    Ils savent en plus qu’apres leur carriere, ils pourront etre consultants TV ou capitaines de Coupe Davis a des tarifs monstrueux … Sans parler de films à Hollywood ou d’autobiographies qui vont s’arracher encore plus que Open pour Agassi !

    Federer se fiche de l’argent des tournois, il a passé le cap où il peut voyager en 1re et se payer des hotels plus luxueux pour récuperer et se preparer au top. Lindt et Nike, entre autres, sont là pour faire fructifier son compte en banque pour le future.

    Idem pour Rafa et Nole. Seule l’envie de monter encore plus haut dnas l’Histoire du tennis guide ces 3 là (enfin les 2 premiers oui pour Djokovic à voir car depuis l’été 2016 il n’est que l’ombre de lui meme).

    Enfin pour Paris, je pense qu’avec les JO 2024 et surtout le projet d’extension à horizon 2020-2021, la Ville Lumière écarte le risqué d’un remplacement de son GC terre battue par Rome ou Madrid.

  8. avatar
    23 février 2018 a 19 h 16 min

    Axel, je parlais d’argent pour la majorité des joueurs hors sommet (top10 ? top 20 ?) qui ont besoin de faire un max de blé dans leur courte carrière. En plus on voit seulement les gains en trounois qui peuvent être dans les millions, mais on oublie facilement qu’ils ont énormément de frais: voyages, entraineurs, etc.

    Donc ce ne serait pas une bonne idée de zapper des revenus potentiels.

    Et de toute façon, il y a toujours eu des spécialistes au tennis, ou au moins des joueurs plus performants sur certaines surfaces, le plus gros contingent étant naturellement les spécialistes de la terre battue et les autres qui y sont “allergiques” (Sampras, Edberg, etc.)

  9. avatar
    26 février 2018 a 17 h 22 min

    Salut Fabrice,

    en général on dit qu’on commence à vraiment vivre du tennis en étant top 50. C’est le sport le plus inégalitaire qui soit en terme de revenus.

    Car oui entre voyages, hôtels, entraîneur, équipement (tout le monde n’est pas fourni par Nike, Uniqlo, Head, Wilson, Babolat et tutti quanti).

    Pour les surfaces, oui il y a des spécialités. Mais hormis les Espagnols boycottant Wimbledon comme en 2001 pour protester contre le système de têtes de série du tournoi londonien, les débuts de l’ère Open (voir le bel article d’Enzo à ce sujet), peu de joueurs ont vraiment boycotté une surface.
    On zappait l’Australie car c’était en fin de saison et voyage lointain, du temps de Borg et McEnroe. Lendl zappa Roland en 1990 et 1991 pour se donner toutes les chances à Wimbledon … En vain !!

    Pour une surface rayée de la carte par un joueur, jamais vu cela avant Federer en 2017. Mais peut-être cela existe-t-il …

  10. avatar
    27 février 2018 a 10 h 02 min
    Par Guga57

    Super article Fabrice ! J’ai pas trop le temps pour commenter (ni meme pour ecrire d’ailleurs) ces derniers jours mais ca fait plaisir de te lire !!! J’espere que c’est le premier papier d’une longue serie ! Welcome on board, keep up ;)

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